Soumaila Cissé et son équipe de campagne portés disparus (Communiqué URD)
Bamako, 25 mars (AMAP) L’Union pour la démocratie et la république (URD) annonce que son président, Soumaïla Cissé, Chef de file de l’opposition malienne et sa délégation, en campagne pour les élections législatives dans la circonscription électorale de Niafunké, (Nord) sont portés disparus depuis 15h30 le mercredi 25 mars 2020. Dans un communiqué, l’URD indique que l’équipe de campagne « quittait Saraféré pour se rendre à Koumaïra où elle était attendue vers 16h30 ». « Ni le président de l’URD ni aucun membre de sa délégation ne sont joignables sur leur téléphone actuellement », précise le communiqué. Le parti s’est dit « profondément inquiet de la situation et invite le Gouvernement, les forces armées et de sécurité, la MINUSMA » à déployer toutes leurs énergies pour les retrouver. L’URD, indique le communiqué, suivra avec l’attention requise l’évolution de la situation. MK/MD (AMAP)
Maintien des législatives et couvre-feu à partir de jeudi 26 mars (Message du président)
ADRESSE A LA NATION DU PRESIDENT IBRAHIM BOUBACAR KEITA SUITE A LA DECOUVERTE DE CAS DE CORONAVIRUS AU MALI Bismilahi Rahmani Rahimi Mes chers compatriotes, Hôtes qui vivez parmi nous, A cette heure, vous avez, certainement, toutes et tous, pris connaissance du communiqué du gouvernement rendu public ce matin et annonçant que deux cas présentés aux autorités sanitaires dans la nuit d’hier, mardi 24 mars 2020, ont été testés positifs au COVID-19, communément appelé Coronavirus. La nouvelle nous attriste mais elle ne nous étonne pas. Nous savions tous jusqu’où le Mali était exposé en tant que pays, voire encerclé. Nous sommes une terre de départ et d’accueil ; nos voisins sont contaminés ; la sous-région est contaminée ; l’Afrique, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest est contaminée ; nos compatriotes séjournent dans les pays considérés aujourd’hui comme épicentre du fléau tant redouté. Dès lors, la question n’était pas si le Mali allait être atteint à son tour, mais quand et à quelle échelle. Quand ? Nous y sommes hélas. Les deux cas confirmés démontrent que notre pays n’est pas un ilot, mais qu’il est partie intégrante d’un monde déboussolé et bouleversé par la fulgurance du mal et à sa capacité à remettre en cause notre sociologie, notre économie, notre liberté. A quelle échelle ce mal nous frappera t-il ? Cela dépendra de chacune de nous, de chacun de nous, de nous toutes et de nous tous, sans exception, sans complexe, sans relâche, chacun avec la pleine conscience de ce que ses écarts entraînent comme risque pour tout le monde, et de ce que le respect des mesures-barrières représente comme chance de salut pour la collectivité. Mes chers compatriotes, Le temps est lourd de défis et il nous interpelle individuellement et collectivement. Ne laissons pas, par l’insouciance, l’ignorance ou la fuite, le Coronavirus prendre ici l’ampleur qu’il a prise ailleurs. Des systèmes qui passaient pour être bien rodés cèdent sous le poids de l’épidémie. Des infrastructures sanitaires que nous croyions parées à toutes épreuves montrent aujourd’hui leurs limites face à l’étendue du mal. En occident, c’est un long mythe d’imprenabilité qui s’écroule. Alors, les leçons des grandes puissances économiques dans la tourmente doivent nous servir. Elles doivent nous conforter dans la certitude que le salut d’Etats vulnérables comme le nôtre réside dans la prévention, c’est-à-dire notre volonté et notre aptitude à limiter au maximum le risque de nous infecter les uns les autres. Je suis le premier serviteur de la nation surtout lorsqu’elle en péril comme aujourd’hui et je reste à votre entière disposition. Nos services de santé qui sont ceux d’un pays pauvre mais volontariste et fier restent à votre entière disposition. Le gouvernement dont le Premier ministre et les ministres ne ferment pas l’œil depuis plusieurs semaines, et cela avant la découverte des cas signalés, reste