Tirages : Les journaux, mauvais marché pour imprimeurs

Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) La presque double centaines de journaux de la presse écrite au Mali sont fabriqués par seulement quatre imprimeries de la place. Le paiement du service de l’impression est tributaire de l’aide publique à la presse ou du revenu que les journaux tirent de contrats de prestations. Seule une dizaine d’organes détient sa propre imprimerie. « La précarité de la presse écrite malienne se fait surtout très sentir au niveau du tirage. Nous arrivons, difficilement, à joindre les deux bouts grâce à l’indulgence de certains imprimeurs qui nous tirent à crédit, en espérant se faire payer sur l’aide publique à la presse et les rares contrats de prestations », avoue le directeur de publication du journal ‘L’Investigateur’, Daouda T Konaté. Babouya Touré dont le kiosque est à Darsalam, à Bamako, est le principal revendeur-distributeur des journaux au Mali. Depuis 1989, il évolue dans ce domaine. M. Touré distribue, pratiquement, 60% des journaux. Devenu très professionnel dans le milieu, Babouya Touré a investi dans une imprimerie. Aujourd’hui, il tire beaucoup de journaux, mais à quel prix ? « Depuis près sept ans, j’ai installé mon propre imprimerie. Donc, je suis à mon début. J’imprime plusieurs journaux de la place », révèle-t-il. Selon lui, le tirage des journaux se passe dans un partenariat avec les promoteurs des organes. « Je fais les impressions à crédit. Si l’aide publique à la presse tombe ou si les contrats de prestations ou d’abonnement des journaux tombent, ils viennent s’acquitter de leur paiement pour le service. Certains font une déduction », explique Babouya Touré, ajoutant que le partenariat se passe sur la base de la confiance mutuelle. Cependant, d’autres promoteurs abusent de la situation. Car, selon lui, certains disparaissent pendant de longtemps avant de payer les frais d’impression. Notre interlocuteur souligne qu’il fait tout, à la limite, pour ne pas tomber en faillite, pour aider les journalistes à produire leur publication. « Parce que, justifie-t-il, c’est grâce aux journalistes que son entreprise fonctionne ». Par ailleurs, Babouya affirme qu’il y a peu d’imprimeries qui tirent la presse écrite dans la capitale malienne. Parce que, tout simplement, les imprimeurs trouvent que ça ne rapporte pas. Ainsi, présentement il n’y a que quatre imprimeries qui font le tirage de la presse. Ce sont : les imprimeries Babouya Touré, Renouveau, Soro-Print chez Makoro et enfin chez Diallo à Kalaban Coura. En plus de ces imprimeries, signale Babouya Touré, certains organes possèdent leur propre imprimerie. Entre autres : le quotidien s=du service public ‘L’Essor’, ‘L’Indépendant’, ‘Le Combat’, ‘Indicateur du Renouveau’, le groupe Nouvel Horizon et Soir de Bamako, ‘Tjikan’, Babouya Touré explique que le prix par tirage dépend du nombre de pages et surtout selon que la publication soit en couleur en noir blanc. « C’est un secret entre les journalistes et moi. Par exemple, si le journal fait huit pages, 500 exemplaires, la Une et la Dernière page en couleur, il est tiré à 70.000 Fcfa tout frais conclu », dit-il. Lui, l’imprimeur, il achète le papier d’impression chez un fournisseur de la