Manifestations populaires : Il n’y a pas que des discours…
Par Oumar DIAKITE Bamako, 12 août (AMAP) Les à-côtés des rassemblements révèlent bien d’autres choses que les discours des leaders. Alors que certains œuvrent pour la protection et la sécurité des manifestants et observateurs, nombreux sont ceux qui gagnent leur pain, lors de ces protestations populaires. Des personnes qui assurent le parking pour surveiller les motos ainsi que des vendeurs ambulants sont les plus heureux des rassemblements au Boulevard de l’Indépendance. Ils ne retournent pas bredouille à la maison. Des vendeurs de parapluies, d’imperméables, d’arachides, d’eau fraiche, de vuvuzelas, entre autres, ont fait écouler leurs produits. Vers 14h, Tidiani Koné, avait déjà vendu plus de 100 vuvuzelas. Chaque vuvuzela est cédé à 500 Fcfa, selon lui. « Je peux vendre 200 vuvuzelas à chaque rassemblement », confie-t-il, en quête de clientèle, en face des anciens locaux du ministère de l’Economie et des Finances. Alors que les manifestants soutiennent l’ambiance, une dame fait son petit commerce de T-shirt rouge avec effigie FSD (Front pour la sauvegarde de la démocratie). « J’ai vendu 50, en raison de 1500 Fcfa l’unité. Je continue à vendre», dit-elle, tenant à son anonymat. De l’autre côté, dans le jardin en face à la Bourse du Travail, Badara tient son parking de motos des manifestants. A notre passage, aux environs de 15h, il n’avait pas atteint le nombre habituel d’engins qu’il garde. « Mon premier carnet de tickets n’est pas fini d’abord. Nous avons 100 tickets dans un carnet. Chaque ticket, à l’occasion des manifestations, coûte 200 Fcfa. J’ai écoulé plus de deux carnets lors des dernières manifestations. Mais je ne désespère pas, car il n’est pas encore 16h », détaille-t-il. La mobilisation est lente à se dessiner lors du rassemblement du mardi 11 août. Peut-être à cause de la fine pluie toute la matinée ? Il a fallu plus de 2 heures d’horloge pour voir les quatre rues qui débouchent sur la Place de l’Indépendance se remplir de monde. Depuis 14h30, certains responsables du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), prennent place à la loge officielle à la Place de l’Indépendance. Les choses proprement dites débutent après 16 heures. L’Imam Mahmoud Dicko, lui-même, arrive mobilisation sur les lieux à 16h35mn. De nombreux journalistes ainsi que des animateurs de réseaux sociaux prennent place sous le podium. Des drones aussi survolent le ciel. L’accès à cet endroit par des hommes de médias est conditionné à un contrôle strict des éléments de la sécurité du M5-RFP. « Personne n’entre sans être soumis à ce contrôle », dit un agent de sécurité en train de contrôler le sac d’un confrère. Ces hommes de sécurité du M5 portent des brassards rouges et jaunes. Ils sont une centaine. « Nous avons toujours maintenu la sécurité des manifestations dont fait partie la CMAS. Nous restons sur place jusqu’à la désinstallation du matériel de sonorisation, des bâches et des chaises. C’est nous qui assurons la sécurité chez l’Imam Dicko », précise Demba Sanogo, agent de sécurité du M5-RFP. Quant aux agents de maintien d’ordre, ils sont moins visibles aux abords proches du rassemblement. Cependant, un pick-up de la gendarmerie avec des éléments était stationné à une intersection de rues non loin. Une ambulance médicalisée de la protection civile était en position près de la Bourse du travail, prête à intervenir. SANTE DES MANIFESTANTS – Les éléments de la protection civile sont postés, près du podium, à coté des journalistes. Ils ont porté secours à quelques rares personnes sujettes à des malaises, après être resté debout de longues minutes. « Nous sommes ici pour tout le monde, les manifestants, les journalistes, les porteurs d’uniforme, entre autres…Nous n’avons pas relevé beaucoup d’incidents », relate un sous-lieutenant de la protection civile alors que ces éléments procèdent au contrôle du sac d’un quinquagénaire. Cet homme d’une taille moyenne, la barbe fournie, habillé d’un boubou blanc sur un demi pantalon qui s’arrête au bas du genou, s’est installé parmi les reporters. Plus