Culture de la pomme de terre à Sikasso (Sud) : La semence et l’engrais chers douchent les espoirs des producteurs

Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 02 mar (AMAP) Sikasso, la Cité verte du Kénédougou, dans le Sud du Mali, a bâti sa réputation autour de la culture de la pomme de terre, devenant ainsi un des plus importants bassins de production de ce tubercule très prisé par les consommateurs. De plus en plus de producteurs de la Région de Sikasso s’intéressent à cette culture qui leur procure un revenu assez conséquent. Cependant, cet engouement est douché par les difficultés que connaissent plusieurs producteurs. Ils se plaignent de la cherté du prix du sac de semence et d’engrais. «Cette année, tout est cher. Le prix du sac d’engrais minéral et de celui de semence a considérablement augmenté. De 23 000 Fcfa les années précédentes, le sac de semence est vendu à 25 000 Fcfa et celui d’engrais minéral NPK est passé de 15 000 Fcfa à 35 000 Fcfa», déplore Hamidou Ballo, producteur de pomme de terre. Il possède un champ de pomme de terre de trois hectares à Bamadougou et deux hectares à Zoumayéré (dans les faubourgs de Sikasso). Hamidou Ballo vend ses tubercules au marché de Médine, les samedis. «En plus de Sikasso et de Bamako, mes clients viennent du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Je cède le sac de 25 kg à 6 250 Fcfa, celui de 50 kg à 12.500 Fcfa et le kilo à 250 Fcfa», précise-t-il. Abondant dans le même sens, Madou Berthé, producteur à Zangaradougou, estime que la production de pomme de terre devient moins lucrative. «Faire face en même temps aux nombreuses dépenses engendrées par l’achat de l’engrais et de la semence et tirer le maximum de profit de sa production n’est pas du tout facile. On se contente du peu qu’on gagne», confie, désespéré, ce propriétaire de trois hectares de pomme de terre à Zianso. Il écoule ses tubercules au grand marché de Sikasso aux mêmes prix que Hamidou pendant les jours de foire (dimanche). CHAOTIQUE – « La campagne de cette année a été chaotique pour moi. À cause du coût trop élevé de l’engrais minéral, je me suis approvisionné en engrais mélangé localement. J’ignorais que ce n’était pas de la bonne qualité. Ma production a chuté», explique un producteur de N’Gorodougou, Oumar Diamouténé. Il entend changer de stratégie l’année prochaine afin d’éviter l’erreur de cette année. « Malgré la conjoncture actuelle, je sollicite de l’État qu’il prenne des mesures pour réduire les prix de l’engrais et de la semence pomme de terre afin de nous permettre d’exercer notre métier », souhaite Diamouténé. Un autre producteur signale son cas d’échec et de perte de récoltes dans la localité de Kafouziéla. Il aurait utilisé de l’engrais destiné à la culture de céréales en lieu et place du NPK conseillé pour la pomme de terre. Devant l’ampleur de la catastrophe, il dit avoir saisi la Direction régionale de l’agriculture (DRA) qui a prélevé des échantillons envoyés en laboratoire à Bamako pour analyses. Le résultat a révélé que l’engrais est de bonne qualité mais qu’il est inapproprié pour le tubercule. La pomme de terre a besoin, pour son cycle végétatif, de l’engrais NPK, alors que l’engrais destiné aux céréales contenait seulement de l’Azote (N), substance minérale qui ne convient pas aux tubercules. Pour éviter ces déconvenues, le chef du bureau statistique, suivi-évaluation et communication à la DRA, Moussa Dembélé, invite les producteurs à s’informer auprès des agents en charge du contrôle phytosanitaire ou d’encadrement avant de prendre des décisions aux conséquences fâcheuses. M. Dembélé exhorte les producteurs à privilégier l’utilisation de la fumure organique parce que l’engrais minéral détériore la terre, même s’il permet d’obtenir de très gros tubercules, mais qui se conservent mal. HAUSSE DES PRIX – De leur côté, les commerçants d’engrais minéraux (notamment le NPK) et de semences de pomme de terre soutiennent que la hausse des prix est due à la conjoncture actuelle et surtout à la crise ukrainienne. Ils affirment que cette flambée est survenue en 2021. «Auparavant, je cédais le sac de 50 kg du NPK à 25 000 Fcfa. Cette année, j’ai été obligé de le vendre entre 30 000 et 40 000 Fcfa pour pouvoir tirer mon épingle du jeu», se justifie Dramane Berthé, commerçant d’engrais au grand marché de Sikasso. Pour sa part, Youssouf Sanogo, commerçant de semences de pomme de terre, précise que de 24 000 Fcfa en 2021, le sac de 25 kg est actuellement cédé aux producteurs entre 27 500 Fcfa et 40 000 Fcfa voire 50 000 Fcfa. Pour cette année, les responsables de la DRA estime la production annuelle de la Région de Sikasso à plus de 135 000 tonnes. «Cette année, il est trop tôt de fournir des statistiques précises, car les récoltes sont en cours. Toutefois, les superficies réalisées sont de 6 823 hectares pour un objectif de 6 905 hectares, ce qui représente 98% de réalisations», révèle Moussa Dembélé. Le président de la filière pomme de terre, Abdoul Karim Sanogo, soutient que le tubercule est d’une importance capitale car il contribue à l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle du pays. Toutefois, M. Sanogo, déplore la faible capacité de stockage de la chambre froide qui est de 3 000 tonnes contre une production annuelle de 300 000 tonnes. La pomme de terre de Sikasso est vendue dans la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Togo, Ghana, Guinée, Niger, Mauritanie et Sénégal. Après les récoltes, les coopératives, les unions, les fédérations qui composent l’interprofession gardent de la pomme de terre dans la chambre froide afin de pouvoir l’écouler après la campagne. Les quantités produites dépassent de loin les capacités de stockage de la chambre froide. Pour le développement de la filière, Abdoul Karim Sanogo sollicite l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers pour la construction d’autres chambres froides et la subvention de l’engrais et des semences destinés à la pomme de terre. MFD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 01 mars 2023

    Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 1er mars 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a: – adopté des projets de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Défense et des anciens Combattants, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance portant Statut général des Militaires. Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales d la Refondation, le gouvernement a adopté la Loi n°2022-037 du 27 octobre 2022 portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Pour rendre effective cette militarisation, une Commission interministérielle, composée des représentants du Ministère de la Défense et des anciens Combattants et du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile a été mise en place pour relire l’Ordonnance n°2016-020/P- RM du 18 août 2016 portant statut général des militaires dans le but de déterminer les modalités et les conditions d’intégration des fonctionnaires de la Police nationale et de la Protection civile et de corriger les insuffisances constatées dans l’application du statut en vigueur. Le présent statut est adopté dans ce cadre, il précise les catégories auxquelles appartiennent, d’après leur grade dans l’ordre croissant, les militaires, les fonctionnaires de la police nationale et de la Protection civile ainsi qu’il suit : Pour les militaires : – Militaires du rang ; – Sous-officiers ; – Officiers. Pour la police nationale : – Policiers du rang ; – Sous-officiers de police ; – Commissaires. Pour la protection civile : – Sapeurs du rang ; – Sous-officiers Sapeur-pompiers ; – Officiers sapeur-pompiers. Le projet d’ordonnance adopté permettra, d’une part, l’intégration des personnels de la Police nationale et de la Protection civile dans la grille indiciaire du statut des militaires ainsi que l’alignement dans la limite d’âge des grades pour ceux recrutés à partir du 1er mars 2023, et d’autre part, de renforcer les capacités opérationnelles des Forces Armées et de sécurité. Sur le rapport du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, le Conseil des ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Autorité de Gestion des Réparations en faveur des Victimes des Crises. Depuis son accession à l’indépendance, le Mali a connu des crises qui ont conduit à des violations graves des Droits de l’Homme, porté atteintes à la stabilité institutionnelle, à la paix, à l’unité nationale et ébranlé les fondements du vivre ensemble. La crise multidimensionnelle de 2012 s’est caractérisée par les assassinats, enlèvements de personnes, tentatives d’enlèvements, menaces, disparitions, viols, amputations, flagellations, vols et destructions de biens et de patrimoines culturels. Pour faciliter le dialogue, le pardon, le vivre ensemble et les réparations en faveur des victimes de ces évènements, le Gouvernement a créé la Commission Vérité, Justice et Réconciliation et adopté la Politique nationale de Réparation et son Plan d’actions 2021-2025. L’objectif général de cette Politique est de restaurer la dignité des victimes en leur accordant par voie administrative des mesures de réparation des préjudices qu’elles ont subis du fait des violations des Droits de l’Homme commises en lien avec les crises depuis 1960. Les projets de texte adoptés créent, sous la forme d’Autorité Administrative Indépendante, l’Autorité de Gestion des Réparations en faveur des Victimes des Crises avec pour mission d’assurer la gestion des réparations des préjudices causés par les violations graves des droits de l’Homme lors des crises au Mali depuis 1960 en faveurs des victimes ou leurs ayants droit. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant modification du Décret n°2014-0764/P-RM du 09 octobre 2014 fixant le régime des marchés de travaux, fournitures et services exclus du champ d’application du Décret n°08-485/P-RM du 11 août 2008 portant procédures de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics et des délégations de service public. Le champ d’application du code des marchés publics exclut les marchés de travaux, de fournitures et de services relatifs aux besoins de défense et de sécurité nationale exigeant le secret ou pour lesquels la protection des intérêts essentiels de l’Etat est incompatible avec des mesures de publicité. Le Décret n°2014-0764/P-RM du 09 octobre 2014 été adopté en vue de définir les conditions de mise en œuvre pratique de cette disposition dérogatoire, de fixer les règles propres à la passation des marchés concernés et de déterminer le périmètre d’application du « secret en matière de défense » et de dresser une liste de travaux, de fournitures ou de prestations dont l’acquisition peut justifier le recours à ladite procédure. La mise en œuvre de cette règlementation a permis d’améliorer la gouvernance des procédures de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics relevant du secret en matière de défense ou de sécurité nationale ou nécessitant la protection des intérêts essentiels de l’Etat. A l’épreuve des faits et du temps, notamment l’évolution de la situation sécuritaire qui a conduit à une adaptation des capacités des Forces Armées maliennes avec l’apparition de besoins nouveaux non pris en compte dans l’annexe du décret de 2014. Le présent projet de décret vise à corriger cette insuffisance à travers l’actualisation des annexes n°1 et n°2 du Décret n°2014-0764/P-RM du 09 octobre 2014 fixant la liste des catégories de fournitures, de services et de travaux pour tenir compte des nouveaux besoins des ministères en charge de la Défense et de la Sécurité nationale. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, le Conseil des ministres a pris acte d’une Communication écrite relative à la Politique nationale de la Jeunesse et son Plan