place. «  Le papier d’impression est cher. Auquel, il faut ajouter le coût de l’électricité et la rémunération des travailleurs, sans parler des frais d’entretien des machines et la location du local », énumère-t-il dans la rubrique des charges et dépenses. Tout comme Babouya Touré, l’imprimerie du groupe Renouveau affirme aussi soutenir les organes de la presse écrite pour leur parution. Le gérant, Mamadou Sogoba, indique qu’aujourd’hui, il est impossible de demander aux journaux privés maliens de tirer au comptant. « Il faut les aider pour qu’ils puissent faire des publications. Ainsi, quand ils parviendront à signer des contrats de partenariat avec des structures ou autres, ils viendront payer les impressions », confie M.Sogoba, en confirmant que cela se passe avec des risques. «  Car, certains journalistes disparaissent sans payer notre argent. Parce qu’ils n’ont pas eu de rentrée d’argent ». « Ce n’est pas du tout facile. Mais on accepte. Nous sommes des partenaires », note-t-il. PRECARITE TOTALE ! En réalité, selon les professionnels du milieu, la presse malienne ne paie pas. Selon les deux imprimeurs, partenaires des organes de presse écrite, le problème est en quelque sorte lié aux patrons de presse. « Car, témoignent-ils, rares sont les responsables de journaux qui paie leurs journalistes pendant qu’eux-mêmes mènent un train de vie enviable. « Ce sont ces journalistes qui, se lancent, à leur tour, dans la création de leur propre organe ». « Nous, à notre niveau, on est obligé de leur donner un coup de main, en tirant leurs premiers numéros et en attendant qu’ils reçoivent l’aide publique à la presse ou l’argent de leurs contrats de prestation », disent-ils. « Toutefois, depuis deux ans, l’aide publique à la presse diminue considérablement. Et il y a aussi de moins en moins de contrats de prestation avec les départements ministériels et autres structures de l’administration malienne. Alors que les ressources des organes de presse proviennent de ces deux sources », révèlent nos interlocuteurs. Pour le secrétaire à l’information de l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP), Ousmane Dao, la vente est insignifiante dans les recettes des publications. « Beaucoup d’organes ne se rendent jamais chez le distributeur pour faire le décompte des ventes. Parce que nous savons tous que la vente ne rapporte rien », dit-il. Le secrétaire à l’information de l’ASSEP reconnait que la presse malienne, d’une manière générale, est en train de sombrer dans la précarité sur plusieurs points. « A l’occasion du 03 mai prochain, nous envisageons de mener des actions dans le cadre des initiatives de dimension sociale de notre corps de métier », annonce-t-il. Selon Ousmane Dao, cette presse est très faiblement couverte sur le plan social et sanitaire. « Il n’est pas rare de voir, par moment, des cris de cœur appelant au secours d’un confrère ou consœur qui a besoin d’être évacué à l’étranger pour des soins », déplore-t-il. Pour faire face à cette précarité, préconise le secrétaire à l’information de l’ASSEP, « il est indispensable, aujourd’hui, compte tenu du rôle déterminant que la presse joue, de lui apporter une aide publique conséquente. M. Dao penche pour l’indexation de l’aide publique à la presse