de peur que de mal ! Les contrôles ne révèlent rien sur lui. Quelques minutes, après, arrive le directeur régional de la protection civile du District de Bamako, le colonel Adama Diatigui Diarra. Il veut, par lui-même, constater le travail de ses agents. Le colonel Diarra nous signale qu’il y a eu seulement des cas de malaises. « Je suis en train de faire le point de la situation avec mes éléments. A part des malaises, pas de cas grave », note-t-il. Des médecins civils épaulent la protection civile lors de ces manifestations du M5-RFP. Ils portent des badges avec mention «Santé : M5-RFP». Le Dr Koita, en conversation sur la situation avec le colonel Adama Diatigui Diarra, confirme les propos des responsables de la protection civile. « Comparativement aux autres jours, aujourd’hui, il y a eu peu d’interventions », relève-t-il, ajoutant qu’ils opèrent en appui aux agents déployés par la protection civile sur d’éventuels malaises de type hypoglycémie, pertes de connaissance ou vertiges sous l’effet de la chaleur. « Il pleut, depuis ce matin, c’est pourquoi le taux d’intervention n’a pas connu de hausse », explique-t-il. Tout d’un coup, avant la fin de notre entretien, un agent de la sécurité fait signe au Dr Koita pour secourir un de leur qui ne peut plus se tenir sur ses pieds. ATMOSPHERE…Les manifestants sont de tous âges. Des vuvuzelas agressent les tympans. Des militants de partis politiques et autres regroupements ou associations composant le M5-RFP se distinguent à travers leurs habillements. Certains jeunes portent un t-shirt rouge. Des femmes se singularisent avec leur foulard rouge, tenant en main des balaies et autres ustensiles de cuisine. Des groupes de femmes en burka, foulard rouge, sont aussi de la partie. « J’ai toujours participé aux manifestations initiées par l’Imam Dicko. Nous protestons contre la mauvaise gouvernance », déclare une femme, en accoutrement de sunnite. Des hommes au teint clair, enturbannés, regroupés dans la Plateforme du 10 juillet sont venus de Tombouctou. « Il faut un changement. Nous sommes là pour ça. Nous voulons que le système change », s’exprime Abdoulaye Ag Mohamed de cette plateforme. Certains jeunes sont juchés sur les murs du Haut conseil des collectivités territoriales. Au même moment, des
Mali : Célébration de la Journée internationale de la jeunesse
Bamako, 12 août (AMAP) Le Mali à l’instar de la communauté internationale, a célébré, mardi à Bamako, dans la plus grande discrétion du fait de la Covid-19, la Journée internationale de la jeunesse que consacre le 12 août de chaque année sous le thème : «L’engagement des jeunes pour une action mondiale», a constaté l’AMAP. En hommage au rôle de premier plan joué par la jeunesse malienne dans la lutte contre la pandémie, le thème national retenu est : «Rôle de la jeunesse malienne dans la riposte contre la Covid-19». Le secrétaire général du ministère de la Jeunesse et des Sports, Amadou Diarra Yalcouyé a saisi l’occasion pour lancer un appel vibrant à la jeunesse pour son engagement et sa mobilisation en faveur du processus de développement, de la paix et de la cohésion sociale. Amadou Diarra Yalcouyé a témoigné de sa reconnaissance aux partenaires au développement pour la mise en œuvre d’un vaste programme de sensibilisation, de communication et de distribution de masques, de kits sanitaires sur l’ensemble du territoire national. Le Secrétaire général a salué l’esprit de créativité des jeunes, singulièrement l’utilisation des technologies dans le cadre de l’information sur la pandémie, axée sur les jeunes à travers les startups qui constituent des solutions efficaces dans cette lutte. Amadou Diarra Yalcouyé a enfin invité les jeunes à la consolidation de la paix, du vivre ensemble, de la cohésion sociale, la riposte contre le coronavirus et à une réflexion sur les nouvelles stratégies et politiques de développement de la jeunesse après la crise. La Journée a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 27 novembre 1999 et depuis 2000, elle est commémorée à l’échelle planétaire afin d’attirer l’attention des décideurs sur les préoccupations de la jeunesse et célébrer le potentiel des jeunes en tant que partenaires dans la société. Elle représente une opportunité pour les jeunes de faire entendre «leur voix» et de participer à la mise en œuvre des actions initiées à leur intention. C’est aussi un moment de réflexion, de prise de conscience collective tant par les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers, tant par la société sur le devenir de la jeunesse. AS/KM (AMAP)
