Message du 1er Mai 2021 du Président de la Transition SEM Bah N’DAW à l’occasion de la Fête du Travail

« Travailleurs du Mali, Mes chers compatriotes des villes et des campagnes, Notre pays, à l’instar de la communauté internationale célèbre le 1er mai, la Journée mondiale des travailleurs. Ce 1er mai 2021 m’offre l’opportunité, de vous exprimer tout le respect que j’ai pour votre engagement à oeuvrer au développement de notre pays, surtout dans ce contexte particulier de la Transition. La fête du travail qui symbolise la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs, témoigne de l’importance que revêt votre place dans l’architecture sociale. Elle est célébrée au Mali cette année encore dans un contexte marqué par l’insécurité, la pandémie de la COVID-19 et les nombreuses attentes sur le plan social. Malgré tout, chers travailleurs maliens, vous donnez le maximum de vous mêmes pour relever les défis qui s’imposent à chacun de nous. Je voudrais vous exprimer ici toute mon admiration et ma gratitude pour votre noble combat. Les temps sont durs mais de lendemains meilleurs nous attendent si nous restons unis, solidaires, pour aller à l’essentiel, sauver notre pays. Je compte sur chacune et chacun de vous pour cette solidarité nationale. Chers travailleurs, c’est aussi l’occasion pour moi de vous inviter une nouvelle fois à la vigilance, au respect des mesures barrières aussi bien dans vos foyers que sur vos lieux de travail pour contrer la propagation de la COVID-19. Bonne fête du Travail et bon mois de Ramadan Vive le Mali » Bamako, le 1er Mai 2021 S.E.M Bah N’DAW, Président de la Transition, Chef de l’Etat

Journée de la liberté de la presse : le Secrétaire général souligne qu’un journalisme libre et indépendant est notre meilleur allié dans la lutte contre les informations fausses et trompeuses

Les défis mondiaux auxquels nous faisons face durant cette période de pandémie de COVID‑19 révèlent que la diffusion d’informations fiables, vérifiées et accessibles à toutes et à tous est essentielle pour sauver des vies et construire des sociétés fortes et résilientes. Durant la pandémie, comme dans d’autres crises, telles que celle de l’urgence climatique, les journalistes et les professionnels des médias nous aident à nous orienter dans un tourbillon d’informations qui nous submergent, en dévoilant les inexactitudes et contrevérités pernicieuses. Dans de trop nombreux pays, ces hommes et ces femmes, rien qu’en faisant leur travail, s’exposent personnellement à de grands risques –restrictions inédites, censure, mauvais traitements, harcèlement ou détention–, allant jusqu’à mettre leur vie en péril. Cette situation ne cesse hélas de se dégrader. Les répercussions économiques de la pandémie ont durement touché de nombreux médias, dont la survie même est menacée. Les budgets s’amenuisent et, avec eux, l’accès à des informations fiables. Dans le vide ainsi laissé s’insinuent rumeurs, contrevérités et opinions extrêmes ou génératrices de dissensions. J’exhorte tous les gouvernements à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre la liberté, l’indépendance et la diversité des médias. Un journalisme libre et indépendant est notre meilleur allié dans la lutte contre les informations fausses et trompeuses. Le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes vise à créer un environnement sûr pour les professionnels des médias dans le monde entier – car l’information est un bien public. Aujourd’hui, nous célébrons le trentième anniversaire de la Déclaration de Windhoek pour le développement d’une presse africaine libre, indépendante et pluraliste. Bien que les médias aient radicalement changé ces 30 dernières années, l’appel urgent lancé dans la Déclaration en faveur de la liberté de la presse et du libre accès à l’information est plus pertinent que jamais. Entendons cet appel et redoublons d’efforts pour protéger la liberté des médias, afin que l’information reste un bien public vital pour toutes et tous.

Décès de Moussa Sanogo : l’AMAP perd un travailleur sérieux et affable

Bamako, 3 mai (AMAP) Surprise, tristesse, émotion. Le samedi 1er mai, la famille de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap) s’est réveillée avec la triste nouvelle du décès de Moussa Sanogo, à l’âge de 64 ans, des suites d’une courte maladie. Vingt quatre heures avant, c’est-à-dire vendredi, Moussa Sanogo était venu travailler et ceux qui l’ont vu ce jour-là dans la cour de l’Amap, l’ont trouvé dans un état de santé plutôt normal. En tout cas, Sanogo, comme on l’appelait ici, affichait le même sourire qu’on lui connaissait et était à jeun. Pourtant, ce vendredi, il s’est produit un incident qui n’a pas échappé à l’un des gardiens du parking de l’Amap. Abdoulaye Bah, c’est son nom, raconte : «quand il (Moussa Sanogo) est venu le matin garer sa moto au parking (Sanogo avait une voiture, mais venait souvent au travail à moto, ndlr), nous lui avons remis son ticket. À la descente, il est venu nous dire que sa moto n’était pas dans le parking et qu’il l’a cherchée en vain. En réalité, la moto était bien là et nous étions tous surpris du fait que Sanogo n’ait pas pu identifier son engin». Selon les astrologues, l’homme ne meurt jamais sans montrer certains signes. Samedi matin, le décès de Sanogo a été constaté. Il avait rendu l’âme dans son lit durant la nuit. RIGOUREUX DANS LE TRAVAIL- Né en 1957 à Bamako, Moussa Sanogo a fait ses études primaires à l’école de la Mission catholique de Sikasso puis à Koutiala où il obtint son diplôme d’études fondamentales (DEF). Après le DEF, il fréquente le lycée de Sikasso et décroche son baccalauréat, avant de partir en ex-URSS pour des études de journalisme. Il revient au Mali en 1989 et commence sa carrière professionnelle, d’abord à la Rédaction du Quotidien national L’Essor en tant que journaliste reporter, puis à l’Agence de presse comme agencier. Sérieux dans le travail, Moussa Sanogo deviendra ensuite, chef de division, puis directeur de l’Agence. En 2019, il quitte l’Agence pour devenir le chef du Service Archives et Documentations, un poste qu’il occupera jusqu’à son décès. Ancien directeur général par intérim de l’Amap et ancien directeur de l’Agence de presse, Gaoussou Traoré a travaillé avec le défunt pendant plus d’une décennie et se souvient «d’un homme sans histoires, qui s’entendait avec tout le monde et faisait toujours correctement ce qu’on lui demandait de faire au travail». «Il était très consciencieux dans le travail et n’avait aucun problème avec ses collègues», témoigne Gaoussou Traoré. Autant Moussa Sanogo travaillait avec professionnalisme et abnégation, autant il faisait montre d’humilité et de simplicité dans la vie. Quand on le croisait dans la cour de l’Amap, il était toujours le premier à saluer et Sanogo ne se contentait jamais des salutations d’usage. En homme pieux profondément versé dans l’islam, il faisait toujours des bénédictions pour ses interlocuteurs. Aussi, il ne ménageait, ni son temps, ni son énergie pour être présent aux cérémonies sociales (mariages, baptêmes, décès…). Dès lors, on comprend la douleur, la tristesse et la vive émotion des travailleurs, après l’annonce brutale de la mort de Moussa Sanogo, le samedi 1er mai. Mais la vie est ainsi faite et chacun de nous retournera un jour à Dieu. Les obsèques de Moussa Sanogo ont eu lieu aujourd’hui à 10 heures, à Boulkassoumbougou- Kouloubléni, en CI du dictrict de Bamako. Dors en paix, cher collègue ! Amine. SBT (AMAP)