Le Burkina Faso dénonce l’Accord de coopération militaire de 1961 avec la France (Officiel)

Bamako, 1er mar (AMAP) Le gouvernement du Burkina Faso a dénoncé l’Accord d’assistance militaire technique, conclu à Paris le 24 avril 1961 entre la République de Haute Volta et la République française, y compris ses deux annexes, a annoncé, mardi, le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur. Dans une lettre adressée aux autorités françaises, le ministère a informé, également, la partie française que « la présente dénonciation prend effet dans un délai d’un mois suivant sa réception », indique la même source. Ouagadougou invite « les autorités concernées à prendre des dispositions diligentes en vue du départ définitif de tous les personnels militaires français en service dans les administrations militaires burkinabè. » Cette dénonciation intervient quelques semaines après le retrait de la Force militaire française « Sabre » composée de 400 hommes, à la demande des autorités de la Transition burkinabé. Ce retrait, qui a été acté le 19 février 2023 met fin à 14 ans de présence de l’opération « Sabre » au Burkina Faso. SS/MD (AMAP)

28è FESPACO : « Fanga » ou le pouvoir de Fousseyni Maïga entre en lice

Envoyé spécial Youssouf DOUMBIA Ouagadougou, 1er mar (AMAP) Deux films maliens de belle facture ont été projetés, dimanche, à la 28è édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Il s’agit de trois épisodes de la série « Fanga » ou pouvoir de Fousseyni Maïga, directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) et «365 jours au Mali», un documentaire co-réalisé par les Maliens Ladji Ly et Benkoro Sangaré dit Ben. « Fanga », en compétition dans la catégorie des séries, raconte l’odyssée d’un haut gradé de l’Armée qui entreprend de venger son père dont les efforts n’auraient pas été reconnus par son pays. Il veut tout faire pour que le candidat qu’il soutient à l’élection présidentielle soit élu afin d’assouvir le noir dessein qu’il nourrit pour son peuple. En face, il y a un président qui veut rempiler pour un troisième mandat, interdit par la Constitution. Dans les trois épisodes, qui ont été projetés, quatre femmes restent au cœur du scénario : deux officiers de l’armée qui assistent le haut gradé, une riche femme d’affaires et une journaliste. À la fin de la projection, le réalisateur Fousseyni Maïga a expliqué le dénouement. Les braves dames arriveront à mettre fin au règne sanguinaire et prendront le pouvoir. Comme toute bonne série, « Fanga » se caractérise par la maîtrise de l’écriture du scénario, de l’intrigue qui maintient le spectateur dans le suspens total à la fin de chacun des épisodes. Le jeu des acteurs aussi est intéressant avec des grands comédiens maliens comme Fily Traoré (le colonel), Maïmouna Doumbia (la capitaine Maï), Djénéba Diawara, Garibou Fama et Salif Samaké qui joue le rôle de directeur de la douane. Fousseyni Maïga a tenu à rendre un hommage mérité à ses illustres devanciers dans le cinéma au Mali et, particulièrement, à Boubacar Sidibé dont les nombreuses séries ont représenté le Mali dans la catégorie pendant plus de cinq éditions au FESPACO. Il souhaite que « la jeune de garde de cinéastes s’inspire de ces grands réalisateurs. » Le cinéaste rappelle que les femmes ont toujours joué un grand rôle dans la société malienne, notamment dans la vie politique et la gestion de la Cité. C’est pourquoi, il a voulu leur rendre hommage dans cette fiction. Il a insisté sur le fait que le scénario a été écrit bien avant les récents coups d’Etat dans nos pays. C’est depuis 2018 qu’il a commencé à écrire, avec son collègue Ibrahima Kébé, le texte de cette série qui reste une chance pour le Mali de décrocher un prix. «365 jours au Mali», en lice dans la catégorie des documentaires, a été projeté dans une salle de la Mairie