Gao : A l’orphelinat de Sophie Pétronin, le personnel témoigne
Gao, 12 Oct (AMAP) La directrice de l’ONG «Association Aide-Gao», la Franco-suisse, Sophie Pétronin, aujourd’hui libre, après quatre ans de captivité, dans le Nord du Mali, a été enlevée, le 24 décembre 2016, aux environs de 16 heures, par des individus armés devant l’orphelinat quelle dirigeait, au 7è Quartier de Gao (Nord). Le vigile de l’établissement, Mahamadine Maïga, qui a été le seul témoin de l’évènement est revenu sur les faits. Il se souvient qu’il était devant l’entrée quand des hommes armés sont arrivés, à bord d’un véhicule, pour coincer celui de Sophie Pétronin, qui s’apprêtait à descendre du sien, pour entrer dans le centre. Un assaillant a pointé son arme sur le gardien, pour le tenir en respect. Les assaillants ont obligé Mme Pétronin à embarquer dans leur véhicule. Ils ont démarré en trombe, dans un nuage de poussière qui a enveloppé toute la rue. Depuis ce jour, aucune nouvelle jusqu’à sa libération récente. « Après son enlèvement, j’ai été auditionné par la gendarmerie et les agents des forces étrangères plusieurs fois. Pratiquement, tous ceux qui travaillent dans le centre ont été auditionnés sur l’enlèvement de Sophie Pétronin », témoigne le vigile. L’animatrice du centre de l’orphelinat, Woura Mahamane, a précisé que ce sont les enfants pensionnaires qui l’ont informée, par téléphone, de l’enlèvement de Mme Pétronin par des individus armés. L’humanitaire rendait visite aux enfants du centre, tous les jours, aux environs de 16 heures. «Dès que j’ai reçu la nouvelle, je suis tombée malade. Sophie est une sœur de lait pour moi. Peu de temps avant son enlèvement, elle m’a confié une petite fille du nom de Aïcha Akilou Maïga qui était malade. Actuellement, cette dernière a quatre ans et se porte bien. Tout Gao admire Sophie », dit l’animatrice. « Elle est gentille et son ONG porte assistance aux enfants malnutris, aux femmes enceintes et celles qui allaitent», a ajouté l’animatrice du centre. «Avant son enlèvement, le centre abritait une cinquantaine d’enfants que nous avons libérés parce qu’ils ont atteint l’âge de cinq ans. À la date de sa mise en liberté, le centre accueille huit enfants, dont trois filles », explique Woura Mahamane. « Ici au centre, nous accueillons des enfants à la naissance jusqu’à l’âge de cinq ans où ils sont libérés. Si la mère de l’enfant est vivante, on le libère à partir de trois mois jusqu’à cinq mois», a-t-elle poursuivi, ravie de la libération de l’humanitaire. « J’espère la voir très vite à Gao parce que tout le monde a besoin d’elle. Les enfants comme les mamans», a soutenu Woura Mahamane avec un grand sourire. AT/MD (AMAP)
Mali : Le président ghanéen Nana Akufo-Adda à Bamako dimanche
Bamako, 10 Oct (AMAP) Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, également président en exercice de la conférence des Chefs d’État et de Gouvernements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), est attendu à Bamako dimanche, a appris l’AMAP de source officielle. Annoncé dans la capitale malienne, dans la matinée, le président ghanéen sera accueilli, à sa descente d’avion par le président de la Transition, Chef de l’État, Bah N’Daw. Les deux personnalités auront un entretien, plus tard, au palais de Koulouba. Le visiteur de marque aura, également une rencontre avec le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goita, en début d’après-midi, avant de s’entretenir avec le Premier ministre de la Transition, Moctar Ouane. Le président ghanéen accordera une série d’audiences au corps diplomatique accrédité au Mali et à la communauté ghanéenne vivant au Mali. Il animera un point de presse, en fin d’après-midi, avant de s’envoler pour son pays. MT/MD (AMAP)
L’Union africaine lève la suspension du Mali
