Kidal échange sur les violences basées sur le genre

Kidal, 5 février (AMAP) Une rencontre de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG), destinée à une soixantaine de femmes, a été organisée lundi à Kidal, par le bureau de la Minusma à travers sa section des Droits de l’Homme, a appris l’AMAP de source proche de la mission onusienne. Organisée dans le cadre de 16 jours d’activisme contre les VBG, elle avait pour objectif  de  sensibiliser les femmes afin de prévenir et d’éliminer toutes les formes de violences basées sur le genre. Les échanges ont également  porté sur les besoins des femmes notamment en matière de formation et d’accès à l’emploi, l’implication des femmes dans les sphères de décisions,  un accès à la justice et la lutte contre l’impunité.   « Nous sommes venus vous accompagner et vous encourager à participer à la vie publique. Il est aussi de votre droit de vous impliquer dans toutes les décisions qui vous concernent, » a déclaré  Pascal Langeblé de la section des Droits de l’Homme du bureau régional de Kidal.  Le point focal genre de la Force du secteur Nord, Commandante Mbaye Mouminatou a, pour sa part déclaré que « la femme joue un rôle très important pour la société et que c’est pour cette raison qu’il faut la protéger avant d’assurer les femmes du soutien de la Minusma et les inviter les femmes à scolariser leurs enfants  Le porte parole des femmes,  Aicha Walet Sidi Mohamed de la Direction pour la promotion de la femme et de l’enfant, a remercié la MINUSMA pour la campagne de sensibilisation avant de déclarer que les femmes de Kidal sont dans une situation précaire et que mais malgré cela, elles répondent toujours présentes quand il faut s’impliquer pour trouver la paix. En rappel,  les 16 jours d’activisme se tiennent chaque année du 25 novembre au 10 décembre et pour cette année le thème était : « Tous unis à l’écoute des femmes et des filles survivantes de violences » et en raison des circonstances particulières, la région de Kidal a différé la célébration de ces journées. La rencontre a regroupé les autorités administratives et politiques, les élus,  de la représentante de la Police des Nations Unies (UNPOL/MINUSMA), Capitaine Apolline Traoré et les représentants de la société civile. KM (AMAP)

Tombouctou : Les jeunes organisent une journée ville morte et un sit-in suite à l’enlèvement du véhicule du lycée et la blessure d’une fillette

Tombouctou, 5 février (AMAP) Le conseil communal des jeunes de Tombouctou a organisé une journée ville morte mardi et  les jeunes du collectif « Tombouctou réclame ses  droits » la veille, un sit-in devant le gouvernorat, pour protester contre l’enlèvement du véhicule Hilux du lycée Mahamane Alassane Haïdara et la blessure d’une fille par des bandits armés, a constaté l’AMAP. Le véhicule Hilux qui devrait embarquer le proviseur du lycée à son domicile  au quartier Saraïkeni, lundi dans les environs de 7H45, a été suivi par des braqueurs. Descendu du véhicule, le chauffeur a fait face à des hommes armés qui lui ont intimé l’ordre de leur remettre la clé de son engin. Un des assaillants a tiré trois coups de feu en l’air pour effrayer le conducteur qui a jeté la clé et malheureusement une des balles a atteint, dans le vestibule d’une maison d’en face, une fillette qui a été évacuée à l’hôpital de Mopti en compagnie de ses parents pour des soins appropriés aux frais du Gouvernorat. Les bandits ont ainsi disparu dans la nature avec le véhicule du lycée et les manifestants ont décidé de poursuivre régulièrement leur sit-in devant le gouvernorat tant que le véhicule n’est pas retrouvé, selon des témoignages recueillis sur place. Un des manifestants qui a voulu garder l’anonymat s’est exprimé en ces termes : « que l’Etat prenne ses responsables, nous n’accepterons plus à ce que 2 ou 3 vagabonds viennent perturber ce calme qui a permis à la ville de retrouver son vivre ensemble MS/KM (AMAP)