Musique : Ballaké Sissoko, héros discret de la kora

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 30 avr (AMAP) L’une de nos virtuoses maliennes de la kora, Ballaké Sissoko, livre un nouvel album. Intitulé « Djourou » ou la corde en bamanankan, ce opus est le fruit de sa collaboration avec huit autres interprètes et instrumentistes. Il s’agit de Salif Keita, Oxmo Puccino (France-Mali), Sona Jobarteh (Gambie), Camille, Feu ! Chatterton, Patrick Messina et Vincent Segal de France. Avec ces deux derniers, il interprète la « Symphonie Fantastique » de Berlioz. Un exemple de la façon dont le joueur de kora connecte magiquement son instrument à vingt et une cordes avec d’autres instruments. Ballaké Sissoko et Vincent Segal ont fait se rencontrer la kora et le violoncelle depuis bien longtemps : leur amitié a donné lieu à deux albums, Chamber music (2009) et Musique de nuit (2015), enregistrés à Bamako où Vincent Segal rend régulièrement visite à Ballaké Sissoko. « Quand je veux jouer avec quelqu’un, confie le Malien, je dois d’abord comprendre son fonctionnement, construire une amitié : c’est mon premier repère. Et ça demande du temps. » Enregistré à Angoulême dans le studio du contrebassiste de jazz Kent Carter, At Peace rassemble de fait autour de lui des compagnons de longue date et de confiance. Outre Vincent Segal, on retrouve ainsi Aboubacar « Badian » Diabaté, dont le phrasé de guitare (principalement sur une 12 cordes) et la faconde sans esbroufe sont colorés par son expérience première de joueur de ngoni ; l’essentiel et discret Moussa Diabaté, son complément idéal à la guitare 6-cordes ; et Fasséry Diabaté, dont les subtils traits de balafon figuraient déjà sur les albums Tomora et Chamber Music. Réunis sur les titres Badjourou et Kalata Diata, les cinq hommes signent une musique qui s’illustre par la sophistication des motifs et des prises de parole. Un art du tissage et de la conversation, qui se poursuit jusque dans les morceaux aux configurations plus resserrées : les deux duos kora-guitare, Boubalaka et N’tomikorobougou, formidable échange de 10 minutes entre Badian et Ballaké, saisi à la volée dans la cour de la maison de ce dernier à Bamako ; le duo kora-violoncelle Kabou ; et la lumineuse reprise en trio d’Asa Branca, le standard du Brésilien Luiz Gonzaga, qui invite tendrement le baião nordestin en territoire mandingue. Dans les albums Chamber Music (2009) et Musique de nuit (2015), notamment, il a entamé un dialogue subtil avec le violoncelliste français Vincent Segal. Pour le projet 3MA, il a également conversé avec le oud arabe de Driss El Maloumi et la valiha malgache de Rajery. Le nouveau défi qu’il s’est lancé sur le label No Format est encore plus ambitieux : créer un disque, Djourou, qui convoque pas moins de huit invités, aux styles tous différents. « La kora est née en Afrique, mais elle peut voyager partout, résume Ballaké Sissoko dans les bureaux de son label parisien. Je voulais inviter des amis, partager des idées, sans pression. » « Je suis dans plusieurs collaborations », confie le fils du célèbre Djéli Mady Sissoko qui a débuté à l’Ensemble instrumental. Ce qui lui permet de jouer avec cinq groupes en France, deux en Italie, un en Grèce et un dernier aux États-Unis. Car dans le milieu professionnel, la kora est un instrument très sollicité. C’est donc une question de programmation. Son agenda est chargé jusqu’en 2021, avec des concerts, des ateliers, des enregistrements, des festivals, d’autres prestations. Depuis 2002, il participe, avec quelques-uns des plus grands professeurs de musique traditionnelle du monde entier, aux masters classes du célèbre musicien grec Ross Daly. En 2019, Ballaké Sissoko a été récompensé, en compagnie de Oumou Sangaré, par le Prix Aga Khan de Musique dans la catégorie « Contributions remarquables et durables en faveur de la musique ». Quelques années avant, son album «At Peace» a reçu en novembre 2012 le Grand Prix de l’Académie Charles Cros de France dans la catégorie « Musiques du Monde ». YD (AMAP)  