Bamako, 9 Oct (AMAP) L’Union africaine UA) a levé la suspension du Mali qui avait été adopté par l’organisation continentale, à la suite des événements du 18 août dernier, a annoncé, vendredi, la 3ème réunion du Conseil de sécurité et de paix de l’UA sur le Mali. Le Mali est, de nouveau, autorisé « à participer, pleinement, à toutes les activités de l’Union africaine », ajoute l’organe de sécurité de l’UA dans un post sur son compte Tweeter. La Commission a, également, indiqué qu’elle est prête à jouer sa partition durant cette période de transition pour soutenir le Mali. TC/MD (AMAP)
Mali : Les Aigles étrillent les Black Stars, 3 à 0 en match amical
Bamako, 9 Oct (AMAP) C’est une équipe des Aigles très diminuée par les nombreuses absences et blessures qui s’est imposée 3 – 0 face aux Ghanéens, vendredi après-midi, en match amical, à Antalya, en Turquie. Outre le onze titulaire, il y avait seulement quatre remplaçants sur le banc de touche. Cependant, ce handicap d’effectif n’a pas empêché les coéquipiers de Hamari Traoré, capitaine du jour, de produire une belle prestation contre leurs homologues ghanéens. Les jeunes El Bilal Touré et Lucien Zohi honorent leur première titularisation en équipe A. Dans un match abouti des hommes de l’entraîneur Mohamed Magassouba, c’est d’abord Hamari Traoré, à la 3′, qui permet aux Aigles d’ouvrir le score. Le joueur rennais a offert, ensuite, une passe décisive à El Bilal Touré pour le deuxième but à la 49è minute. Le troisième but a été l’œuvre du milieu Amadou Haidara (75′) Dans l’équipe des Black Star, on a noté que plusieurs joueurs cadres, comme les frères Ayew ou encore le milieu de terrain, le néo-gunner Thomas Partey, étaient alignés. Par cette victoire, les Aigles débutent de la meilleure des manières leurs deux matchs amicaux internationaux. Ils affronteront, mardi, l’Iran pour leur deuxième match, toujours en Turquie. MT/MD (AMAP)
Mali : Le président Bah N’Daw comblé après la libération des otages dont Soumaïla Cissé
Bamako, 9 Oct (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a déclaré avoir « eu le privilège de recevoir à Koulouba, hier 8 octobre 2020, les ex-otages Sophie Petronin, Soumaila Cissé, le père Ligui Macciali, Nicola Chiachio », selon une source officielle. Dans une déclaration rendue publique, vendredi, le président de la Transition indique que les otages « sortaient tous d’une détention injuste, éprouvante, longue et trop longue pour certains ». « Je n’oublierai pas le regard serein de Mme Petronin, son optimisme vis-à-vis de notre pays qui est également le sien et sa foi en l’Homme », poursuit Bah N’Daw. « De tous ces ex-otages, le calme et la dignité sont une leçon de hauteur», note le président de la Transition qui salue « les efforts soutenus du président sortant, Ibrahim Boubacar Keita, pour obtenir la libération de ces frères et sœur ». « Le pragmatisme de la Transition ainsi que sa décision de capitaliser les avancées dans la négociation ont fait le reste. Sont à saluer également les efforts constants de nos partenaires, amis et alliés. C’est le Mali tout entier, sans clans, sans partis, sans malices et sans calculs qui a accueilli hier notre sœur et nos frères », poursuit la déclaration. Rappelant « qu’il y a encore des otages nationaux et internationaux détenus au Sahel », le président Bah N’Daw a assuré que « le Mali ne ménagera aucun effort pour qu’ils retrouvent la liberté ». MT/MD (AMAP)
Gouvernement de la Transition du Mali: La voix discordante du M5-RFP
Bamako, 9 Oct (AMAP) Les leaders du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) ont nié toute représentation au sein du gouvernement de transition, au cours d’une conférence de presse tenue jeudi, à Bamako. Ils ont expliqué ce qui s’est passé entre leur mouvement et le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) dans le processus de mise en place de la Transition. Dr Choguel Kokalla Maïga, le porte-parole du Mouvement a indiqué que le comité stratégique a décidé d’organiser cette conférence de presse pour expliquer en détail ce qui s’est passé entre le M5-RFP et le CNSP, d’une part et d’autre part entre le Mouvement et les autorités de la Transition. Dans une déclaration