Recrutement des enseignants volontaires : Le dépôt des dossiers de candidatures a débuté

Bamako, 5 février (AMAP) Le Collectif des sortants des Instituts de formation des maîtres (CS-IFM) dément avoir décliné l’offre du gouvernement de recruter 15.300 enseignants volontaires, selon son président, Issa Dembélé que l’AMAP a rencontré mardi. M. Dembélé a expliqué ne pas s’opposer au dépôt des dossiers de candidatures des membres de son organisation. Mais, il émet, clairement, le vœu de voir intégrer les sortants des Instituts de formation des maîtres (IFM) à la Fonction publique des collectivités. Le recrutement doit être organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, en collaboration avec celui de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Quant au Centre national de promotion du volontariat (CNPV), il s’occupe de la gestion et du suivi du recrutement des enseignants volontaires et les Académies d’enseignement et les Centres d’animation pédagogique (CAP) reçoivent les dossiers de candidature. Au CNPV, un agent confirme que le dépôt des dossiers de candidature des enseignants volontaires continue au niveau des Académies d’enseignement. Pour lui, même si les enseignants grévistes reviennent à de meilleurs sentiments, les volontaires seront recrutés pour combler le vide dans les zones où les écoles sont fermées et où il y a une insuffisance de pédagogues. Selon nos informations, une rencontre était prévue mardi après-midi à la Primature avec les responsables du CNPV et du CS-IFM pour discuter des clauses de la convention de partenariat portant sur l’offre de services des volontaires nationaux au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. A l’Académie d’enseignement Bamako-rive gauche, on pouvait constater, mardi, que le dépôt des dossiers de candidatures a bel et bien débuté. Même si ce n’était pas la grande affluence puisque seulement une dizaine de candidats étaient présents. On rappelle que, sous l’impulsion du Premier ministre, Dr Boubou Cissé, la direction générale du CNPV a annoncé, le 27 janvier dernier, l’ouverture du recrutement de 15.300 enseignants pour une durée de six mois. Les enseignants retraités au cours des deux années précédentes (2018 et 2019) et aptes à enseigner peuvent aussi faire acte de candidature. SYW/MD (AMAP)