centrale de Ouagadougou. Il retrace une période de crise du Mali qui va de février 2012 à mars 2013. Le premier réalisateur, un franco-malien, est révolté par la manière dont les médias occidentaux traitent les informations concernant le Mali. C’est ainsi qu’il a décidé de promener sa camera dans le Septentrion du Mali en passant par la frontière du Burkina Faso. l se fait accompagné par un ex-membre de la rébellion touareg du Mouvement nationale de libération de l’Azawad (MNLA) qui le conduit à travers des pistes sinueuses jusqu’à Kidal, dans le Nord du Mali. Bencoro Sangaré, son co-réalisateur, suit minutieusement les évènements politiques à Bamako jusqu’à la chute du président Amaamtou Toumani Touré (ATT), les premières décisions des putschistes d’alors. Lui, aussi, trimbale sa caméra de Bamako à Mopti (Centre) avant de regagner Tombouctou (Nord) pendant l’occupation. Il arrive à filmer et à interviewer des habitants et des djihadistes. Ce film montre environ 80% d’images inédites sur l’occupation du Nord du Mali entre 2012 et 2013. Des témoignages poignants sur les différents aspects de la vie à Mopti avec la milice Ganda Iso, les habitants de Gao, de Tombouctou et de Kidal sont très instructifs. Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, avant de quitter Ouagadougou, a visité le stand du Mali au Marché international du cinéma d’Afrique (MICA), près du siège du Fespaco. Il était accompagné du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo. Le chef du gouvernement a encouragé les professionnels du cinéma malien, avant d’émettre le vœu de voir nos œuvres cinématographiques primées à cette édition. YD/MD (AMAP)  

Conseil des droits de l’homme : Le ministre Diop porte la voix du Mali à Genève 

Bamako, 1er mar (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, prend part, du 27 février au 3 mars 2023, à Genève (Suisse) à la 52è session ordinaire du Conseil des droits de l’homme, annonce le Bureau de l’Information et de la Presse du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI). « La participation de la délégation malienne au segment de haut niveau ainsi qu’à celui consacré au dialogue interactif avec l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme permettra (…) de mettre en exergue les efforts importants déployés ou en cours par le Mali pour la sécurisation et la protection des populations et de leurs biens, dans le strict respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire », précise la même source. Le Gouvernement malien va y renouveler son engagement « à promouvoir et protéger les droits de l’homme sur toute l’étendue du territoire national.» Bamako, qui qualifie de « tentative d’instrumentalisation et de politisation des droits de l’homme » l’approche de certains acteurs nationaux et internationaux au Mali, compte utiliser ce cadre d’échanges de haut niveau pour porter le message du gouvernement de Transition « en vue de déconstruire les allégations non fondées sur la question des droits de l’homme au Mali. » Lors de son séjour, plusieurs activités importantes sont inscrites dans l’agenda du ministre Diop, notamment des rencontres avec le Haut-commissaire aux droits de l’homme et le groupe des ambassadeurs africains à Genève. Le chef de la diplomatie malienne fera, également, une intervention au segment de haut niveau du Conseil des droits de l’homme. Le Conseil des droits de l’homme est un organe du système des Nations unies dont la mission est d’assurer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde. Ses sessions servent de cadre pour faire le suivi de la mise en œuvre des obligations des Etats membres en matière de droits de l’homme, avec la participation de l’ensemble des acteurs concernés. MD (AMAP)

6è édition du Festival international du Wassulu (FIWA) : Rendez-vous le 3 mars à Yandolila

