Rharous : Les rescapés de l’attaque terroriste du « Tombouctou » à bout de souffle

Gourma Rharous, 13 sept (AMAP) Dès les premières heures qui ont suivi l’attaque terroriste contre le bateau « Tombouctou », 407 rescapés parmi lesquels on dénombre 60 blessés ont été évacués à bord de pinasses mises à disposition par les autorités communales de Banikane, aire dans laquelle, le drame a eu lieu. Dès leur arrivée à Rharous, leur accueil a été aussitôt organisé par toutes les autorités locales confondues. Ils ont été hébergés dans les salles de classes de l’école fondamentale Rharous I I et les blessés et malades dirigés vers le centre de santé de référence pour leur prise en charge. Toute la population de la ville a spontanément contribué à leur accueil à travers divers gestes : dons d’habits, de literie, soutien moral etc. Dans des circonstances inattendues de ce genre, les premiers moments n’ont pas été de tout repos pour les autorités locales. Un comité de crise présidé par le préfet de cercle représenté par le conseiller spécial du gouverneur de Région a été diligemment mis en place et comprend : le président de l’autorité intérimaire, le Maire de la commune de Rharous, le chef de village le médecin-chef du centre de santé de référence, le chef du service du développement social et de l’économie solidaire, le président local des OASC, la CAFO locale, le conseil local des jeunes, les partenaires au développement, la presse et diverses autres personnes ressources. Dès la première nuit, leur restauration a été gratuitement pris en charge par le chef de village. Ce geste a été relayé par la Croix rouge Malienne qui a offert trois repas par repas par rescapé, pendant trois jours. Il faut noter que le gouverneur de Région, le CD Bakoum Kanté, a réagi avec promptitude en apportant un appui financier. Le préfet de cercle et tous les responsables précités ont également contribué conséquemment à travers contributions financières et matérielles. Le CSREF a fait don de moustiquaires, kits d’hygiène et assuré la prise en charge gratuite des soins et médicaments à tous les rescapés. Les ressortissants de Rharous à Bamako et d’autres associations ont aussi apporté leur aide. Malgré cet élan de solidarité générale, les rescapés sont encore sous le choc. Ils sont extrêmement tendus et manifestent une envie pressante de rentrer chez eux. À ce niveau, les autorités rassurent que tous les moyens sont en train d’être mis en œuvre pour leur acheminement. Toutes ces dispositions sont vues comme lentes par les représentants des rescapés qui font de leur évacuation par les airs, leur principale exigence et rejettent catégoriquement toute option de départ par les voies fluviale et routière. Ils sont moralement à bout. Divers cas de traumatismes et autres chocs psychologiques peuvent être constatés. En témoigne, ce jeune homme dans la vingtaine, assis sur une brique de parpaing du matin au soir, loin du lot, plongé dans un mutisme total, le regard fixé dans le vide, inconscient de tout ce qui passe autour de lui. Beaucoup parmi eux, souffrent de traumatismes à des degrés différents. Leur leitmotiv : partir, partir…rentrer à la maison. MG/MD (AMAP)  

Goundam (Nord) : Les bandits armés tentent d’entraver le commerce

Goundam, 13 sept (AMAP) Depuis un certain temps, les activités commerciales sont affectées dans le Cercle de Goundam, dans le Bord du Mali. Les paisibles populations sédentaires sont contraintes de limiter leurs déplacements entre les marchés ou foires des villes et villages. Ce qui entrave l’approvisionnement en produits alimentaires, carburant et autres denrées de première nécessité. À Echel, un village situé à 45 km, à l’ouest de Goundam, se tient l’une des foires les plus importantes du Cercle. Dans ce marché, des hommes armés ont menacé de brûler les marchandises des forains s’ils n’arrêtaient pas leurs déplacements. Les transporteurs, aussi, ont été soumis à la même restriction. Les ennemis de la paix ont mis leur menace à exécution. Ils ont saisi et brûlé les marchandises de commerçants qui n’avaient pas obtempéré à leurs injonctions. Ces actes criminels en ont rajouté à la psychose chez les populations, exposées aux exactions des hors-la-loi. Les Forces armées maliennes (FAMa) tentent de faire face à la situation dans le cadre de la protection des populations. Les militaires escortent, souvent, les personnes et leurs biens sur l’axe Tonka-Goundam-Tombouctou. Malheureusement, certains transporteurs enfreignent les consignes et exposent les passagers En plus de l’insécurité, le trafic routier vers la Mauritanie voisine est très difficile compte tenu de l’état défectueux des routes à cause de l’hivernage. Les quelques véhicules de transport sur l’axe Goundam-Tombouctou font voyager les passagers sans le moindre bagage et ceux-ci sont aussi soumis à des interrogatoires sur leut identité réelle. En cette période de crue du fleuve Niger, le Cercle de Goundam est ravitaillé essentiellement par voie fluviale, à partir de Diré et Tonka. C’est pourquoi, la ville de Goundam ne connait aucune pénurie de denrées de première nécessité. Il y a les coupures intempestives d’électricité mais le réseau de communication s’améliore petit à petit à la suite des travaux entrepris ces derniers temps par une compagnie de téléphonie mobile présente ici. Les choses risquent de se compliquer au-delà de septembre s’il n’y a pas d’actions d’envergure de sécurisation. Il y a le risque de rupture de stocks de médicaments. Si le commerce entre les localités continue d’être entravé par les bandits armés, le risque de pénurie de denrées de première nécessité n’est pas à écarter. AMAP