Affaire du tweet de Tiégoum Boubèye Maïga : Verdict le 11 février prochain

Bamako, 5 février (AMAP) Le tribunal de la Commune III du district de Bamako rendra, le 11 février, sa décision dans le procès contre l’ex chef de la communication de la présidence de la République, Tiégoum Boubèye Maïga, jugé, mardi, pour « accès frauduleux dans un système informatique » et « introduction frauduleuse des données dans un système d’information ». Tout a commencé, il y a quelques semaines, lorsqu’apparaît sur le compte Twitter de la présidence de la République un message critiquant, avec véhémence, l’attitude du président américain, Donald Trump. Dans le tweet, il est, en effet, reproché au dirigeant américain « d’avoir ordonné et revendiqué publiquement l’assassinat du général iranien, Soleimani ». Ce message, qui a inondé les réseaux sociaux, a été, aussitôt supprimé. Juste après que la présidence de la République a fait savoir que son compte Twitter a été piraté et que des enquêtes sont en cours pour identifier les éventuels auteurs. Tiégoum Boubèye Maïga a affirmé, quelques instants après, sur son compte Tweeter, qu’il ne s’agit « ni de pirates, ni de hackers, (mais) d’une regrettable erreur de manipulation ». « Hier en voulant tweeter sur la crise américano-iranienne, je me suis retrouvé, par erreur, sur le compte de la présidence dont je possédais les clés. Aucune volonté de nuisance », avait-t-il indiqué. A la barre du tribunal, le prévenu a gardé la même ligne de défense, niant l’existence des infractions qui lui sont reprochées et qui sont prévues par des dispositions de la loi n°2019-056/du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité. Selon Me Souleymane Soumountéra de la défense, aucun élément du dossier n’a permis de démontrer que Tiégoum Boubèye Maïga a fait une introduction frauduleuse dans le compte Twitter de la présidence. Selon l’avocat, la réalité est que son client a travaillé dans cette institution, à la cellule de communication. A ce titre, selon Me Soumountera, il avait accès au compte Twitter de la présidence à partir de son appareil téléphonique, en plus de son compte personnel. « Normalement, s’il est démis de ses fonctions, il doit être déconnecté pour ne plus pouvoir accéder au compte de la présidence. J’ai l’impression que c’est ce qui n’a pas été fait et qu’on a cherché à couvrir. Malheureusement, on s’y est très mal pris», a estimé la défense. Avant d’ajouter que son client a ouvert le compte Twittter de la Présidence « par inadvertance ». Pour Me Soumountéra, ce sont des choses qui sont de l’ordre de l’informatique, qu’une traçabilité doit expliquer. « Devant le tribunal, aujourd’hui, on n’a eu que des déclarations de la part de la partie qui accuse : le ministère public », a-t-il dit. Selon l’avocat, la partie civile n’a pas, non plus, apporté d’autres éléments qui emportent la conviction du tribunal ». «On est en matière pénale. Nous espérons que notre client sera libéré des charges qui sont retenues contre lui », a-t-il plaidé,  réitérant sa confiance en la justice malienne. De son côté, Me Mahamane Djitteye, conseil de la partie civile, a déclaré qu’il s’agissait d’expliquer au tribunal que ce tweet n’émane pas de la Présidence, mais qu’il a été fait par malveillance par une autre personne. L’avocat a battu en brèche l’argumentation de l’erreur avancée par M. Maiga. La partie civile demande, pour le préjudice moral qu’elle a subi, que le prévenu soit condamné à payer le franc symbolique. BD/MD (AMAP)  

