Mali : Le président Bah N’Daw en visite de travail en France mardi

Bamako, 25 Janv (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, effectuera une visite de travail, mardi, en France à l’invitation du président français, Emmanuel Macron, annonce un communiqué de la présidence ce lundi. Cette visite du chef l’État malien en France « a pour objet l’examen de la coopération entre les deux pays et des « échanges sur le Sommet du G5 Sahel prévu à Ndjamena au Tchad en février prochain », précise la même source. Ce voyage du président de la Transition en France est son premier déplacement hors du continent, depuis sa prise de fonction, le 25 septembre dernier. MT/MD (AMAP)

Rentrée scolaire 2020-2021 : des élèves à l’assaut des salles de classe !

Par Oumar DIAKITE Bamako, 25 Janv (AMAP) De gros bouchons dans la circulation bamakoise, des élèves et lycéens, dans les rues, en route pour les établissements scolaires, des parents d’élèves accompagnant les plus petits à l’entrée des écoles…Ce matin du lundi 25 janvier 2021 a été marqué par la reprise des cours pour l’année 2020-2021 dans la capitale malienne, après le report du 5 janvier 2021 pour cause de coronavirus. Une ruée vers les classes qui illustre l’espoir des élèves et de leurs parents pour, enfin, reprendre les cours en présentiel. Déjà, de 07h à 08h00, l’atmosphère de la ville a changé par rapport à celle des autres jours quand les élèves étaient en congé forcé pour raison de Covid-19. Sur le Boulevard de l’Indépendance, des jeunes, sac d’écolier au dos, sur des motos, souvent, à deux. D’autres à pied, en petits groupe, se dirigeant vers leur école. Certains parents déposent leurs enfants en voiture. Bonjour les embouteillages. Un petit tour de certains établissements, comme au complexe scolaire ‘’Les Ecrivains’’. Très tôt, avant 07h. Des nourrissons, des enfants et des jeunes arrivent accompagnés par les parents. Des policiers assurent la sécurité de l’établissement. Une dame répondant, Fanta Coulibaly, monitrice de son état, nous a signifié qu’elle n’a pas de temps, car l’heure de rentrée est fixée à 07h00. Toutefois, elle s’est dit « très contente de reprendre contact avec les enfants » avec qui elle est très familière depuis quelques temps. Au lycée Askia, Amadou Kéita est prêt pour la reprise des cours. Il est parmi ses collègues assis en groupe, sur un mirador, dans la cour du lycée, tous biens habillés. « J’ai pris mes effets scolaires depuis le vendredi dernier. Je n’attends que l’arrivée des professeurs », nous a confié celui qui se présente comme un candidat au prochain baccalauréat, Série TSCO. De son côté, le directeur coordinateur du Groupe scolaire Mamadou Konaté, Abdrahamane Diallo, a assuré que tout se passe très bien « comme toute le monde l’avait souhaité ». « Au sein du groupe scolaire Mamadou Konaté, on a pris des dispositions en amont : le nettoyage des salles, de la cour. Nous sommes fin prêts pour la reprise des cours ce jour, 25 janvier 2021 », a précisé M. Diallo. Le directeur coordinateur a indiqué que l’école Mamadou Konaté A a reçu la visite du ministre de l’Education nationale « qui a suivi une leçon modèle sur la Covid-19 », signalant que les élèves ont massivement répondu à l’appel, dans une atmosphère bonne et sereine. « Par rapport aux dispositifs sanitaires, explique Abdrahamane Diallo, les autorités nous ont instruits de procéder à la distribution de masques pour tous les élèves et des kits de lavage des mains ». « Tout démarre bien », s’est-il réjoui. Par contre, il a souligné qu’il est difficile de gérer la distanciation compte tenu de l’effectif très élevé dans les classes. « Ce qui est sûr, la consigne est donnée aux maîtres de veiller à ce que les enfants portent obligatoirement les masques en classe. Pour le moment, nous n’avons pas d’autres solutions », dit M. Diallo, ajoutant qu’autrement, il faudra « autant de salles et autant de tableaux pour faire respecter la distanciation ». Au groupe scolaire de Darsalam, des kits de lavage des mains sont disponibles et les élèves et enseignants présents, en nombre, portent le masque. Magassa cherche à inscrire son enfant au lycée du Centre islamique d’Hamdallaye. Le garçon doit aller en 10è, pour cette année scolaire. Le père ne parvenait pas le faire admettre dans cet établissement. « Depuis quand l’inscription d’un nouveau lycéen est fixé à 3.000 Fcfa au Mali!», s’exclame-t-il. Il nous a explique qu’on lui a demandé de payer 3.000 Fcfa dont 500 Fcfa pour les effets scolaires. Notre interlocuteur, pressé de regagner son lieu de travail, a dit qu’il reviendra demander des explications au proviseur du lycée. OD/MD (AMAP)