Lignes éditoriales dans la presse malienne : Le règne du parti-pris très intéressé

Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) A part le quotidien du service public ‘L’Essor’, au Mali, la presque totalité des organes de presse écrite écrit en fonction des opportunités financières. Peu de rédactions agissent par conviction. Au Mali, on compte un seul organe étatique, le quotidien national ‘L’Essor’. En plus de l’information, cet organe œuvre beaucoup plus dans la communication institutionnelle. Tous les autres organes de la presse écrite demeurent dans le secteur privé. Les professionnels de la presse, eux-mêmes, l’admettent : ces journaux sont souvent partagés et ont choisi leur camp entre le pouvoir en place et l’opposition, Dans tous les cas, ils sont très généralement partisans. Difficilement, on parvient, aujourd’hui, à faire la part des choses des lignes éditoriales dans la presse écrite au Mali. Quelle que soit la nature de la publication, s’agissant de lignes éditoriales, selon l’ancien vice-président de la Maison de la presse, Alexis Kalambry, « beaucoup de journaux sont des officines d’agence de communication ». « C’est-à-dire qu’on ne sent pas une conviction rédactionnelle », insiste-t-il. Sans vouloir s’étendre sur le sujet, M. Kalambry ajoute qu’au Mali, on « écrit en fonction des opportunités financières ». « Il n’y a pas beaucoup de rédaction où on sent vraiment qu’il y a des convictions qui conduisent à cracher sur certains argents », argue-t-il. Cette situation s’illustre par la ruée vers les marchés de n’importe provenance. Les hommes politiques, les opérateurs économiques, les leaders religieux et même des officiers supérieurs des Forces armées maliennes arrivent à manipuler certains journaux au Mali. Ces organes affichent leur caractère commercial. Chacun y cherche « sa part sur le marché ». Les structures ayant compris le scenario élargissent leur contrat d’abonnement à tous les organes de la place. Même à ceux qui ne sortent que par moment. «Nous avons eu un contrat avec l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS), à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Il faut être compétent et savoir démarcher les partenaires ou tu fermes boutique…», se réjouit A. Touré, un jeune directeur de publication. Pour lui, ce n’est pas pour rien que presque tous les jeunes directeurs de publication circulent en véhicule. « Je n’ai pas de ligne éditoriale. Je peux dénoncer parfois au bénéfice de la population mais, très généralement, j’écris en faveur de mes avantages », reconnait-il sans tergiverser. Pour S. Doumbia, promoteur d’un journal hebdomadaire, chaque journaliste de la presse privée cherche à protéger ses relations (ses bailleurs), « c’est-à-dire la personne qui te soutient financièrement ». Logiquement, estime le secrétaire à l’information de l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP), Ousmane Dao, « les lignes éditoriales des journaux dépendent d’eux-mêmes ». « C’est vrai qu’à partir de certaines lignes, on a tendance à étiqueter certains journaux qui seraient favorables à l’opposition et d’autres à la majorité qui, aujourd’hui, n’existe pas avec la Transition en cours », estime M. Dao. Par contre, note-t-il, l y avait des lignes éditoriales fixes sous le régime d’Ibrahim Boubacar Kéita, ancien président. « Par exemple, sous l’ancien pouvoir, certains journaux étaient réguliers à dire tout ce qui n’allait pas. Rarement, on voyait dans ces journaux de bonnes choses du régime », dit Ousmane Dao. Avant d’admettre, cependant, que certaines publications ont varié dans leur ligne éditoriale, en fonction de ce qui se passe dans le pays. OD/MD (AMAP)  