Clémentine Delait : Sa barbe a fait sa renommée

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 13 sept (AMAP) Ce n’est pas un phénomène nouveau que la barbe s’invite sur le menton de femmes. Cette particularité a rendu célèbres des dames comme Clémentine Delait, en France, qui a vécu de 1865 à 1939. Originaire de Thaon-les-Vosges, une Commune française, connue pour sa touffe de barbe très dense, elle a tenu pendant plusieurs années un magasin de lingerie à Plombières-les-Bains, une autre commune. Le site Wikipédia explique que l’enfance de Clémentine Delait est marquée par les travaux des champs. À partir de la puberté, sa pilosité commence à se développer plus que la normale en ce qui concerne une jeune fille, notamment au niveau de la lèvre supérieure. Selon les informations, l’initiative de laisser pousser sa barbe est née d’un pari. Lors d’une foire à Nancy, une femme à barbe a dit à Clémentine Delait en compagnie de son époux qu’elle pourrait être sa concurrente. Quand elle a raconté cette anecdote dans un bistrot (café) appartenant au couple, ses clients lui ont fait savoir qu’elle ferait une femme à barbe très convenable et ils ont parié 500 Francs français (équivalent de 6.000 dollars, environ 3,6 millions de Fcfa) pourvu qu’elle cesse de se raser. Ce pari a changé la vie de Clémentine Delait. Son café devient «le café de la femme à barbe» et attire de nombreux curieux. «On fera même des cartes postales sur lesquelles Clémentine signera des autographes. Elle obtient aussi la permission de s’habiller en homme. Et c’est d’ailleurs en homme qu’elle arpente les tranchées au nom de la Croix Rouge en 1914», explique France bleu, un site français. Quelques années plus tard, indique la même source, dans son café transformé en cabaret, elle rencontrera le Prince de Galles, le Shah de Perse et tant d’autres célébrités, tout en refusant des sommes considérables, notamment celles proposées par le cirque Barnum pour l’avoir dans sa troupe. Clémentine Delait voulait rester chez elle. Elle est morte à Épinal à 74 ans. Elle a fait écrire sur sa tombe l’épitaphe suivant «Ci-gît la femme à barbe». «Elle a décidé d’assumer sa pilosité et la curiosité qu’elle suscitait. C’était une femme forte qui assumait sa différence», remarque Nadine Laheurte, responsable d’une association «La Source des Art’isans». Mais elle n’en oublie pas sa féminité : toujours parfaitement coiffée et portant de belles robes corsetées. L’histoire de Clémentine Delait si étonnante et «inspirante» vient d’ailleurs de faire l’objet d’une réalisation cinématographique. Ce film inspiré de sa vie est intitulé «Rosalie». Il est l’œuvre de la réalisatrice française, Stéphanie Di Giusto ,et sera présenté lors du prochain festival de Cannes. MDD/MD (AMAP)

