Bah N’Daw, président de la Transition : Un homme de droiture

Bamako, 23 sept (AMAP) Depuis le lundi dernier, conformément aux recommandations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Maliens connaissent celui qui va diriger la Transition. Il s’agit du colonel-major à la retraite, Bah N’Daw. Un homme pragmatique, qui a derrière lui une brillante carrière au sein de l’institution militaire. Celui qui va présider aux destinées de notre pays durant les 18 mois à venir est un militaire à la retraite. Il avait remplacé, en 2014, Soumeylou Boubèye Maïga au ministère de la Défense et des Anciens combattants dans le gouvernement dirigé par Moussa Mara. Ce remaniement était intervenu quelques jours après le revers subi par les Forces armées maliennes à Kidal face aux mouvements armés irrédentistes. Né le 23 août 1950 à San, dans la Région de Ségou (Centre), celui qui a été désigné pour diriger la transition a fait une brillante carrière au sein de l’Armée de l’Air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après son baccalauréat, il fut incorporé comme engagé volontaire dans l’Armée le 1er juin 1973. L’année d’après, il était désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en ex-URSS. En mars 1976, le jeune militaire Bah N’Daw intègrera la toute nouvelle Armée de l’Air. Titulaire d’un brevet d’étude militaire supérieur en France, il est aussi breveté de l’Ecole de guerre en 1994. Bah N’Daw est issu de la 7è promotion (1973) de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Comme de nombreux cadres de son corps, il est passé par l’ex-Union des Républiques socialistes et soviétiques (Ex-URSS) où, il a suivi plusieurs stages. Autres faits marquants de sa riche carrière au sein de l’institution militaire : aide de camp de l’ancien président Moussa Traoré, chef d’état-major de l’Armée de l’Air, chef d’état-major adjoint de la Garde nationale, directeur du Génie militaire, chef du cabinet de défense à la Primature, directeur général de l’équipement des armées, chargé de mission au ministère de la Défense et des Anciens combattants. Bah N’Daw a, aussi, été le directeur de l’Office national des anciens combattants militaires retraités et victimes de guerre (ONAC). Officier de l’Ordre national, il a été décoré des médailles du mérite militaire et du mérite national. Le nouveau président est connu pour être un homme pragmatique est polyglotte. Il parle français, russe, anglais et bamanan. Depuis la démission de l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août dernier, nos compatriotes retenaient leur souffle pour connaitre le profil de la personne qui doit diriger la transition, vu la situation difficile dans laquelle se trouve le Mali. Certains optaient pour une transition dirigée par un militaire, d’autres voulaient un technocrate aux compétences et la bonne moralité avérées. Les débats de rue se sont transportés dans les salles du Centre international de conférences de Bamako (CICB) les 10, 11 et 12 septembre où, s’est tenue la Concertation nationale sur la transition. A l’issue de ces assises nationales, une Feuille de route et une Charte de la Transition ont été adoptées par les participants. Un mini-sommet de la CEDEAO s’est tenu à Accra au Ghana, au début du mois, sur la situation politique dans notre pays. Une délégation du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec à sa tête son président, le colonel Assimi Goïta, y a pris part. Les résolutions des assises nationales sur la transition y ont été exposées. A l’issue de ce mini-sommet, les chefs d’Etat de la Cedeao sont restés sur leur position. S’ils ont accédé à une transition de 18 mois, ils ont exigé que celle-ci soit dirigée par un président et un Premier ministre civils. Ils ont donné un ultimatum au CNSP pour mettre en œuvre ces recommandations et en ont conditionné la levée des sanctions contre notre pays. Dès son retour au pays, le CNSP s’est attelé à la mise en place d’un collège de désignation du président et du vice-président de la transition. Ce collège a donc choisi comme président de la transition, le colonel-major à la retraite Bah N’Daw et comme vice-président, le colonel Assimi Goïta. DD/MD (AMAP)  