lue par Ibrahim Ikassa Maïga, le M5-RFP a rappelé qu’en tant qu’acteur majeur du processus de changement voulu par le peuple, il a tenu à s’impliquer au premier plan à la conception de l’architecture de la Transition avec l’ensemble des forces vives de la nation. C’est pourquoi, le Mouvement a entamé, depuis le 26 août, une collaboration avec le CNSP dans le but de préserver les impératifs et les visions du changement. Malheureusement, dira-t-il, «le peuple malien est témoin tous les jours des multiples manquements à la parole donnée de la part les officiers sous serment». Le M5-RFP a indiqué que contrairement au communiqué officiel publié, il n’était pas représenté au collège de désignation du président et du vice-président de la Transition. « Concernant la nomination du Premier ministre, a révélé Ibrahim Ikassa Maïga, les autorités avaient dit au M5-RFP que ce poste revenait de droit au Mouvement ». « Le dépôt de 14 candidatures s’explique par le fait qu’aucune concertation n’a pu être faite au sein du Mouvement en quelques heures », a fait savoir Ibrahim Ikassa Maïga. Selon lui, c’est la même démarche qui a prévalu dans le processus de formation du gouvernement intervenu, alors que le Premier ministre était en discussions avec la délégation du M5-RFP. «Le M5-RFP n’a pas de représentants dans le gouvernement formé le 5 octobre et aucun membre ne peut se réclamer de lui ou prétendre agir en son nom», a précisé Ibrahim Ikassa Maïga. Pour lui, la composition du gouvernement de la Transition viole la loi N°052 sur la promotion du genre et cette équipe « n’est porteuse, ni de la rupture avec le système que le Mouvement a combattu, ni du changement auquel le peuple malien aspire ». Le M5 RFP regrette «la quasi absence des jeunes dans le gouvernement tout autant que le fait que les profils de nombreux ministres ne correspondent pas aux missions assignées». Le Mouvement dénonce également la mainmise du CNSP sur le gouvernement par le contrôle direct ou indirect de près des 2/3 des ministères. Il rappelle que les délais des déclarations publiques des biens ont déjà expiré pour certaines autorités de la Transition qu’il invite à se mettre à jour, conformément aux dispositions légales. DD/MD (AMAP)
Conseil de sécurité des Nations Unies: Le Chef de la MINUSMA appelle à accompagner le Mali dans sa sortie de crise
Bamako, 9 Oct (AMAP) L’envoyé de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, a appelé, jeudi, le Conseil de sécurité des Nations Unies à accompagner le pays dans sa sortie de crise, alors qu’une transition est en cours après la mutinerie du 18 août et la démission du Président Ibrahim Boubacar Keïta. M. Annadif a rappelé que ce coup de force anticonstitutionnel a été condamné par le Secrétaire général et le Conseil de sécurité des Nations Unies. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de suspendre le Mali de ses instances institutionnelles et a décrété des sanctions jusqu’à la mise en place d’une transition civile. Depuis lors, des journées de concertations nationales ont été organisées les 10, 11, et 12 septembre et ont abouti à l’adoption d’une charte de la transition. Un Président de la transition a été désigné, un Premier ministre a été nommé et un gouvernement a été formé. « Il me plait de relever devant votre Conseil que c’est pour la première fois depuis la signature de l’Accord (de paix) en juin 2015 que les mouvements signataires ont fait leur entrée officielle dans un gouvernement. Cette avancée est pleine de symbole et de signification. C’est le résultat de bonnes prédispositions des nouvelles autorités et des mouvements signataires, encouragées par nos bons offices en vue de renforcer la confiance », a dit Mahamat Saleh Annadif, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et chef de la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSMA). « Grâce à cette confiance, l’Accord pour la paix figure dans le préambule de la charte, et sa mise en œuvre est consacrée comme une de