à votre entière disposition. L’Etat sera à vos côtés, dans tous ses démembrements. Les forces de défense et de sécurité, là ou besoin est, seront mobilisés, pour votre confort. Nos moyens sont justes. Ils peuvent même être considérés comme dérisoires face à ceux des puissances mondiales. Mais nous nous battrons. Tous les jours, nous renforcerons ces moyens. Et vous nous trouverez, nuit et jour, sur le front du Coronavirus, sans jamais déserter les deux autres fronts qui nous préoccupent et qui nous ont toujours préoccupés : la sécurité et le développement. Telles sont les exigences du temps. Nous ne nous y déroberons pas, car c’est du présent et du devenir du Mali qu’il s’agit. Et le Mali est infiniment supérieur à chacun d’entre nous. Maliennes et Maliens, hôtes du Mali, Aidons-nous donc. Aidons-nous à aider les uns et les autres ; prenons l’exacte mesure des dangers que le pays court désormais ; évitons les procès stériles ; évitons les analyses sommaires et les discours biaisés ; évitons les stigmatisations et respectons, chacun et chacune, les mesures-barrières. Je ne le dirai jamais assez : respectons les mesures-barrières. Au niveau des familles, faisons en sorte de ne pas exposer ceux du troisième âge, la catégorie qui a payé jusque-là, le tribut le plus lourd, le plus tragique, à l’épidémie. Surveillons-les mouvements des enfants ; évitons les allées et venues non nécessaires car ils accroissent le risque de contagion pour la famille. Il y a deux jours, je disais sur les plateaux de la télévision nationale que le spectacle de la Kaaba vide un jour de vendredi, était plus qu’éprouvant pour un croyant. De même que l’image des églises vides. Oui, que les autorités sunnites, les chiites, les chrétiens, les judaïques aient décidé de ne pas exposer leurs disciples montre la sagesse du Livre. Dieu est miséricorde, mansuétude et bonté infinie. Il est partout. Il est dans nos cœurs. Il sera davantage avec nous, en l’occurrence, si nous ne décidons pas d’exposer nos épouses, nos enfants, nos vieux parents, par le refus de nous conformer aux mesures-barrières prises par les gouvernants dans l’intérêt de chacun et de tous. Le maintien de la date des élections législatives ou la non-fermeture des marchés ne sauraient servir d’alibi à la décision de garder ouverts les lieux où les attroupements peuvent être évités sans remettre en cause l’essentiel. Les élections législatives émanent de la décision du Dialogue National Inclusif qui en avait, rappelez-vous, fixé les échéances. L’Exécutif s’est gardé d’interférer dans ce Dialogue salué par tous et considéré comme un grand acquis de notre Histoire immédiate. Ces élections se tiendront le 29 mars, c’est-à-dire, ce dimanche, et ce dans le respect scrupuleux des mesures-barrières. Le gouvernement fera tout pour que cela soit le cas. Les marchés seront, eux aussi, assujettis au respect desdites mesures. Tout ce qui doit être fait pour casser la chaîne de contamination sera fait. Mais nous ne pouvons oublier que c’est du marché quotidien qu’une grande partie de nos compatriotes, trouve sa survie et qu’une grande partie de nos foyers arrive à s’alimenter. La question ne peut pas être banalisée. Le gouvernement s’assumera et entreprendra tout pour contenir le mal. En plus de
Rokia Traoré libérée mais sous contrôle judiciaire
Bamako, 25 mars (AMAP) La justice française a ordonné, mercredi, que Rokia Traoré quitte la prison de Fleury-Merogis mais précise que la chanteuse malienne reste sous contrôle judiciaire, avant sa remise à la Belgique. La Cour d’appel de Paris a approuvé la remise de la chanteuse à la justice belge. Mais elle a décidé de la placer, d’ici là, sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions de l’avocat général. « Compte tenu de la situation, nous ne pouvons pas organiser la remise de Mme Traoré aux autorités belges», a expliqué ce dernier lors de l’audience, faisant allusion à l’épidémie de Covid-19. Selon des confrères français, la réaction