Vente de têtes et de pieds de ruminants : Peu attrayant mais lucratif

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 5 février (AMAP) A Bamako, des hommes et des femmes de tous âges exercent le commerce de têtes et pieds de ruminants. Ces marchands sont présents, un peu partout, dans des marchés. Ce n’est pas le genre d’activité qui attire du monde. Mais les rares personnes, que les odeurs et la fumée ne rebutent pas, en tirent des gains substantiels. Pour ces personnes, il n’y a pas de sot métier. Il s’agit, pour elles, de gagner leur subsistance, à la sueur du front. Et, ils semblent très loin de l’oisiveté. Nous sommes vendredi, au quartier « Sans-fil », en Commune II de Bamako. A proximité de l’abattoir, des hommes, environ une quinzaine, sont à la tâche. Certains brûlent des têtes et pieds de montons et de chèvres. D’autres ont pour tâche exclusive d’épiler les pieds. A côté d’eux sont étalés à même le sol des tas de têtes et de pieds de moutons et de chèvre. De gros fagots brûlent et dégagent de la fumée âcre. Mamadou Coulibaly fait partie du groupe. Il transpire et de grosses goutes de sueur perlent sur son front. Le trentenaire gratte, à l’aide d’un outil tranchant, une tête de mouton. L’homme la remet aussitôt au feu. Un garçon l’assiste dans cette tâche ardue. Ce dernier s’occupe des pieds. Coulibaly exerce ce métier depuis 2000. « Nous achetons les têtes et les pieds de petits ruminants à l’abattoir avec les bouchers, Nous les revendons avec une marge de bénéfice. Pour ce faire, nous les préparons en les brûlant et en enlevant les poils, avant de les vendre sur place ou sur les différents marchés », explique-t-il. Mamadou achète la marchandise en gros. Selon lui, les prix varient. « Avant, c’était moins cher à l’abattoir. Actuellement, c’est cher parce que le nombre de demandeurs et de revendeurs augmente. On achète une tête entre 1.500, 1.750 et 2.000 Fcfa pour la revendre à entre 2.500 à 3.000 Fcfa, selon la masse. Il n’y a pas assez de bénéfice, mais c’est mieux que de voler », dit-il avec philosophie. Juste à côté de Mamadou, trois hommes sont en grande discussion au sujet des têtes et des pieds. Mohamed Sidibé est l’un des protagonistes. Le jeune homme accepte de raconter son histoire dans ce travail qui semble nourrir son homme. « Je tiens cette activité de mes parents. J’ai commencé à l’exercer, il y a environ quatre ans. Depuis que nous avons commencé, nous nous débrouillons assez bien. C’est mieux que de quémander ou de vagabonder. C’est mon gagne-pain. J’emploie des jeunes que je paie à la fin de la journée. Une seule personne ne peut pas faire tout ce travail », explique le jeune originaire du cercle de Nara, dans la Région de Koulikoro. L’homme précise qu’il fait plus de ventes les week-ends. Les femmes viennent s’approvisionner chez lui. Il livre la marchandise à des clients opérant dans différents marchés. Ce qui ne semble pas suffire, souvent, pour écouler tout son stock. Pour y arriver, M. Sidibé est obligé de se promener de marché en marché. « Si on ne le fait pas, ça peut pourrir. Nous avons l’habitude de les confier à des propriétaires de frigos pour les garder au frais, en raison de 50 Fcfa par tête. Mais en cas de coupure d’électricité, nous enregistrons des pertes. Heureusement, on est en période de fraicheur », explique-t-il, soulignant que l’affluence est timide ces derniers temps. « Tu vois, toutes ces têtes sont là depuis hier. Sur 20 têtes achetées, j’ai pu vendre seulement sept et je vais garder les 13 restant dans le frigo. S’il y a le marché, je peux vendre 40 têtes par jour », ajoute-t-il. PROBLÈME DE CONSERVATION – Tout comme lui, Cheikna Sanogo évolue dans la vente de têtes et pieds de ruminants. « Je le fais depuis 3 ans. Je suis avec quatre autres personnes. Nous travaillons du lundi au vendredi », révèle-t-il, ajoutant que ça ne se passe pas sans difficultés. Comme difficultés récurrentes, tous ces intervenants soulignent le problème de conservation surtout en période de chaleur, la cherté du charbon de bois, les effets néfastes du feu. Malgré cela, ils ne baissent pas les bras. Chaque jour, ils sont à la tâche pour servir les clients. Siriba Diané est un client. Il vient d’acheter deux têtes de mouton. « J’achètes régulièrement ces têtes de mouton pour pouvoir bien manger avec ma famille. C’est du produit frais. J’achète et Mme fait de la bonne sauce que nous savourons pendant deux jours », confie cet enseignant. Cet abonné, qui fréquente les lieux depuis sept ans, encourage les jeunes qui exercent cette activité. « Ceux qui en vivent doivent être fiers. Ces petits métiers créent de l’emploi. Vu le contexte actuel du pays, les jeunes sont livrés à eux-mêmes», di-il. Cet endroit n’est pas le seul à Bamako reconnu pour la vente de têtes de ruminants. Devant la paierie générale du Trésor, des vendeurs de têtes sont installés. Dès qu’un passant s’intéresse à eux, chacun essaie de l’attirer vers son produit. Moussa gare sa voiture. Un homme et une femme courent à sa rencontre. « Qu’est-ce que vous désirez. Tête de bœuf, pieds ? J’en ai tout frais », propose la dame, tenant deux têtes de moutons dans les mains. « C’est généralement les vendredis soirs que j’achète ces têtes et pattes pour le petit déjeuner du samedi. J’adore beaucoup la sauce de tête », dit le client, tout en souriant. Ici, la particularité est qu’ils vendent aussi des têtes et pieds de bœufs. « Nous avons des clients qui nous livrent les produits déjà prêts. Mais nous les lavons proprement pour les rendre plus attrayants », explique Tiémoko. Selon lui, le marché est intéressant surtout les vendredi et samedi. « Nous vendons les grosses têtes à 2.250 Fcfa, et entre 2.500 et 3.000 Fcfa les samedi et vendredi. Un pied de bœuf est cédé à 1.500 voire 1.750 Fcfa. Les petites pieds sont vendus à 1.250 Fcfa l’unité », informe Tiémoko. Il tient cette activité de sa maman qui, à cause du poids de l’âge,