Bamako : Des manifestants dispersés mercredi à coups de gaz lacrymogène
Bamako, 12 août (AMAP) Les forces de l’ordre ont délogé, mercredi, vers 7h45, les manifestants installés sur le Boulevard de l’Indépendance, par des tirs de gaz lacrymogène, avant de nettoyer les lieux et leurs alentours des barricades, a constaté l’AMAP. Des manifestants du mardi avaient décidé de rester à la Place de l’Indépendance de Bamako jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, notamment le départ du président Ibrahim Boubacar Keite et de son Premier ministre, Boubou Cissé. Ils ont, ainsi, passé la nuit sur place après y avoir dîné. Ils ont même installé des moustiquaires. Ils ont barricadé les voies menant à la Place de l’Indépendance, en interdisant l’accès à tout engin. Au son des vuvuzela, ils ont fait veiller les habitants des quartiers des environs du Boulevard de l’Indépendance. « Ils ont passé toute à nous crever les tympans avec le son de leurs vuvuzelas. Ils étaient encore en train de manifester lorsque nous partions, tôt ce matin, à la mosquée pour la prière de Fadjr. C’est à notre retour qu’ils avaient commencé à rentrer chez eux », raconte un sexagénaire, habitant du quartier Bamako-Coura. Les manifestants ne sont pas seulement limités à occuper la Place de l’Indépendance, certains empêchaient les usagers de la circulation routière, sur les tronçons limitrophes du Boulevard, à vaguer à leurs préoccupations. C’est ainsi que les forces d’ordre sont intervenues, en utilisant des gaz lacrymogènes. Un habitant de la rive droite du fleuve Djoliba à Bamako a indiqué avoir été bloqué au niveau du Palais de la culture et avoir fait, deux fois, demi-tour sur le Pont des martyrs mercredi matin. Aux environs de 8h30mn, à notre passage, les éléments du Groupement mobile de sécurité (GMS) étaient en train de dégager des barricades installées à l’intersection des anciens locaux du ministère de l’Economie et des Finances. Des troubles étaient signalés en d’autres endroits de la ville. OD/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : 4 nouveaux cas enregistrés mardi portant le total à 2577
Bamako, 12 août (AMAP) Quatre nouveaux cas positifs à la Covid-19 ont été enregistrés mardi au Mali, portant le nombre total de la contamination à 2577 dont 1973 guérisons et 125 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 4 nouveaux cas enregistrés mardi, 1 cas a été découvert en CI, 2 cas en CV et 1 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires qui invitent les populations au calme et au respect des mesures préventives, précisent que 177 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien. KM (AMAP)
Rassemblement du M5 au Mali : L’imam Dicko prône une manifestation « pacifique »
Bamako, 11 août (AMAP) Lors de la manifestation du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces Patriotiques (M5- RFP), mardi, l’imam Mahmoud Dicko a appelé ses partisans à manifester pacifiquement pour éviter de tomber dans le piège de la répression. Le leader moral du mouvement de contestation né depuis deux mois a longuement pointé du doigt ce qu’il considère comme des dysfonctionnements du régime du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK). Tour à tour, les autres leaders politiques ont chargé le pouvoir en dénonçant notamment sa corruption et la mal gouvernance. Sous la pluie, des milliers de personnes ont manifesté, mardi contre le régime d’IBK. Ils ont répondu à l’appel du mouvement du 05 juin (M5-RFP) à la Place de l’indépendance de Bamako. Si ce rassemblement auquel a participé l’imam Dicko et plusieurs chefs de partis politiques de l’opposition a suscité l’inquiétude chez plus d’un à