de l’avocat de la chanteuse malienne ne s’est pas fait attendre. « Nous irons évidemment en cassation et jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme, s’il le faut » pour contester cette remise, a réagi Me Kenneth Feliho interrogé par l’AFP. « Le combat auprès de la justice belge va continuer », a-t-il ajouté. Rokia Traoré était écrouée en France en vertu d’un mandat d’arrêt international lié à un différend avec son compagnon belge sur la garde de sa fille, dans l’attente de sa remise à la Belgique.. Ce mandat d’arrêt européen avait été lancé par un juge d’instruction de Bruxelles, pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage », qui découle du non-respect d’un jugement rendu fin 2019 exigeant de Rokia Traoré la remise de sa fille de 5 ans à son père belge, dont Rokia Traoré est séparée. La chanteuse conteste, depuis le début, la décision de la justice belge de confier la garde exclusive de l’enfant à son père. Elle a interjeté appel du jugement de première instance et a, aussi, demandé au tribunal de première instance de la Commune de VI de Bamako, où elle réside, de lui confier la garde de l’enfant. Ce qui a été fait. La chanteuse de 46 ans a été arrêtée mardi 10 mars à l’aéroport parisien de Roissy, d’où elle rendait à Bruxelles pour une audience dans cette même affaire, à sa descente d’un avion, en provenance de Bamako. YD/MD (AMAP)
Les législatives suspendues à un avis du Comité scientifique sur le Covid-19
Bamako, 25 mars (AMAP) Le comité scientifique, mis en place pour la gestion de la pandémie Covid-19, est en train d’évaluer la situation, afin de conseiller au gouvernement la tenue ou non des élections législatives du dimanche 29 mars 2020, a déclaré, mercredi, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah. M. Bah, qui a rencontré les représentants des partis politiques les a informés, afin de partager leurs avis sur la question. Alors que certains partis, comme ceux de la Coalition des forces patriotiques, sont favorables à un report, d’autres estiment que le processus devrait être conduit à son terme. Il s’agit en occurrence des partis de la mouvance présidentielle. Le ministre a rassuré les uns et les autres que toutes les dispositions utiles sont prises pour protéger les électeurs dans les centres de vote. ID/MD (AMAP)
Mali : Le Gouvernement confirme deux cas de Coronavirus
Le Gouvernement de la République du Mali, conformément à son engagement de tenir régulièrement informée l’opinion nationale et internationale sur l’évolution de la situation épidémiologique au Mali, informe, que dans la nuit du mardi 24 mars 2020, les services de santé ont enregistré deux (2) cas testés positifs au Coronavirus (COVID-19). Il s’agit de deux (2) personnes de nationalité malienne rentrées de France les 12 et 16 mars 2020. Le premier cas est une dame de 49 ans résident à Bamako. Le 2ème cas est un homme de 62 ans à Kayes. Les deux cas sont actuellement pris en charge par les autorités sanitaires du pays. Le Gouvernement rassure que toutes les dispositions sont prises pour une meilleure gestion des cas et invite les populations à rester sereines et à respecter strictement les mesures de prévention recommandées. Bamako, le 25 mars 2020 Le Gouvernement, Le Ministre de la Communication, Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement Yaya Sangaré
Lutte contre le Coronavirus : «Cette guerre va se gagner par la capacité que nous aurons collectivement de prévenir ce mal» (président Kéïta)
