Pénurie de carburant à Bamako : 24 heures pour une goutte d’or noir

Par Anta CISSE Bamako, 31 oct (AMAP) Il est mardi 28 octobre à 10h15 quand je quitte la maison avec mon frère Makan, déterminés à trouver du carburant. La mission s’annonçait simple. Elle durera finalement près de vingt-quatre heures. Dans l’une des stations service de Baco djicoroni Golf, la file s’étend à perte de vue. Des voitures immobiles, des visages aux traits tirés et cette lente avancée, mètre par mètre, puis deux par deux, avant de s’arrêter à nouveau. Les plus impatients n’hésitent pas à se faufiler devant, provoquant parfois des tensions vite apaisées par un mot, un sourire ou un arrangement improvisé. Entre résignation et solidarité, chacun trouvait sa manière de patienter. Vers 13h, les « demi-dieux », comme on surnomme les gérants et les pompistes, annoncent la fin du service, Il n y’a plus de carburant. La station ferme. Soupirs, colère, découragement. Trois heures plus tard, les pompes rouvrent, mais pour peu de temps à 19h, nouveau rideau car les gens, fatigués de les voir remplir des centaines de bidons sous leurs yeux, ont commencé à riposter de peur que l’essence ne finisse avant leur tour. Il est clair que beaucoup passeront la nuit sur place. Ces bidons de 20l seront revendus à 80 000 ou 100 000 FCFA. La nuit tombe, et la station devient un petit village. Certains allument du charbon pour le thé, d’autres sortent du lait ou des biscuits. Quelques-uns dorment dans leur voiture, d’autres sous moustiquaire à même le sol, guettant le moindre mouvement à l’avant de la file. Les feux arrière des voitures deviennent des lueurs d’espoirs, ça avance, un peu, lentement, mais ça avance quand même. Comme on le dirait si bien, l’hospitalité malienne s’est manifestée : des tapis de prière et des bouilloires pour les ablutions sont partagés entre qui voulait prier. Les familles environnantes, elles, laissaient leurs portes ouvertes pour les besoins naturels, un geste simple mais profondément humain. C’est d’ailleurs là, entre deux klaxons et trois bâillements, que j’ai accueilli mon nouvel an et mon anniversaire du 29 octobre. Pas dans une salle de fête, mais dans une voiture, à la recherche d’essence. Vers minuit et demi, tout le monde a compris : impossible de rentrer sans essence au risque de repartir à zéro et passer par pertes et profits l’effort fourni jusque-là. Les liens se créent, la confiance s’installe. On se relaie, on garde la place des autres. Avec mon jeune frère, nous gérons deux véhicules, une pratique devenue courante face à la rareté du carburant. Il rentre vers 23h pour se reposer et revenir plus tard. Épuisée, je décide à mon tour de rentrer, confiant nos deux voitures à un voisin rencontré sur place, pour ne pas perdre place et notre chance d’avancer quand l’occasion se présenterait. À 6h, retour à la station service, prête pour le travail, habillée pour le bureau, essence ou pas, il faudra y aller. Le gérant avait promis une reprise à 6h. Ils le feront mais uniquement pour servir les porteurs d’uniformes qui ont rempli 40 bidons de 20 litres derrières leur pick-up et le gérant a aussi fait de même avec le même nombre devant nous autres curieux, hébétés et impuissants qui faisaient les va et vient à la pompe. Et ce n’est qu’à 8h44 que les pompes se remettent en marche après avoir attendu les forces de l’ordre pour remettre l’ordre, dégager ceux qui tenaient des bidons afin de faciliter la distribution (ceux-ci se sont regroupés devant la boutique « Bonjour » déterminés à avoir leurs bidons remplis. Cachés dans la boutique, ils venaient même réclamer aux pompistes qui leur demandait d’attendre au risque de voir la foule s’énerver à nouveau et de leur demander de quitter l’enceinte de la station. Enfin, le mercredi 29 octobre à 9h44, près de vingt-quatre heures d’attente, le précieux liquide coule dans les réservoirs. Mais impossible de faire le plein. La direction de la station rationne à 10 000 francs CFA par véhicule, pour « donner un peu plus à chacun ». Une règle frustrante, mais compréhensible dans le contexte. Ce jour-là, plus que du carburant, on aura trouvé un peu d’humanité. AC/MD (AMAP)  