Bamako dans la matinée, aucun dérapage n’a été signalé pendant la manifestation. La manifestation a été encadrée par un dispositif impressionnant de sécurité. Les leaders du mouvement contestataire réclament la démission du président de la République et le départ du Premier ministre. Ils demandent, aussi, la libération du chef de file de l’opposition, enlevé par des hommes armés alors qu’il battait campagne pour le premier tour des élections législatives de mars. Ils ont scandé des slogans hostiles et brandi des messages virulents contre le pouvoir. Les scènes de violences meurtrières de la manifestation du 10 juillet dernier sont encore présent dans les esprits. Dans la matinée du mardi, la ville s’est réveillée sous une atmosphère rendue morose par la pluie matinale. Plusieurs activités semblent déjà paralysées dans la ville. Commerces et banques sont fermés. Cette mobilisation intervient en présence du médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique (Cédéao) venu, à Bamako, pour évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées par la Conférence des chefs d’Etat de l’institution. Les aspects institutionnels sont déjà satisfaits, a indiqué le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Kassoum Tapo après la prestation de serment des nouveaux juges de la Cour constitutionnelle et la nomination du président de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. AC/TC/MD (AMAP)
Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques : Meeting sans incidents à Kayes
Kayes, 11 aout (AMAP) Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces Patriotiques (M5- RFP) a tenu, mardi, à Kayes un meeting à la Tribune de l’Indépendance, dans le cadre de la journée de protestation contre le pouvoir et de désobéissance civile, a constaté l’AMAP sur place. Le meeting s’est déroulé sans incident, hormis la réaction négative de certains usagers de la route devant l’érection de barricades au rond-point de la Tribune. Au plan sécuritaire, des dispositions ont été prises par les autorités pour éviter tout dérapage. Lors de ce meeting, les différents intervenants ont laissé entendre que cette activité de désobéissance civile va se poursuivre jusqu’à « la démission du Président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta ». Ils ont, aussi, demandé la libération de leurs camarades qui sont détenus, depuis la semaine dernière, à la prison de Kayes. Les dirigeants du M5-RFP, notamment ceux de l’Union pour la République et la démocratie (URD) sont montés au créneau pour réclamer la libération du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, qui a été enlevé par des hommes armés alors qu’il battait campagne pour le 1er tour des élections législatives de Mars. Puis, les membres du mouvement ont promis de se retrouver mercredi après-midi, cette fois-ci, au siège de l’URD pour une autre activité de désobéissance civile. Ils ont demandé à leurs membres et sympathisants de se mobiliser davantage pour l’aboutissement de leur combat. BMS/MD (AMAP)
Koulikoro : Marche pacifique du M5-RFP
Koulikoro 11 août (AMAP) La section du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP) de Koulikoro a organisé mardi matin une marche pacifique, de la gare au gouvernorat de la ville, malgré une fine pluie, a constaté l’AMAP sur place. Le nombre de marcheurs n’était pas impressionnant, mais leur volonté de porter le message de leur mouvement au gouverneur de la Région était manifeste et déterminée. En témoigne les nombreuses banderoles déployées sur lesquelles on pouvait lire « Le M5 exige la démission du président IBK » ; « IBK le peuple n’en peut plus » ; « Nous exigeons la libération de l’honorable Soumaïla Cissé ». Aussitôt arrivés au portail du gouvernorat, les marcheurs, avant toute déclaration, ont entonné l’hymne national du Mali avant de demander une minute de silence à la mémoire des victimes civiles comme militaires, maliennes comme étrangères de la crise que vit le Mali. Dans la déclaration des manifestants, leur porte-parole, Youssouf Koné, a précisé que cette marche s’inscrit en droite ligne dans la grande mobilisation