Bamako, 25 mars (AMAP) Le président de la République a souligné lundi dans un message la gravité de la situation difficile inédite que vit le monde avec la pandémie du Coronavirus, a appris l’AMAP de source officielle. «Il y a danger, nous sommes en guerre. Cette guerre va se gagner par l’intelligence, par la capacité que nous aurons collectivement de prévenir ce mal et nous pouvons le faire»,a déclaré le chef de l’État. Se prononçant sur cette situation atypique au plan mondial, le président de la République a informé qu’aujourd’hui La Mecque est vide, les mosquées et les églises du monde entier se vident et cela, continuera-t-il, à l’appel de ceux-là qui nous y conviaient. Le Chef de l’Etat a souhaité qu’aujourd’hui l’on comprenne la gravité de la situation et que l’on sorte du déni qui est dangereux et qui continue à faire croire aux gens qu’il y aurait comme un doute ou comme une espèce de chose irréelle à laquelle seraient insensibles les Africains, en raison de la température de l’Afrique, en raison de notre couleur noire. «C’est faux et archifaux», a-t-il martelé, avant d’affirmer que le coronavirus tue toutes les races du monde, et partout sur notre planète. «Lavons-nous les mains et gardons le savon sur nos mains pendant au moins 30 secondes, c’est ce qui est requis. Après, passons nos mains au gel hydro-alcoolique», a-t-il exhorté, montrant lui-même l’exemple avant de déclarer que ce geste simple peut nous sauver et avec des millions d’autres personnes. MS/KM (AMAP)
Bars et boîtes de nuit : La fermeture durement ressentie par les promoteurs
Bamako, 25 mars (AMAP) Depuis le dimanche dernier, les forces de sécurité patrouillent dans la capitale pour faire respecter la mesure gouvernementale de fermeture des bars et boîtes de nuits, dans le cadre de la prévention contre le covid19. Le Mali, qui n’entend pas baisser la garde face au coronavirus, a pris la décision de fermer les bars, boîtes de nuit et autres espaces de loisir pour éviter une éventuelle propagation de cette maladie. Cette mesure conservatoire a conduit certains opérateurs économiques privés à réduire leur personnel, voire à les mettre en chômage technique. Un tour à l’espace de loisir «Petit coin» sur la route de Niamana, nous a permis de noter la grande morosité des lieux. Une jeune serveuse, assise à retourner les pouces, ne pouvait cacher sa frustration. «Je pense que le gouvernement pouvait prendre d’autres mesures au lieu de fermer les bars et autres espaces de loisirs», dit-elle. Cette fermeture est durement ressentie par les propriétaires de bars, discothèques et autres espaces de détente qui vivent au jour le jour. C’est le cas de Moussa Théra, propriétaire d’un bar à Tabakoro. Désespéré de ne plus faire d’entrées d’argent, depuis que la mise en vigueur de la mesure d’interdiction, il ne compte que sur l’aide de l’Etat pour tenir le coup et pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Le propriétaire du bar-restaurant «Bafing», Ibrahim Souleymane Tounkara, commente la situation avec une pointe de désespoir. «Je n’ai jamais vu ce genre de crise. Nous sommes obligés de respecter les mesures du gouvernement pour éviter la propagation du virus, mais nous avons des charges à assumer. J’emploie 15 personnes et je suis obligé de payer leur salaire à la fin du mois. Et on ne sait pas quand cette interdiction prendra fin», s’inquiète le propriétaire du «Bafing». Lui aussi souhaite des mesures d’accompagnement du gouvernement pour surmonter les difficultés. La fermeture des boîtes de nuit est une réalité dans la capitale. Au niveau du night-club «Ibiza», nous n’avons trouvé aucun interlocuteur. Un jeune trentenaire«maquisard», qui a requis l’anonymat, explique que c’est le chaos. Avant le night-club «Ibiza», notre interlocuteur s’était déjà rendu à la «rue princesse» à Hippodrome et au niveau d’autres boîtes de nuit, mais tout était fermé. On peut dire que les propriétaires de ces espaces de détente sont conscients des risques liés au coronavirus. Cependant, les propriétaires de certains bars et boîtes de nuit de Bamako ont maintenu leurs activités. Ils ont été contraints par les forces de sécurité à fermer. En effet, depuis la nuit du dimanche au lundi 23 mars dernier, le ministère de la Sécurité et la Protection civile a entamé une vaste opération pour faire respecter les mesures de prévention du Covid-19. A Bamako, la descente des forces de sécurité (police et gendarmerie) a permis d’interpeller des contrevenants, notamment des propriétaires de bars et discothèques. AS/MD (AMAP)