Forum national sur la Justice : Le secteur à la loupe

Bamako, 30 oct (AMAP) Les travaux du Forum sur la justice ont démarré ce jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) sur le thème : « Pour une justice efficace, transparente et accessible au service du citoyen et de la Nation » et dont l’objectif est de permettre aux participants, durant deux jours, « d’échanger sur les problèmes fondamentaux du secteur de la justice », selon les organisateurs. Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a rappelé lors de la cérémonie d’ouverture que « la justice représente, aujourd’hui, l’une des aspirations les plus profondes et les plus légitimes du peuple malien. » « En effet, après des années marquées par l’instabilité, les crises sécuritaires, la corruption et l’impunité, les citoyens maliens ont exprimé de façon unanime lors des différentes consultations nationales, leur soif de vérité, d’équité, de justice et de respect de leurs droits fondamentaux », a dit le chef du gouvernement. « La tenue de ce Forum national sur la Justice marque une étape déterminante dans la refondation de l’Etat. Les recommandations, fruits de vos échanges, devront permettre de consolider les importants acquis et moderniser l’appareil judiciaire pour le hisser à la hauteur des enjeux et des défis contemporains », a déclaré Abdoulaye Maiga. A cet égard, le gouvernement veillera, selon le général Maïga, à ce que « les recommandations issues de ce Forum soient examinées avec le plus grand intérêt dans le but de les traduire en actions concrètes pour l’essor et le développement du secteur judiciaire de notre pays. » Il a conclu que ce Forum national de la justice est, assurément, un rendez-vous historique, en cette année déclarée « année de la Culture » pour questionner « nos réalités culturelles, sociales et sociétales dans l’optique d’en tirer des éléments pour renforcer et exprimer notre identité culturelle à travers les différents symboles pouvant caractériser la posture de la justice de notre pays ». Les objectifs principaux du forum, precédé des concertations régionales qui ont posé les bases de la discussion, sont de définir une vision commune du service public de la justice, faire la synergie les actions entre les différents acteurs judiciaires, rendre la justice plus efficace et transparente, intégrer les enjeux liés à la Confédération des Etats du Sahel (AES), renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire. Les discussions portent sur les conditions de distribution de la justice, la gestion pénitentiaire et la protection des droits de l’Homme, le rôle de la justice dans la paix et la stabilité sociale, le lien entre justice et culture. « Le Forum national sur la justice se tient à un moment charnière marqué par le renouveau de la justice et la refondation de l’État », a affirmé le président de la Commission d’organisation, Aboubacar S, Diarrah. « C’est une époque où notre pays s’est engagé dans un vaste chantier de refondation de l’État où l’institution judiciaire cherche à restaurer et à renforcer la confiance entre elle et les citoyens », a ajouté, le secrétaire général du ministre en charge de la Justice. Il a ajouté que la justice « renait de ses cendres avec un nouveau visage qui se caractérise par des réformes législatives, structurelles, institutionnelles, de gouvernance, générationnelles, atypiques, inédites. » « Le forum national sur la justice, premier du genre financé exclusivement sur le budget  national, regroupera 200 participants, représentant des autorités administratives, le secteur privé, le monde universitaire, les forces vives de la nation et les acteurs judiciaires.», a fait savoir M. Diarra. ainsi que des représentants de la société civile et des partenaires internationaux.  Lors de la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Abdoulaye Maïga, avait à ses côtés, le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux. Mamoudou Kassogué, et le Président de la Cour suprême, Dr. Fatoma Théra. Étaient, également, présents les gouverneurs des 19 régions du Mali, des légitimités traditionnelles et d’autres invités de marque. Le Forum national sur la justice malienne est une grande concertation nationale organisée par le gouvernement malien pour débattre des problèmes fondamentaux de la justice et proposer des solutions pour une justice plus efficace et moderne. Il vise à restaurer la confiance des citoyens, à renforcer le rôle de la justice dans la paix sociale, et à améliorer la gestion pénitentiaire, le tout dans le cadre d’une transition politique en cours sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta. MMD/MD (AMAP)      

Rencontre d’information et de sensibilisation sur la crise des hydrocarbure à Mopti (Centre)