Pratiques coloniales/L’indigénat: entre brimades et infantilisation

Dr Ibrahim MAIGA Venue en Afrique au nom de la « Civilisation », la colonisation n’a été finalement que l’illustration d’une exploitation économique sur fond de ségrégation absolue. Tel était le fondement de l’indigénat, ce « droit spécial » uniquement applicable aux seuls sujets français. Les pratiques étaient si abjectes et loufoques qu’il faut bien se demander si la grande révolution de 1789 était universaliste dans ses aspirations. Mon ami Nouhoum Kéita est natif de Faléa dans le Cercle de Kéniéba. Il m’a raconté, au gré d’une conversation fortuite, comment son grand père et certains de ses amis « ont fait tomber », dans un marigot, le Blanc qui venait de réquisitionner les bras valides ; les plus vigoureux du village, pour son transport dans un hamac. Le déplacement était organisé à la chaîne. Le chef de village fournit les hommes ; les gardes entretiennent le sens de la marche à la cravache ; le Blanc n’avait qu’à se vautrer dans son « filet » pour une journée de 15 à 20 kilomètres. Les porteurs pouvaient être au nombre de quatre ou six. Ils ne portaient pas que le Blanc ; ils transportaient aussi leur nourriture pour la durée de la corvée. Alors, me dit Nouhoum, dans une gestuelle très rythmée, mon grand-père et son escouade qui avaient mûri leur stratagème, se sont mis à parler un malinké aussi dense que la pâte d’arachide. C’était la trame du complot auquel, bien sûr, le Blanc n’a rien compris. Les gardes qui assuraient sa sécurité aussi n’ont rien vu venir car les porteurs, pour les semer, avaient accéléré incidemment le pas. Sur le marigot qui était guéable, ils ont subitement lâché prise et voilà le « toubabou ké » dans l’eau avec tous ses attributs de souveraineté : sa tenue de commandement et son casque colonial, tous de couleur blanche. C’est quand l’infortuné commis a hurlé, croyant qu’il allait se noyer, que les gardes se sont rendu compte que de leur méprise. Leur forfait perpétré, les porteurs ont enjambé le fleuve Falémé pour se retrouver au Sénégal et pour longtemps. C’était-là une forme de résistance.L’historien Bakary Kamian rapporte une anecdote du même genre. Ici, il s’agit d’un administrateur basé à San. Il ne pouvait souffrir que son sommeil soit perturbé par le croassement des batraciens des mares environnantes. La solution qu’il trouva était d’armer les jeunes avec des bâtons. Ceux-ci passaient la nuit au bord des mares à faire du tapage pour contenir la musique des animaux aquatiques. Le supplice durait tout l’hivernage. Le sommeil de « Baba Commandant » était à ce prix. Les administrateurs coloniaux n’étaient pas les seuls dans ce vaudeville. Il y avait les gardes, les goumiers et les interprètes, des auxiliaires d’une grande servilité envers le colon. Chargés de la collecte de l’impôt, ils assuraient également la transmission des messages dans la chaîne de commandement. Almahadi Ag en était un dans le Cercle de Gao. L’homme était notoirement connu pour sa brutalité. Il avait aussi un penchant pour les belles femmes, au point que dans les chansons au clair de lune, il avait sa partition. C’était connu de tous que si Almahadi devait passer la nuit dans un village, il ne pouvait « dormir » seul. Lorsqu’il avait des villages à harceler pour le paiement de l’impôt et l’organisation des réquisitions, il les mettait en série de sorte à venir passer la nuit dans le village où il a prévu d’agrémenter sa nuit avec l’une des plus belles femmes repérées. Ce jour-là, il fit sa « tournée » et vint à camper dans un village. Il demanda du lait frais dans sa tanière. Ses hôtes se sont empressés de lui donner satisfaction en y ajoutant leur ‘arme de guerre’. Dans le lait fraichement obtenu, ils ont fait remuer la queue de la vache, de sorte à obtenir un liquide hautement purgatif. Dès que Almahadi a fini de boire son lait, il a fini aussi avec la paix ; contraint de prendre ses quartiers dans la broussaille du fait de la diarrhée soudaine qui s’est emparée de lui. Et honteux, il a fini par prendre son chameau et chercher illico sa route. Ne voulait-il pas passer la nuit en galante compagnie ? Ces anecdotes ne traduisent que le côté loufoque de l’entreprise coloniale. LES REQUISITIONS = L’indigénat devint dès lors l’instrument indispensable de l’économie politique coloniale. Les réquisitions, cette forme brutale d’accaparement de la force de travail des colonisés sur des chantiers qui n’étaient pas les leurs en étaient un des piliers. C’était la règle et s’y soustraire était passible d’une peine d’emprisonnement qui pouvait atteindre vingt-cinq jours. Les amendes pouvaient culminer à cent cinquante francs. Souleymane Traoré a mené des études socio-économiques lors de l’aménagement des terres agricoles pour le compte de l’Office du Niger, dans la nouvelle zone irriguée de Mbéwani. Il a particulièrement travaillé sur l’ancien canton de Pogo. Une partie de ses résultats est consignée dans l’ouvrage intitulé « L’État face à la décentralisation à l’Office du Niger : la dynamique foncière dans le Kala » (Point Sud, Bamako, 2004). Voici ce que lui a dit le chef de village de Pogo : « Autrefois, le départ pour le colonat se faisait par la force ; nous forçions les gens à partir. Les misérables partaient, en revanche ceux qui avaient les moyens nous donnaient quelque chose pour éviter le départ de leurs enfants. Chaque village devait fournir un nombre déterminé. Comme c’était à nous de rassembler les hommes, nous épargnions nos gens et nos protégés d’un départ dans le colonat ». Il ajoute : « à l’époque des travaux forcés, quand les Blancs exprimaient le besoin de mobiliser 20 hommes, le « Cesigui » ou l’intermédiaire entre l’administration et le chef de canton, en réclamait 30. Les 10 hommes supplémentaires étaient un moyen pour la Chefferie de rançonner les populations. » Il poursuit : « À Fièbougou, un jeune homme a été mobilisé à la veille de son mariage. Malgré toutes les imprécations,