Produits de première nécessité : Le niveau des stocks rassure
Par Aminata Dindi SISSOKO & Lassana NASSOKO Bamako, 24 mars (AMAP) Le coronavirus a ébranlé les habitudes sociales, culturelles, cultuelles, économiques, etc. Cela, à cause des mesures prises par les Etats pour faire face à ce «mal». Afin de limiter la propagation du virus, certains pays ont suspendu les vols internationaux. D’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, deux pays limitrophes du Mali, ont annoncé la fermeture des frontières terrestre, maritime et fluviale. Ces décisions pourraient avoir des effets négatifs sur la chaine d’approvisionnement de notre pays en produits manufacturés. Surtout que l’essentiel des produits que consomment les Maliens sont importés et passent par les corridors ivoirien et sénégalais. Des pays déjà infectés par le Covid-19. Le marché bamakois est-il suffisamment ravitaillé en denrées de première nécessité pour faire face aux mesures de restrictions consécutives au coronavirus ? Comment faire pour assurer l’approvisionnement régulier du pays en produits de première nécessité ? Sont, entre autres, questions qui taraudent l’esprit de nos concitoyens. Pour rassurer les uns et les autres, le ministre de l’Industrie et du Commerce, a rendu public un communiqué, le 19 mars dernier, qui indique : «A la date d’aujourd’hui, les stocks des denrées de consommation courante disponibles sur le marché sont supérieurs aux seuils d’alerte et les prix à la consommation n’ont pas été touchés par les effets de la crise sanitaire». Le communiqué ajoute que des mesures sont en cours pour garantir un approvisionnement régulier du pays en produits de première nécessité, notamment en prélude au mois de ramadan et de la période de soudure. Pour le directeur général adjoint du commerce, de la consommation et de la concurrence, Monzon Koné, il n’y a pas à s’inquiéter. «Les stocks de denrées de consommation courante disponibles sur le marché sont supérieurs aux seuils d’alerte», réaffirme M. Koné, tout en précisant que le stock disponible est reparti comme suit : 43.874 tonnes de riz pour un mois, 100.000 tonnes de sucre pour environ quatre mois, 4.000 tonnes de lait pour environ deux mois, 11.402 tonnes de farine pour trois mois, 6.679 tonnes d’huile alimentaire pour un mois. «Ce sont là des stocks disponibles chez les grossistes, les industriels et sous douane. Il y a aussi des stocks d’intervention de l’Etat, de sécurité et ceux de la CEDEAO», ajoute Monzon Koné. ACCOMPAGNEMENT DU GOUVERNEMENT – Interrogé, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf Bathily, confirme que les commerçants n’ont pas encore commencé à réellement sentir les effets de cette crise sanitaire. Car, il a été demandé aux importateurs d’éviter les pays touchés par le virus et de choisir d’autres destinations. Cependant, Youssouf Bathily reconnaît que la fermeture des ports de Dakar, Abidjan, Guinée, Ghana, Cotonou, Lomé et Nouakchott pourrait poser des problèmes aux commerçants maliens. C’est pourquoi il sollicite l’accompagnement du gouvernement en cette période difficile. Au niveau des marchés, l’on se veut également rassurant. Un tour au marché Dabanani, l’un des points d’approvisionnement des commerçants et des ménages, suffit pour s’en convaincre. En plein cœur de ce haut lieu des échanges situé au quartier Bozola, en Commune II, une camionnette remplie de sacs de sucre est garée devant une boutique. Des jeunes sont en train de la décharger. Mamadou Diarra, commerçant, supervise les travaux. «Avancez tout droit. Ne vous précipitez pas. Suivez-moi », crie-t-il, guidant les porte-faix vers un couloir qui donne sur un magasin. Pensez-vous que le marché soit suffisamment approvisionné pour couvrir les besoins dans ce contexte de coronavirus et durant le ramadan ? Mamadou dit ne pas être en mesure de donner une réponse claire à cette question. Il est, par contre, sûr d’une