Bamako, 1er mar (AMAP) La 6è édition du Festival international du Wassulu (FIWA) se déroulera du 3 au 5 mars à Yanfolila, dans le Sud du Mali, sous le thème : «Le Mali dans toute sa diversité», a annoncé la diva du Wassulu, Oumou Sangaré, lors dune conférence de presse, lundi, à Bamako. « Plus de 400 000 festivaliers sont attendus au Wassulu », a dit la conférencière après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des disparus et salué la population de Wassulu pour son implication dans la réussite des éditions précédentes. Oumou Sangaré a, aussi, en présence de la marraine de l’événement et présidente de l’Association solidarité femmes d’ici et d’ailleurs (ASFIA), Mme Fatoumata Mbarka Mint Hamoudy, et de l’artiste camerounais, Baba Sadou, expliqué les raisons de l’organisation de ce rendez-vous qui s’impose de plus en plus dans l’agenda culturel du Malis. « Ma motivation reste la promotion de la musique malienne, un créneau de développement, en offrant plus d’opportunités aux artistes, tant sur le plan national qu’international », a-t-elle soutenu. Et de poursuivre : « Nous avons apporté plusieurs innovations cette année comme la nuit dédiée à Ali Farka Touré et une autre aux jeunes artistes du Wassulu ». Le FIWA est un rendez-vous culturel né de l’initiative de l’artiste musicienne malienne, Oumou Sangaré, à la demande de la jeunesse du Wassulu. C’est également un événement socioculturel qui offre plusieurs opportunités aux jeunes de se lancer dans des projets de développement. Selon la conférencière, plusieurs personnalités de renommée internationale sont attendues à cette 6è édition du FIWA. Contrairement à beaucoup de festivals, le FIWA est gratuit et permettra aux jeunes artistes d’étoffer leurs carnets d’adresses sur le plan professionnel. Durant 3 jours, les festivaliers auront droit à une foire artisanale et commerciale, à des concerts géants dont les têtes d’affiches seront Oumou Sangaré, elle-même, Prince Diallo et autres. Il est, également, prévu des activités de sensibilisation et de plaidoyer pour la paix. L’initiatrice du FIWA a lancé un appel à tous pour célébrer la musique du Wassulu lors de cette édition. En termes de sécurité des festivaliers, elle a rassuré sur l’accompagnement du département en charge de la Sécurité. Enfin, elle a remercié les partenaires et le gouvernement pour leur soutien. La marraine de l’événement a rendu hommage à l’artiste pour la confiance placée en sa personne et exprimé tout son soutien pour les projets culturels. « En plus de nos interventions, relatives aux projets des femmes, nous soutenons aussi les initiatives culturelles, surtout celles portées par une femme battante », a dit Mme Fatoumata Mbarka Mint Hamoudy. AS/MD (AMAP)

28è édition du FESPACO : Le Malien Cheick Oumar Sissoko immortalisé par une statue géante

Bamako, 1er mar (AMAP) Une statue érigée, en hommage au cinéaste malien, Cheick Oumar Sissoko, dans l’allée des Étalons, avenue Monseigneur Joanny Thevenoud à Ouagadougou, a été inaugurée, mardi, par le ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina, Jean Emmanuel Ouédraogo. « Cette statue est un hommage mérité à un monstre sacré du cinéma africain, qu’est le réalisateur Cheick Oumar Sissoko », a confié le ministre lors de cette cérémonie en marge des activités de la 28ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Jean Emmanuel Ouédraogo a appelé la jeunesse africaine à s’inspirer du combat du cinéaste, afin que d’autres Cheick Oumar Sissoko « puissent continuer de faire vivre le cinéma africain. » Le cinéaste malien s’est dit honoré et comblé par cette réalisation, avant d’adresser ses remerciements aux autorités burkinabè et à l’ensemble de ses collaborateurs. La statue a été réalisée par le sculpteur burkinabè Siriki Ky. Elle est érigée aux côtés de grands noms du cinéma africain tels que Ousmane Sembène, Souleymane Cissé, Idrissa Ouédraogo, Gaston Kaboré… Cheick Oumar Sissoko a remporté deux fois l’étalon de Yennenga. La première en 1995 avec son film « Guimba le Tyran » et la seconde en 1998 avec son film « La Genèse ». Cheick Oumar Sissoko a, aussi, remporté plusieurs prix hors du continent. Homme politique, originaire de la Commune rurale de Mahina, dans le Cercle de Faloubabé, Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, Cheick Oumar Sissoko a été ministre de la Culture de 2002 à 2007. AT/MD (AMAP)  