Carnet de voyage : Au fil du fleuve Niger

Par Ahmadou CISSE  Envoyé Spécial Bamako, 22 sept (AMAP) Soudain, au détour d’un faubourg, le voyageur aperçoit Mopti, otage des eaux. Pour arriver jusqu’ici, il a fallu avaler 640 km, depuis Bamako par une route en très mauvais état. La Venise du Mali « est construite sur trois îles reliées entre elles par des digues, confluent du Bani et du Niger », décrivent les brochures. Cette presqu’île a été fondée au XIXe siècle par des Bozos. Elle porte alors le nom de Sangha qui signifie « lieu de rassemblement ». Carrefour fluvial et commercial, Mopti est surtout un point de départ pour la découverte de l’arrière-pays, le Septentrion du Mali, hélas en mal de paix. Nous sommes au tout début de la saison des montées des eaux. Le mois d’août est surtout connu pour la soudure. C’est aussi le temps des grands bateaux qui assurent la liaison entre Koulikoro (60 Km de Bamako), Tombouctou et Gao, dans le Nord. La route est dégradée et dangereuse. Le manque d’entretien et l’insécurité font peur aux voyageurs. Les voies les plus sécurisées restent les airs et le fleuve. L’avion coûte cher. Alors, avec un soupçon de bon sens, le choix du bateau s’impose. Sur le quai de Mopti, le bain de foule est inévitable. En ce moment de psychose de Covid-19, autant être fataliste. Ici, le coronavirus semble lui-même résigné à se placer en quarantaine. Toutes les ethnies de notre pays semblent s’y donner rendez-vous pour faire du commerce ou en transit pour d’autres horizons. Entre ces deux, se trouve le débrouillard du coin : il est porteur de bagages, gargotier, artisan, mendiant ou même petit voleur à la tire. Tout ce beau monde a le même dénominateur : la recherche de la pitance quotidienne. L’HEURE, C’EST L’HEURE – Le bateau s’apprête à prendre le large, en début de nuit. Destination Gao. « Le voyage prendra environ cinq jours », alerte le commissaire du bateau qui supervise le chargement de son navire. Et Tombouctou alors ? « Dans deux jours », dit-il avec un brin de doute. Cette précaution est de bon aloi pour qui connaît les conditions de la traversée avec un bateau de vieil âge. Coïncidence heureuse ? « Tombouctou », c’est également le nom du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) qui dispose d’une flotte de trois navires du même genre (les bateaux Kankou Moussa, Général Soumaré et Tombouctou). Dans l’ensemble, le bateau tient la route ou plutôt le fleuve. Malgré son âge avancé (des années 80), la ferraille se bat au mieux de ses forces pour relier le Sud au Nord. Des années et des années de bons et loyaux services. Le réseau électrique est peut-être en mauvais état mais il fonctionne. Donc, tout va bien. Un coup de balai ne fera aucun mal aux cabines. Ce n’est pas le plus important. Les deux grosses machines de propulsion ont pris quelques rides et, par conséquent, sont devenues très gourmandes en carburant avec une consommation de 15.000 à 16.000 litres de gasoil, entre Koulikoro et Gao. Comparés aux passagers du pont, les occupants des cabines (chambres de bateau) font figure de privilégiés, au regard de leurs conditions de voyage. Les premiers ont dû construire des abris de fortune avec des draps multicolores contre les intempéries sur le pont.  La pluie peut perturber leur quiétude à tout moment. Le départ du bateau est annoncé pour 20 h (ou 8 h du soir). Un quart d’heure avant, trois sifflets retentissent sur la berge. Les retardataires s’empressent pour embarquer. Les derniers porteurs de bagages quittent le navire à grandes enjambées. Certains enfants, de mauvaise réputation, n’ont pas échappé au plongeon nocturne après le départ du bateau. Après tout, c’est le moindre mal. L’heure, c’est l’heure. Une fois n’est pas coutume. Le bateau démarre à 20 h pile. Tant pis pour les incorrigibles traînards. Un passager, superstitieux à outrance, jette une pastèque par-dessus bord : une offrande aux génies de l’eau pour une traversée sans embûches. DECOUVERTE DU BATEAU – Le « Tombouctou » est commandé par le commissaire Amadou Tidiani Samaké, assisté d’un sous commissaire. Le premier s’occupe des aspects administratifs, commerciaux et financiers en plus des passagers VIP. Le second, lui, s’occupe du fret et des passagers de la 3è classe.  La partie mécanique est logée dans la cabine des machines. Trois gros moteurs propulsent le bateau à une vitesse moyenne de 10 km par heure. Au gouvernail, il y a trois pilotes. Assistés de matelots, ils se relaient toutes les 6 heures. Leur cabine est contiguë au restaurant-bar géré par un prestataire privé. Tous les passagers de luxe, 1ère, 2e et 3e sont logés et nourris. Le bateau a une capacité de 130 tonnes sous cale et de 344 passagers. Premier jour de voyage, premier accostage d’urgence. Aux portes  du lac Débo, un orage accompagné d’un vent violent soulève de hautes vagues. Le bateau est en difficulté en eau profonde. Le navire tangue. Panique à bord. Les matelots décident de tenter un accostage d’urgence au milieu de nulle part, le temps de la tempête. Les passagers se mettent à l’abri de la pluie qui tombe sur le lac. Le commissaire du bateau a rapidement ordonné un accostage d’urgence au milieu d’une bourgoutière. Quelques heures plus tard, l’orage cesse. Le bateau met à nouveau le turbo. COVID EN QUARANTAINE – En termes de lutte contre la Covid-19, aucune mesure sanitaire n’est exigée à bord. Le virus est comme prié de se mettre en quarantaine. Le seul flacon de gel hydro alcoolisé se cachait des voyageurs au fond du bar principal. Pas un seul passager ne porte de masque de protection. Ni même le personnel naviguant qui s’est contenté de placer un dispositif de lavage des mains posé à droite sur le pont supérieur, juste avant l’accès au restaurant. Là encore, il semble être ignoré des passagers qui ne s’en servent qu’après un repas. A la décharge de la compagnie, l’observation des gestes barrières contre la pandémie est d’abord une question de conscience individuelle. Pour la sécurité