Avec l’album «Kôrôlen»: Toumani Diabaté sur orbite pour un 3è Grammy

Par Moussa BOLLY Bamako, 30 avr (AMAP) Il en rêvait : partager un album sur lequel la kora communie aisément avec la musique classique ! Et Toumani Diabaté, la légende de la Kora, vient de concrétiser ce rêve avec son nouvel album réalisé avec l’orchestre symphonique de Londres (The London Symphony Orchestra/Royaume uni). «Kôrôlen» est une œuvre de six titres (Hainamady Town, Mama Souraka, Elyne Road, Cantelowes Dream, Moon Kaïra et Mamadou Kanda Kéita) disponible sur toutes les plateformes de téléchargement depuis le 23 avril 2021. Et ils sont nombreux les critiques qui pensent que cet opus peut se tailler un Grammy Awards. «Kôrôlen» (un clin d’œil au passé, aux traditions voire aux racines), selon le teaser de l’opus, a été commandé par le Barbican Centre de Londres (Angleterre) et produit par «World Circuit». En dehors de Toumani Diabaté, on y retrouve également des musiciens maliens bien connus, dont feu Kassé Mady Diabaté, dont la sublime voix résonne nostalgiquement sur «Mamadou Kanda Kéita», et Lassana Diabaté (balafon). Le titre générique, «Kôrôlen», résume bien cette œuvre de très belle facture avec d’anciennes mélodies africaines qui fusionnent avec des arrangements symphoniques occidentaux pour créer un son que des critiques classent comme «un magnifique afro-néo-classique». «Cet album est si frais et si original qu’il ne devrait avoir aucune difficulté à plaire à la fois aux amoureux de l’Afrique et sa musique traditionnelle, ainsi que de nouveaux classiques et de la musique d’ambiance…», a commenté un critique anglais. Le roi voire la légende de la mythique kora fait scintiller cet album par des gammes inédites naviguant entre tradition et modernité. Comme nous l’écrivions au début, cette expérience concrétise un vieux rêve de Toumani Diabaté dont la quête a toujours été d’ouvrir «une porte universelle à la kora afin que les gens n’écoutent plus ses sensationnelles sonorités comme celles d’une musique seulement traditionnelle». Sur «Kôrôlen», il relève brillamment ce défi d’honorer ce «passé qui croise le présent pour ouvrir la voie au futur». Cette quête explique sans doute ces nombreuses et brillantes collaborations avec des monstres sacrés ou sa participation à des projets de divers horizons comme Taj Mahal, Björk, Béla Fleck, Damon Albarn, Ketama, Roswell Rudd, Afrocubism (2010), Playing for Change, Silkroad Ensemble, Sing me home (2016) et récemment Lamomali (2017)… On n’oubliera pas surtout les deux superbes albums réalisés avec le regretté Ali Farka Touré. Il s’agit de «In the Heart of the Moon» (2005), et «Ali and Toumani» (sorti le 25 février 2010), deux chefs d’œuvre récompensés par le Grammy Awards du «Meilleur album traditionnel». Mais, avec «London Symphony Ochrestra», Toumani franchit certainement un cap plus audacieux dans sa volonté de toujours s’ouvrir aux musiques d’inspirations diverses. Et le résultat est visiblement à la hauteur des attentes puisque cette œuvre suscite déjà les éloges des premiers critiques qui l’ont entièrement écouté. «La musique est si merveilleusement belle ! J’ai déjà joué un morceau dans mon émission de radio et j’ai hâte d’entendre l’album complet afin d’en jouer davantage», confesse un animateur australien. Et selon les premières réactions, «Kôrôlen» met encore Toumani Diabaté sur orbite pour un 3e Grammy Awards de sa carrière. Considéré comme l’un des plus grands joueurs de kora de tous les temps, Toumani Diabaté est né en 1965 dans une famille de griots, il est le fils de Sidiki Diabaté, reconnu dans toute l’Afrique de l’Ouest pour être le roi de la kora. En digne héritier, Toumani s’est fait une réputation mondiale avec sa kora toujours avide d’expériences atypiques ! MB (AMAP)

Aéroport international président Modibo Keita de Bamako : Au rythme des crises et de la Covid-19