ses missions. C’est avec un réel soulagement que les populations maliennes et celles des pays voisins ont accueilli la levée des sanctions de la CEDEAO », a-t-il ajouté. Une année de turbulences L’envoyé de l’ONU a noté que l’année 2020 a été marquée au Mali par plusieurs turbulences et incertitudes politiques. Le pays est resté sans gouvernement pendant plus de quatre mois, et les défis se sont multipliés, notamment avec la pandémie de Covid-19 et ses retombées socio-économiques. « Cette situation a également engendré un retard considérable sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et aggravé la crise humanitaire », a souligné M. Annadif. Il a souhaité qu’avec la formation du nouveau gouvernement et la levée des sanctions, le Conseil national de la transition, qui est l’organe législatif, soit mis en place rapidement. « En effet, l’organisation des élections crédibles pouvant conduire au retour à l’ordre constitutionnel dépend des réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives telles qu’énoncées dans la charte de transition. De ce point de vue, la transition constitue une opportunité pour les Maliens de sortir de ce cycle infernal ponctué d’une succession de coups d’Etat périodiques », a dit l’envoyé de l’ONU. Selon lui, les Nations Unies doivent saisir également cette opportunité « pour continuer d’accompagner et appuyer cette phase importante pour une sortie de crise au Mali, en coordination avec l’ensemble de la communauté internationale, notamment l’Union africaine et la CEDEAO ». « La paix est à portée de main et la balle demeure encore dans le camp des Maliennes et Maliens. La MINUSMA est plus que jamais engagée à leurs côtés », a-t-il conclu. Libération de deux otages Plus tard dans la journée, Mahamat Saleh Annadif s’est félicité, dans un message de la MINUSMA sur Tweeter, de l’annonce de la libération de deux otages au Sahel : le chef de l’opposition malienne Soumaïla Cissé et la travailleuse humanitaire française Sophie Pétronin. Selon la presse, les deux otages étaient détenus dans le nord du Mali par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda. Source : MINUSMA
Portraits des 25 ministres du Gouvernement de la Transition
Le gouvernement de la Transition au Mali, dirigé par le Premier ministre, Moctar Ouane, a vu le jour le lundi 5 octobre 2020.La liste de 25 membres comprend de nouvelles têtes. Voici leur portrait. Colonel Sadio Camara : Ministre de la Défense et des Anciens combattants Natif de la ville-garnison de Kati, le nouveau détenteur du portefeuille de la Défense et des Anciens combattants, qui occupait jusqu’à une date récente le 3è rang dans l’ordre de préséance au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), ne devrait nullement se sentir en terrain inconnu. Son parcours dans l’Armée lui sera d’un appui certain. Homme de terrain, le colonel Sadio Camara a participé à plusieurs opérations dans le nord et le centre de notre pays. Il s’agit en l’occurrence des opérations « Soutara » en 2002, « Djiguitougou » (2008), « Badenko » en 2011 et « Maliba » (2015). A ses qualités d’homme de terrain s’ajoute un talent d’instructeur hors norme pour avoir été le directeur du centre de formation du contingent 2013 à Markala. Ce parcours brillant du nouveau ministre de la Défense n’a rien de surprenant tant il est passionné du Kaki depuis sa tendre enfance. Après les premiers pas à l’école primaire Molo Coulibaly de Kati, Sadio Camara intègre le Prytanée militaire où il obtint le baccalauréat en 1999. La même année, il est incorporé dans l’Armée comme première classe avant sa nomination comme élève officier d’active. Par la suite, il décroche le diplôme de chef de section interarmes. Sept ans plus tard, il effectue son cours d’application à l’Académie militaire de Sizanchang (Chine) dans le domaine de la protection des hautes personnalités. De 2014 à 2015, le colonel Camara suit dans le même pays, la formation du diplôme d’état-major. Au titre de la formation