Une attaque contre des gendarmes fait un mort et deux blessés à un check-point à Goundam

Goundam, 25 Janv (AMAP) Une attaque contre le check-point de la sortie de Goundam vers Tombouctou, dans le Nord du Mali, a fait, lundi vers 13h 35 mn, un mort et deux blessés parmi les gendarmes en poste. Un pick-up, surmonté d’une arme, est sorti du quartier Alkara et a foncé sur les gendarmes. Des individus non-identifiés à bord du véhicule ont visé le poste de contrôle par des tirs nourris. Un premier bilan avait fait état de trois blessés dont un grièvement, le gendarme Oumar Abba. Tous ont été conduits au Centre de santé de référence (CSRéf) de Goundam où le blessé le plus atteint a finalement rendu l’âme. Les villageois, pendant ce temps, se sont terrés devant la violence des tirs. Depuis l’enlèvement du maire de la Commune rurale de Doukouria, une certaine tension demeure dans la zone. Les ravisseurs de l’édile réclameraient une rançon contre sa libération. C’est en absence de réaction à leur demande que les bandits armés maintiendraient leur pression, en multipliant les attaques.

Mali: Une trentaine de terroristes neutralisés par les FAMa et Barkhane  à Boulkessi et Mondoro (Centre)

Bamako, 23 Janv (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) déployées respectivement au poste G5 Sahel de Boulkessi et au poste FAMa de Mondoro, dans le Centre du Mali, ont tué, dimanche, une  trentaine de terroristes et récupéré une quarantaine de motos et d’importants matériels militaires, en riposte a une double attaque terroriste, annonce le chef d’État major général des armées, dans un communiqué. Du côté des FAMa, on déplore six militaires décédés et 18 blessés  (04 morts 12 blessés survenus à Boulkessi, et 02 morts et 06 blessés à Mondoro). « L’armée malienne déplore, aussi, la perte d’un véhicule et une mitrailleuse », ajoute le communiqué. Les FAMa ont fait l’objet d’attaques complexes et simultanées de groupes armés terroristes non identifiés, aux environs de 3h30mn. Cependant, «grâce à la promptitude des réactions et une coordination efficace entre les FAMa et la force française Barkhane, les assaillants ont été mis en déroute », indique le communiqué. Le chef d’état-major général des armées salue la mémoire des six martyrs FAMa tombés armes à la main et morts pour le Mali. « Il prie pour le repos de leurs âmes,  adresse ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et à leurs frères d’armes », indique le document. Il assure « les familles des martyrs, du soutien total et la reconnaissance entière de la nation et souhaite prompt rétablissement aux blessés ». « Il salue également l’engagement résolu de forces partenaires à combattre les ennemis de la paix aux côtés des FAMa et les remercie pour leur soutien indéfectible ». AT/MD (AMAP)

Mali: 28 nouveaux cas de Covid-19 avec 02 décès samedi

Bamako, 23 Janv (AMAP) Au Mali, deux nouveaux patients sont décédés, samedi, de la Covid-19 et 28 nouvelles contaminations ont été enregistrées par les services de santé, sur la base de 1.298 échantillons testés, indique le ministère de la Santé et du Développement social. Les médecins ont déclaré 22 malades guéris du virus depuis vendredi, selon le communiqué qui précise que les cas du jour ont été identifiés dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de Bamako), Sikasso (Sud), Ségou (Centre) et Gao (Nord). Mais aussi, dans le District de Bamako à travers plusieurs Communes de la capitale. Ces données portent le nombre total de cas positifs, au Mali, à 7.965, sur lesquels 5.705 patients guéris. On déplore 323 décès à ce jour. AT/MD (AMAP)