Reportage : Oumar SANKARE Bamako, 28 avr (AMAP) Il est 20h, la circulation routière habituellement dense à cette heure, est fluide. De la route quittant Kalaban à l’Aéroport international président Modibo Keita- Sénou de Bamako, la capitale malienne, des boutiques se préparent à fermer et un groupe de sportifs de début de soirée marchent à pas rapides le long de la route. A quelques kilomètres de là, sur un édifice, une espèce d’arche, suspendu sur la 2 x 2 voies de l’aéroport est inscrit « Bienvenu à Bamako», en différentes langues. Tout au long de la route, des groupuscules de marcheurs, coureurs ou autres personnes soulevant des altères s’affairent et transpirent. Au check-point, une petite file d’attente, les voitures, après inspection, sont autorisées à accéder à l’aéroport. Le vent souffle de tous les côtés. Une ou deux voitures se suivent dans le plus grand calme jusqu’au parking. L’aéroport dispose de trois parkings. Un premier réservé aux personnalités et diplomates. Le deuxième, pour le personnel et les taxis partenaires de l’aéroport. Et le troisième, destiné aux voyageurs et leurs accompagnateurs. A la sortie de chaque parking, se trouve un grand dispositif de lavage des mains avec savon liquide à profusion. Les différents parkings sont presque vides. Le parking numéro 3, c lui des voyageurs et accompagnateurs, d’ordinaire rempli ne compte qu’une vingtaine de voitures, ce soir. « D’habitude, on accueillait une centaine de voitures. Très souvent, on manquait de places et on avait de la peine à caser le flot de véhicules », dit un agent de la sécurité des stationnements. L’aéroport international président Modibo Keita-Senou comprend deux terminaux. Le Terminal qui, jadis, recevait les vols civils, est aujourd’hui destiné aux services militaires de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le Terminal 2, nouvellement construit, reçoit tous les vols et frets civils. A l’entrée des deux terminaux, des groupes de personnes, qui pour accompagner, qui pour accueillir, un proche, attendent, On discute, on échange. Quelques rires par-ci, par-là, D’autres s’embrassent et sautent dans les bras des uns les autres. Ce spectacle fait presque oublier les mesures barrières. Au milieu de cette effervescence, des militaires européens poussent leur charriot. Ce sont des militaires de la MINUSMA, ou de l’opération française « Barkhane » et autres. Notre autorisation de visite concerne uniquement le Terminal 2. Cependant, chaque voyageur est tenu de faire peser ses bagages et les faire filmer au Terminal 1, avant de se rendre au Terminal 2. A l’entrée de Départ du Terminal 2, des voyageurs, en file indienne, présentent leur test covid, obligatoire, aux agents de santé. Après vérification de ce sésame, l’un des agents prend la température à l’aide d’un thermomètre en forme de pistolet, suivi de l’usage du gel hydro alcoolique. Chaque voyageur suit obligatoirement cette procédure. Selon Sory Ibrahima Diarra, agent de l’Aéroport du Mali (ADM), le test covid obligatoire « est source de dispute, très souvent ». « De nombreux passagers perdent leur test avant d’arriver ici. Nous sommes obligés de les renvoyer chez eux, Seuls ceux ou celles qui possèdent leur test valide sont autorisés à passer », explique-t-il. Il arrive, aussi, que certains essayent de tricher le avec le système. Pour faire face à de tels cas, l’ADM, reçoit des données de l’Institut national de recherche en santé publique (INSP), ce qui permet de filtrer et détecter les fraudeurs. En plus, du dispositif Covid-19, une disposition Ebola et d’autres maladies épidémiques, sont en place, avec l’aide des services sanitaires, depuis la découverte du premier cas en République de Guinée. Chaque lundi, une réunion covid, dirigée par le coordinateur Mohamed Lamine Diabaté, se tient avec les partenaires de l’aéroport. Au même-moment, le commandant Moulaye A. Haidara, de la police de l’Aéroport, s’approche d’un groupe de personnes. Le ton s’élève. Il calme la situation, après quelques échanges. Plus tard, Il dira qu’il s’agissait d’un diplomate européen. Ce dernier refuse de porter son masque, d’où son interpellation par la sécurité. Le diplomate, enlève un masque bleu PPE d’un carton de son sac à main, comme pour montrer qu’il en possède plusieurs. Après avoir porté le masque, il est autorisé à poursuivre la procédure. Les voyageurs sont, ensuite, guidés vers le deuxième point de contrôle. Cette fois-ci, il s’agit de contrôle des documents de voyages. Sur le sol, à distance respectable, des points sont marqués à chaque mètre. Ces points rouges sur lesquels sont inscrits « Respectons les mesures barrières », indiquent où chacun doit se tenir, afin de passer, à tour de rôles, aux box de vérification. Ici, aussi, le commandant Moulaye A Haidara, interpelle deux voyageurs et leur indique où se tenir. « Certains ne savent pas lire et on est obligé de les suivre à chaque étape. D’autres refusent de coopérer et disent qu’on les dérange. Pire, certains disent ne pas croire à l’existence du coronavirus». Le Mali traverse une crise multidimensionnelle (politico-sécuritaire) depuis 2012 marquant le pays au rouge sur les cartes dans les différentes Chancelleries. Certaines déconseillent fortement la destination Mali à leurs citoyens, d’autres, comme l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, émettent fréquemment des messages d’alertes pour signaler les risques d’attentats terroristes. De quoi décourager touristes et investisseurs. A cela, s’ajoute, depuis un an, la pandémie de coronavirus qui a paralysé l’économie mondiale. Les avions, de part le monde, sont restés cloués au sol. L’aéroport International président Modibo Keita de Bamako a aussi vu ses activités baisser. « L’aéroport Du Mali est resté fermé du 20 mars 2019 au 25 juin 2020 pour raison de Covid », rappelle Sory Ibrahima Diarra. Cependant, les vols de rapatriements d’étudiants et travailleurs maliens coincés à l’étranger étaient autorisés. Ces retours ont été obligatoirement suivis d’isolement dans un hôtel. Les vols entre le Maroc et le Mali sont suspendus, depuis le 24 mars, pour raison de cas élevés de contamination au Maroc. Cette suspension devrait être levée le 12 avril. Le troisième point de contrôle, est le Poste d’inspection filtrage (PIF). Ici, on passe à travers un détecteur de métaux, en enlevant ceintures, chaussures, montres… Pour le commandant Haidara, ce contrôle est nécessaire, pour s’assurer qu’aucun objet