Le Conseil national de Transition adopte la loi électorale retouchée

Bamako, 1er mar (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, mardi, à l’unanimité le projet de loi modifiant la loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale, a constaté l’AMAP. Outre l’accéléra à l’unanimité par 129 voix pour, 0 contre et 0 abstention tion de la mise en place des démembrements de l’Autorité indépendante de gestion des élections, les innovations de cette modification concernent l’élargissement des lieux d’implantation des bureaux de vote aux garnisons militaires, l’institution du vote par anticipation des membres des Forces armées et de sécurité, le remplacement de la carte d’électeur biométrique par la carte nationale d’identité biométrique sécurisée comme unique document d’identification admis dans le bureau de vote. Au titre des corrections d’erreurs matérielles, l’article 149 relatif au referendum a été modifié pour préciser que « sauf cas de recours au bulletin unique, deux bulletins de vote sont mis à la disposition de l’électeur. » Et la mention de candidat est supprimée dudit article. Dans son rapport, la Commission des lois constitutionnelles, de la législation, de la justice, des droits de l’Homme et des institutions de la République saisie pour l’étude au fond a rappelé que le CNT, réuni pour la deuxième et dernière séance plénière de la session extraordinaire de février 2023, a adopté cette loi « dans une dynamique d’approfondissement et de démocratisation du système électoral. » La loi modifiée confie l’organisation et la gestion de toutes les opérations électorales et référendaires à l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Selon la commission, « dans la mise en œuvre, des contraintes d’ordre pratique et technique de nature à compromettre l’application correcte de la loi électorale se sont révélées. » Ces contraintes sont relatives au respect du délai de mise en place des coordinations de l’AIGE que la loi fixe à six mois avant l’élection, à l’organisation des élections en tenant compte de la nouvelle réorganisation territoriale ainsi que les corrections d’erreurs matérielles. Pour le président de la commission Lois du CNT Dr Souleymane Dé, avec la loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale, il fallait pour les coordinations de l’AIGE, les installer six mois avant les scrutins. « Mais compte tenu des contingences et des délais compressés par rapport au chronogramme, il est impossible d’aller sur cette base. » C’est pourquoi la modification fondamentale en ce sens a été de raccourcir ce délai à trois mois au plus pour l’installation des coordinations de l’AIGE. Selon lui, cela est tributaire de la reforme territoriale car les élections se tiendront sur la base de la nouvelle réorganisation territoriale. Dr Souleymane Dé a dit que pour les nouvelles circonscriptions administratives créées, « il faut aller rapidement à la nomination des représentants de l’Etat pour qu’ils désignent à leur tour les quatre représentants des pouvoirs publics dans les coordinations de l’AIGE. » CONTRAINTES – La ministre déléguée chargée des Reformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko, qui a défendu ce texte devant le CNT, a indiqué que dans la pratique, « il s’est avéré qu’il fallait intervenir sur la loi électorale afin d’apporter des modifications qui permettront de faire en sorte que le chronogramme qui est adossé à cette loi puisse favoriser une application efficiente au bénéfice du processus électoral. » Pour la ministre, il y a des contraintes qui faisaient qu’il fallait d’abord les reformes territoriales et administratives qui ont un impact certain sur le déroulement du processus électoral. Elle a soutenu que toutes ces modifications apportées ont pour objectif de faire en sorte que le processus électoral se déroule de manière transparente, crédible et sécurisée. Le CNT a examiné un second projet de loi sur la création d’un Etablissement public à caractère scientifique et technologique dénommé Centre de formation professionnelle de Sénou (CFP-Sénou). Ce texte était défendu par le ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Bakary Doumbia. Cet etablissement, qui se trouve à Sénou, a été construit et équipé dans le cadre de la coopération sino-malienne pour un montant de 10 milliards de Fcfa. Il a été inauguré par le président Ibrahim Boubacar Keïta le 5 juillet 2018. L’établissement a une capacité de 350 apprenants par session. Et les filières de formation sont la menuiserie (métallique et bois), la peinture-décoration, la plomberie, la chaudronnerie, l’électricité, le bâtiment, le carrelage, le staff, la maçonnerie, le froid/climatisation et la maintenance d’engins lourds. La durée de la formation est comprise entre 6 et 16 mois et varie d’une filière à une autre. L’incidence financière de ce projet de loi, prise en charge par le budget 2023, s’élève à la somme de 327,837 millions de Fcfa, représentant les primes et indemnités des agents ainsi que les charges relatives au fonctionnement dudit service. Ce texte a, également, été adopté à l’unanimité par 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention. Après l’adoption de ces deux textes, la session extraordinaire de février 2023 du CNT, qui a examiné et adopté au total 8 projets dont 6 portant sur la réorganisation administrative et territoriale, a été close par le décret n°2023-0138/PT-RM du 28 février 2023. DD/MD (AMAP)

Réouverture de la frontière Mali-Côte d’Ivoire : Voyageurs et transporteurs retrouvent le sourire