Dossier Presse écrite au Mali (1) : Plus de 250 titres à parution régulière et irrégulière

Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) Depuis une dizaine d’années, les organes de presse écrite prolifèrent au Mali. En plus du quotidien du service public, ‘L’Essor’, le Mali compte neuf quotidiens, près de deux-cents hebdomadaires, une quinzaine de bi-hebdomadaires, un bimensuel, vingt-sept mensuels, un bimestriel. Officiellement, ce sont les titres enregistrés à l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP) ou au Groupement patronal de la presse écrite (GROUPE), deux grandes structures syndicales regroupant la presse écrite au Mali. Selon Modibo Diaby, secrétaire à l’information du GROUPE constitué de plus d’une quinzaine de journaux de la presse privée, parmi ces publications, il y a quatre quotidiens, deux bi-hebdomadaires et des hebdomadaires. « Les quotidiens, précise-t-il, sont ‘Les Echos’, ‘L’Indépendant’, ‘Info-Matin’, et ‘Le Républicain’. Alors que les bi-hebdomadaires sont ‘Le Challenger’ et ‘Le journal 22 Septembre’. Ces journaux arrivent à respecter la périodicité de leur parution, contrairement à d’autres membres du Groupement patronal, à l’image de Bamako-Hebdo. De son côté, l’ASSEP refuse des titres aujourd’hui. Selon son secrétaire à l’information, Ousmane Dao, plus d’une trentaine de journaux attendent que la Commission d’adhésion statue sur leur cas. « Nous avons plus d’une trentaine de demandes d’adhésion à l’étude au niveau de l’ASSEP », dit M. Dao. Selon lui, c’est le nombre élevé d’adhérents qui a certainement abouti a l’adoption de certains critères dont le respect condition l’adhésion à l’ASSEP. Car, aujourd’hui selon ses statistiques, l’Association faitière compte plus de deux-cents journaux membres dont cinq quotidiens, onze bi-hebdomadaires, plus de cent cinquante six hebdomadaires, un bimensuel, vingt-sept mensuels et un bimestriel. Selon son secrétaire à l’information, les journaux quotidiens affiliés à l’ASSEP sont, entre autres,  ‘Le Pays’, ‘L’Indicateur du Renouveau’, ‘Le Combat’, ‘Nouvel Horizon’ et ‘Soir de Bamako’. ‘L’Investigateur’ est un bimensuel alors que le bimestriel est Protection sociale de l’Association des éditeurs de la presse écrite. La liste est loin d’être exhaustive. Il faut noter que parmi ces nombreux titres affiliés à l’ASSEP, seulement une quarantaine arrive à se maintenir et à paraître régulièrement. Les autres paraissent, au gré des évènements, de leurs possibilités financière et, surtout, lorsqu’ils ont, ce qu’on appelle ici, « un marché ». « Quoiqu’il en soit, ces journaux paraissent quelques fois dans l’année pour bénéficier du paiement de rares contrats d’assistance média ou d’abonnement qu’ils arrivent à négocier », indique notre interlocuteur. PROLIFERATION IMPOSEE ! « Cela a été comme une révolution. Et a commencé sous le régime de l’ancien président, Ibrahim Boubacar Kéita. C’est une véritable prise de conscience. Les jeunes journalistes ont réalisé qu’ils sont exploités par les différents patrons de presse. Il fallait se libérer de ce joug d’exploitation des aînés… », dit Daouda Konaté, directeur de publication d’un hebdomadaire de la place, pour tenter d’expliquer la prolifération des organes de presse écrite au Mali. Notre interlocuteur pointe du doigt les premiers directeurs de publication pour n’avoir pas correctement rémunéré leurs journalistes ou, du moins en leur imposant un traitement de misère. Chaque journaliste, sachant qu’il peut décrocher un contrat de partenariat de plus deux millions de Fcfa par an, a voulu voler de ses ailes, en lançant son propre titre. « Même des stagiaires créent leur journal. Je peux vous citer certains de ces directeurs de publications qui n’ont pas fait trois ans de pratique du métier de journalisme avant de lancer leur propre organe », peste Mme Coulibaly, promotrice d’un journal quotidien qui peine à respecter la périodicité de sa parution « par manque de personnel ». Ses journalistes l’ayant quitté pour être leur propre patron. En effet, pour créer son propre journal, il faut juste quelques pièces à fournir qui ne demandent pas trop de dépenses financières particulières. La loi demande un casier judiciaire, un diplôme d’étude supérieure, une attestation prouvant que le demandeur est journaliste, une demande de création de titre adressée au procureur du tribunal où le siège du journal sera installé, entre autres. L’ancien vice-président de la Maison de la presse du Mali et non moins directeur de publication du bi-hebdomadaire ‘Mali Tribune’, Alexis Kalambry, impute la prolifération des organes presse écrite aux hommes politiques. M. Kalambry estime, d’abord, que les politiques ont soutenu le boom des journaux, en n’oubliant pas de l’exploiter à leur profit afin de mieux défendre leurs intérêts et atteindre leurs objectifs. « Ce sont les hommes politiques qui, n’ayant pas réussi à instrumentaliser les premiers journaux, ont encouragé la création de titres », accuse-t-il. Ajoutant que « la 2ème raison est la facilité de la création d’un journal au Mali ». L’ancien vice-président de la Maison de la presse indique que la troisième raison du fléau est à rechercher dans notre histoire politique récente. « Puisque, justifie Alexis Kalambry, le quotidien national ‘L’Essor’ est resté longtemps le seul titre. « Avec l’ouverture démocratique, la création de titre est devenue un acte démocratique qu’il fallait faciliter le plus possible», analyse-t-il pour expliquer les raisons qui ont vraiment conduit les titres à proliférer. OD/MD (AMAP)