nationale du M5-RFP et est « une réaction à la répression aveugle qui s’est abattue sur les marcheurs lors des manifestations du 10 juillet à Bamako et précédemment à Sikasso qui s’est soldée par plusieurs morts ». « Nous demandons l’ouverture d’une enquête indépendante pour traquer tous les auteurs de ces crimes et leurs complices et les traduire en justice », a exigé M. Koné avant d’ajouter que leur marche est aussi une manifestation de solidarité pour l’honorable Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition parlementaire, détenu par des ravisseurs depuis mars dernier. Le porte-parole a signifié que leur marche « est aussi l’expression d’une révolte et d’une indignation devant l’indifférence voire la complicité de hauts responsables ayant entouré l’achat d’avions et d’équipement militaires destinés aux Forces armées maliennes (FAMa) ». « Cela est une connivence avec l’ennemi et une trahison de nos forces de défense et de sécurité », a-t-il soutenu. Youssouf Koné a vivement remercié la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) « pour les efforts qu’elle ne cesse de déployer pour la sécurité des Maliens et, singulièrement, la ville de Koulikoro où elle demeure un rempart ». Avant de se disperser, le coordinateur par intérim du M5-RFP de Koulikoro, Adama Togola, a vivement remercié l’ensemble des forces de sécurité pour les sacrifices qu’elles ne cessent de consentir sur le terrain et les populations pour leur mobilisation. Il a exhorté les jeunes à se mobiliser « plus fortement pour les prochaines séances ». AM/MD (AMAP)
Manifestation de l’opposition au Mali : Des milliers de personnes rassemblées contre le pouvoir à Bamako
Bamako, 11 août (AMAP) Sous la pluie, des milliers de personnes ont manifesté, mardi, à Bamako contre le régime du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, à l’appel du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP), à la Place de l’indépendance de Bamako, la capitale, a constaté l’AMAP. Les leaders du mouvement de contestation réclament, pour certains, la démission du président de la République et, pour d’autres, le départ du Premier ministre, Dr Boubou Cissé. A ces demandes, il faut ajouter l’appel à la libération du chef de file de l’opposition, le député Soumaila Cissé, aux mains de ravisseurs depuis mars dernier. Les manifestants ont scandé des slogans hostiles sont et brandissaient des pancartes aux messages virulents contre le pouvoir. Si ce rassemblement auquel participe l’imam Dicko et plusieurs chefs de partis politiques de l’opposition a suscité l’inquiétude et l’angoisse chez plusieurs habitants de Bamako, dans la matinée, aucun dérapage n’a été jusqu’à 17 heures alors que la manifestation a atteint son pic. La manifestation est encadrée par un dispositif impressionnant de sécurité. Les scènes de violences meurtrières de la manifestation du 10 juillet dernier sont encore présent dans les esprits. Dans la matinée du mardi, la ville s’est réveillée sous une atmosphère rendue morose par la pluie matinale. Plusieurs activités semblent déjà paralysées dans la ville. Commerces et banques sont fermés. Les forces de l’ordre ont été déployées pour sécuriser la ville notamment au niveau de certaines institutions de la République et principales artères de la ville. Du quartier de Djicoroni menant à Sébénikoro, en Commune IV, où se trouve la résidence privée du Chef de l’Etat, et au niveau de la Cité administrative, qui regroupe l’essentiel des ministères, un dispositif sécuritaire est installé. En ville, plusieurs commerces n’ont pas ouvert et d’autres ont fermé tôt avant l’heure du rassemblement. Beaucoup de travailleurs ont préféré rester à la maison par crainte d’être une cible de manifestants incontrôlés. « C’est normal que les gens aient peur. Parce qu’on ne sait jamais comment ça se termine. On n’a pas oublié la fois dernière », déclare un habitant de Bamako. Certains ont décidé de vaquer à leurs occupations dans la matinée, avant l’heure de la manifestation. C’est le cas de ce cadre d’une structure étatique. « Je suis venu me présenter au bureau avant l’heure indiquée. Après, je rentre à la maison», confie-t-il. Cette mobilisation intervient en présence du médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), arrivé la veille à Bamako pour évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées par la Conférence des chefs d’Etat de l’institution. « Les aspects institutionnels sont déjà satisfaits », a indiqué le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Kassoum Tapo, après la prestation de serment des nouveaux juges de la Cour constitutionnelle et la nomination du président de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. AC/TC/MD (AMAP)