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 1er mar (AMAP) Ouf !!!! La mobilité déplacement des populations entre le Mali et la Côte d’Ivoire est désormais moins pénible. Pour les transporteurs, les bonnes affaires reprennent. La mesure anti-Covid prise par les autorités ivoiriennes avait rendu la vie difficile pour les habitués de l’axe Bamako-Abidjan Face à la propagation de la Covid-19 en 2020, de nombreux pays se sont calfeutrés. La Côte d’Ivoire, qui avait fermé ses frontières depuis le 22 mars 2020, a levé, cette restriction, le 15 février dernier, en raison de «l’évolution favorable» de la situation sanitaire. La décision vise surtout à mettre fin aux passages clandestins et réorienter les voyageurs vers les voies officielles. Car, les voyageurs empruntaient des déviations pour pénétrer sur le territoire ivoirien. Nous avions fait ce constat au niveau de la frontière Mali-Côte d’Ivoire. La police des frontières avait du mal à canaliser les mouvements des populations de part et d’autre. Dans le monde des transporteurs routiers, la réouverture des frontières ivoiriennes a été accueillie avec soulagement. Leurs activités étaient drastiquement réduites à cause de cette restriction qui aura duré près d’une année. «Nous avons perdu 80% de notre chiffre d’affaires», confie le directeur général de la compagnie de transport Sonef, Mohamed Mohamoud Ould Oumar. L’emplacement de cette compagnie à Sogoniko n’a pas encore retrouvé son ambiance d’avant mars 2020, mais l’annonce de la réouverture des frontières fait son effet. Vendredi dernier, l’affluence y était plus importante qu’il y a quinze jours. «La reprise est timide. Il y a des jours où seulement un seul bus quitte ici pour Abidjan. Nous espérons que dans un mois, tout va redevenir comme avant», espère Mohamed Mohamoud. La SONEF avait réajusté son dispositif afin de maintenir le trafic routier vers la Côte d’Ivoire. Tous les jours, un autobus quittait Bamako pour Zégoua, dernière ville malienne avant la Côte d’Ivoire. De là-bas, il fallait trouver des astuces pour passer la frontière et mettre les passagers à la disposition d’une compagnie ivoirienne. Chaque passager devait alors débourser 8 000 Fcfa pour le trajet Bamako-Zégoua. «Avec la réouverture des frontières, Bamako-Abidjan coûte au maximum 30 000 Fcfa », explique le responsable de la Sonef. Il précise que ce tarif plafond a été fixé par les compagnies de transport, en accord avec les syndicats. Le trafic retrouve progressivement son rythme normal. Cependant, une difficulté subsiste : «A partir de 20 heures, les douaniers arrêtent de travailler. C’est ce qui est en train de nous fatiguer, parce que les bus arrivent là-bas tard dans la nuit et ils sont ainsi donc obligés de rester jusqu’à 8 heures du matin», regrette Mohamed Mohamoud. JOIE – Telemsi Transport, situé non loin de l’autogare de Sogoniko, a aussi subi les effets de la fermeture des frontières ivoiriennes. Cette compagnie, qui fait 50% de son chiffre d’affaires sur l’axe Bamako-Abidjan, a dû mettre des travailleurs en chômage pour diminuer les pertes. Et les employés qui ont gardé leurs postes ont renoncé à une partie de leurs droits. «Nous avons accueilli avec beaucoup de joie la réouverture des frontières ivoiriennes», confie le responsable administratif de Telemsi Transport, Malick Boré. Selon lui, sa compagnie a été la première à franchir la frontière Mali-Cote d’Ivoire. «À l’autogare d’Abidjan, tout le monde filmait notre bus. La joie se lisait sur les visages», rapporte-t-il. Lors du passage de notre équipe, une dizaine de passagers attendaient, sous un hangar, l’heure de départ. Coiffé d’une casquette, Moussa salue la sage décision des autorités ivoiriennes. «Entre les pays africains, on doit toujours avoir des solutions et faciliter le transport à tous les passagers africains». Et Salif Coulibaly, un autre passager, d’ajouter que cette décision va surtout amoindrir les tracasseries sur la route. L’heure est aux derniers réglages à Africa Tours où les responsables sont en train de «réaménager le programme». Yahya Diakariya Touré, administrateur de cette compagnie, révèle qu’Africa Tours avait tout simplement décidé de ne pas desservir l’axe Bamako-Abidjan, suite à la fermeture des frontières. « Plusieurs compagnies de transport amenaient les passagers à la frontière, Ces derniers traversaient à moto les villes de Zégoua et Tingrela pour rallier la Côte d’Ivoire. Africa Tours n’a pas fait cette option qui mettait les passagers dans beaucoup de difficultés dont les tracasseries et le transport difficile de leurs bagages. » Pour le vice-président du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbain, internationaux du Mali (SYNTRUI-Mali), Chiaka Diakité, cette réouverture des frontières est une bonne nouvelle pour les transporteurs maliens. « Ils ont beaucoup souffert à cause de la Covid-19. Cette réouverture des frontières va nous donner beaucoup d’avantages. On espère cette fois-ci, avec l’ouverture de presque toutes les frontières, que les choses vont rentrer dans l’ordre pour le grand bonheur des passagers et des compagnies de transport», souhaite-t-il. La réalité est que nos frontières sont tellement poreuses qu’une restriction administrative ou politique ne peut empêcher les populations ou les peuples de se déplacer même souvent au péril de leur vie. AG/MD (AMAP)      