Transition au Mali : Les dirigeants de la CEDEAO saluent les progrès réalisés

Bamako, 23 Janv (AMAP) La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a salué, samedi, les progrès réalisés par la Transition au Mali et encouragé les autorités maliennes à poursuivre dans cette direction, en développant davantage l’inclusivité. Le Premier ministre, Moctar Ouane, au terme du sommet tenu a huis clos, a confié à la presse, qu’après l’examen du rapport du Médiateur de la CEDEAO, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, sur la situation au Mali, le président de la Transition, Bah N’Daw a fait le point des progrès réalisés dans la mise en œuvre des actions prévues par la Charte de la Transition : la mise en place des organes, le fonctionnement du gouvernement… « A cet égard, a indiqué Moctar Ouane, nous avons eu l’occasion de faire part à la Conférence, des progrès réalisés ». Selon le chef du gouvernement du Mali, la Conférence en a pris bonne note et a salué les progrès réalisés par le Mali dans la conduite de la Transition. Les autorités de la Transition ont reçu les encouragements des chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace communautaire à poursuivre leurs efforts « en développant davantage l’inclusivité ». « Après l’installation du Conseil national de Transition (CNT), l’inclusivité, sur laquelle travaillent déjà les autorités, sera renforcée », a assuré le chef du gouvernement. « Ce qui permettra de faciliter la mise en œuvre des réformes qui ont été voulues par les Maliens. A cet égard, nous travaillerons sur la base du développement du dialogue politique avec l’ensemble des acteurs concernés », a-t-il promis. La Conférence a mis en exergue la nécessité du travail dans le cadre d’un chronogramme. A ce propos, le Premier ministre a évoqué l’existence de divers mécanismes à l’interne qui seront développés en vue de parvenir à l’examen des différentes questions. Les annonces de la CEDEAO ont été faites, à la fin des travaux de la 58è session ordinaire de sa Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement tenue par visioconférence et à laquelle le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part de Koulouba, en présence du Premier ministre, Moctar Ouane, et de certains membres du gouvernement. Outre des points importants pour le développement de la sous-région, cette conférence avait, à son ordre du jour, l’examen des progrès dans la mise en œuvre des engagements pris par le Mali pour la conduite de la transition. Elle intervient quelques jours après la fin d’une mission du Médiateur Goodluck Jonathan. MS/MD (AMAP)  