Mopti, 30 oct (AMAP) Les autorités régionales de Mopti (Centre) ont organisé, jeudi, rencontres d’information et de sensibilisation des populations sur la crise des hydrocarbures, dans la salle de conférence du gouvernorat. Les échanges ont mobilisé les forces vives de la région, les opérateurs économiques, les transporteurs, les légitimités traditionnelles, les femmes, les jeunes et les syndicats au centre. Le directeur de cabinet du gouverneur. Mamadou Seydou Diarra, qui a présidé la rencontre, après avoir fait observer une minute de silence en la mémoire des victimes de la crise, a indiqué que la réunion vise à donner la bonne information sur la situation générale, les dispositions en cours pour le ravitaillement correct du pays tout entier sans exclusive afin de renforcer la résilience des populations. Elle ambitionne, aussi d’inviter, « les participants à user de leur leadership pour prêcher la bonne information pour une compréhension ppour que les communautés ne tombent dans le piège des détracteurs de notre pays » a-t-il ajouté. Il a livré le message des autorités nationale qui reconnaissent les difficultés des populations et saluent leur résilience dont elles ont démontré. Selon M. Diarra, « cette situation imposée à notre pays par les ennemis de la paix et leurs sponsors n’a d’autres objectifs que de créer la haine entre les populations et entre les citoyens et les dirigeants. » A sa suite, différents représentant de groupes organisés ont, successivement, salué « les efforts en cours et l’initiative des autorités d’informer les populations sur la situation du pays. » Ils ont unanimement réaffirmé leur « soutien indéfectible à la Transition » et se sont engagés « à faire une large diffusion du message reçu. » Les opérateurs pétroliers ont rassuré les autorités régionales de leur « soutien total » et de leur « engagement à respecter les mesures édictées pour atténuer les souffrances des populations. » Les participants ont formulé des prières et des bénédictions pour le Mali. DC/MD (AMAP)

San :  Rencontre de sensibilisation sur la gestion de la crise d’hydrocarbures

San, 30 oct (AMAP) Une rencontre de sensibilisation sur la gestion de la crise d’hydrocarbures dans la Région de San (Centre), s‘est tenue dans la région, ce jeudi, dans la salle de réunion de la préfecture, pour encourager les populations de la Région de San à devenir plus résilientes, plus solidaires face à la pénurie d’hydrocarbures. La rencontre, sous la présidence du directeur de Cabinet du gouverneur, Massa Sangaré, vise aussi à inciter les habitants de la Région de San à adopter des comportements plus économes. Pour M. Sangaré, la crise d’hydrocarbures à laquelle notre pays est confronté, aujourd’hui, « met à rude épreuve l’économie nationale et la cohésion sociale ». En dépit de cette situation, il a rappelé que dans une crise, quelle que soit sa nature, « une leçon est retenue, une opportunité de prendre conscience s’offre. » « Nous devons donc la saisir, a-t-il poursuivi, pour enfin bâtir un avenir meilleur pour nos enfants et pour les générations futures. » « Notre pays a déjà connu des heures sombres. À chaque fois, c’est par la résilience, le courage et la solidarité de notre peuple que nous avons su nous relever », a-t-il ajouté, avant d’ajouter qu’ « aujourd’hui encore, ces valeurs doivent nous guider. » Le représentant du chef de l’exécutif régional a indiqué que « si la résilience voudrait dire le refus de la fatalité, elle nous recommande de puiser en nous la force d’avancer malgré les obstacles qui jalonnent le chemin de la rédemption. » « Nous devons alors faire preuve de patience et de détermination », a-t-il lancé A cet effet, les autorités nationales « sont en train de mettre tout en œuvre pour soulager l’ensemble des populations maliennes afin que cette crise passagère soit un triste souvenir », a dit Massa Sangaré appelant à « l’engagement des uns et des autres. » Au nom des autorités du Mali, l’administrateur civil a invité les populations de la Région à la solidarité, « car ce n’est qu’ensemble que nous pourrions surmonter tous les défis y compris la présente crise. » « Ainsi, l’Histoire retiendra non pas la gravité de la crise que nous subissons aujourd’hui, mais la grandeur du peuple qui l’a traversée avec dignité, honneur et courage. Ce peuple-là, n’est autre que le vaillant peuple du Mali. Ensemble, nous vaincrons toute sorte d’adversité », a lancé l’administrateur civil membre du corps préfectoral. Et de rappeler : « Nous avons, tous, l’impérieux devoir de soutenir notre État dans toutes ses initiatives, surtout en cette période de crise d’hydrocarbures » pour ne pas que les différents secteurs socio-économiques s’en trouvent affectés. La rencontre de San s’est tenue en langue nationale bamanan, conformément à la volonté des autorités. La session a enregistré la participation des autorités administratives et politiques, des représentants des services techniques déconcentrés de l’État et assimilés, des forces de défense et de sécurité, des légitimités traditionnelles et religieuses et des représentants de la société civile. NC/MD (AMAP)