Dur, dur d’être une femme barbue 

Par Djènèba BAGAYOKO Bamako, 13 sept (AMAP) Un homme avec la barbe n’étonne point personne, mais une femme barbue ne laisse personne indifférent. En réalité, une femme avec la barbe est le fruit d’un phénomène hormonal appelé «l’hirsutisme». Si certaines dames assument leur pilosité faciale, d’autres en souffrent et implorent la compréhension des personnes qui les stigmatisent et les méprisent, en les abreuvant de propos moqueurs et rageurs. Les médecins expliquent le phénomène comme la résultante d’une production élevée de testostérone chez la femme. Cette production excessive peut être d’origine génétique ou due à la prise excessive d’hormones ou de certains médicaments. Selon le médecin Adama Diarra, du Centre de santé de référence de la Commune III du District de Bamako (CSREF), l’hirsutisme autrement dit hyperpilosité provoque la poussée et la présence de poils sur le menton des femmes, « un phénomène relativement courant qui touche entre 5 et 15% des femmes au Mali. » « L’hirsutisme se caractérise par des poils épais et drus chez la femme sur des zones où les poils sont normalement minimes ou inexistants. À savoir, le visage, le cou, la poitrine, le dos, les épaules et le ventre», explique le spécialiste. Il précise, par ailleurs, que l’hirsutisme apparaît le plus souvent lors de la puberté mais peut, également, survenir plus tard dans la vie d’une femme. Ce développement des poils peut être plus ou moins visible. Les cas d’hirsutisme sévère sont rares. «En règle générale, l’hirsutisme est provoqué par une production excessive d’hormones masculines (les hormones dites androgènes, telle que la testostérone», précise le Dr Diarra. Et de poursuivre que cela peut arriver durant la ménopause. Certaines femmes constatent l’apparition de poils sur leur corps (notamment sur le menton et au niveau de la moustache) durant cette période. Le toubib estime, également, que l’utilisation d’un contraceptif hormonal peut également avoir cet effet indésirable. Par ailleurs, poursuit le spécialiste, l’obésité augmente le risque d’hirsutisme, « car elle renforce la résistance à l’insuline, ce qui entraîne un excès de production d’hormones androgènes chez les femmes obèses. » Le médecin Adama Diarra précise que lorsque l’hirsutisme atteint un stade avancé, ce phénomène appelé aussi «hyperandrogénie», peut provoquer d’autres signes de masculinisation du corps féminin. Dans ce cas de figure apparaissent des troubles cutanés (acné et production excessive de sébum), des troubles des règles et de l’ovulation, la calvitie, le développement de la musculature et d’une voix grave, l’atrophie du clitoris… On parle alors de virilisme. En cas d’hirsutisme, un bilan hormonal est généralement recommandé. L’hirsutisme est souvent héréditaire et les antécédents familiaux sont l’une des premières pistes vers lesquelles se tourne le diagnostic médical. « Plus généralement, nous conseillons à ces femmes de venir aux centres de santé en vue de faire des examens et essayer de voir si nous pouvons trouver une solution à leur problème », conclut le médecin. SITUATION INCONFORTABLE – Voir une femme porter une barbe