Commémoration du 22 septembre : Le colonel Assimi Goïta demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité.

Bamako, 22 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a appelé, mardi, le peuple malien à un soutien aux forces de défense et de sécurité. « Je demande au peuple malien de soutenir les forces de défense et de sécurité dans les efforts qu’elles déploient pour ramener la paix et la sécurité au Mali (…) de soutenir, également, les partenaires », a déclaré le colonel Goïta. Il s’exprimait au terme du défilé militaire qu’il a présidé sur la Place d’armes du 34è Bataillon du génie militaire, dans le cadre de la commémoration du 22 septembre, date anniversaire de l’Indépendance du Mali. “Le défi sécuritaire est si complexe qu’il ne pourrait être relevé que dans un sursaut national, appuyé par les forces étrangères partenaires”, a ajouté le président du CNSP. Plusieurs personnalités ont assisté à cette ceremonie, notamment des anciens Premiers ministres et ministres, ainsi que des représentants d’organisations internationales et de pays accrédités au Mali. Cette année, l’évènement a été différent du traditionnel rendez-vous républicain. Les effectifs ont été considérablement réduits : deux sections au maximum par corps. Et aucun véhicule motorisé n’était présent. A la fin du défilé, le colonel Assimi Goïta a rendu hommage aux pères de l’Indépendance, tout en rappelant qu’ “il incombe à tous les Maliens de tenir le flambeau afin de léguer un Mali stable et prospère aux générations futures”. ID/MD (AMAP)