Mali : Plaidoyer pour la valorisation et le développement du lait local

Bamako, 30 oct (AMAP) Les membres du réseau Mali Missiw nono ont organisé, jeudi, à Bamako, un déjeuner-débat et plaidoyer avec les ministères chargés de l’Agriculture, de l’Elevage et du Commerce en faveur de la valorisation et le développement du lait local équitable et la création de la marque de commercialisation dénommé « Fairema », a constaté AMAP sur place. Les participants ont recommandé, entre autres, de mettre en application le plan d’action de la stratégie par une partie du Fonds national d’appui à l’agriculture (FNAA), de respecter les conventions de gestion des terroirs avec l’accompagnement des services techniques et les autres acteurs et actrices, d’assurer la disponibilité du lait en toute période de l’année avec un prix compétitif pour les producteurs, de renforcer la complémentarité entre les ministères chargés de l’Elevage, de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce autour de la production et de la valorisation du lait local et équitable, selon le président du réseau Mali missiw nono, Amidou Berthé. Il a rappelé que l’objectif visé, à travers cette rencontre est, de plaider auprès des autorités, notamment les ministères de l’Elevage et de la Pêche, de l’Industrie et du Commerce ainsi que le Conseil national de Transition (CNT) pour leur appui à la création de la marque de commercialisation du lait local et équitable « Fairema ». Selon M. Berthé, « le secteur de l’élevage est l’un des piliers de l’économie malienne derrière l’or et le coton ». « II joue un rôle déterminant dans la production de richesses et la lutte contre la pauvreté », a-t-il affirmé. « La production laitière en est une filière importante avec plus d’un million de tonnes de litre de lait cru local par an alors que les importations de lait en poudre représentent 80 à 90% du marché des consommations de lait au Mali », a dit Amidou Berthé. « Le potentiel laitier national est évalué à plus de 2,55 millions de tonnes de lait, dont 1,12 millions tonnes sont jugées exploitables (Rapport DNPIA 2024) », a indiqué M. Berthé. Pour lui, l’heure est venue d’accorder une attention particulière à la filière lait local et équitable fortement impactée par une concurrence déloyale des poudres de lait ou de substituts de lait aux huiles végétales qui coûtent à l’Etat près de 30 milliards de francs CFA par an. « Ces poudres créent un obstacle réel au développement des filières locales grâce à des importations importantes et croissantes », a dit le président du réseau du Maali Missiw nono. Il a ajouté que la valorisation de la filière lait local permettra de créer de milliers d’emplois et impliquera davantage les femmes et les jeunes dans l’industrie laitière locale et nationale à travers tous les maillons : production, collecte, transformation, commercialisation et consommation et contribuera à la souveraineté alimentaire et à l’équilibre social au Mali. ST/MD (AMAP)                  

Mali-Financement : La Société financière internationale octroie 40 M USD à la BNDA pour les Petites et moyennes entreprises