est une chose surprenante, inhabituelle, qui pousse la société à avoir un regard différent de celui qu’on a sur les femmes sans barbe. Généralement, ces femmes à barbe sont souvent victimes de moqueries, de stigmatisation et de préjugés. Leur visage qui s’apparente à celui d’un homme fait que beaucoup de personnes leur attribuent une mentalité d’hommes. «Les femmes à barbe sont de nature dures de caractère, teigneuses et, parfois violentes, comme les hommes», caricature Adjo Dembélé, une ménagère. Elle renchérit e: «Ces femmes sont souvent traitées de méchantes. C’est pourquoi, dans nos villages, les femmes à barbe sont traitées, pour la plupart, comme des sorcières car il est inadmissible qu’une femme porte la barbe comme un homme.» Richard Kamaté, pompiste dans une station d’essence au Quartier du Fleuve dit être moins attiré par les femmes à barbe. «Le premier aspect qui attire les hommes, plus précisément moi, c’est la beauté qui inclut la douceur au toucher de la peau du visage au pied qui doit être lisse débarrassé de tout obstacle. Je ne peux pas partager mon lit avec une femme barbue. Deux barbes dans un même lit, ce n’est pas possible», confie-t-il. Assanatou Camara, secrétaire de direction, est du même avis. Elle déclare avoir du dégoût : «Ces femmes sont différentes de nous autres. Je me demande comment elles font pour vivre avec leur homme. J’ai de la pitié pour elles. » « J’ai l’habitude de voir certaines au salon de coiffure pour les épilations et elles déboursent beaucoup d’argent pour se soigner et être coquettes. Mais quelques semaines après, tu les reverras avec leurs barbes encore. Je leur conseille de consulter un médecin le plus tôt afin de détruire la racine de leurs poils», conseille la jeune dame. L’ampleur de ces préjugés est telle que les femmes à barbe se sentent dans une situation d’inconfort. De fait, il est souvent impossible pour une femme barbu de passer inaperçue dans la rue. Des regards sont posés sur elles de différentes manières leur causant frustrations, humiliations, vexations… «Nous souffrons dans notre être», témoigne Arama Sanogo, une femme à barbe. «C’est depuis mes vingt ans que ma barbe a commencé à pousser. J’ai vécu l’enfer car j’ai été un sujet de moquerie de mes amis d’écoles et proches. J’étais surnommée la fille barbue. Et ce sobriquet m’est resté collé jusqu’aujourd’hui», raconte-t-elle. Avec le temps et la maturité d’esprit aidant, Arama Sanogo a pu surmonter ce regard d’enfer et se sent bien dans sa peau aujourd’hui. BRISER LE TABOU – Comme Arama Sanogo, Aïcha Kanté, a fait le buzz sur les réseaux sociaux en mars dernier, en affichant ouvertement sa barbe. Elle est l’une des rares femmes au Mali qui a accepté de garder sa barbe pour faire face aux préjugés. Malgré ses efforts visant à surmonter les quolibets et les railleries, elle demeure la cible de plaisanteries de mauvais goût. Cependant, elle n’en démord pas. Loin s’en faut. La demoiselle Kanté (29 ans) est une jeune femme normale qui essaie de vivre sa vie en faisant abstraction du regard des autres sur elle. Cette jeune commerçante est hirsute. «À l’adolescence, j’ai constaté que ma barbe poussait