Ségou : Les vendeuses de pastèques se frottent les mains

Par Abdoulaye TALL AMAP-Ségou  Ségou, 22 sept (AMAP) A la faveur de l’hivernage, période propice aux fruits et légumes, la pastèque, depuis quelques mois, inonde les étals, trottoirs et marchés de Ségou, la capitale des Balanzans. De forme sphérique, comme un ballon de rugby, et de couleur verte, elle s’invite à l’entrée des repas comme au dessert. La pastèque a longtemps conquis les papilles des plus gourmands. Bien appréciée, elle s’est taillée une place au soleil, en raison de ses multiples vertus. Chaque jour, une poignée de femmes arpentent la ville de Ségou, à bord de charrettes tirées par des ânes, incroyablement chargées de pastèques destinées au marché. Certaines vendeuses de fruits prennent d’assaut les trottoirs qui constituent des endroits stratégiques pour mieux vendre leurs produits et en tirer des bénéfices. Ces braves femmes, qui vendent ce précieux fruit, ne se plaignent pas. Elles parviennent à nourrir leur famille, avec le revenu tiré de la vente de pastèques. Leur commerce attire, au quotidien, de fidèles clients qui viennent de divers horizons. Tous les matins, dès l’apparition des premiers rayons de soleil, Fatoumata Traoré étale ses pastèques en bordure de route, à proximité de l’espace culturel Meru Ba. Assise sur une chaise, à l’ombre d’un grand parasol, la jeune vendeuse excelle dans le commerce de fruits depuis 15 ans. Grace à sa force de persuasion, Fatoumata Traoré s’est bâtie une bonne notoriété. Elle a, aussi, su fidéliser sa clientèle. Elle ravitaille constamment certains vendeurs ambulants et commerçants de Ségou qui prennent, en moyenne, une trentaine de pastèques à crédit. Fatoumata Traoré affirme que grâce à ce commerce, elle arrive à subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Comme contrainte, elle souligne que souvent, il lui arrive de se retrouver avec des pastèques pourries sur les bras. Certaines sont endommagées à cause du mauvais état de routes et d’autres finissent leur parcours dans les décharges publiques, avant d’être englouties par les ruminants. Plus loin, nous avons rencontré Oumou Diallo. Cette vendeuse avait les yeux rivés sur ses pastèques, soigneusement alignées les unes à côté des autres. Ses gros fruits sucrés et juteux viennent pour la plupart de Niono, de Pogo, de Monimpé et de Tona. A en croire cette commerçante, le marché est florissant et tout le monde en raffole. Le rouge éclatant de la pastèque et son goût exquis laisse rarement indifférents les consommateurs. «Le prix oscille entre 500 Fcfa et 2.000 Fcfa. Nous recevons chaque jour des clients qui aiment bien nos pastèques», déclare Oumou Diallo, qui arrive à générer un bénéfice de 4.000 voire 14.000 Fcfa, par jour. Atou évolue, également, dans le commerce de fruits depuis 6 ans. Elle gagne sa vie « dignement ». Ses pastèques se vendent comme des petits pains. Malgré le nombre important de vendeuses installées sur le bord de la route, Atou parvient à tirer son épingle du jeu dans la vente de ce fruit saisonnier. Ses fournisseurs viennent, pour la plupart, de Niono. Comme nos précédentes interlocutrices, elle se frotte, également, les mains en cette période. «Par jour, je peux vendre une dizaine de pastèques. Grace à la vente de ce fruit, je participe aux dépenses de la famille», confie la vendeuse, sourire aux lèvres. Aussi appelée melon d’eau, la pastèque est une véritable fontaine de vitamines A, B6 et C. Selon les spécialistes, ce n’est pas tout, ce fruit savoureux favorise la bonne santé des dents, aide à prévenir les dommages cellulaires et permet de prévenir la déshydratation. La pastèque permettrait d’améliorer la capacité des cellules de la peau, tout en la mettant à l’abri des rayons ultraviolets. Sa pulpe rouge rafraîchit et purifie l’organisme. En outre, elle serait une alliée précieuse contre les monstrueuses courbatures et crampes musculaires.   AT/MD (AMAP)

Passeports diplomatiques et de service : Plus de 100 sur 300 restitués

Bamako, 22 sept (AMAP) Plus de cent passeports diplomatiques et de service ont été restitués après le communiqué, vendredi dernier, du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, invitant tous les détenteurs de ces documents de voyage, qui ont cessé les fonctions pour lesquelles ils leur avaient été délivrés, à les restituer à la Direction générale du protocole de la République, lundi 21 septembre 2020. «La restitution est effective depuis ce matin. Aux environs de 15h, nous étions à 118 passeports restitués dont 95 diplomatiques et 23 de service. L’enregistrement continue sans difficulté avec les restituteurs », a déclaré le chef du département des privilèges et immunités diplomatiques, Mahamadou Bakoroba Dramé. Selon le communiqué, diffusé à la télévision nationale, les personnes visées sont celles qui ont quitté les fonctions pour lesquelles ils ont eu droit au passeport. M. Dramé a invité tous les détenteurs, qui sont dans cette situation, à restituer les passeports en leur possession, conformément à la règlementation en vigueur. Par ailleurs, notre interlocuteur a indiqué que si le passeport n’est pas restitué, l’autorité de délivrance, en occurrence le ministre en charge des Affaires étrangères, a la possibilité d’annuler le document. « Depuis ce matin, nous avons ouvert une liste sur la base d’un récépissé de restitution qui est remis aux restituteurs», a indiqué un conseiller des Affaires étrangères, ajoutant que son département a élaboré un tableau qui retrace le nom et la qualité des restituteurs, ainsi que la date de restitution. AT/MD (AMAP)  