Mines : Loulo-Gounkoto dépasse ses prévisions de 2019

Bamako, 4 février (AMAP) Le complexe Loulo-Gounkoto de la compagnie minière Barrick Gold Corporation (fusion Barrick/Randgold) a dépassé ses prévisions pour 2019 avec une production annuelle de 714.802 onces d’or, a annoncé, jeudi, son président directeur général, Mark Bristow. Lors d’une conférence de presse qui a sanctionné les travaux du Conseil d’administration, M. Bristowa indiqué qu’« avec le développement de la troisième mine souterraine du complexe qui devrait démarrer au quatrième trimestre de cette année, et un programme intensif d’exploration dans la zone de Kéniéba, Loulo-Gounkoto a un potentiel important de croissance et est bien placé pour répondre à tous les objectifs de son plan de 10 ans». En termes de contribution à l’économie, Loulo-Gounkoto a, au cours de 2019, dépensé près de 157 milliards de Fcfa au profit des entrepreneurs et des fournisseurs locaux. « Le complexe continue de développer les entreprises locales à travers la création d’un fonds de plus de 2,5 milliards de Fcfa, destiné aux projets d’incubation pour l’intégration des entrepreneurs locaux dans l’industrie minière », a indiqué Dr Bristow. Il a rappelé qu’au cours des 23 dernières années, Barrick et Randgold Resources ont contribué pour plus de 3.600 milliards de Fcfa à l’économie malienne sous forme de taxes, redevances, salaires et autres paiements aux fournisseurs locaux. « Au cours de la même période, nos mines au Mali ont payé plus de 1.350 milliards de Fcfa en dividendes, taxes et redevances à l’État », a déclaré Mark Bristow qui assure que « c’est un principe cardinal » pour Barrick que les communautés profitent de l’exploitation minière. En la matière, Loulo-Gounkoto a continué d’investir dans les programmes de santé communautaire, d’éducation et de développement économique. « L’un de ceux-ci est le complexe agricole mis en place et financé à hauteur de plus de 1,1 milliard de Fcfa », a étayé le PDG de Barrik. Ajoutant que le complexe a produit sa première promotion de 48 jeunes agriculteurs qui ont été installés sur 30 nouvelles fermes agricoles. En matière d’énergie, Loulo-Gounkoto est, conformément à la stratégie d’énergie propre de Barrick, pionnière du premier projet d’énergie solaire du groupe qui sera développé en quatre phases. La mise en service de la première phase est prévue pour la fin du premier trimestre et la dernière au cours du quatrième trimestre de cette année. «Cela ajoutera 20 MW au réseau du complexe, baissera le coût unitaire de son énergie et réduira les émissions carboniques de quelques 40.000 tonnes par an», a relevé Mark Bristow. CMT/MD (AMAP)  