Projet de Constitution : Les innovations à retenir

Par Namory KOUYATÉ Bamako, 1er mar (AMAP) Le nouveau projet de Constitution du Mali, qui comprend 191 articles remis, lundi, officiellement au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, contre 195 dans l’avant-projet et a été connaît des modifications, des réajustements de forme comme de fond pour prendre en compte les préoccupations exprimées par des citoyens. Dans le préambule de la nouvelle monture, l’article 9 dispose que le mariage et la famille, qui constituent le fondement naturel de la vie en société, sont protégés et promus par l’État. Il est clairement précisé que le mariage est l’union entre un homme et une femme. Un peu plus loin, l’article 24 explicite que la défense de la patrie est un devoir pour tout citoyen. Cet idéal est renforcé par l’article 93 en ces termes : «l’État veille à ce que les Forces armées et de sécurité disposent, en permanence, de capacités en ressources humaines et en moyens matériels nécessaires pour accomplir leurs missions». Il est indiqué que la planification de ces ressources et moyens s’opère à travers des lois de programmation. LANGUES OFFICIELLES – L’article 30 stipule que la capitale de la République du Mali est Bamako et qu’elle peut être transférée en tout autre lieu du territoire national par une loi. L’article 31 dit ceci : « les langues nationales sont les langues officielles du Mali». Il précise qu’une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi. Un fait marquant de ce projet de Constitution est que le français perd son statut de langue officielle au Mali. Il devient la langue de travail. Les membres de la Commission de finalisation ont été prudents en adoptant cette posture d’ouverture et d’intégration. C’est pourquoi, ils ont pris la précaution de clarifier que l’État peut adopter toute autre langue comme langue de travail. En outre, l’article 32 du texte indique que la laïcité ne s’oppose pas à la religion et aux croyances. Il est écrit noir sur blanc que la «laïcité a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle». Et que l’État garantit le respect de toutes les religions, les croyances, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans le respect de la loi. Dans le cadre de la lutte contre la corruption, les pouvoirs publics entendent renforcer les mesures de prévention la prévarication. À ce propos, l’article 35 stipule qu’ « aucune autorité publique ne peut, sous peine de sanctions, user des pouvoirs qu’elle tient de la Constitution ou de la loi pour commettre un détournement de ressources ou de biens publics à son profit ou à celui des détenteurs du pouvoir, des membres de leurs familles, d’organismes, ou de toutes autres personnes par favoritisme, corruption, concussion, trafic d’influence ou autres moyens. » NATIONALITÉ D’ORIGINE – Par ailleurs, l’article 45 tranche sans équivoque que le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une seule fois. L’article d’après dit que tout candidat aux fonctions de président de la République doit être de nationalité malienne d’origine et ne posséder aucune autre nationalité à la date de dépôt de la candidature. Plus loin, la mention est faite que le candidat à la présidentielle doit être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus à la date de dépôt de la candidature et être apte à exercer la fonction. Concernant la prestation de serment, l’on constate un rajout de taille au niveau de l’article 55. Il s’agit de cette référence en bas de la formule consacrée : «en cas de violation de ce serment, que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur de la loi». Ce n’est pas tout, le président de la République prête serment devant la Cour constitutionnelle en audience solennelle. Quant à la dissolution de l’Assemblée nationale, elle est encadrée par l’article 69. En effet, le président de la République peut, après consultation des présidents des deux chambres et du président de la Cour constitutionnelle, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale. Toutefois, cet article assure qu’aucune dissolution ne peut être prononcée dans les douze premiers mois de la législature ou lorsqu’une motion de destitution est déclarée recevable. De ce fait, les élections générales ont lieu soixante jours au moins et cent-vingt jours au plus après la dissolution. « Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections. » À l’expiration du délai fixé au troisième alinéa de cet article, « si les élections législatives ne sont pas organisées, l’Assemblée nationale dissoute est rétablie dans ses fonctions », énonce le projet de texte. L’innovation touche également l’article 101 qui dit que les députés et les sénateurs ne bénéficient de l’immunité parlementaire que dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. Enfin, l’article 137 du projet de Constitution précise que le Conseil supérieur de la magistrature est constitué pour moitié de personnalités choisies en dehors du corps des magistrats. NK/MD (AMAP)