Discours à la Nation du Président du CNSP, Son Excellence le colonel Assimi Goita à l’occasion du 22 septembre 2020

Chers compatriotes, Par la grâce de Dieu, j’ai le privilège insigne de m’adresser à vous, ce soir, en cette occasion solennelle que représente la date anniversaire de notre accession à l’indépendance nationale, le 22 septembre 1960. 22 septembre 1960 – 22 septembre 2020 ! Soixante ans qu’avec ses compagnons, le grand homme d’Etat et nationaliste convaincu, le Président Modibo Kéita, a proclamé l’indépendance de la République du Mali. C’est une fête de mémoire et d’espoir. Mémoire des sacrifices consentis par les pères fondateurs ainsi que les idéaux dont ils étaient porteurs et espoir de lendemains meilleurs pour que les générations futures soient fières de l’héritage que nous leur laisserons. Notre sentiment de reconnaissance envers nos valeureux devanciers doit alors être permanent et nous devons faire foi en notre capacité à assumer notre destin. Chers compatriotes, Notre chère patrie est à la croisée des chemins et est confrontée à des défis multiples. Soixante (60) ans d’indépendance, que de chemin parcouru, de progrès réalisés, de moments d’incertitudes, de doutes, d’interrogations et de moments moins glorieux. De l’Empire du Mali au Mali actuel en passant par la Fédération du Mali et plus récemment le Soudan, que de péripéties. Pour autant, notre volonté de vivre en commun n’a jamais été prise à défaut. Mais il faut le redire, le Mali, notre chère patrie, a été suffisamment éprouvée dans sa chair et dans son être par une crise multidimensionnelle. Durant la dernière décennie en particulier, chacun aura constaté et vécu ce qui nous est arrivé de grand et de moins de grand, à savoir un pays annexé au deux-tiers en 2012 et qui a dû recourir à la communauté internationale pour sa libération. En 2020 encore, l’insécurité prévaut sur une large partie du territoire national. Les Forces de Défense et Sécurité se battent avec bravoure mais les guerres asymétriques, nous le savons tous, se gagnent difficilement. Elles se gagnent avec le temps, dans la détermination et dans la résilience. Je voudrais vous faire la promesse que nous gagnerons la guerre qui nous a été imposée. A cet effet, les Forces de Défense et de Sécurité doivent être davantage mobilisées, formées, aguerries et mises dans les conditions matérielles et morales de la victoire qu’elles ont obligation de remporter contre l’ennemi et ce, pour le peuple malien. Les mois à venir doivent être des mois de résultats et d’engagement décisifs pour que le Mali recouvre rapidement toute sa sécurité sur tout son territoire. Les Forces de Défense et Sécurité répondent et répondront, avec vaillance et en tout lieu, à l’appel du Mali. Elles « sont debout sur les remparts, et résolues de mourir » afin que le Mali demeure. Et le Mali demeurera inchallah ! Les efforts seront accrus pour renforcer les capacités opérationnelles de notre principal outil de préservation de la sécurité de nos concitoyens, de défense de notre territoire et de protection de la paix que sont les FAMAs. Chers compatriotes, L’école malienne doit retourner à l’école. Il faut que par le recrutement massif de