Koro : Le trafic routier interrompu avec le Burkina Faso

Koro, 4 février (AMAP)  Le trafic routier est totalement à l’arrêt depuis plus de deux semaines entre la ville de Koro, au Mali, et Ouahigouya, au Burkina Faso, en raison des menaces de groupes « djihadistes » opposés à tout mouvement sur le tronçon, selon des sources locales Après avoir procédé au sabotage d’un pont entre le village de Bih et la frontière, les groupes « djihadistes » ont ensuite commencé à détourner les véhicules de transport de la route pour conduire tous les occupants, dans la forêt afin de faire des prêches avant de les libérer. Depuis quelques semaines, ils se sont plus radicalisés, interdisant tout trafic routier entre la ville de Koro et le Burkina Faso. Les travaux de réparation du pont saboté ont été arrêtés depuis le 19 janvier 2020, suite à l’explosion d’un Engin explosif improvisé (EEI) au moment où les travailleurs de l’entreprise chargée des travaux creusaient la fondation du pont, faisant 2 morts et 3 blessés parmi les ouvriers. Les conséquences de l’arrêt du trafic routier entre Koro et le Burkina Faso se font ressentir dans toute la Région de Mopti (Centre). La Route nationale (RN) 15, à partir de Bih, dans le cercle de Koro, est la principale voie de ravitaillement des cercles de Koro, Bankass, Bandiagara et Mopti. Les gros porteurs et les véhicules de passagers, en provenance du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du Ghana, sont obligés de faire un détour pour rallier la région de Mopti. Toute chose qui commence à impacter, négativement, sur le quotidien des populations et sur l’économie locale. Des groupes terroristes sont très actifs dans la forêt qui longe la bande frontalière entre le Mali et le Burkina Faso. Les attaques des villes et villages de part et d’autres de la frontière, sont fréquentes dans cette zone. Durant les deux dernières semaines, la stratégie des groupes terroristes a consisté à vider tous les villages de leurs habitants. Ils ont, successivement, attaqué les localités de Zon, Pongonon, Bonkounba, faisant 8 morts, emportant le bétail et brûlant totalement ce dernier village. La dernière attaque dans cette zone est celle de Bana Gakou, à environ 35 km de Koro, le 2 février 2020, qui a fait 4 morts. MD (AMAP)  

Lutte contre le terrorisme : Mise en place de l’opération « Maliko »

Bamako, 04 février (AMAP) Une opération dénommée « Maliko », visant à rétablir l’Etat dans ses fonctions régaliennes dans certaines régions du Mali, en s’appuyant sur l’action des Forces armées et de sécurité maliennes (FAMAs), est instituée, indique un décret présidentiel, en date du 30 janvier 2020. « Cette opération est soutenue et accompagnée par une administration publique disponible et performante, afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple malien », indique la même source. L’opération « Maliko » prend en compte la coopération transfrontalière, régionale et internationale. Le Chef d’Etat-major général des Armées en assure le commandement. Selon le décret, l’opération couvre l’intégralité des Régions de Gao, Kidal, Tombouctou, Taoudénit, Ménaka, Mopti et Ségou. Elle est partagée en deux théâtres d’opérations (théâtre Est et théâtre Centre). Le premier théâtre couvre les Régions de Gao, Ménaka et Kidal avec son poste de commandement à Gao, tandis que le théâtre Centre concerne les Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et Taoudénit, avec son poste de commandement à Sévaré. Les forces engagées sur les théâtres sont commandées, respectivement par des officiers généraux ou supérieurs qui prennent le titre de « Commandant du théâtre ». Ils sont nommés par décret du président de la République, sur proposition du Chef d’Etat-major général des Armées. Ils sont secondés par des officiers généraux ou supérieurs appelés « Commandant en second du théâtre» lesquels les remplacent en cas d’absence, d’empêchement ou de vacance. Cette stratégie de défense donne aux commandants de théâtre  autorité sur les forces armées et de sécurité, les forces paramilitaires ainsi que les moyens militaires se trouvant dans l’aire géographique couverte par les théâtres d’opérations respectifs. Ils sont chargés de la planification et la conduite des opérations, la défense civile, la sécurité des troupes, des moyens majeurs et des installations, l’utilisation des services, des personnes et des liens nécessaires à la conduite des opérations. Selon le décret l’instituant, l’opération « Maliko » bénéficie du soutien et des concours des autres ministères et services de l’Etat, à travers une action coordonnée par le ministre chargé des Armées. OD/MD (AMAP)  

Coronavirus : Les Maliens résidant dans la ville de Wuhan se portent bien (Gouvernement)