continue, il effectue un séminaire sur la gestion des crises aux États-Unis en 2008 et participe, deux ans plus tard, à un séminaire de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme au Sahel. Ancien directeur du Prytanée militaire de Kati entre 2016 et 2020, Sadio Camara a occupé plusieurs fonctions dans la sphère militaire. Il a commandé tour à tour les compagnies territoriales suivantes : Groupement d’intervention n°2 de la Garde nationale à Bamako, Compagnie territoriale du District, 11è Compagnie spéciale de Tunezit de Kidal. Cet officier supérieur est polyglotte. Il parle soninké, bambara, français, russe et anglais. Il est marié et père de cinq enfants. Mohamed Sidda Dicko : Ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux Il est sans doute en terrain connu pour avoir travaillé longtemps dans les juridictions, les structures de contrôle et les institutions de notre pays. Mohamed Sidda Dicko arrive donc à la tête de ce département stratégique avec des compétences prouvées. Inspecteur en chef des services judiciaires jusqu’à sa nomination, il s’est forgé une réputation de magistrat exemplaire. Mohamed Sidda Dicko intègre le corps des magistrats en 1986, après une année de formation à l’Institut national de formation judiciaire. Une maîtrise en sciences juridiques, décrochée à l’Ecole nationale d’administration (1980-1984), lui avait ouvert les portes de ce prestigieux institut. Le jeune magistrat est affecté alors à la Direction nationale des affaires civiles et du sceau, comme chef de section droit social et commercial. De 1987 à 1991, Mohamed Sidda Dicko devient le substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Bamako. Et après un bref passage (février-juin 1991) au secrétariat général du gouvernement, il est nommé au ministère chargé du contrôle général d’Etat (redevenu Contrôle général d’Etat). Il exercera la fonction de contrôleur d’Etat jusqu’en 1997 et durant laquelle il a audité la gestion des anciens dirigeants du régime de Moussa Traoré. Puis, Mohamed Sidda Dicko travaille successivement comme conseiller technique au ministère de la Justice (1997-1998), chargé de mission auprès du président de la République en tant que chef adjoint de la cellule juridique (mars-décembre 1998), conseiller à la section des comptes de la Cour suprême (février-décembre 2002), contrôleur des services publics de 2002 à 2008 et membre de la Cour constitutionnelle (2008-2012). A partir de septembre 2012 jusqu’en 2014, il est nommé procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III de Bamako, chargé du Pôle économique et financier. Et en octobre 2015, directeur général de l’Institut national de formation judiciaire «Maître Demba Diallo». Mohamed Sidda Dicko a également été directeur des études et des stages de l’Ecole régionale supérieure de la magistrature (ERSUMA-OHADA) au Bénin (décembre 1998-janvier 2001). Titulaire aussi d’un Master en Business Administration, le nouveau Garde des Sceaux a participé aux réformes majeures dans le secteur de la justice : Forum sur la justice en 1999, élaboration des textes législatifs et règlementaires relatifs aux juridictions. Lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga : Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation Organiser les élections générales, crédibles et transparentes est une mission essentielle de la Transition qui s’ouvre dans notre pays. Cette tâche, a priori ardue, est, à n’en pas douter, à la portée du nouveau ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, au regard de son parcours impressionnant. Né le 12 mai 1981 à Bamako, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga est détenteur depuis 2011, du doctorat en sécurité internationale et défense décroché à l’Ecole doctorale de droit-Université Jean Moulin de Lyon (France). En 2008, le nouveau ministre de l’Administration territoriale a eu, dans le même pays, le master 2 professionnel en Droits de l’Homme et Droit international humanitaire à l’Université d’Evry Val d’Essonne. Ces parchemins ont permis à Abdoulaye Maïga d’être officier chargé de programme et analyste en charge du terrorisme, de l’extrémisme violent et de la sécurité maritime à la direction de l’Alerte précoce de la Cedeao depuis décembre 2016. Entre 2014 et 2016, il a été analyste Alerte et prévention au centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme de l’Union africaine (UA). Au Mali, en 2014, l’officier supérieur fut commandant du Groupement d’intervention de la gendarmerie mobile de la Légion de Bamako. La même année, il devient chef de cabinet à la direction