filles et de garçons, elle relève le défi de la lutte contre l’illettrisme. Il faut que par le relèvement de la qualité des formations, notre pays soit compétitif dans la sous-région et au-delà. Il faut que, par l’amélioration substantielle de la condition enseignante, l’encadrement soit plus motivé, comme le laisse espérer l’application de l’article 39 dont la mise en œuvre ne pose plus de problème, grâce à l’accord obtenu ces jours entre les syndicats concernés et le CNSP. Par ailleurs, les élections récentes ont suscité, à juste raison, beaucoup de critiques fondées. Elles ont été parmi les déclencheurs de la crise socio-politique que notre pays traverse actuellement. Il est impérieux dès lors de veiller à ce que les élections, mécanisme essentiel du jeu démocratique, se tiennent désormais dans la transparence et sans parti pris de l’administration. Les listes électorales doivent être fiables sans doublons et les scrutins doivent se tenir avec une enveloppe financière raisonnable, à la mesure des moyens modestes de notre pays. Sur le même registre, le développement national doit connaître un nouvel essor. Il est indispensable que nos routes soient praticables et dignes d’un pays fier, que les populations aient plus accès à l’eau, à l’électricité, à la nourriture, à la santé. Et pour cela, il est indispensable que les gouvernants fassent en sorte que l’impunité soit définitivement enrayée, que la corruption soit combattue sans concession, que les Maliens soient égaux en droit et que la loi soit appliquée à tous, sans favoritisme. Je suis, pour ma part, convaincu que la Justice jouera pleinement sa partition dans la reconstruction du Malien nouveau. Chers compatriotes, Pour toutes ces raisons, plaçons cette fête sous le signe d’un nouveau départ, d’une nouvelle opportunité que nous nous donnons pour faire grandir le Mali dans la confiance, la cohésion sociale retrouvée et dans la solidarité. Le changement, c’est maintenant. Amorcer le changement n’est plus une faculté, encore moins une option parmi tant d’autres ; il est, de nos jours, une nécessité vitale et existentielle. Le développement et le salut de notre pays passent impérativement par un changement profond de notre manière d’agir, une rupture d’avec nos méthodes habituelles de gestion, une mutation profonde de nos rapports à la chose publique et un changement de mentalité. Sans sacrifices, le changement tant souhaité et escompté ne sera qu’un vœu pieux, un vain mot. Il passe par la lutte implacable contre la mauvaise gouvernance et l’impunité. C’est un devoir impérieux d’initier toutes les actions appropriées en vue d’inverser la tendance et de construire un Mali nouveau. Chers compatriotes, L’action du CNSP, le 18 août dernier, n’est point le résultat de l’aventurisme pour faire une incursion dans la vie publique politique. Elle est la résultante du pourrissement de la situation socio-politique persistante dont l’acuité mettait en mal le tissu social. Les hommes, qui forment le Comité National pour le Salut Public (CNSP), sont les enfants de cette nation, acquis à ses valeurs, capables comme chaque Malien doit pouvoir le faire, de se sacrifier pour l’intérêt général. Venu en ce