Bamako, 30 oct (AMAP) La Société financière internationale (SFI), dédiée au financement du secteur privé dans le Groupe de la Banque mondiale, a signé jeudi à Bamako une convention de financement de 40 millions de dollars (environ 23,341 milliards Fcfa) avec la Banque nationale de développement agricole (BNDA). Ce prêt vise à renforcer le programme de crédits de la BNDA aux petites et moyennes entreprises (PME), en priorité celles dirigées par des femmes, aux PME agricoles et aux projets de financement durable. Il devrait générer entre 8 600 et 14 200 emplois directs et indirects sur cinq ans et augmenter de près de 90 % le portefeuille de financements verts de la banque. Au moins 25 % du montant seront destinés aux femmes entrepreneures ou aux entreprises qu’elles détiennent. Une facilité additionnelle de 10 millions USD est prévue pour le financement du commerce international, afin de soutenir l’import-export de biens essentiels. « Cette convention symbolise la reconnaissance de la solidité, du professionnalisme et du potentiel transformateur de la BNDA », a déclaré Badra Aliou Coulibaly, directeur général de la BNDA. « C’est la deuxième opération du genre avec une banque de développement agricole en Afrique depuis 2006 », a souligné, pour sa part, Aliou Maiga, directeur Afrique de la SFI, saluant « la transparence et la gouvernance » de l’établissement bancaire malienne. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, qui a présidé la cérémonie, en présence de Partenaires techniques et financiers du Mali, a salué en la BNDA une banque d’État exemplaire, soulignant son accréditation récente au Fonds Vert pour le Climat, depuis le 21 octobre 2024. Elle est la seule banque malienne accréditée au Fonds Vert pour le Climat. Créée en 1981, la BNDA compte 50 agences, 85 GAB et a injecté plus de 432 milliards FCFA dans l’économie malienne en 2024. La SFI a engagé 71,7 milliards USD dans les pays en développement en 2025, dont 3,5 milliards USD en Afrique. Membre du Groupe de la Banque mondiale, la SFI est une organisation internationale qui se concentre sur le développement du secteur privé dans les économies émergentes. Sa mission est de soutenir des entreprises et des institutions financières pour créer des emplois, stimuler la croissance et améliorer la vie des gens OS/MD (AMAP)

Cybersécurité : 3e édition des Journées nationales

Bamako, 28 oct (AMAP) Les 3° Journées nationales de la cybersécurité (JNC) 2025, ont démarré mardi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), sous le thème : Résilience numérique des États du Sahel face aux cyber-attaques : sauvegarde des valeurs communautaires dans le cyberespace de l’AES. » Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, était accompagné, de son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, en présence des responsables du Burkina Faso et du Niger. Selon Alhamdou Ag Ilyène, « cet événement traduit notre volonté commune de bâtir un espace numérique sûr, équitable et respectueux des valeurs qui fondent nos sociétés. » Le ministre en charge de la Communication a fait noter qu’à « l’heure où notre pays, le Mali, comme l’ensemble de la Région sahélienne, fait face à des défis sécuritaires multiples, la résilience numérique devient un pilier essentiel de notre souveraineté et de notre stabilité nationale. » Pour lui, « dans un contexte marqué par la recrudescence des menaces hybrides où les attaques terroristes et les offensives numériques se nourrissent mutuellement, la cyber-sécurité n’est plus une simple question technique », a dit le ministre Al hamdou Ag Ilyène. Il a ajouté dit que la cybersécurité constitue, désormais, un enjeu stratégique pour la défense de nos institutions, la protection de nos données et la préservation de notre cohésion sociale. » Le ministre a indiqué que « le cyberespace, véritable agora moderne, offre des opportunités inédites pour le développement mais, expose également nos sociétés à des vulnérabilités nouvelles : désinformation, manipulations, espionnage économique et sabotage des infrastructures critiques. » Le président de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), Saidou Pona Sangaré, a, pour sa part,  expliqué que le thème des Journées,  traduit la volonté des pays de l’AES de bâtir une nation capable de défendre ses intérêts dans le cyberspace mondial, d’assurer par la même occasion, la sécurité de ses citoyens. » D’où la présence de confrères du Burkina Faso et du Niger. La projection d’une vidéo récapitulative des 1ère et 2ème éditions des Journées nationales de la cyber-sécurité a été l’un des temps fort de l’événement. Ces journées prendront fin samedi. ST/MD (AMAP)        