Tracasseries sur le trajet Bamako-Abidjan : Selon que vous soyez ivoirien ou malien…

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 13 sept (AMAP) Un jeudi matin du mois d’août à la gare routière de Sogoniko, à Bamako, la capitale malienne. À 7 heures, le sit n’est pas encore envahi. Par ses seules dimensions, son volume et son emprise spatiale, cette gare routière est un «objet urbain» important qui marque le paysage et les pratiques quotidiennes de tout un secteur. Le charivari s’y installe au fur et à mesure que les passagers, harcelés par les rabatteurs des compagnies de transport, arrivent dans la cour. Après l’achat des tickets au comptoir de l’une des compagnies, on embarque pour un voyage qui prendra toute la journée. La distance entre Bamako et Abidjan fait plus de 1 100 km. Pour l’affronter, des passagers se sont ravitaillés en diverses denrées dont la plupart sont fait-maison. Cette précaution les met à l’abri de risques d’intoxication liés à la consommation d’aliments généralement jugés malsains. Le bus arrive à Kacoli dernier village malien avant de rentrer en territoire ivoirien, à 14 heures. Passer le poste de contrôle qui s’y trouve est, selon les habitués de ce trajet, une «épreuve». À notre arrivée, de nombreux bus attendaient impatiemment leurs passagers qui passaient le contrôle. Déjà, une peur bleue commence à s’installer. «C’est la partie du voyage qui me fait peur», lâche, angoissée, une dame qui voyage avec sa fille d’environ un an. La bonne dame n’a pas eu le temps de rechercher le document prouvant que le père de l’enfant l’autorise à voyager. Pour d’autres passagers, c’est la validité des pièces d’identité qui est en cause. À la sortie du bus, deux agents en tenue militaire vérifient les pièces. Notre bonne dame et plusieurs autres passagers sont dirigés vers un banc, non loin des installations militaires. Ils sont ensuite appelés, un à un, dans une petite maison faisant office de bureau pour les agents en poste. Il y a une règle non écrite sur le tronçon Abidjan-Bamako, c’est le paiement de 2 000 Fcfa. Même munis de pièces d’identité en cours de validité, les passagers sont très souvent contraints de mettre la main à la poche pour passer les différents postes de contrôle Là, il n’est pas autorisé de passer des appels ni de s’arrêter pour regarder ce que l’autre peut subir. Impossible d’en sortir sans y laisser quelques billets. C’est une règle non écrite. Ceux qui ont une carte d’identité ivoirienne ou qui n’ont aucune pièce d’identité payent 2 000 Fcfa. Idem pour chaque enfant qui voyage sans acte de naissance et certificat de voyage d’autorisation du père. Seuls les Maliens ayant une pièce d’identité valide passent le poste sans rien débourser. Ils profitent d’ailleurs de ce temps pour prier et observer une pause pour se soulager. Mais ces Maliens savent qu’ils vont obligatoire mettre la main à la poche dès qu’ils auront franchi la frontière. Juste après Kacoli, certains descendent du bus pour emprunter des motos qui les aident à contourner le poste de contrôle ivoirien. Là, les Maliens subissent une sorte de vendetta. Seuls les passagers disposant de pièces d’identification ivoirienne et de carte de vaccination ne passent pas à la caisse. Tous ceux qui ont une carte d’identité malienne, valide ou pas, payent la somme de 2 000 Fcfa. En plus, le passager doit débourser 8 000 Fcfa quand il n’a pas de carte de vaccination. Les enfants n’ayant pas leurs actes de naissance et certificats d’autorisation de voyage du père, connaissent le même sort. ECHAPPER AUX CONTROLES – Très souvent, les gens qui empruntent les motos taxi échappent aux contrôles médical et physique. Raison pour laquelle, ce moyen est très utilisé. «Il y a des motos. Qui n’a pas de vaccination ? Ce n’est que 2 000 Fcfa pour te faire échapper aux contrôles de vaccination et éviter de payer 8 000 Fcfa», nous lance un conducteur de moto. Au cours de nos échanges, il nous confiera ceci : «C’est notre gagne pain ici à la frontière. Par jour, je peux économiser plus de 10 000 Fcfa. Mais il y a des risques.» La mission du taximan est de conduire le client un peu loin du poste de contrôle de Nigouni, premier village ivoirien. Ce poste est à environ 8 km de Tengrela, la première ville ivoirienne après le Mali. Cependant, certains passagers préfèrent rester dans le bus et se faire vacciner. «C’est fait pour notre bien, je le ferai même si cela me coûte. C’est mieux que de fuir à chaque fois», murmure une jeune fille qui quitte le pays pour la première fois. Tout au long du trajet, l’on tombera sur d’autres postes. Parfois, quelques agents vous barrent la route pour racketter. A chaque fois, l’angoisse s’installe aussitôt chez les voyageurs de nationalité malienne. Il faut obligatoirement payer 2 000 Fcfa. Souvent, certains bagages sont descendus par les douaniers en raison de leurs contenus et leurs propriétaires doivent impérativement payer. Les Ivoiriens, eux, ne sont jamais inquiétés. Nous arrivons bientôt au poste de contrôle des bagages. Les commerçants savent ce que cela signifie. «Nous allons cotiser chacun 2 000 Fcfa pour ceux qui ont des bagages en soute et 1 000 Fcfa pour ceux qui n’ont qu’une valise», explique une dame. Un chuchotement se fait vite entendre : «Je n’ai qu’une valise contenant mes habits. Ce sont les gens qui ont des marchandises qui doivent payer», dit un passager. «Après tout, c’est le boulot de la douane de contrôler les véhicules. Vous nous prenez ici pour des voleurs. Si on ne paie pas, ils nous demanderons de faire descendre tous les bagages. Nous allons descendre les valises de ceux qui ne paieront pas et nous continuerons la route sans eux», lance un apprenti-chauffeur, fâché. Là, aussi, quasiment tous les voyageurs avec bagages sont abusés. Après Tengrela, en profondeur des terres ivoiriennes, une longue route s’étale devant les voyageurs. Une route carrossable, agréable de par son beau paysage. La Côte d’Ivoire dispose d’une mer généreuse, de forêts abondantes et, aussi, d’un sous-sol qui regorge de minerais précieux. Des