chose. «Pour le moment, il n’ya aucune pénurie. Les prix des marchandises demeurent inchangés auprès des fournisseurs malgré le contexte», rassure le négociant. « On ne nous a pas dit si dans les jours ou mois à venir, ce ne sera plus le cas. Espérons que ça reste comme tel», ajoute-t-il. A quelques encablures de là se trouve une boutique de lait et de sucre. Karim Tangara en est le gérant. Il faisait ses ablutions au moment de notre arrivée. Chapelet au cou, Karim se prête à nos questions après avoir fini ses ablutions. Son visage souriant se mue en un regard inquiet lorsqu’il entend le mot coronavirus. Il répond : «aucun manque n’est à déplorer ici. Même hier, on a déchargé ici quatre tonnes de sucre. Jusqu’au mois de ramadan, je ne manquerai de rien». Par ailleurs, le jeune homme dit avoir constaté que les prix ont commencé à grimper. Il en veut pour preuve, le prix du sac de lait qui a augmenté d’au moins 2.500 Fcfa, il y a environ deux semaines de cela. « Peut-être que c’est une simple coïncidence et que cela n’a rien à voir avec le coronavirus », nuance Karim Tangara. Qui se dit tout de même inquiet, «même si les autorités assurent qu’aucun danger ne se profile à l’horizon et que le marché a de quoi satisfaire les demandes de la population». SOLIDARITE – Plus loin, trois hommes sont en grande discussion sur un banc. A côté, une théière posée sur un fourneau rempli de braises répand une odeur agréable. Madou Coulibaly est l’un d’eux. D’un ton railleur, il n’hésite pas à dénoncer ce qu’il appelle la course à l’accumulation des stocks à laquelle s’adonnent certains commerçants du marché Dabanani. « Ils (les spéculateurs) pensent que bientôt il y aura un manque des produits. Ils achètent tout : sucre, lait, farine. En grande quantité», confie-t-il. A l’en croire, cette stratégie commerciale est utilisée, en prévision d’une situation de pénurie en denrées de première nécessité. Madou Coulibaly redoute une telle éventualité. Pour lui, les commerçants n’hésiteront pas à augmenter les prix des marchandises qu’ils ont obtenues auparavant à des prix bas. « Nous n’allons pas nous livrer à ce jeu. Entre Maliens, on doit être solidaires. Surtout dans les moments difficiles», conseille Madou. Contacté, l’ancien directeur général du commerce à la retraite, Modibo Keïta, affirme que ces mesures prises vont perturber la chaîne d’approvisionnement. Il faudra,
Bankass: Deux soldats maliens tués et trois autres blessés dans l’explosion d’une mine entre Baye et Pissa
Bankass, 25 mars (AMAP) Deux soldats maliens ont été tués, trois autres blessés et leur véhicule endommagé dans l’explosion d’une mine mardi, entre Baye et Pissa, dans le Cercle de Bankass, région de Mopti, au centre du pays, a appris l’AMAP de source sécuritaire. Un véhicule des forces maliennes de défense a sauté sur un engin explosif improvisé entre Baye et Pissa dans le centre du pays dans la région de Mopti, tuant deux soldats, blessant trois autres et endommageant l’engin qui les transportait, selon la même source. Notre source ne précise pas si un renfort a été déployé dans la zone encore moins les traces d’éventuels assaillants ou l’acheminement des blessés au Centre de santé le plus proche. KM (AMAP)
Le PM visite le Centre de Coordination et de Gestion des Crises
Bamako, 25 mars (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé qui était accompagné des ministres de la Sécurité et de la Protection Civile, Général Salif Traoré et de la Santé, Michel Sidibé, a visité mardi à Bamako, le Centre de Coordination et de Gestion des Crises, a constaté l’AMAP. Le Chef du Gouvernement a déclaré qu’il était venu s’assurer de la fonctionnalité du centre de coordination des crises (CECOGEC) et constatercomment la structure gérait la prévention de la crise du Covid-19. Cette structure interministérielle est mise à la disposition du Gouvernement pour faciliter la décision stratégique des plus hautes autorités de notre pays dans la gestion des crises. KM (AMAP)