Agence nationale de presse du Mali : Sur un air de renaissance

Par Oumar SANKARE Bamako, 27 oct (AMAP) Centre international de conférences de Bamako (CICB), ce lundi 27 octobre 2025. Le soleil tape comme un forgeron sur l’enclume. Dehors, les eaux paresseuses du Djoliba (fleuve Niger) coulent, reflet doré des boubous et costumes qui affluent vers le Centre international de Conférences. À l’intérieur, dans la salle des banquets, quatre lustres scintillent comme des étoiles au-dessus d’un sol de marbre rouge bordeaux. L’air sent le thé ‘attaya’ brûlant, l’encre fraîche des bulletins et cette odeur si malienne du wax neuf qui craque sous les pas. « I ni ce ! crie », un griot improvisé dans un coin. La kora répond, douce, insistante. L’Agence nationale de presse du Mali renaît aujourd’hui, après des années de léthargie. Et Bamako, fidèle à elle-même, fête ça comme on célèbre un mariage : en couleurs, en voix, en transpiration joyeuse. Amadou Libo Diarra, correspondant de Koulikoro, descend d’un minibus bringuebalant venu de sa ville. Quarantaine fatiguée, teint noir luisant, yeux rougis par une nuit sans sommeil. « J’ai quitté hier mais le carburant… Le chemin n’a pas été facile », dit-il. Il serre la main de votre serviteur comme on retrouve un frère perdu de vue. À dix mètres, Badian Coulibaly, Community Manager de l’AMAP, sourire éclatant malgré les 10 km de marche, aller-retour, d Koulouniko (son quartier), la veille, il court encore. Il oriente un technicien, replace une banderole, met la main à la pâte quand le ruban adhésif lâche. « Le DG dit que si je vis jusqu’à 70 ans, j’aurai gagné 5 ans de bonus ! » lance-t-il, hilare. Plus tard, on le verra sprinter pour récupérer des archives précieuses : « On m’a soufflé que des visiteurs les glissaient dans leurs sacs… » Sous les lustres, les uniformes blancs et bleus de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) tranchent comme des notes claires. Alice Dakouo, chignon serré, chemise impeccable, rougit quand le micro se tend : « C’est une expérience unique… On entend parler de l’agence, mais on ne sait pas ce qu’il y a dedans. » À côté, Claudia, taquine, complète : « On va publier sur X, Facebook, Instagram de l’UCAO. » Cheickné Traoré, appareil en bandoulière, mitraille. Aucun invité n’échappe à son objectif. Il rit, il danse presque. Jean Marie Ntahimpere, leur encadreur, hoche la tête : « L’agence, c’est la mère de la presse. Mais elle ne marche plus bien. Il faut des moyens. Vraiment. » Un discours qui fait vibrer les murs Le calme tombe comme une couverture. Alassane Souleymane, DG de l’AMAP, monte à la tribune. Voix grave, posée : « L’Agence nationale de presse du Mali, c’est plus que L’Essor. C’est Kibaru en bamanankan, en tamasheq, sarakolé, peul. C’est 180 agents, 50 faces publicitaires, une mémoire depuis 1949. Le Soudan français a lutté pour l’indépendance dans ces pages. Aujourd’hui, on passe au digital. » Puis le ministre Alhamdou Ag Ilyène, en boubou bleu et blanc éclatant, lance  : « Une presse libre, c’est la garantie de la démocratie ! L’AES n’est pas un coup de tête. C’est une réaction. Nous ne sommes plus maîtres de rien après 65 ans ? Alors, nous reprenons notre destin ! » Un cameraman et un photographe se disputent un angle. Bounama Magassa, photographe de l’Agence arrive, sourire large, tape dans le dos : « Allez, on partage la vue, comme on partage le thé ! » Rires. Applaudissements. La kora reprend, plus forte. DES ANCIENS, GARDIENS DU TEMPLE – Dans un coin, les retrouvailles. Le doyen Gaoussou Drabo, pas assurés, avance. Les jeunes accourent. Les anciens s’étreignent. Bréhima Touré, large sourire, lance une blague. Ahmadou Cissé répond. Éclats de rire. Souleymane Doucouré, ancien DG adjoint, regarde une affiche : « En 2010, j’ai fait le tour du Mali pour voir les 42 cercles. Pas de portable. Juste des dépêches. » Il montre un visage sur le mur : « Lui, c’est un défunt. Mais il est là. » Bréhima Touré, lui, se souvient : « 2006. On passe L’Essor de 8 à 16 pages. En couleur ! J’étais secrétaire général de rédaction. Stress total. Le ministre de la Communication, Gaoussou Drabo, venait boucler avec nous l’après-midi. On a mis des enquêtes, des préoccupations du public. Avant, c’était que des comptes rendus. Là, c’était vivant. » Il insiste, les yeux brillants : « Il faut des journalistes pointus. Pas juste des comptes rendus. Sinon, personne ne lira. » Le Panel 1 porte sur « Médias publics & défis du numérique » Modérateur Kader Sanankoua. Mamadou Koumé (ex-DG APS Sénégal) tape du poing : « Des vidéos sans info ? Non ! Les dépêches vérifiées, c’est le cœur ! » Moussa Diarra, directeur de l’agence approuve. Fideles Guindou : « Adaptons-nous à la demande, sinon on meurt. » M. Ying de Xinhua écoute, note, sourit. La salle vrombit. On propose, on contredit. C’est vivant. C’est l’Afrique qui pense. Et demain ? La kora s’apaise. Les lustres s’éteignent un à un. Dehors, le soleil descend sur le Niger, rouge comme le marbre du CICB. L’ANP n’est plus une ombre. Elle est un baobab qui reverdit.  Bréhima Touré murmure, avant de partir : « Si on forme bien, si on donne les moyens… on sera lus. Sinon, on restera dans les archives. » Ramatoulaye Sidibé, hôtesse, arrivée à 7h30 : « Tout est poli, souriant. Alhamdoulilah. » Fanta Konaté, d’Infinity Group, partenaire : « On a tout géré : bâches, kakemonos, malgré le carburant. Trois ministres présents. Défi relevé. » Moustapha Coulibaly, de l’Ororganisation est au four et au moulin. Entre deux coups de fil, il dit : « On manque de perdiems, de crédit pour assuer les directs sur les réseaux sociaux. Mais on assure. »  Abdoulaye M. Traoré, correspondant de Banamba, arrive essoufflé : « J’ai attendu un car de 6h à 13h. Mais je suis là. On attendait cet évènement depuis longtemps. » OS/MD (AMAP)