Mouvement An-Biko : Des dons pour Diaweli Counda et Mountoungoula

La présidente du mouvement An-Biko, Mme Fatoumata Batouly Niane, continue d’apporter ses soutiens et contribution au développement du pays à travers plusieurs actions. Elle a offert il y a quelques semaines, un forage équipé en système hydraulique villageois au quartier de Diaweli Counda, dans la Région de Nioro. Auparavant, le lundi 21 Août dernier, le responsable de la communication de son organisation, Daouda Camara avait procédé à la remise à l’orphelinat de Mountoungoula, une localité périphérique de Bamako, d’importantes quantités de vivres et de non vivres.  Ce don était composé, entre autres, de vivres notamment de riz, de mil, de sucre, de l’huile, de savon et d’autres produits sanitaires. Ces gestes de l’humaniste ont été salués à sa juste valeur par les bénéficiaires. Ils ont remercié et formulé des bénédictions et prières à l’endroit de la présidente du mouvement An-Biko, Mme Fatoumata Batouly Niane pour les efforts consentis pour le bien- être des populations. Siné S. TTRAORÉ

A Bourem (Nord), l’Armée malienne neutralise une cinquantaine de terroristes   (Etat-major)

Bamako, 13 sept (AMAP) Les Forces armées maliennes « ont vigoureusement riposté à une attaque terroriste complexe (véhicules piégés), mardi, dans la localité de Bourem dans la région Gao (Nord), a annoncé l’état-major général des armées dans un communiqué. « Le bilan cumulé provisoire des opérations de ce jour fait état de 46 terroristes tués, identifiés dont 03 responsables à Bourem et alentours, plus de 20 pick-up détruits y compris ceux équipés d’armes », precise le communiqué. Au cours de ces combats violents, qui ont débuté aux environs de 09h20 mn, les FAMa ont enregistré 10 morts et 13 blessés, tous évacués sur Gao, précise le communiqué de l’état-major. L’état-major général des Armées ajoute que les FAMa ont repoussé cette attaque complexe « aux véhicules piégés de plusieurs terroristes à bord de plusieurs véhicules et moto. » Des sources contactées sur place indiquent que la coordination des forces terrestres et aériennes maliennes a permis de neutraliser les envahisseurs et un lot de matériels de guerre saisis. La riposte des Forces armées maliennes (FAMa) été énergique et professionnelle, selon les mêmes sources. De 9h45 jusqu’à 14heures, l’armée a contrôlé la situation et a effectué des bombardements aériens et des tirs par endroits. Pendant ce temps, les gens se sont enfermés dans leur maison. D’autres sources ont pu relever une puissance de frappe des forces aériennes maliennes qui « ont atteint toutes leurs cibles », Selon elles, « les vecteurs aériens ont effectué des frappes qui ont fait des dégâts importants chez l’ennemi. » Les drones auraient repéré une vingtaine de véhicules. Un ZU 35 des Groupes armées terroristes (GAT) et beaucoup de pick-up ont été détruits. « La précision des renseignements a permis de combiner les actions aéroterrestres et mis en échec cette attaque. Les terroristes rescapés en débandade dans leur fuite se sont repliés vers le Nord dans les secteurs de Agamor et Almoustarat en abandonnant plusieurs de leurs compagnons, précise l’état-major général des armées », indique encore l’état-major. La haute hiérarchie assure que le ratissage est en cours et que la situation est sous contrôle. D’autre part, l’état-major informe que le même jour, vers 07h30, les FAMa ont ciblé un regroupement de véhicules terroristes au Nord-Est de Bourem en phase de préparations d’attaques contre les militaires et les civils dans le secteur. « Une série de frappes a également visé une seconde colonne en direction de Bourem et un regroupement de véhicules », précise l’Armée qui assure « les populations de sa détermination à accomplir sa mission jusqu’au bout. » AT/MD (AMAP )  

Tombouctou : L’aéroport ciblé par des tirs d’obus (Témoins)

Tombouctou, 12 sept (AMAP) L’aéroport de Tombouctou, dans le Nord du Mali, a essuyé lundi, aux environs de 10 heures, des tirs obus attribués à des groupes armés terroristes et qui pas fait de perte en vie humaine ou de blessé, selon des témoins. Trois obus sont tombés dans l’enceinte de l’aéroport obligeant les travailleurs et passagers à se mettre à l’abri. Les engins explosifs ont provoqué des dégâts matériels dans le camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) se trouvant à l’aéroport. Alertées, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont aussitôt bouclé la zone et procédé à des fouilles pour retrouver les auteurs de ces actes. Cette attaque a perturbé le programme des vols à destination et en partance de Tombouctou. En effet, certains vols ont été annulés malgré la levée de l’alerte dans la journée. L’attaque du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) à bord duquel plusieurs Tombouctiens voyageaient, la ville des 333 Saints est plongée dans une sorte de deuil. L’administration locale travaille d’arrache-pied pour que les rescapés se trouvant à Rharous regagnent sains et saufs leurs familles. «Toutes les stratégies sont sur la table des autorités, c’est seulement une question de temps. Rien ne va saper le moral des populations qui sont décidées à ramener la paix au Mali», confie un notable de la ville. MS/MD (AMAP)