Jeunesse et chasse aux margouillats : Véritable parcours initiatique

Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 22 avr (AMAP) La traque et la consommation de ce reptile sont des activités pratiquées par les gamins. Cela leur permet, non seulement, de raffermir les liens d’amitié et de fraternité mais, aussi, de leur donner le goût de l’effort. Cette pratique a traversé les âges. Sans prendre des rides. Les enfants courent d’arbre en arbre, de colline en colline, à la traque d’un «gibier» qui ne se laisse pas faire. Rapide, le margouillat trouvé dans son milieu est bon joueur. Il donne du fil à retordre aux mômes malgré les lance-pierres et autres équipements de fortune. Le margouillat est un saurien de la famille des iguanes, sous famille des agamidae qui compte 400 espèces. Ce cousin du lézard se trouve dans tous les pays chauds (Europe du Sud, Amérique Latine, Australie, Afrique….). Le margouillat d’Afrique de l’Ouest est appelé «l’Agame des Colons» (Agama Agama). Il est ovipare et vit en groupe d’une dizaine d’individus, dirigé par un mâle dominant qui défend vigoureusement son territoire d’abord par un changement de couleur. Pour défendre son territoire, il devient violent et livre bataille avec les mâles concurrents. Il y laisse souvent sa queue. Moussa et ses petits camarades n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Alors, ils profitent de leur temps libre pour mettre un peu de couleur à leurs journées de grisaille. À 14 ans, Moussa, mine de rien, est dans l’adolescence. Mignon, son sourire est dévastateur. Ses habits et son corps d’adolescent ont besoin d’un zeste de propreté. De toute évidence, il ne s’encombre pas de règles d’hygiène. La teinte jaunâtre de ses dents s’est acquise avec les mauvaises habitudes alimentaires et d’hygiène buccale. Il est né dans une relative pauvreté. Ses parents vivent du maraîchage et de petits métiers. Lui et ses compères sont des ennemis jurés des petits reptiles, souris et autres petites bêtes qui traînent dans le coin. Pantalon délavé, haut déteint et chaussure en plastique abîmée, le petit Moussa n’a qu’un souci : se faire le maximum de margouillats. Moussa n’est pas seul dans cette partie de chasse. Il est le chef d’une bande de mômes qui l’accompagne très souvent dans les arbustes pour chasser le margouillat (mabouillat ou mabouya en créole antillais), nom courant (ou nom vernaculaire) donné en français à plusieurs espèces de ce reptile. En bon leader, Moussa se fait obéir par ses compagnons au doigt et à l’œil. C’est lui qui choisit le site de la chasse et le moment de donner l’assaut final contre les cibles camouflées dans les buissons ou tapies dans les terriers. Les enfants détiennent un bout de savoir sur les reptiles. Pour distinguer un margouillat, ça ne cherche pas de midi à quatorze heures. Le saurien est reconnu par son corps massif, une tête bien marquée et une longue queue effilée. Il possède quatre membres avec chacun cinq doigts très fins pourvus de griffes. Il mesure entre 15 et 40 cm. De couleur brune, il peut devenir bleu orange aux extrémités par un effet caméléon. Sa couleur peut devenir rouge sombre en cas de bagarre avec un autre mâle ou bien d’autres couleurs pendant la saison des amours. QUIÉTUDE PERTURBÉE – La bande de Moussa sait, aussi, que la femelle est plus petite et conserve une couleur beige. Le margouillat a la peau recouverte d’écailles avec quelques épines sur la nuque. C’est un animal terrestre et diurne qui passe la nuit dans les arbres ou dans un terrier. Il affectionne les habitations et ne dédaigne pas manger les restes de repas. Ce reptile est inoffensif. De temps en temps, il fait des mouvements de tête comme pour faire un coucou aux hommes. Il aspire juste à une vie tranquille, sans vagues. Fuyant les hommes, il se cache dans les buissons, les concessions abandonnées et les chantiers de construction peu fréquentés. Le margouillat des savanes de l’Afrique au sud du Sahara vit essentiellement d’insectes. Pour remplir sa panse, il est actif de jour. Il avale les insectes d’un trait. Son système digestif est une machine très simple qui évacue rapidement les déchets à cause de l’étroitesse de l’estomac. Mais cette quiétude est perturbée par les intrépides enfants. Moussa, fils d’une famille nombreuse dans le quartier périphérique de Zirakoro Dounfing, à la lisière de la Commune III de Bamako, est un redoutable prédateur. Une espèce de terroriste pour la communauté des petits reptiles. À chaque fois qu’ils sortent le bout du nez pour chercher de quoi se mettre sous la dent, Moussa et ses copains sont aux aguets. Sur les hauteurs de Lassa, quartier de la Commune III, prisé par des expatriés et des adeptes du mouvement Rasta, le paysage accidenté offre une résidence idéale aux margouillats et bien d’autres reptiles. Ils se cachent sous les rochers, parcourent les pistes et grimpent aux murs à la recherche de nourriture. À la différence de leurs cousins, les serpents, les margouillats sortent le jour même si la chaleur est étouffante. Ventre vide n’a point d’oreilles. Moussa et sa bande en ont déjà capturé une dizaine. Le butin est sous bonne garde. La nuit s’annonce festive. À 17 heures, le soleil est en train de finir sa course à l’horizon. Bientôt, il fera nuit sur les hauteurs de Lassa. Le ventre de Moussa gargouille chaque fois qu’il pose son regard sur le chapelet de margouillats. Il les imagine déjà sur le feu en train de cuir au grand plaisir de son palais. «Nous chassons presque tous les jours. Souvent, on peut capturer ou tuer 20 margouillats que nous apportons à la maison pour les griller», témoigne fièrement le jeune chasseur. Et d’ajouter avec une pincée d’humour : «Tonton, (oncle), c’est délicieux hein!». Non, merci, répondit le passant, votre serviteur. Il faut dire que les activités de jeunesse varient en fonction de la communauté et même de la culture. Dans le Sud du Mali, les enfants sont friands de la viande de margouillat. Selon les connaisseurs, sa viande est relativement tendre. Quelques minutes sur le feu suffisent. Certains