Relance de l’Agence nationale de presse du Mali : Son repositionnement en débat

Bamako, 27 oct (AMAP) Les travaux des Journées de relance de l’Agence Nationale de Presse du Mali, ont débuté, ce lundi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous le thème « Pour une information accessible, crédible et souveraine » et destinés à « repositionner l’agence, à engager une réflexion collective sur son avenir et celui des médias publics », a constaté l’AMAP. « L’agence malienne de presse et de publicité AMAP), l’Office de la radio diffusion et de télévision du Mali (ORTM) l’Agence nationale de communication pour le développement, (ANCD), sont des instruments stratégiques de l’État », a rappelé le ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration du Mali, Alhamdou Ag Ilyène. Il a ajouté que ces outils « doivent être renforcés, modernisés et valorisés pour répondre aux attentes des citoyens, accompagnés de politiques publiques et garantir un accès équitable à une information fiable et souveraine.» Pour le ministre en charge de la Communication, la relance de l’Agence nationale de presse du Mali, portée par l’AMAP « est une étape décisive dans cette dynamique. » « Je suis particulièrement ému de constater qu’elle s’inscrit dans une vision stratégique en vue de repositionner l’AMAP à travers l’Agence nationale de la presse», se réjouit-il. Il a assuré : « le gouvernement du Mali reste pleinement engagé à améliorer les conditions de travail des acteurs de la presse, à renforcer leur capacité et à garantir leur sécurité dans l’exercice de leur mission. » Au regard de la densité du programme des journées de relance, avec des panels de discussion sur lamatière propre du secteur des médias, une table ronde sur les objectifs scientifiques, le ministre Ag Ilyène estime que l’objectif sera atteint. « Que ces journées soient porteuses de recommandations concrètes, d’engagement partagé et d’une feuille de route ambitieuse pour notre Agence nationale de presse». « Aujourd’hui, nous avons décidé de mettre en avant l’Agence nationale de presse, parce que comme vous le savez une agence nationale, est un outil de référence pour un État. L’Agence nationale de presse du Mali est logée à la maison de l’AMAP. Elle a connu son temps de gloire, mais avec l’évolution du temps, il faut l’adapter », a déclaré le directeur général de l’AMAP, Alassane Souleymane. Il a précisé que « ces journées de relance doivent nous permettre de réadapter l ‘agence à l’évolution des temps mais, surtout, la positionner dans l’écosystème médiatique/ ». « L’agence a ses journalistes correspondants à travers le pays. Mais comment mettre en valeur leur travail. Une agence de presse est grossiste de l’information. Aujourd’hui, l’information est une denrée, qui est recherchée. Comment bâtir un nouveau modèle d’agence par rapport à tout ce qui se passe dans notre pays», a-t-il expliqué. Quant à la représentante de l’UNICEF, Adriana Borra, elle a dit que « la réflexion que nous attendons aujourd’hui dans le cadre des Journées de relance de l’Agence nationale de presse du Mali, arrive à un moment particulièrement opportun. L’agence nationale de presse du Mali peut déjà compter sur son précieux réseau de correspondants présents dans plusieurs régions du pays.» Dans un monde où circule de plus en plus d’intox et d’information fabriquée de toutes pièces, la représentante de l’UNICEF estime que « le rôle d’une agence de presse nationale est plus essentiel que jamais.  Des dépêches sourcées, vérifiées et impartiales, respectueuses des droits humains et de l’enfant. » L’UNICEF est fier de partenariats solides, qui le lient depuis de nombreuses années, aux médias publics maliens. « Je pense notamment au programme de l’enfant journaliste. C’est à travers ce programme que nous pouvons construire ensemble un espace d’expression. » La cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre en charge de la Communication, Alhamdou Ag Ilyène, accompagné de ses collègues en charge de la Culture, Mamou Daffé et de la Santé, le =colonel-major Assa Badiallo Touré. MMD/MD (AMAP)