Retrait des cartes biométriques : Forte affluence, délivrance lente

Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 12 sept (AMAP) L’opération de retrait des cartes nationales d’identité biométrique sécurisée se passe bien dans la capitale. Cette opération, qui a débuté en avril dernier, mobilise, ces derniers temps, les habitants de Bamako. En ce lundi 4 septembre, l’ambiance est bon enfant à la mairie de la Commune VI du District de Bamako, où des agents de la police nationale délivrent les cartes biométriques. Femmes, hommes, vieux et jeunes, tous sont là pour retirer leurs pièces. Pour maintenir l’ordre, les agents ouvrent une liste où les usagers doivent s’inscrire. Boubacar Guindo en fait partie. Le jeune homme est la 97è personne sur cette longue liste. Notre interlocuteur indique avoir vérifié la disponibilité de sa carte avant de faire le déplacement. Contrairement à lui, beaucoup de nos compatriotes se sont présentés devant les agents sans prendre la moindre précaution de vérifier la disponibilité de leurs documents. Ce qui constitue une difficulté pour le personnel en charge de la distribution. Ce dernier se retrouve ainsi dans l’obligation de s’occuper de ces personnes voire de les orienter. Une autre difficulté des agents a trait à la non disponibilité des cartes de certains usagers malgré le message de confirmation. «Nous remontons ces informations, sans succès», confie un agent. Les personnes dans cette situation doivent repasser de temps à autre pour voir si leurs pièces sont disponibles. Le site de la mairie de la Commune VI délivre plus de 300 cartes biométriques par jour, selon ses responsables. Le précieux sésame peut être retiré notamment sur présentation de la carte nationale d’identité, de la carte Nina, du passeport, de la fiche individuelle descriptive, de la carte consulaire et de la carte professionnelle pour les Forces de défense et de sécurité (FDS). «On peut le retirer, également, par procuration à travers la mairie», a confié notre interlocuteur. Mahamar Aguissa Touré vient de récupérer sa carte à la mairie de la Commune VI. Satisfait, cet enseignant se dit maintenant à l’abri de tout, car le document est sécurisé. Il a invité nos compatriotes à venir chercher leurs pièces. Pour lui, cet acte « constitue un signe de citoyenneté. » Mahamar Aguissa Touré appelle aussi à retirer les cartes en vue d’accomplir les votes lors des prochaines élections. Il a rappelé que ce document est valable dans tous les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Beaucoup de nos compatriotes se déplacent pour retirer la carte biométrique, en raison de sa vocation de carte d’identité. Cela est d’autant plus compréhensible que l’accès à la carte nationale d’identité au niveau des commissariats de police relève d’un parcours du combattant. Au moment de notre passage à la mairie de la Commune VI, aux environs de 10 heures, des usagers estimaient que le processus de retrait était lent. Même constat au niveau de la mairie de la Commune V, où l’opération se déroulait aussi sans anicroche. Cependant, des usagers se plaignaient de la lenteur du retrait. « Une situation qui décourage les populations », estime un jeune très en colère. «Après quoi, on va dire que les gens ne s’y intéressent pas…», renchérit-t-il. Face à cette situation, certains usagers proposent d’augmenter le nombre des agents chargé de la distribution pour pallier cette situation. Mais aussi les sites de retrait. Un jeune, qui a requis l’anonymat, vient d’avoir sa carte dans ce centre. Notre interlocuteur, plus ou moins satisfait, déplore la non prise en compte de la modification qu’il avait apportée lors de l’opération de mise à jour des données biométriques, tenue en janvier dernier. Il avait demandé de changer sa profession, qui est finalement restée comme telle sur sa carte Nina à savoir : «Étudiant et élève». « C’est ma photo seulement qui a été changée», regrette le jeune homme. « Il y a quelques mois, certains agents nous avaient confirmé qu’à part les photos, les corrections apportées par les populations lors de la mise à jour des données Nina n’ont pas été prises en compte. », fait-il remarquer. Au niveau de la mairie de la Commune IV du District, deux agents vérifient les messages de disponibilité des usagers en file indienne. Ils orientent ceux dont le lieu de retrait se trouve ailleurs. À la Brigade fluviale de Bamako, où nous sommes passés également, le processus se déroule sans problème. FAIBLE TAUX DE RETRAIT– Jeudi 31 août, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, et son collègue de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohammedine, avaient déploré le faible taux de retrait des cartes biométriques sécurisées lors d’un point de presse. À titre d’illustration, sur 1.192.090 cartes disponibles pour les populations de Bamako, seulement 109.643 ont été retirées. Les deux ministres ont assuré que la production de ce sésame se fait à un rythme satisfaisant avec une confection de 69.900 cartes par jour par la société partenaire qui travaille tous les jours. Ce, afin que «la production puisse augmenter et atteindre le cap de 8 millions de cartes d’électeurs avant les élections». Déjà, sur ces 8 millions de cartes, plus de 5 millions ont été produites. Le gouvernement envisage de terminer avec les moins de 3 millions de cartes qui restent à produire. Il a, également, assuré que toutes les dispositions ont été prises pour éviter la «pagaille» dans la distribution de ces documents. «Aucune personne ne doit payer», ont-ils instruit, en réponse aux rumeurs selon lesquelles certains agents de distribution prenaient de l’argent avec les usagers. Les autorités ont par ailleurs annoncé la suppression des contrôles par tablette pour simplifier la remise des cartes. Malheureusement, sur certains sites à Bamako, des tablettes étaient visibles, lundi 4 septembre, où on prenait l’empreinte des usagers, qui signaient également. Ce qui pourrait expliquer en partie la lenteur constatée autour de l’opération. BD/MD (AMAP)         Encadré GARANTIES D’INVIOLABILITE La carte nationale d’identité biométrique sécurisée constitue un document adéquat au regard des garanties d’inviolabilité qu’elle présente. Ce précieux sésame est l’unique document d’identification. Il est sécurisé,