Le citron sur les marchés de Bamako : Une niche
Par Bayo TRAORE Bamako, 9 Oct (AMAP) La campagne bat son plein. La vente du citron est une opportunité pour certaines vendeuses de se frotter les mains. Ce commerce est, désormais, une activité phare, source de gros revenus pour les vendeuses. Septembre est le début de la campagne de cet agrume sur les marchés « Dabanani », « Médina Coura », « Ouolofobougou » de Bamako. Une armée de détaillantes s’active dans le créneau de la vente du citron. Ce produit restera très courtisé par les ménagères jusqu’à la fin de la saison des pluies. Les vendeuses sont installées dans tous les coins des aires de vente. Certaines sont à même le sol proposant des paniers remplis de citrons. D’autres étalent leurs produits sur des nattes. Elles forment une longue file au bord de l’avenue qui mène au « Wonida » de Bozola. Plusieurs femmes déambulent, des plateaux remplis de marchandises en équilibre sur la tête. Elles font le tour du marché, en quête d’éventuels clients. Le citron est très prisé par la population et les marchandes trouvent leurs comptes. La vieille mère, Sitan Koné, est vendeuse au marché Dabanani de Bamako, depuis plusieurs années. Mme Koné nous confie : « La campagne du citron bat son plein en ce moment dans notre pays. Le sac se vend à 7.000 ou 8.000 Fcfa. D’ici 2 à 3 mois, le produit sera rare sur les marchés de la capitale. Le sac de 50 kg coûtera 20.000 Fcfa ». Après avoir écoulé une partie de sa marchandise chez les grossistes au marché de Medina Coura, Sitan retourne à Bozola. Elle revend au détail le reste de sa marchandise à bon prix. Elle révèle que les vendeuses de jus raflent les gros citrons cédés à bas prix. La méthode est simple. La vendeuse casse ses prix pour les gros citrons. « Je vends entre trois et quatre sacs par jour. Je rends grâce à Dieu », confie-t-elle, sans donner trop de détails sur son chiffre d’affaires. Une cliente, Mme Véronique Sanou, est venue s’approvisionner en citron. Elle utilise le citron dans les infusions de citronnelle servies à sa famille, après le déjeuner. Elle en consomme, tous les jours, en cette période où le prix est abordable. On en trouve partout dans la capitale. « Ce fruit est efficace pour faciliter la digestion. Il est très bon pour la santé », explique Mme Sanou. Kadiatou vend du jus de citron au quartier de Kalaban Coura. Elle est venue faire ses provisions au marché Dabadani. Elle gagne de l’argent dans cette activité. « Je viens d’acheter un sac de 50kg de citrons pour préparer du jus mixte de citron et de gingembre. C’est cher dans le marché de son quartier. Elle se déplace jusqu’au « Wonida » pour faire des économies. L’approvisionnement du marché cache l’épineux problème de la conservation à longue durée du produit. Souvent le fruit se décompose très vite. Binta Konaté, grossiste, vend du citron au marché de Médina Coura, depuis plus de 35 ans. Elle a beaucoup de clientes. Mais elle déplore le fait que le citron pourrit vite. Ce grand problème de conservation persiste, car notre vendeuse ne possède aucun moyen de conservation de longue durée. Si les citrons dépassent 2 à 3 jours sans être vendus, ils se décomposent. Cette situation provoque d’énormes pertes. Une élégante dame, Rokiatou, est venue acheter du citron pour préparer son produit cosmétique. « J’utilise le citron sur tout mon corps. Cela fait disparaitre les taches sur ma