Bamako, 4 février (AMAP) Les 43 ressortissants maliens, tous des étudiants, se portent bien et respectent les consignes des autorités sanitaires et académiques chinoises et de l’Ambassade du Mali en République Populaire de Chine, a appris l’AMAP de source officielle sur la situation du coronavirus. Dans un communiqué rendu public lundi par le Bureau de presse et de l’Information du ministère des Affaires étrangères, le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale que 43 ressortissants maliens, tous étudiants, sont actuellement en résidence sur plusieurs sites universitaires dans la ville de Wuhan, capitale de la province du Hubei. « Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le ministère des Maliens de l’extérieur appellent toute la communauté malienne de Chine au respect strict des mesures d’hygiène édictées par les autorités médicales chinoises », souligne le communiqué. « Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale s’est entretenu avec plusieurs compatriotes dont le Secrétaire général de l’Association des étudiants et stagiaires maliens de Wuhan (AESMAO) pour leur apporter le réconfort et la solidarité du président de la République, du Gouvernement et de la Nation tout entière », précise le communiqué. Le communiqué déclare, par ailleurs, que « le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le ministère des Maliens de l’Extérieur voudraient rassurer les familles et tout le peuple malien que l’Ambassadeur du Mali et toute la représentation diplomatique maintiennent un contact permanent avec nos compatriotes de Wuhan ». « Le Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale se félicite de la gestion transparente de cette crise par les autorités chinoises », indique le communiqué qui précise que le Gouvernement de la République du Mali exprime tout son soutien au Gouvernement de la République populaire de Chine dans ces circonstances difficiles. KM (AMAP)

Bart Ouvry, ambassadeur de l’Union européenne au Mali : «L’intérêt de l’Europe est un Mali stable et prospère »