Fake news sur les réseaux sociaux : Des proportions inquiétantes

Par Mohamed TOURÉ Bamako, 30 avr (AMAP) L’ancien Premier ministre malien, Ousmane Issoufi Maïga, l’ancien défenseur de le’quipe nationalke de football « Les Aigles », Adama Coulibaly, la cantatrice Mah Kouyaté N°1… la liste est longue comme un bras, des personnalités publiques maliennes qui partagent désormais un point commun. Toutes ont vu, ces derniers mois, les annonces de leur fausse mort devenir virales sur les réseaux sociaux. Ces informations mensongères circulent à la vitesse de la lumière sur Facebook ou encore WhatsApp et sont largement propagées par les internautes qui ne semblent pas mesurer les conséquences du partage des informations. De l’anecdotique fausse rumeur relayée via les plateformes, aux réelles tentatives de manipulation de l’opinion, la palette du phénomène est large dans notre pays. Ainsi, le 16 décembre 2020, une nécrologie erronée annonçant le décès de « Police », l’ancien « roc » de la défense centrale de l’équipe nationale de football, faisait le buzz sur Facebook. « Triste : le vrai policier s’est éteint », titrait notamment un article largement partagé par plusieurs pages sur le réseau social sans vérifications. Les réactions spontanées de proches ou de personnes ayant pris le temps de faire des vérifications ont démenti la fausse nouvelle. La fréquence de leur succession pourrait relever d’une coïncidence, mais la récurrence des fausses informations met en lumière un problème réel dans l’espace médiatique au Mali. Celui des « fake news » (fausses nouvelles en anglais). Il devient si criard qu’il urge de le « circonscrire », de l’aveu de plusieurs acteurs nationaux du secteur des médias que nous avons approchés. « La notion de fake news, l’acceptation qu’il faut en avoir actuellement, c’est une fausse information qui, dans 90% des cas, est donnée de manière délibérée et englobe aussi un but précis », explique Gaoussou Drabo, journaliste et ancien ministre de la Communication du Mali. Il attire l’attention sur les subtilités lexicales, afin de mieux cerner le problème des fausses informations et précise l’importance de la nuance entre les fake news et les informations non avérées que peut donner un journaliste sans intention de nuire. « Ce n’est pas une fausse information donnée de bonne foi. Un journaliste peut donner une fausse information pour s’être trompé de bonne foi », relève l’ancien directeur de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP). La notion de fake news recouvre tout ce qui a une charge négative et qui peut nuire à l’honorabilité d’une personne, aussi bien à l’ordre public qu’à la sérénité sociale. Ces informations, savamment distillées, peuvent avoir des conséquences désastreuses. Dans le sillage de la pandémie de la Covid-19, nombreuses sont les publications sur de faux remèdes. Des mesures prétendument efficaces contre le virus ont aussi inondé les réseaux sociaux. UN PROBLÈME GLOBAL – « Les fausses informations sont publiées dans le monde entier et le Mali ne suit que la dynamique globale », estime Gaoussou Drabo. « Il n’y a pas une explication spécifique à la récurrence des fake news au Mali. Ce qui se passe au Mali est la réplique exacte de ce qui se passe dans les autres pays du monde », tranche-t-il. Néanmoins, il existe certains facteurs pouvant expliquer l’explosion effrénée des informations douteuses, voire fabriquées, sur les réseaux. « La facilité d’utiliser les nouvelles technologies, à mettre dans l’espace public, aussi bien des images, des photos que des propos, fait que tout le monde s’intitule porteur d’une opinion ou porteur d’une information », souligne l’ancien ministre. La libération de la parole publique apportée par les réseaux sociaux se révèle un terreau fertile à la prolifération de certaines fake news. C’est également l’avis de Salif Diarrah, journaliste, directeur de publication de Maliactu.net et chargé de cours de web-journalisme à l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de la communication (ESJSC). «Tout le monde se croit journaliste de nos jours parce que quiconque a les outils pour partager l’info le fait. Alors que tout le monde n’est pas habilité à informer», explique-t-il. Les réseaux sociaux participent donc à banaliser la pratique du journalisme. «Le journalisme ne se résume pas seulement à donner l’information », indique Salif Diarrah. Le travail journalistique englobe tout un processus, dont la collecte, la vérification, c’est-à-dire, un traitement de l’information avant sa diffusion». Les fabricants des fausses informations se basent, aussi, sur les sensibilités et fantasmes du public comme l’attrait de certains pour les théories du complot. «Les fake news sont souvent plus rapides que la bonne information parce qu’il y a souvent du sensationnel et de l’extraordinaire derrière. La tentation de partager est plus grande chez les internautes quand ils tombent sur ce type de nouvelle», analyse Salif Diarrah. Dans ce domaine, l’inspiration est poussée toujours plus loin. Les motivations et les stratégies ne manquent pas pour monter des histoires de toutes pièces. Selon Lassina Niangaly, journaliste au site Lejalon.com, «les fake news les plus fréquentes au Mali sont les images (photos ou vidéos) sorties de leur contexte réel ou les fausses déclarations pour porter atteinte à la crédibilité des personnalités ou pour annoncer leur décès». Quid des motivations ? Elles ne manquent pas pour fabriquer les fausses nouvelles. Certaines personnes «diffusent de fausses nouvelles pour avoir plus de partages ou pour faire la publicité de certains produits sur les réseaux», avance Modibo Fofana, président de l’Association des professionnels de médias en ligne (Appel-Mali). Il révèle l’existence «de groupes spécialisés dans la diffusion de fausses nouvelles avec comme motivation de manipuler l’opinion publique par rapport à certains sujets». Les fake news sont, ainsi, de redoutables armes de combat dans l’arène politique. «Lorsqu’il y a une concurrence politique, par exemple, il peut y avoir un recours délibéré aux fake news pour dévaloriser un adversaire, le mettre dans une position embarrassante ou pour lui créer une mauvaise réputation. Là, la fake news est utilisé de manière délibérée comme arme dans le domaine de la politique, de l’économie et du social», explicite Gaoussou Drabo. A ce niveau, la désinformation peut atteindre des proportions dépassant largement l’anecdotique info fantaisiste. Une forme de fausses informations qui seraient orchestrées