Manifestation du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP) : Sans incidents à Dioila
Dioila, 11 août (AMAP) C’est sous la pluie qu’une cinquantaine de manifestants Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP), s’est rassemblée sur la place de l’Indépendance de Dioila, pour réclamer le changement du mode de gestion du gouvernement et le départ du président de la République, a constaté l’AMAP. Ils ont dénoncé, par la voix de leur président et guide moral, Fousseyni Koné, ancien conseiller pédagogique à la retraite, « la mauvaise gestion, l’insécurité, la pauvreté et d’autres maux qui minent le Mali ». Le président du mouvement à Dioila, a dans son discours, martelé à plusieurs reprises le caractère non violent de la protestation. La manifestation a débuté, aux environ de 15 heures pour se terminer à 15h40 mn sans incident. DF/MD (AMAP)
Manifestation de l’opposition au Mali : Le regroupement de tous les risques
Bamako, 11 août (AMAP) Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP) a appelé à un rassemblement, ce mardi 11 août, à la place de l’Indépendance de Bamako, auquel participe l’imam Mahmoud Dicko et qui suscite l’inquiétude et l’angoisse chez plus d’un dans la capitale malienne. Les scènes de violence meurtrière de la manifestation du 10 juillet dernier sont encore présentes dans les esprits. En cette matinée du mardi, la ville de Bamako s’est réveillée dans une atmosphère rendue plus morose par une pluie matinale. Plusieurs activités semblent déjà paralysées. Commerces et banques sont fermés. Les forces de l’ordre ont été déployées pour sécuriser la ville, notamment au niveau de certaines institutions de la République et principales artères de la ville. Sur le tronçon du quartier de Djicoroni menant à Sebenikoro, dans la Commune IV et au niveau de la Cité administrative, un dispositif sécuritaire est installé. En ville, plusieurs commerces n’ont pas ouvert et d’autres ont fermé tôt avant l’heure du rassemblement prévu a 14 heures. Beaucoup de travailleurs ont préféré rester à la maison par crainte d’être la cible de manifestants incontrôlés. « C’est normal que les gens aient peur. Parce qu’on ne sait jamais comment ça se termine. On n’a pas oublié la fois dernière », déclare un habitant de Bamako. Certains ont décidé de vaquer à leurs occupations, le matin, avant l’heure de la manifestation. C’est le cas de ce cadre d’une structure étatique. « Je suis venu me présenter au bureau avant l’heure indiquée. Après, je rentre à la maison», confie-t-il. Au même moment, les préparatifs du rassemblement battent leur plein au niveau du monument de l’Indépendance. La mise en place se déroule malgré la pluie. Des hommes accrochent les banderoles aux alentours. D’autres s’occupent de la tribune. Quelques jeunes commencent à arriver au pied du monument et prennent place. Sur l’esplanade des jeunes sont visiblement dans l’agitation. A côté d’eux, des agents de la protection civile s’installent. Les forces de sécurité ont également pris place. De l’autre côté, la voie qui mène au palais présidentiel de Koulouba, vers le jardin du cinquantenaire est surveillée par les forces de l’ordre. Un important dispositif sécuritaire est déployé un peu partout à travers la ville. Des hommes en uniforme assurent la garde comme pour dissuader d’éventuels manifestants surexcités. En attendant l’après midi, heure du rassemblement, l’inquiétude s’accentue de plus en plus face à cette manifestation annoncée grandiose par les organisateurs. TC/MD (AMAP)