Refondation de l’État du Mali : Les acteurs culturels mènent la réflexion

Bamako, 21 sept (AMAP) L’ambassade d’Allemagne au Mali a organisé, vendredi dernier, à l’École de maintien de la paix, une table ronde des acteurs culturels et jeunes intellectuels sur le thème : «Le Mali que je veux», avec comme l’objectif de susciter un débat constructif sur l’avenir du Mali, en proposant, en même temps, des idées pour y parvenir. Au terme des échanges, les participants ont souhaité un Mali stable, de paix, de prospérité. Ils ont également voulu un pays où il y aura la sécurité, le bon vivre, l’éducation de qualité, la bonne redistribution des ressources de l’État entre les citoyens. Nos compatriotes désirent, en outre, que l’Armée soit équipée afin de pouvoir faire face, seule, au terrorisme. De même, Ils rêvent de voir un Mali où la politique ne devient pas une profession et où le travail prime sur le social. Le rétablissement de la confiance entre la justice et les justiciables, la culture de l’excellence, la création de l’emploi pour les jeunes, afin d’éviter à cette couche de la société de prendre le chemin de l’immigration, font partie également des souhaits émis par les participants. Dans son intervention, l’ambassadeur d’Allemagne, Dr Dietrich Pohl, a estimé que dans cette phase cruciale de l’histoire de notre pays, la voix des acteurs culturels et jeunes intellectuels est non seulement pertinente, mais doit être entendue.  «C’est dans ce sens qu’on a trouvé qu’une telle table ronde puisse contribuer au dialogue qui se déroule ces jours», a justifié Dietrich Pohl. « Sans l’apport d’une jeunesse instruite et attachée aux valeurs de la culture de la paix l’épanouissement de la société restera un vœu pieux », a expliqué le président du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation (CSA), par ailleurs ambassadeur de l’Algérie, Boualem Chebihi. Il a espéré que les initiatives prises ou celles que s’apprête à prendre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) puissent conduire le pays vers une transition apaisée. Mais aussi « de pouvoir aider les Maliens à avancer efficacement sur le chemin de la paix et de la sécurité, de la réconciliation nationale et du vivre-ensemble ». «Les acteurs de la culture et les jeunes intellectuels doivent jouer pleinement leur partition dans cette entreprise grandiose», a-t-il dit. Pour sa part, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, chef de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Mahamat Saleh Annadif, a insisté sur le dialogue constructif, utile et franc qui peut permettre que les gens se disent des vérités pour pouvoir entamer un avenir meilleur pour le pays. Selon le diplomate onusien, il y a un besoin de dialogue pour qu’il y ait une adhésion citoyenne à ce qu’on veut pour le Mali. Par la suite, M. Saleh Annadif a dit que l’intervention étrangère et la présence des Nations unies au Mali s’expliquent par la rupture de consensus au niveau de la classe politique. Il invitera les participants à développer l’esprit de dialogue qui est une valeur cardinale. Comme réponse aux nombreuses critiques sur l’Accord pour la paix et la réconciliation, le chef de la MINUSMA a souligné qu’il n’y a pas «d’accord parfait». «Il est important de se l’approprier et de le mettre en œuvre. Et s’il y a des difficultés, qu’on puisse toujours s’asseoir, dialoguer pour pouvoir les surmonter et, éventuellement, faire d’autres accords», a conseillé  Mahamat Saleh Annadif. Quant au représentant de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il s’est dit confiant qu’à partir des acteurs culturels, les Maliens peuvent trouver une façon innovante de « ré-exister ». Hamidou Boly a ajouté que « la culture est la seule chose qui reste quand on a tout perdu ». Le représentant de l’Union africaine (UA) au Mali, Pierre Buyoya, était aussi présent. BD/MD (AMAP)  

Force conjointe du G5 Sahel : Destruction d’un lot de matériels appartenant aux groupes armés terroristes (Communiqué)

Bamako, 21 sept (AMAP) Un véhicule tout terrain, quatre motos, des treillis militaires, un sac contenant des radios appartenant aux Groupes armés terroristes (GAT) ont été détruits par l’Echelon tactique interarmes (ETIA) malien de la Force conjointe du G5 Sahel, lors d’une reconnaissance offensive, à proximité du hameau de Kobo, dans le Gourma malien, indique un communiqué du G5 Sahel que l’AMAP a reçu samedi dernier. Selon ce communiqué, cette opération, menée le 10 septembre dernier, dans le cadre de l’opération SAMA, a permis, également, de saisir du matériel médical de l’ennemi. Ces informations ressortent. La même source indique que des hommes armés ont été aperçus fuyant vers la forêt. Dans le Gourma malien, les GAT ont perdu, au total, un véhicule 4×4, 24 motos, un tricycle ainsi que des fûts d’essence, des armes, des treillis, des radios et quatre plots logistiques. La Force conjointe du G5 Sahel confirme, ainsi, sa bonne capacité de mobilité malgré des conditions météorologiques difficiles et des axes toujours dégradés. « Le 26 août dernier, au cours d’une opération de contrôle de zone, une unité de la Force conjointe du G5 Sahel avait déjà saisi un important plot logistique des terroristes », rappelle le communiqué. La Force conjointe du G5 Sahel assure que la présence de ses troupes armées et aguerries au sol, soutenues par divers types d’aéronefs de combat et de surveillance, dissuade les terroristes de mener toute action offensive. Dans le cadre de l’opération SAMA, la Force conjointe du G5 Sahel contribue, à travers ses reconnaissances et ses missions de contrôle de zone, au retour progressif de l’État dans la région des trois frontières. La Force conjointe du G5 Sahel est une force régionale qui a pour mission de lutter contre les terroristes dans les Régions frontalières communes aux pays du G5 Sahel, en étroite coordination avec toutes les forces nationales et Barkhane. Composée d’unités provenant du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, la Force conjointe du G5 Sahel est mandatée pour pouvoir intervenir au-delà des frontières de ces pays dans le cadre d’une règlementation paraphée par les cinq chefs d’Etat du G5 Sahel. MDD/MD (AMAP)  