Front social: L’UNTM menace de déclencher une grève de quatre jours

Bamako, 29 avr (AMAP) L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a adressé, lundi dernier, au ministère du Travail et de la Fonction publique, un préavis de grève de quatre jours, allant du lundi 17 mai au vendredi 21 mai 2021. Dans ce préavis de grève, dont la décision a été prise, vendredi dernier, au cours d’une session extraordinaire tenue à la Bourse du travail, la plus grande centrale syndicale des travailleurs du Mali revendique « l’application immédiate des accords dont les délais sont à termes échus ou dépassés » par rapport au Procès-verbal de conciliation signé le 5 février 2021. La centrale réclame, aussi, « le traitement diligent des accords dont les délais ne sont pas arrivés à terme », en vue de l’extinction du Procès verbal de conciliation signé le 5 février 2021 et la prise en charge, par le gouvernement de Transition, des salaires des travailleurs de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX) ainsi que le redémarrage « immédiat » de la production de cette unité industrielle installée à Ségou (Centre). L’UNTM exige, également, l’élargissement de la prime de judicature aux greffiers et secrétaires des greffes et parquets, conformément à l’harmonisation du point 1.1 du Procès-verbal de conciliation du 5 février 2021, le retour à leur poste respectif des 22 travailleurs du ministère de l’Administration territoriale relevés suite à la grève du 9 novembre au 22 décembre 2020 et l’application immédiate du point d’accord relatif au paiement des salaires et accessoires de salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’Administration générale, conformément aux procès-verbaux de conciliation des 23 mai 2017, 24 mai 2018 et 26 juin 2019. S’y ajoute l’application immédiate des accords d’établissement des Agences de développement régional (ADR) du Mali. Le bureau exécutif, avec a sa tête, le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, menace d’engager tous ses démembrements à observer ce débrayage de 96 heures, si les exigences formulées ne sont pas satisfaites. « Si rien n’est fait, l’UNTM se réserve le droit d’une continuation de la grève à partir du lundi 31 mai 2021, en lui donnant un caractère illimité», a annoncé M. Katilé. Officiellement, le gouvernement n’a pas encore réagi à ce préavis de la centrale syndicale. Au ministère du Travail et de la Fonction publique, en charge du dossier, on s’active pour ne pas commettre les erreurs du passé, c’est-à-dire laisser les jours filer et essayer de se rattraper à la dernière minute. Le conseiller technique en charge du Travail et de la Fonction publique, Mamadou Konaté, que nous avons approché mardi a indiqué que la commission de conciliation sera mise en place, dès que les parties désigneront leurs représentants et établiront le mémoire de défense. «C’est sur la base de ces éléments que la commission de conciliation sera mise en place», a précisé M. Konaté. MDD/MD (AMAP)

Le Mali progresse de 9 places dans le classement mondial de la liberté de la presse

Bamako, 20 avr (AMAP) Le Mali arrive 99e pays sur 180, contre la 108e place en 2020, soit une progression de neuf places dans le classement mondial 2021 de la liberté de la presse de Reporter sans frontière (RSF) rendu public mardi. Malgré cette avancée, RSF estime que des journalistes sont toujours victimes de l’insécurité au Mali. « Bien que les atteintes à l’encontre des journalistes aient diminué, la liberté de la presse demeure fragile. À l’insécurité très pesante liée à la menace terroriste est venu s’ajouter, en août 2020, un coup d’Etat militaire », précise le rapport. Et d’ajouter que « les possibilités accrues de contrôle des médias, justifiées par la situation sanitaire, ont contribué à accentuer les inquiétudes de la profession, qui attend des nouvelles autorités de transition qu’elles consacrent enfin la dépénalisation des délits de presse ». « Les critiques de l’armée peuvent conduire à une arrestation et à une inculpation pour propos démobilisateurs de troupes », indique le rapport. Avant de déplorer que les médias maliens soient soumis à des pressions officielles sur les questions traitant de la sécurité. Toutefois, RSF se réjouit du « grand pluralisme de la presse malienne ». Mais le document regrette le « manque cruel de moyens” d’une presse qui “peine à s’affranchir des diktats éditoriaux de ses promoteurs ». L’ONG internationale pointe du doigt le non aboutissement de l’enquête, sept ans après l’assassinat de deux journalistes de RFI à Kidal (Nord). Ainsi que la mort d’un journaliste à Tombouctou en 2015, la prise d’otage d’un autre dans le Centre du pays fin 2018. La disparition de Birama Touré, depuis janvier 2016 est, également.mentionnée dans le document. SS/MD (AMAP)

Tchad : le fils de Déby, le général Mahamet Idriss Déby Itno prend le pouvoir

Bamako, 20 avr (AMAP) Les autorités tchadiennes ont mis en place un conseil militaire présidé par le général Mahamat Idriss Déby Itno, qui esr le fils de Idriss Déby et est chargé de remplacer le président défunt, a annoncé l’Armée à la radio d’Etat. Il a été désigné pour diriger cette instance de transition, moins de 24 heures après la disparition de son père, le maréchal Idriss Deby Itno, âgé de 68 ans, mort des suites des blessures lors de combats contre des rebelles. Âgé de 37 ans, Mahamat Idriss Déby Itno dit Mahamat Kaka va diriger la Transition pour une durée de 18 mois, a-t-on appris de plusieurs sources concordantes. En attendant, les frontières tchadiennes restent fermées après la mort du président Idriss Déby. TC/MD (AMAP)