Recrudescence des attaques dans le Nord : Les populations de Gao expriment leur soutien à l’État

Gao, 12 sept (AMAP) Tandis que certains habitants de Gao, dans le Nord du Mali, demandent aux forces de défense et de sécurité de redoubler de vigilance, d’autres pensent que le divorce avec la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) est nécessaire pour mieux sécuriser notre territoire. Ici, c’est toujours l’émoi après l’attaque kamikaze qui a visé, vendredi, le camp Firhroun dans la zone aéroportuaire de Gao. Au lendemain de cette incursion terroriste, l’Armée a annoncé qu’un incident s’est produit au nord de la ville impliquant un de ses aéronefs. Selon les explication du chef d’état-major de l’Armée de l’air, le général de brigade Alou Boï Diarra, l’appareil avait effectué « avec succès une mission qui s’est déroulée vers le crépuscule dans des conditions météorologiques très exécrables. » Malheureusement, il y a eu quelques problèmes techniques qui ont obligé l’équipage à s’injecter de l’appareil qui s’est ensuite écrasé, selon l’officier. Ces évènements dramatiques sont intervenus 24 heures après l’attaque terroriste du bateau Tombouctou de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) dans la zone de Gourma Rharous faisant plusieurs morts et blessés. La multiplication des attaques par les terroristes, en complicité avec des groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation, a pour but de créer la psychose au sein des populations. À Gao, certains habitants sont toujours sous le choc après l’attaque du camp Firhroun considéré comme le plus grand et le plus sécurisé dans le Nord du Mali. Il n’y pas longtemps, l’endroit servait de base aussi pour la Force française Barkhane et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Pour mieux renforcer la sécurité dans la Région, le gouverneur de Gao, le général de brigade Moussa Moriba Traoré, a pris de nouvelles mesures comme l’interdiction de circulation des véhicules non immatriculés, des véhicules Land Cruiser et des véhicules teintés entre les villes, villages, hameaux et campement dans la Région de Gao. Seuls les véhicules et autres engins des forces de défense et de sécurité sont autorisés. En plus, un couvre-feu a été instauré dans la Cité des Askia de 20 heures à 6 heures du matin, « à compter du 10 septembre 2023 jusqu’à nouvel ordre. » Ces mesures sont destinées à rassurer les populations de la Région de Gao. Pour Bossou Touré, cadre d’un service administratif à Gao, les mesures sécuritaires prises par le gouverneur « sont salutaires et permettront », selon lui, « de démasquer des personnes mal intentionnées. » Mieux, notre interlocuteur suggère qu’il faut aussi interdire la circulation de tous les pick-up dans la ville de Gao. Il tient pour responsable la CMA qui a décidé « de se retirer du processus pour la paix pour reprendre les hostilités avec ses complices terroristes. » Le retraité Mahamane Maiga a servi à la direction régionale des transports de Kidal. Pour faire face aux agressions des ennemis de la paix, il demande aux forces de défense et de sécurité « de redoubler de vigilance et, surtout, de rester sur le qui-vive pour parer à toute éventualité. » « Si l’Armée riposte vigoureusement aux attaques terroristes comme ça a été récemment le cas avec les attaques du bateau Tombouctou, des camps de Bamba et de Gao », Mahamane Maiga pense qu’elle devrait surtout être agressive dans l’anticipation. Cela pour minimiser les dégâts en termes de vies humaines. «Un Malien qu’il soit civil ou militaire qui meurt sous les balles des terroristes est un mort de trop», dit-il. L’opérateur économique Albouhari Maiga partage le même avis. À l’en croire, on pouvait éviter l’attaque du bateau Tombouctou « si la menace des groupes armés avait été prise au sérieux par les autorités militaires et administratives. » «Il y a aussi un point à ne pas négliger. C’est que les éléments des forces de défense et de sécurité qui escortent les bateaux, ne doivent pas être à l’intérieur de ces bateaux, mais plutôt dans des petits bateaux militaires bien équipés et adaptés», préconise-t-il. AT/MD (AMAP)