Presse en ligne au Mali: Un fourre-tout assis sur un vide juridique 

Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) Au grand dam des vrais professionnels et au mépris de toutes règles, certains jeunes maliens, qui croit avoir le verbe facile, sans aucune formation journalistique ni base professionnelle, muni d’un Smartphone et d’un trépied, animent la presse en ligne. Facile ! D’autant plus qu’il n’existe pas de loi qui réglemente le secteur. « Ce qui m’énerve, c’est le ballet des supports des vidéo-mans. J’ai de la peine à installer ma caméra…Certains d’entre eux font tous pour que leur micro, avec effigie, apparait sur l’ORTM (Ndlr, l’Office de radiodiffusion télévision du Mali, service public) …il faut trouver une solution à cet envahissement », explose un caméraman de l’ORTM. Notre confrère nous fait part de sa répugnance de ces nouveaux « journalistes » lors d’une rencontre à la Primature. C’est une triste réalité. Nous le remarquons à chaque point de presse organisé à la Primature sur une décision importante de la vie de la nation. Les trépieds de la presse en ligne prennent la place de ceux des télévisions de notre pays. Comme ce fut le cas lors de l’avant dernier point de presse animé à la Primature sur la propagation de la Covid-19. Ces WebTV, tout comme les web radios, inondent l’espace de la presse en ligne au Mali. Chacun détient sa propre télé ou radio sur le net. Pourtant, à l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali (APPEL-Mali), on ne compte que 39 sites professionnels d’information de la presse écrite en ligne. APPEL-Mali regroupe trois médias en ligne, appelés encore éditeurs de médias. Ces nouveaux canaux de communication sont la presse écrite en ligne sur des sites d’information, les WebTV qui sont, également, des télévisons mais diffusées via Internet. Il y a, aussi, les web radios qui commencent à prendre de l’ampleur dans le paysage médiatique du Mali. Sous un soleil de plomb d’avril, avec un vent chaud et sec, le président d’APPEL-Mali, Modibo Fofana, dans son bureau à l’immeuble de l’Union des journalistes ouest-africains (UJAO) à l’ACI 2000, se montre peu satisfait du fonctionnement de la presse en ligne au Mali. A l’image de l’ Union des radios et télévisions du Mali (URTEL) et de l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP), l’association qu’il dirige, créée en 2015 mais opérationnelle en 2016, assure le rayonnement des médias en ligne au Mali. DU TOUT-VENANT – Le président de l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali, Modibo Fofana, ne cache pas sa déception devant l’évolution en cours du secteur. Mais, il reste optimiste avec les objectifs que s’est fixés APPEL-Mali. Internet dans notre pays devient un fourre-tout avec les réseaux sociaux sur lesquels n’importe publie, « pour la simple raison que l’internet est ouvert à tout le monde », alerte-t-il. M. Fofana rappelle que l’un de leurs combats est de structurer le secteur de la presse en ligne pour une meilleure organisation. « L’information est réservée exclusivement aux seuls professionnels qui ont soit fait l’école de journalisme ou appris les sciences de l’information, soit le journalisme sur le tas mais avec un diplôme supérieur et, surtout, un niveau acceptable », prêche-t-il. Il préconise une union sacrée des vrais professionnels du secteur pour très bien organiser le secteur dans sa progression. Selon M. Fofana, APPEL-Mali compte aujourd’hui 39 sites d’information écrite dont une quinzaine très actifs qui ont de bonnes et grandes audiences. Ce sont seulement ces sites d’informations qui sont acceptés par APPEL-Mali en tant qu’entreprises de presse en ligne ayant une base qu légale. Ils travaillent dans la légalité car ces sites d’information détiennent un Numéro d’identification fiscale (NIF) et payent régulièrement les taxes mensuelles aux impôts. « C’est pourquoi, nous les considérons comme des sites sérieux œuvrant dans la légalité », justifie Modibo Fofana, ajoutant que tous les sites acceptés par APPEL-Mali travaillent dans ce sens. L’APPEL-Mali a sur sa table quatre demandes d’adhésion à l’étude au niveau de sa Commission de validation, indique M. Fofana. En réalité, créer un site sur le net ne demande pas un effort. C’est pourquoi, il existe plus de cent sites sur le net. Mais pour plus de sérénité et de professionnalisme, APPEL-Mali a fixé des conditions d’adhésion. « Sur le net, on peut créer un site gratuitement, mais pour les sites professionnels il faut avoir 1.000 ou 2.000 euros », révèle-t-il. Assétou Fofana, une activiste sur le net, ne va pas dans la même direction que l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali. Notre interlocutrice a sa propre manière de faire du journalisme. Elle s’estime plus libre dans ses productions qui lui rapportent beaucoup. « Souvent, mon compte YouTube peut me rapporter près d’un million de francs CFA. Ce sont le buzz qui m’intéresse », se réjouie-t-elle. Pourtant, le journaliste est celui qui sait faire le tri entre un article publiable ou non, estime Modibo Fofana se faisant le chantre du professionnalisme du secteur. « Au moins que les intervenants sur le net maitrisent le traitement de l’information, tout en respectant l’éthique et la déontologie du journalisme. Mais malheureusement, dans notre pays, tout le monde se dit journaliste. C’est pourquoi, on a souvent des dérapages déontologiques dans la presse en ligne au Mali », se désole Modibo Fofana. HEBERGEMENT – Pour créer un site d’information, la première des choses serait d’acheter un nom de domaine. Le domaine est équivalent au titre d’un journal papier. Et ce domaine doit être hébergé sur un serveur. « C’est-à-dire que tu crées un site mais le nom de domaine ne t’appartient pas. L’hébergement ne t’appartient. C’est la même chose comme le compteur d’Energie du Mali (EDM). On prend le compteur en son nom mais il appartiendra toujours l’EDM, le président de l’APPEL-Mali. « Chaque mois ou chaque année, poursuit Modibo Fofana, on paie les frais de location de ces noms de domaine ». Au Mali, l’hébergement des sites professionnels coûte entre 80.000 à 1.000.000 de Fcfa par an. Les sites d’information doivent aussi payer des frais pour rester plus visibles sur les réseaux sociaux. Pour le directeur de publication du site Afrikinfos-Mali, Ousmane Ballo, l’hébergement est