Le Sénégalais Cheikh Tidiane Gadio désigné Envoyé spécial de la Francophonie au Mali

Bamako, 21 sept (AMAP) La Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a désigné le Sénégalais Cheikh Tidiane Gadio en qualité d’Envoyé spécial pour le suivi de la situation au Mali, annonce un communiqué de l’Organisation internationale de la Francophone (OIF) publié lundi. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre de la résolution adoptée le 25 août par la 111ème session extraordinaire du Conseil permanent de la Francophonie (CPF), pour soutenir le processus de restauration des institutions démocratiques au Mali et contribuer à trouver des solutions de sortie de crise durables et crédibles prenant en considération les attentes des citoyens maliens », indique le communiqué de l’OIF. Selon l’organisation de la Francophonie, en coordination avec les partenaires internationaux, dont la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA), l’Envoyé spécial sera chargé d’appuyer la Secrétaire générale de la Francophonie dans l’accompagnement du processus de transition civile. Le communiqué révèle, également, que Cheikh Tidiane Gadio conduira, dans les prochains jours, une mission de haut niveau à Bamako, au cours de laquelle il sera accompagné de Nadia El Yousfi, députée au Parlement bruxellois et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, membre du Bureau de la Commission des affaires parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et de Moha Ouali Tagma, ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc auprès de la République fédérale du Nigéria et de la CEDEAO à Abuja. Pour rappel, le Dr Cheikh Tidiane Gadio est vice-président de l’Assemblée nationale sénégalaise depuis octobre 2019. Doté d’une grande expérience diplomatique, il est ancien Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères de son pays et preside, actuellement, l’Institut panafricain de stratégie paix-sécurité-gouvernance (IPS). MT/MD (AMAP)

Mali : Le colonel-major à la retraite Bah N’Daw nommé président de la Transition

Bamako, 21 sept (AMAP) Le colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, désigné président de la Transition au Mali, n’était pas très bien connu du grand public, jusqu’en mai 2014, avant d’être nommé Ministre de la Défense et des Anciens combattants. Ses compagnons d’armes, eux, savent qu’il est un homme de principe, un militaire engagé au sens très élevé de la loyauté. Né le 23 août 1950 à San, dans la Région de Ségou, au Centre du Mali, le tout nouveau président a fait une brillante carrière au sein de l’Armée de l’air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après son baccalauréat, il est incorporé comme engagé volontaire dans l’Armée, le 1er juin 1973. L’année suivante, il est désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en ex-Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). En mars 1976, le jeune militaire qui se laisse affectueusement appelé « Le Grand », intègre la toute nouvelle l’Armée de l’Air. Avec son brevet d’étude militaire supérieur obtenu en France, il alla se former davantage à l’Ecole de guerre (CID) en 1994. Le nouveau président de la Transition est de la 7è promotion (1973) de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Comme de nombreux cadres de son corps, il est passé par l’ancienne URSS où il a suivi plusieurs stages. Sa riche carrière lui fit occuper des postes stratégiques : aide de camp du président Moussa Traoré, chef d’état major de l’Armée de l’Air, chef d’état major adjoint de la Garde nationale, directeur du Génie militaire, chef de cabinet de défense à la Primature, directeur général de l’Equipement des armées, chargé de mission au Ministère de la Dèfense et des anciens Combattants (MDAC), directeur de l’Office national des anciens combattants militaires retraités et victimes de guerre (ONAC). L’Officier de l’Ordre national qui parle plusieurs langues dont le Russe est appelé encore une fois à servir le Mali. Pendant une transition de 18 mois, il doit faire appel à tout son savoir-faire militaire et son capital-expérience pour réussir à remettre le train Mali sur les rails. Dans cette tâche, il est secondé par le colonel Assimi Goita, président du Comité pour le Salut du Peuple (CNSP) en qualité de vice-président. AC/MD (AMAP)