Le président tchadien Idriss Déby Itno mort des suites de blessures au combat

Bamako, 20 avr (AMAP) Le président tchadien Idriss Déby Itno est décédé, mardi, des suites de blessures alors qu’il commandait son armée dans des combats contre des rebelles, a annoncé le porte-parole de l’Armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à la télévision nationale, TV Tchad. « Le président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des Armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille. C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad », a dit le général Azem Bermandoa Agouna Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans, a été grièvement blessé dans le Nord, durant le week-end, a annoncé le porte-parole de l’Armée sur la télévision d’Etat. Âgé de 68 ans, le président tchadien venait tout juste d’être réélu pour un 6è mandat, avec 79,32% des suffrages exprimés, selon des résultats provisoires énoncés lundi soir par l’instance électorale nationale. TC/MD (AMAP)

Mali: Non-lieu pour les personnalités accusées dans l’affaire de complot contre le pouvoir

Bamako, 20 avr (AMAP) Les six personnalités dont le chroniqueur vedette Youssouf Mohamed Bathily alias Ras Bath, inculpes pour « déstabilisation de la Transition et complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et outrage contre la personne du chef de l’État» ont retrouvé, lundi, la liberté après que la Cour suprême a confirmé la demande d’annulation des poursuites contre les accusés et ordonné leur libération immédiate. Au cours de son audience de lundi 19 avril 2021, la Chambre criminelle de la Cour suprême, en tant que la plus haute juridiction en République du Mali, a rejeté le pourvoi en cassation du procureur général près la Cour d’appel de Bamako, contre l’arrêt de la Chambre d’accusation à l’issue de sa délibération du 02 mars dernier. Dans cette délibération, la chambre d’accusation avait demandé l’annulation de la procédure contre les sept accusés dans cette affaire. « Le rapport qui été entériné aujourd’hui reproche au pourvoi du procureur général le fait qu’aucune des trois raisons avancées dans son mémoire d’ampliatif ne repose sur un des neufs cas d’ouverture à renvoi. Donc la Cour l’a rejeté pour ce motif-là », a expliqué Christian Drissa Diassana. Face à une foule de partisans et de journalistes rassemblés devant la Maison centrale d’arrêt de Bamako, Ras Bath a remercié ses nombreux soutiens et promis de reprendre, dès ce mercredi son émission « grands dossiers ». Afin de continuer à oeuvrer « pour la réussite de la Transition en luttant contre l’injustice et mauvaise gouvernance», a-t-il déclaré. Dans un communiqué publié après cet arrêt, l’ancien Premier ministre Dr Boubou Cissé, poursuivi et non détenu dans cette affaire, a salué « une décision de justice qui va permettre à des innocents abusivement détenus depuis près de quatre mois, de recouvrer la liberté et de retrouver leur famille ». En grand nombre devant la Cour suprême, les partisans du chroniqueur Ras Bath ont laissé éclater leur joie à l’annonce de la décision de la plus haute juridiction. La foule a porté en triomphe le chroniqueur qui venait d’être libéré. Ras Bath avait comme coaccusés l’ancien Premier ministre Dr Boubou Cissé et cinq autres personnalités. Il s’agit du directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Vital Robert Diop, du directeur général adjoint de l’Agence de Gestion du Fonds d’Accès Universel (AGEFAU), Aguibou Tall, du payeur général du Trésor public, Mamadou Koné, de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, Sékou Traoré, et du receveur général du district de Bamako, Souleymane Kansaye. AT/MD (AMAP)  

Cercle de Niono : Accord de cessez-le-feu définitif entre chasseurs traditionnels et djihadistes