Tirages : Les journaux, mauvais marché pour imprimeurs

Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 avr (AMAP) La presque double centaines de journaux de la presse écrite au Mali sont fabriqués par seulement quatre imprimeries de la place. Le paiement du service de l’impression est tributaire de l’aide publique à la presse ou du revenu que les journaux tirent de contrats de prestations. Seule une dizaine d’organes détient sa propre imprimerie. « La précarité de la presse écrite malienne se fait surtout très sentir au niveau du tirage. Nous arrivons, difficilement, à joindre les deux bouts grâce à l’indulgence de certains imprimeurs qui nous tirent à crédit, en espérant se faire payer sur l’aide publique à la presse et les rares contrats de prestations », avoue le directeur de publication du journal ‘L’Investigateur’, Daouda T Konaté. Babouya Touré dont le kiosque est à Darsalam, à Bamako, est le principal revendeur-distributeur des journaux au Mali. Depuis 1989, il évolue dans ce domaine. M. Touré distribue, pratiquement, 60% des journaux. Devenu très professionnel dans le milieu, Babouya Touré a investi dans une imprimerie. Aujourd’hui, il tire beaucoup de journaux, mais à quel prix ? « Depuis près sept ans, j’ai installé mon propre imprimerie. Donc, je suis à mon début. J’imprime plusieurs journaux de la place », révèle-t-il. Selon lui, le tirage des journaux se passe dans un partenariat avec les promoteurs des organes. « Je fais les impressions à crédit. Si l’aide publique à la presse tombe ou si les contrats de prestations ou d’abonnement des journaux tombent, ils viennent s’acquitter de leur paiement pour le service. Certains font une déduction », explique Babouya Touré, ajoutant que le partenariat se passe sur la base de la confiance mutuelle. Cependant, d’autres promoteurs abusent de la situation. Car, selon lui, certains disparaissent pendant de longtemps avant de payer les frais d’impression. Notre interlocuteur souligne qu’il fait tout, à la limite, pour ne pas tomber en faillite, pour aider les journalistes à produire leur publication. « Parce que, justifie-t-il, c’est grâce aux journalistes que son entreprise fonctionne ». Par ailleurs, Babouya affirme qu’il y a peu d’imprimeries qui tirent la presse écrite dans la capitale malienne. Parce que, tout simplement, les imprimeurs trouvent que ça ne rapporte pas. Ainsi, présentement il n’y a que quatre imprimeries qui font le tirage de la presse. Ce sont : les imprimeries Babouya Touré, Renouveau, Soro-Print chez Makoro et enfin chez Diallo à Kalaban Coura. En plus de ces imprimeries, signale Babouya Touré, certains organes possèdent leur propre imprimerie. Entre autres : le quotidien s=du service public ‘L’Essor’, ‘L’Indépendant’, ‘Le Combat’, ‘Indicateur du Renouveau’, le groupe Nouvel Horizon et Soir de Bamako, ‘Tjikan’, Babouya Touré explique que le prix par tirage dépend du nombre de pages et surtout selon que la publication soit en couleur en noir blanc. « C’est un secret entre les journalistes et moi. Par exemple, si le journal fait huit pages, 500 exemplaires, la Une et la Dernière page en couleur, il est tiré à 70.000 Fcfa tout frais conclu », dit-il. Lui, l’imprimeur, il achète le papier d’impression chez un fournisseur de la place. «  Le papier d’impression est cher. Auquel, il faut ajouter le coût de l’électricité et la rémunération des travailleurs, sans parler des frais d’entretien des machines et la location du local », énumère-t-il dans la rubrique des charges et dépenses. Tout comme Babouya Touré, l’imprimerie du groupe Renouveau affirme aussi soutenir les organes de la presse écrite pour leur parution. Le gérant, Mamadou Sogoba, indique qu’aujourd’hui, il est impossible de demander aux journaux privés maliens de tirer au comptant. « Il faut les aider pour qu’ils puissent faire des publications. Ainsi, quand ils parviendront à signer des contrats de partenariat avec des structures ou autres, ils viendront payer les impressions », confie M.Sogoba, en confirmant que cela se passe avec des risques. «  Car, certains journalistes disparaissent sans payer notre argent. Parce qu’ils n’ont pas eu de rentrée d’argent ». « Ce n’est pas du tout facile. Mais on accepte. Nous sommes des partenaires », note-t-il. PRECARITE TOTALE ! En réalité, selon les professionnels du milieu, la presse malienne ne paie pas. Selon les deux imprimeurs, partenaires des organes de presse écrite, le problème est en quelque sorte lié aux patrons de presse. « Car, témoignent-ils, rares sont les responsables de journaux qui paie leurs journalistes pendant qu’eux-mêmes mènent un train de vie enviable. « Ce sont ces journalistes qui, se lancent, à leur tour, dans la création de leur propre organe ». « Nous, à notre niveau, on est obligé de leur donner un coup de main, en tirant leurs premiers numéros et en attendant qu’ils reçoivent l’aide publique à la presse ou l’argent de leurs contrats de prestation », disent-ils. « Toutefois, depuis deux ans, l’aide publique à la presse diminue considérablement. Et il y a aussi de moins en moins de contrats de prestation avec les départements ministériels et autres structures de l’administration malienne. Alors que les ressources des organes de presse proviennent de ces deux sources », révèlent nos interlocuteurs. Pour le secrétaire à l’information de l’Association des éditeurs de la presse écrite (ASSEP), Ousmane Dao, la vente est insignifiante dans les recettes des publications. « Beaucoup d’organes ne se rendent jamais chez le distributeur pour faire le décompte des ventes. Parce que nous savons tous que la vente ne rapporte rien », dit-il. Le secrétaire à l’information de l’ASSEP reconnait que la presse malienne, d’une manière générale, est en train de sombrer dans la précarité sur plusieurs points. « A l’occasion du 03 mai prochain, nous envisageons de mener des actions dans le cadre des initiatives de dimension sociale de notre corps de métier », annonce-t-il. Selon Ousmane Dao, cette presse est très faiblement couverte sur le plan social et sanitaire. « Il n’est pas rare de voir, par moment, des cris de cœur appelant au secours d’un confrère ou consœur qui a besoin d’être évacué à l’étranger pour des soins », déplore-t-il. Pour faire face à cette précarité, préconise le secrétaire à l’information de l’ASSEP, « il est indispensable, aujourd’hui, compte tenu du rôle déterminant que la presse joue, de lui apporter une aide publique conséquente. M. Dao penche pour l’indexation de l’aide publique à la presse