peau et élimine les mauvaises odeurs », a-t-elle dit. Le Dr Alou Keita, dermatologue dans un cabinet médical à Médina coura, déconseille l’utilisation du citron à l’état brut sur la peau. Cela peut provoquer des problèmes dermiques graves. Il ne faut pas se fier aux produits cosmétiques industriels et pharmaceutiques. Le spécialiste a expliqué que « les propriétaires de marques des produits cosmétiques et pharmaceutiques synthétisent le citron avant utilisation ». « La matière première subit des transformations grâce à des matériels spécifiques. Tout ce qui nuit, par l’utilisation du produit sur à la peau, est détruit», précise-t-il. BON POUR LA SANTE – Le Dr Djénéba Coulibaly, médecin nutritionniste à l’Institut national de la Santé publique (INSP) livre un avis d’expert sur la composition du citron. Ce fruit est efficace pour la santé. Sa teneur est faible en calories (30 cal. /100 g). C’est un concentré de vitamine C. Il en contient entre 30 et 40 mg. Un quart de tasse de son jus couvre le tiers de nos besoins quotidiens. Le citron apporte, également, des vitamines du groupe B, des minéraux et oligo-éléments (fer, calcium, potassium, phosphore, magnésium, cuivre). Il contient des protéines et des fibres solubles. Le citron renferme divers composants (flavonoïdes, les limonades et la nobiletine) qui peuvent avoir un effet favorable sur la santé et sur la prévention de plusieurs maladies. Ces constituants lui confèrent un pouvoir antioxydant. Le Dr Coulibaly soutient que « la consommation quotidienne du citron est excellente pour la santé, le citron favorise la digestion et aide le travail des différents organes digestifs. C’est une puissante plante médicinale (antiseptique, antibactérien, antiviral). La vitamine C, qui en est le principal composant, protège le fœtus de nombreux troubles pendant la grossesse. Elle protège des maladies cardiovasculaires, des maladies des yeux. Elle est bonne pour la peau et aide notre système immunitaire ». Les composés antioxydants du citron permettent de neutraliser les radicaux libres du corps et de prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies chroniques. Le jus de citron renforce l’immunité et aide à renouveler les cellules. Consommé pendant le repas, il stimule l’appétit, facilite la digestion et joue le rôle de dépuratif et de nettoyage. Cependant, la consommation abusive peut provoquer des brûlures d’estomac, des symptômes de reflux gastro-œsophagiens tels que les nausées, et les douleurs abdominales. L’acidité du citron peut attaquer l’émail des dents et les rendre plus sensibles au froid et au chaud. Des irritations de la muqueuse buccale peuvent survenir et il est constaté la formation d’aphtes. Tout le monde peut consommer le citron, mais les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien, d’œsophagite (maladie de l’estomac en jargon) doivent consommer avec précaution ou même éviter d’en consommer,
Libération de Soumaïla Cissé : Joie et allégresse
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 9 Oct (AMAP) « Je suis très heureux d’être là pour le Mali, pour ma famille. Être libre est un privilège, un grand privilège, un vrai privilège et nul n’a le droit de l’ignorer. » Ce sont les premiers mots de Soumaïla Cissé, à l’issue de sa rencontre avec le président de la Transition jeudi soir, au palais. L’avion transportant Soumaïla Cissé et trois autres ex-otages s’est posé sur le tarmac de l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou, après 21 heures. Tout de blanc vêtu, enrubanné et portant un masque, M. Cissél a été accueilli au bas de la passerelle par son épouse qui avait à ses côtés les autres membres de la famille, ainsi que des officiels et une foule d’amis et de sympathisants. La joie et l’allégresse se lisaient sur les visages. Les ex-otages ont aussitôt été conduits au Palais de Koulouba où les attendait le président de la Transition, Bah N’Daw, entouré du vice-président, le colonel Assimi Goïta, du Premier ministre, Moctar