Bamako, 19 avr (AMAP) Les groupes armés de donzos (chasseurs traditionnels) et djihadistes qui font régner l’insécurité dans la circonscription administrative de Niono, (Centre), notamment dans le village de Farabougou, sont parvenus à une entente, le 16 avril dernier, grâce aux efforts du Haut conseil islamique du Mali (HCIM). Dans un communiqué, la commission de bons offices et de médiation du HCIM révèle que l’accord de cessez-le-feu signé entre les «Donzos et les djihadistes, dans le Cercle de Niono, est devenu un accord de cessez-le-feu définitif entre ces deux groupes. Cet accord définitif a été conclu ce vendredi 16 avril dans la forêt de Hadji-wêrè, dans le Cercle de Niono ». Selon la même source, le texte inclut « toutes les clauses de l’Accord du 14 mars dernier, sauf le départ des Forces armées maliennes (FAMa) de Farabougou. De ce fait, le départ de l’Armée n’est plus une condition pour la paix et la réconciliation dans le Cercle de Niono». La Commission, poursuit, le communiqué, remercie le président du HCIM et le ministre de la Réconciliation nationale pour « leur implication personnelle et leur sens élevé pour la paix et la réconciliation, les groupes donzos et djihadistes pour leurs engagements et leur disponibilité à inscrire désormais leurs actions dans l’intérêt des populations du Cercle de Niono ainsi que toutes les bonnes volontés qui ont accompagné les médiateurs du HCIM durant tout le processus de la médiation». Depuis septembre 2020, ce village de la Commune rurale de Dogofri (Cercle de Niono) est devenu tristement célèbre à cause des groupes armés qui ont empêché ses 4000 âmes de mener leurs activités et ont commis des exactions sur la population. Le HCIM que dirige le prêcheur Chérif Ousmane Madani Haïdara a offert sa médiation. Une commission de bons offices et de médiation conduite par Moussa Boubacar Bah, membre du HCIM, président de Sabati 2012 et ancien ministre, est parvenue à arracher un accord de cessez-le-feu partiel entre les sédentaires et nomades, le 14 mars 2021, à Farabougou. Pour que cet accord se concrétise sur le terrain, les groupes terroristes avaient posé plusieurs conditions parmi lesquelles le départ des Forces armées maliennes (FAMa) de Farabougou. TOUT SAUF LE DÉPART DES FAMa – Cette condition a été jugée inacceptable par les autorités maliennes. Le ministre de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, s’est rendu le 12 avril dernier à Farabougou, certainement pour marquer la présence de la force publique dans la localité. Un communiqué de son département précise que cette visite «fut l’occasion pour le ministre de la Réconciliation nationale de transmettre le message de soutien et d’encouragement du gouvernement». «Il s’est dit satisfait de retrouver les populations de Farabougou requinquées, malgré les évènements douloureux qui ont émaillé le secteur », indique le communiqué. Quatre jours après cette visite du ministre Wagué, les belligérants sont parvenus à un accord de cessez-le-feu définitif qui satisfait toutes les parties. Les autorités avaient envoyé un détachement des FAMa sur place, le 15 octobre 2020, pour sécuriser la population. L’opération appelée “Farabougoukalafia”, était conduite par le colonel Assimi Goïta, vice-président de la Transition. Auparavant, l’Armée avait largué des vivres et des médicaments pour secourir rapidement les habitants dans le besoin. Les forces étrangères (Barkhane et Minusma) sont aussi intervenues à Farabougou mais uniquement à titre humanitaire (largage de vivres et de médicaments à la population). SIX CIVILS TUÉS – La présence des FAMa à Farabougou n’a pas permis de contenir les assauts incessants des groupes armés. Ayant quitté le village, ces derniers se sont repliés sur les principaux axes d’accès empêchant les villageois d’aller dans leurs champs où dans d’autres villages, comme Dogofri, chef-lieu de la Commune. Un habitant que nous avions contacté témoignait: « L’axe Dogofry-Farabougou est sous le contrôle des terroristes. Tant que cette voie n’est pas libérée, la population de Farabougou va continuer à souffrir. Il n’y a pas de marché à Farabougou. Les habitants font tous leurs échanges commerciaux au marché de Dogofry… C’est vrai que l’Armée a apporté des vivres et des médicaments, mais ce n’est pas suffisant. Il faut que la route Dogofry-Farabougou soit accessible ». Le blocus des terroristes était devenue une préoccupation aussi bien nationale qu’internationale. Le secrétaire général des Nations unies, dans son rapport sur le Mali en septembre 2020, a écrit: « La situation dans le Centre du Mali reste très préoccupante. Une série de violences graves a été enregistrée dans la région de Ségou où, depuis début octobre, le village de Farabougou et des villages voisins de la Commune de Dogofri, dans le Cercle de Niono, ont été la cible d’attaques et de blocus de la part de ce que l’on présume être des combattants extrémistes. » Le siège et le blocus des villages ont causé la mort d’au moins six civils et fait des dizaines de blessés, et se sont traduits par l’enlèvement d’au moins 20 civils, le déplacement de plus de 2.000 familles des villages des communes de Dogofri, de Mariko, de Siribala et de Sokolo et des vols de bétail. On estime que près de 4.000 personnes sont actuellement bloquées dans le village de Farabougou, privées d’accès aux biens de première nécessité et aux soins de santé et, constamment, menacées de violences. MK/MD (AMAP)