Propos recceuillis par Souleymane B. TOUNKARA Bamako, 04 février (AMAP) Crise sécuritaire, processus de paix, Dialogue national insuclisif, aide au développement, coopération bilatérale, influence de l’UE en Afrique, le diplomate européen a livré son analyse sur toutes ces questions dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder,  L’Essor : Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs manifestations hostiles aux forces étrangères présentes au Mali. Quels commentaires vous inspirent ces manifestations ? Bart Ouvry : Ces manifestations traduisent avant tout un désarroi de la population à l’égard d’une montée de la violence. Nous comptons trop de victimes du terrorisme, trop de personnes déplacées et des effets désastreux sur le fonctionnement des écoles, des services de santé et un développement économique ralenti. Je comprends ce désarroi et je partage ces sentiments. Cela nous amène parfois à des discours extrêmement critiques sur la présence étrangère. Je crois que ces discours nous trompent, l’ennemi des Maliens, ce sont les groupes terroristes qui veulent déstabiliser le Mali et au-delà toute la zone sahélienne. L’intérêt majeur de l’Europe est un Mali stable et prospère. L’Essor : Quelles solutions propose aujourd’hui l’UE pour résoudre définitivement la crise qui secoue le Mali depuis 2012 ?  Bart Ouvry : La crise au Sahel est multidimensionnelle et je vois en ce moment trois grands chantiers, où à chaque fois, l’UE peut contribuer aux réponses. Au Nord du pays, l’Accord pour la paix et la réconciliation apporte un cadre pour des solutions politiques à des tensions qui remontent très loin dans l’histoire du pays. L’UE est un des garants de cet Accord et nous restons convaincus qu’il apporte les solutions pour un cadre sociétal apaisé. A ce titre, je me réjouis du retour des FAMa à Kidal et j’ai pu féliciter le Président de cet acquis majeur, lors de mon audience avec lui la semaine dernière. Un deuxième chantier est la crise au Centre, où les groupes terroristes augmentent leurs attaques et où on observe en même temps de la violence intra et intercommunautaire. Nous apportons notre appui à des initiatives de médiation et de réconciliation et nous le faisons particulièrement en appui aux efforts du gouvernement. Le dernier chantier est la gouvernance du pays, où le Dialogue national inclusif (DNI) est une avancée majeure. La décision du gouvernement d’organiser les législatives est un autre pas important. De manière constructive, nous avons systématiquement encouragé tous les partis politiques et la société civile à s’engager dans le DNI. L’Essor : Le retour d’une paix durable passe nécessairement par les actions de développement dans les zones en proie à l’insécurité. Quelle est la nature de l’accompagnement de l’Union européenne à ce niveau ? Bart Ouvry : Le développement ne peut se faire sans la sécurité et sans développement nous n’aurons pas la sécurité. C’est donc une tâche compliquée qui demande une approche intégrée. La condition du succès est avant tout une volonté politique claire de sortie de crise et un rétablissement du contrat social. Notre but est de fournir les compétences et les équipements nécessaires à cette tâche. Au Centre, nous avons construit à Konna un camp sécurisé qui doit contribuer à la gouvernance et au développement dans la région. Outre une infrastructure permettant aux gendarmes de résister à des attaques terroristes, nous avons aussi réhabilité le marché de bétail local et rénové le centre de santé. Nous observons que les populations s’installent autour du camp de Konna et apprécient le retour de la protection de l’Etat. Actuellement, nous construisons au Centre quatre autres de ces camps et nous voulons aller au-delà. L’Essor : Le processus de paix était dans l’impasse depuis plusieurs mois, à cause de la suspension des travaux du Comité de suivi de l’Accord (Csa). Quel peut être l’apport de l’UE pour la relance des activités de ce comité ?  Bart Ouvry : Le succès du Dialogue national inclusif permet aujourd’hui la reprise des travaux et nous nous réjouissons de ce sursaut. Nous dialoguons avec toutes les parties autour de la table et les Nations unies ont déjà inscrit des individus qui se comportent de manière inacceptable autour de cette problématique et nous pouvons aller plus loin dans cette pression sur ceux qui ne prennent pas leurs responsabilités. L’UE préside le sous-comité qui se penche sur la mise en pratique du Fonds de développement durable et grâce à des taxes spécifiques le FDD contient déjà des dizaines de milliards de FCFA. Le retour de la sécurité devrait permettre la mise en œuvre d’initiatives pour offrir des emplois aux Maliens habitant dans le nord du pays. L’Essor : Les Maliennes et les Maliens, dans leur diversité, viennent de se parler, à travers le Dialogue national inclusif. Quel pourrait être l’apport de l’Union européenne dans la mise en œuvre des conclusions de ces assises?  Bart Ouvry : Le véritable enjeu du dialogue était politique, rétablir un large consensus entre Maliens sur la gouvernance du pays. Un pas géant a été fait et j’ai particulièrement apprécié l’apport des femmes maliennes dans le Dialgoue. Mais le calendrier de mise en œuvre est tenu. C’est le gouvernement qui prend en main la mise en œuvre et les élections annoncées pour mars sont un enjeu capital. Je note une volonté ferme du gouvernement d’assurer sur fonds propres et dans les délais les élections. Notre apport serait avant tout de l’expertise, par exemple par la formation des acteurs de la société civile. Eux jouent un rôle crucial dans l’observation des élections et permettent l’adhésion des Maliens au processus électoral. L’Essor : Parlons de la coopération entre l’UE et le Mali. Pouvez-vous nous parler de cette coopération vieille de plusieurs décennies et qui s’est densifiée au fil des années. Quels sont les principaux axes de cette coopération ?  Bart Ouvry : Effectivement, la coopération entre l’Union européenne et le Mali a plus de 60 ans. C’est donc une relation qui a un véritable passé et qui est solide. Nous nous concentrons sur les infrastructures routières -la route de Tombouctou, la route de Kidal, mais aussi de distribution d’eau à Bamako avec la station d’eau de Kabala. Autres secteurs