Ouane, et des membres du gouvernement. « Aujourd’hui, mes propos, c’est pour remercier les nouvelles autorités maliennes. Le président et le vice-président ont été investis le 25 septembre. Dès le 26 septembre, j’ai été faire une vidéo à la demande de mes ravisseurs pour donner signe de vie, ça veut dire donc que le président a été efficace, a réagi très rapidement et a été diligent. Je tenais donc à les remercier pour ça. Cette vidéo a été faite le 26 et dès le lundi 5 octobre nous avons été informé que nous sommes libre », a confié Soumaila Cissé. Dès la confirmation de sa libération par la présidence de la République, jeudi, en début de soirée, des centaines de jeunes de Badalabougou se sont regroupés devant son domicile. Ils sont venus manifester leur joie et leur solidarité envers la famille du désormais ex-otage. Le président de la Cellule de crise pour la libération de Soumaïla Cissé, l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, et plusieurs hommes politiques, étaient également présents sur les lieux. Devant le domicile du chef de file de l’opposition, il y avait également un important dispositif de sécurité. Vers 20 heures, l’épouse de Soumaïla Cissé, accompagnée de ses fils et du président de la Cellule de crise, Ousmane Issoufi Maïga, se sont rendus à l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou. Pour mémoire, Soumaïla Cissé, 70 ans, a été enlevé, le mercredi 25 mars 2020, alors qu’il était en campagne pour les législatives dans son fief de Niafunké, dans le Notrd du Mali. Lors de l’enlèvement, son garde du corps a été tué, tandis que deux autres membres de la délégation ont été blessés. Quelques jours plus tard, huit membres de la délégation ont été remis en liberté, mais pas Soumaïla Cissé qui passera 198 jours entre les mains de ses ravisseurs. Le président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) a été libéré en compagnie de la française Sophie Pétronin, enlevée le 24 décembre 2016 à Gao. L’humanitaire de 75 ans dirigeait une petite ONG franco-suisse venant en aide aux enfants souffrant de malnutrition. Deux otages italiens ont également été libérés : le prête Pier Luigi Maccalli et Nicola Chiacchio enlevés en 2018 au Niger. Dans un communiqué dont copie a été déposée à notre Rédaction, les autorités de la Transition indiquent que la libération des ex-otages a été obtenue « grâce aux efforts conjugués des services de renseignement, des Forces armées et de sécurité, des partenaires du Mali et de la Cellule de crise pour la libération de Soumaïla Cissé ». «Le président de la Transition salue le courage et la ténacité dont les otages ont fait montre durant ces longs mois de captivité dans des conditions extrêmement difficiles. Les autorités de la Transition et la Cellule de crise pour la libération de Soumaïla Cissé s’associent au soulagement de la famille de l’ex-otage et félicitent son épouse et ses enfants pour leur courage et pour être restés dignes devant cette épreuve ». « Les autorités de la Transition, poursuit le communiqué, expriment leurs vifs remerciements à tous les acteurs nationaux et étrangers qui, de près ou de loin, ont contribué à ce dénouement heureux. Elles félicitent singulièrement la Cellule de crise pour la libération de Soumaïla Cissé conduite par Monsieur Ousmane Issoufi Maïga, ancien Premier ministre». De nombreuses personnalités nationales et étrangères ont fait part de leur joie d’apprendre la libération du président de l’URD. De nombreux citoyens maliens partagent cette joie de retrouver Soumaïla Cissé, un des hommes politiques de premier plan de notre pays. Cette libération est un bon point pour les autorités de la Transition qui débutent leur magistère sous de bons auspices : levée des sanctions de la Cedeao, libération des personnalités politiques et militaires détenues depuis les événements du 18 août dernier, libération de Soumaïla Cissé, soutien ferme des partenaires étrangers. Enfin, le Mali renoue avec les bonnes nouvelles. DD/MD (AMAP)