Restitution de la résidence artistique et production musicale

Mopti, 25 oct (AMAP) Le Fonds d’appui aux moteurs du changement (FAMOC) de  l’ONG EFES/Festival au désert a organisé à Mopti (Centre) une résidence artistique, production musicale de 10 jours et restitution publique. Pour cette activité, dans le cadre du projet « L’art et la culture comme outils de prévention et de gestion de conflits entre les communautés » financé par le ministère des Affaires étrangères du Danemark à travers, il s’agissait de mettre ensemble sur scène plusieurs artistes musiciens pour créer un chant dédié à la paix et la cohésion sociale et en faire une restitution à travers un concert gratuit à l’attention du public. La session de Mopti a regroupé une dizaine d’artistes musiciens de renom de plusieurs groupes ethniques venus de Bamako et de la région, entre autres, le musicien chanteur Dogon, Petit Goro, Nouhoum Kampo, Dicko Bah, Nasta Djenepo, Mariam Sacko et des jeunes rappeurs locaux avec le soutien musical de l’orchestre de l’Alliance franco-malienne de Mopti. Tenu le samedi 25 octobre 2025, le concert gratuit de restitution des travaux de la résidence, riche en son et lumière, a eu pour cadre le terrain municipal Hambodedjo de Sévaré et d’un public nombreux d’hommes, de femmes et des jeunes qui avaient pris d’assaut les lieux. Le public assoiffé de paix à suivi avec intérêt la création du groupe d’artistes appelé « Ben » en Bambara et chanté en différentes langues. La composition musicale bien accueillie par le public à travers des applaudissements nourris, met en avant les valeurs de paix, de dialogue et de solidarité est un vibrant appel aux communautés pour une appropriation de nos mécanismes endogènes de gestion des conflits. Après la restitution du travail collectif, les artistes ont, à travers des prestations individuelles, tenu le public en haleine toute la soirée. A l’occasion, le coordinateur du projet Ehamatt Ag El Medy a rappelé que le projet « L’art et la culture comme outils de prévention et de gestion de conflits entre les communautés » vise à renforcer la coexistence pacifique et la résilience des jeunes à travers la création artistique, la formation et la diffusion culturelle dans les régions de Tombouctou (Nord), Mopti (Centre) et dans le District de Bamako. Selon El Medy, l’ONG EFES/Festival au Désert porteur de l’initiative est créé par des acteurs culturels maliens engagés pour la paix et la valorisation du patrimoine. Il œuvre pour la promotion de la culture comme instrument de dialogue et de cohésion sociale. Pour le responsable de l’ONG, le choix de Mopti, comme zone d’intervention, se justifie par sa situation de carrefour de culture ou plusieurs groupes ethniques se retrouvent. Le représentant du maire de la commune urbaine de Mopti, Albassa Maiga, s’est réjoui du choix de sa collectivité pour abriter cette initiative qui facilite la compréhension mutuelle mais aussi la tolérance entre les groupes. Il a souhaité la multiplication « des opportunités du genre qui permettent un partage d’expériences, d’histoire et de valeurs pouvant réduire les tensions dans la communauté ». Au nom des artistes participants à cette résidence artistique, Petit Goro s’est dit fier « de l’initiative qui permet aux hommes de culture de jouer leur partition dans la lutte contre le terrorisme et le retour de la paix et le vivre ensemble dans notre pays. » DC/MD (AMAP)