« Nomades » de Flem : L’amour du Mali comme source d’inspiration

Par Moussa BOLLY Bamako, 23 Janv (AMAP) Ça y est ! Le rappeur français Flem (Olivier de son vrai nom) et son compère Vieux Farka Touré sont de retour sur des routes «Nomades» (album) pour célébrer l’amitié et manifester leur impuissance face à la détresse croissante d’un Mali qui a du mal à voir le bout du tunnel de la terreur terroriste et des drames des conflits intercommunautaires. Fruit d’une amitié à toute épreuve, le nouvel album du rappeur français est entièrement composé par Vieux Farka Touré et interprété en duo avec Aminata Doumbia dite Amy D. Produit entre Bamako et Paris, cet opus est très séduisant avec ses chants mandingues, ses textes poétiquement engagés et des mélodies qui font un fascinant clin d’œil au terroir touareg. «Nomades», l’album de Flem (Olivier), composé par Vieux Farka Touré accompagné de la chanteuse Amy D, est disponible depuis le 18 septembre 2020 sur toutes les plateformes de streaming. Il célèbre une amitié de dix ans. Une décennie franchit au rythme des performances artistiques partagées, des festivals de Paris à Tombouctou. Une amitié à l’épreuve même de l’insécurité qui règne dans le nord du Mali où le jeune rappeur aime pourtant aller se ressourcer. Au lendemain d’un concert à Niafunké, le rappeur engagé et d’autres Occidentaux sont évacués vers Bamako par le fleuve Niger, échappant de peu à une attaque armée de l’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Cet événement, selon Vieux et Flem, a renforcé les liens humains et inspiré leur connivence artistique au point de se lancer dans un nouveau projet encore plus militant et conscient : Nomades ! Un opus de six titres (Le bonheur c’est les autres, Mali, Nomades, Conscience, BK Night et Amour) bien accueilli par les mélomanes et la critique. Né à Boulogne-Billancourt, Flem navigue depuis toujours entre différents courants musicaux. à 18 ans, il fait le trajet Bamako-Tombouctou en bus. Un voyage à l’allure d’une vraie aventure dans le Sahara qu’il considère comme «un déclic» dans sa carrière. En 2009, il revint au Mali où il rencontre Boureima dit Vieux Farka Touré (fils du légendaire bluesman Ali Farka Touré) et la harpiste Katell Boisneau. Vieux l’invite sur scène lors de son concert au «Festival du Désert» à Essakane (Tombouctou). Et c’est de là qu’est née la solide amitié qui lie les deux artistes. Ainsi, après des enregistrements à Paris, Flem est revenu dans notre pays en 2012 pour finaliser les arrangements de son 1er album, et participer à un concert de Vieux à Niafunké. Le Nord du Mali était déjà en zone rouge et interdit aux Français par l’ambassade de France. Mais, rien ne pouvait dissuader le jeune rappeur à faire ce voyage. RICHESSE FASCINANTE – «Passeport», le premier opus de Flem est un mélange de world music, avec des rythmiques hip-hop et électro, produit par le pianiste et DJ Mattias Mimoun. Un concert exceptionnel à la Boule Noire avec Vieux Farka Touré dévoile le projet au public en 2015. Après quelques prestations en France, au Maroc et au Mali à l’invitation de l’Institut français pour la rentrée littéraire à Bamako en 2017, Flem reprend le chemin du studio. La mixtape «Avec Le Cœur» (ALC), sortira en 2018. Cet opus 100% rap, plus tendu et impulsif, révèle une autre facette de l’artiste. En juin 2019, Flem participe au festival Paris New-York Heritage en partenariat avec la mairie de Paris et donne un avant-goût de «Nomades» au Centre Barbara-Fleury Goutte d’Or. «Un flow fluide, une musique instinctive, des thèmes conscients. Inspirés par des artistes contemporains comme Oxmo Puccino ou Abd Al Malik, mais également du patrimoine de la chanson comme Brassens et Brel, Flem affirme sa signature avec l’union entre des textes de rap engagés et des sonorités traditionnelles d’Afrique de l’Ouest», commente un critique fasciné par la richesse de l’album. «École de la vie et du voyage, sagesse de la route…», selon de nombreux chroniqueurs culturels, le rap de Flem est profondément marqué par ses voyages récurrents au Mali. Et, commente un confrère, «étant natif de Boulogne Billancourt, il n’avait pas vraiment le choix. Soit il puisait son inspiration dans ses voyages, dans la poussière du désert, sur les goudrons de Bamako, dans l’ombre mortifère du jihadisme qui plane aussi sur le Mali, soit… il allait retrouver son compatriote Booba dans des successions de clash sans têtes ni queues» ! Le talent engagé a préféré, sur «Nomades», laisser ses textes et ses mots le guider sur les routes du Mali. Celles qui l’y ont mené, comme «celles qui conduisent aujourd’hui encore des milliers de personnes sur les routes de l’exil, mais aussi celles que les ancêtres de Vieux Farka Touré ou de Amy Doumbia ont pu emprunter en leurs temps». Des routes et des pistes qui, hélas, laissent passer de moins en moins de nomades à cause du terrorisme et des trafics de tous genres. «Quoi qu’il se passe par la suite, j’aurais été au bout de mon idée, j’aurais conserver ma liberté et commencer à toucher certains de mes objectifs», avait déclaré Flem sur sa page Facebook le jour de la sortie de son œuvre, le 18 septembre 2020. Et d’ajouter, «j’espère que vous aurez plaisir à écouter et à vivre ce projet comme on a eu plaisir à le composer et à le créer. Je veux croire qu’on aura le bonheur de partager tous ça ensemble» ! Et naturellement qu’il a remercié «tous ceux sans qui ce projet n’aurait pas vu le jour, particulièrement à mon grand frère de son et de cœur, Vieux Farka Touré, et sa famille…» ! «Nomades» Composé par Vieux Farka Touré Écrit et interprété par Flem et Amy D Claviers : Mattias Mimoun Guitare : Vieux Farka Touré Basse : Valess Assouan Batterie : Madou Koné  

L’Office du Niger : La douloureuse histoire d’un projet démesuré

Dr Ibrahim MAIGA Fruit d’une grande conspiration bureaucratique et capitaliste, dans le fond, un mensonge génialement astiqué, l’Office du Niger, cet immense projet de colonisation des terres agricoles du Soudan français, à partir des eaux du fleuve Niger, n’a jamais pu atteindre ses objectifs. Et pour cause. Dans cette série, nous faisons un recours à l’histoire agricole pour tenter d’apporter un éclairage sur les facteurs qui hypothèquent aujourd’hui cette entreprise, legs de la colonisation française. De nos jours, le projet gargantuesque se résume principalement à la Région de Ségou, alors que l’idée originelle, outre, les terres de Sotuba et de Baguineda, atteignait l’actuel Cercle de Diré, dans la Région de Tombouctou. C’était même la plus grande des entreprises de toute l’Afrique occidental française. Qu’en est-il véritablement de nos jours ? Le recours à l’histoire s’impose. D’abord, parce que la mise en place de cette infrastructure a généré des connaissances, mis en contact des personnes d’origines diverses. Ensuite, parce que plusieurs des mythes qui continuent de plomber l’essor de l’Office du Niger, ne trouvent leur compréhension que dans ce processus historique. Au-delà des chiffres, plusieurs spécialistes des politiques agricoles qui ont travaillé sur le sujet ont conclu que l’Office du Niger reste le « cas » symptomatique d’un échec patent. À la base, Emile Bélime, l’ingénieur français des Travaux Publics qui pouvait revendiquer une certaine expérience dans la capitalisation des principes d’irrigation éprouvés par les Britanniques en Inde et en Egypte. Bélime n’était pas loin d’un « illuminé ». Mis en mission en 1919, afin d’étudier la faisabilité de l’irrigation dans le delta central du Niger, Emile Bélime écrivit un rapport plein d’enthousiasme et d’approximation. Jean-Loup Amselle et son équipe ont compulsé, plusieurs décennies après, les conclusions de l’ingénieur considéré alors comme le plus grand spécialiste français de l’irrigation. Il faut reconnaître que dans le monde de l’après-première guerre mondiale, Bélime savait vendre l’espoir. Le « Soudan français pourrait être l’un des plus grands champs de coton du monde… pour le plus grand bénéfice de nos industries textiles », rapporte (Jean-Loup Amselle et son équipe dans l’étude intitulée « l’évaluation de l’Office du Niger au Mali, 1985). Bélime proposait à l’Etat français de réaliser un « vaste programme d’aménagement » qui dans le long terme devait permettre à la France d’avoir « progressivement » les moyens de se passer du coton américain et anglais. Dans le principe, Bélime a compris qu’il était possible de redonner vie au delta mort du Niger par une domestication du niveau d’écoulement des eaux de surface. Il lui faut un levier qu’il va situer à Markala. Mais déjà Jean Loup Amselle et son équipe ont fait un terrible constat qui est que la création de l’Office du Niger relevait d’un cas caractéristique d’une économie dominée par la puissance coloniale. Ils précisent que les intérêts des populations locales n’ont pas été pris en compte. « Tout au plus s’est-on préoccupé d’éviter aux populations (main d’œuvre ou clientèle potentielle) de mourir de faim », rappelle Amselle. (P. 8). Le rapport ajoute : « Justifiée par les besoins en coton de la puissance coloniale, soutenue par les visées nationalistes françaises, la création de l’Office du Niger fut ainsi décidée en l’absence de toute justification concernant son intérêt économique et social pour le Soudan lui-même. » (P.9). Mais, il fallait, dans le contexte de l’époque, plus pour arrêter l’élan de Bélime. Il avait des soutiens de taille parmi les nationalistes, les milieux politiques pétainistes qui visaient des objectifs loin de la politique. Les rapports de Bélime ont été produits en 1929. Ils ont été approuvés par le ministère des colonies en 1931, nonobstant des insuffisances apparentes. Rapidement, l’Office du Niger a été mis sur les fonts baptismaux en 1932 sous la forme juridique d’un « établissement public ». Il aura la personnalité civile et l’autonomie financière ». Presque naturellement, c’est Bélime qui été placé à la tête de l’entreprise pour une période qui va durer dix ans, jusqu’en 1942. Le mandat initial confié à l’Office du Niger tenait en deux points : mener l’étude de l’aménagement et mettre en valeur la vallée du Niger. La substance de ce mandat devait trouver sa réalisation dans la mise en valeur du Delta central à partir de l’irrigation et la mise en culture de 510.000 hectares en coton et 450.000 hectares en riz, soit 960.000 hectares au total. Ce n’est pas tout, car après avoir redonné vie à un delta mort depuis des millénaires, il faut des hommes. Bélime et ses amis vont chercher ces hommes dans tout le Soudan et même en Haute-Volta, soit initialement 300.000 colons et leurs familles. Il faut aussi de l’argent. Dans un dépliant de communication du Comité du Niger de 1921 on pouvait lire ceci : « si l’œuvre est géante, l’heure commande l’initiative et, quant aux moyens d’exécution, le génie de la France y pourvoira ». Les 262 millions de francs nécessaires à l’opération seront mobilisés par l’Etat, à travers des emprunts. LA CONTESTATION – De son concept initial à nos jours, l’Office du Niger a toujours eu ses détracteurs. En 1939, déjà, soit sept ans seulement après sa création, Pierre Herbart, aux termes d’une visite de terrain rigoureuse, a parlé, à la place de l’Office du Niger, de « Chancre du Niger ». (Collection Tracts (1934-1939), Gallimard ). Herbart est sans concession quand il indexe et dénonce « la malfaisance […] d’un système », « son pouvoir de multiplication, ruinant l’ensemble d’une contrée ». Son document est une propédeutique. Sur la venue même de Bélime au Soudan, il faut lire « l’Historique des Essais cotonniers dans la vallée du Niger de 1903 à 1923 » de J. Vuillet (Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 1939), pour bien se situer. « Lors de l’arrivée de M. Béltme au Niger, en 1920, les possibilités d’irrigation offertes par la vallée de ce fleuve avaient été déjà l’objet d’études successives d’agents du service d’agriculture de la colonie et de différents chargés de mission. Parmi les premiers, je citerai M. Vitalis,

Quelque 26 nouveaux cas de Covid-19 et un décès vendredi Mali

Bamako, 23 Janv (AMAP) Les services de santé ont enregistré, vendredi, 26 nouveaux cas de Covid-19 sur un millier d’échantillons testés et un décès, annonce le communiqué quotidien du ministère en charge de la Santé. Par ailleurs, ils ont noté 17 patients guéris du coronavirus au cours des dernières 24 heures. Selon le communiqué, les contaminations du jour sont réparties entre plusieurs Régions du pays. Il s’agit de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de Bamako), Sikasso (Sud), celles de Tombouctou et Gao, dans le Nord. Quant à la capitale malienne, elle a aussi enregistré de nouvelles infections à travers les six Communes du District. À ce jour, au Mali, la situation cumulée est de 7.937 cas positifs, pour 5.683 malades guéris du virus contre 321décès. AT/MD (AMAP)

Mali: La Gendarmerie saisit 5,3 milliards de Fcfa en faux billets

Bamako, 22 Janv (AMAP) Les gendarmes de la Brigade de recherche sdu Camp I de Bamako ont arrêté, vendredi à Niamana, en Commune VI du District de Bamako, «le cerveau d’un réseau de trafic de faux billets» qui était «en possession d’une somme» de 5,3 milliards de F cfa en faux billets. Selon le site des Forces armées maliennes (FAMa) qui rapporte l’information, l’individu interpellé est un «faux marabout domicilié à Niamana» et les billets récupérés sur lui par les gendarmes sont «en coupure de 5000 Fcfa, de 100 Euros et 100 Dollars». «Le commandant de la Région de Gendarmerie de Bamako, le colonel Seydou Kamissoko, a tout d’abord félicité le commandant de la Brigade de recherches de la rive gauche de Bamako, qui vient de réaliser cette saisie record grâce aux informations recueillies sur le terrain auprès des populations», indique le site des FAMa. MT/MD (AMAP)