Ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration : La 3e édition de la Semaine du Numérique se tiendra du 29 au 31 janvier 2026

Bamako, 06 janv. (AMAP) Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a annoncé, mardi après-midi, lors d’une conférence de presse tenue dans la salle de réunion du ministère des Sports, la tenue de la 3e édition de la Semaine du Numérique. L’événement se déroulera du 29 au 31 janvier 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), avec le Burkina Faso et le Niger comme pays invités d’honneur. Placée sous le thème « Le gouvernement à l’ère de l’intelligence artificielle : opportunités et défis pour la culture », cette édition vise, selon le ministre, à examiner la vision stratégique de chaque pays membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) en matière de transformation numérique, dans un contexte de crise multiforme et face à l’avancée rapide de l’intelligence artificielle. « L’événement s’ouvrira par un panel inaugural de haut niveau réunissant les ministres en charge du numérique du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ils aborderont le thème central de la Semaine et proposeront des solutions pour un développement coordonné du numérique dans l’espace AES », a précisé Alhamdou Ag Ilyène. Plusieurs panels thématiques sont également prévus, notamment sur « L’identité numérique, la certification et la signature électronique : quelles perspectives ? ». Ce sujet revêt une importance stratégique pour le Mali, dans le cadre de l’accélération des services d’e-gouvernement et du renforcement de la confiance numérique, a souligné le ministre. Par ailleurs, des compétitions seront organisées entre les start-ups et PME de l’espace AES, les jeunes cyberdéfenseurs (Cyber Défenseurs Juniors) ainsi que les services relevant de l’administration malienne. Les trente (30) candidats présélectionnés bénéficieront d’un coaching dispensé par l’AGETIC dans son Centre d’incubation. Les trois meilleurs de chaque catégorie seront primés, et un prix spécial sera décerné à la meilleure initiative féminine, a conclu Alhamdou Ag Ilyène. ST/MD (AMAP).

Le fleuve Sénégal de plus en plus trouble et ensablé

Par Abdoulaye Telli BALDE Diamou, le 5 janv (AMAP) Le fleuve Sénégal, l’un des principaux cours d’eau d’Afrique de l’Ouest, traverse plusieurs pays, dont le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée. Il reste une source vitale pour des millions de personnes, soutenant l’agriculture, la pêche, l’approvisionnement en eau potable et la production d’électricité hydroélectrique. En cette période de l’année, où les eaux sont normalement claires, le fleuve affiche un état inhabituel qui inquiète fortement les populations riveraines. Sidy Makan Konaté, jardinier au bord du fleuve depuis plus de vingt ans, déclare n’avoir jamais vu une telle coloration. Pour lui, ce phénomène traduit une dégradation progressive de l’environnement fluvial. Selon des sources non officielles, des activités de dragage intensives en amont, souvent liées à l’orpaillage, seraient responsables de cette situation. Ces opérations remuent de grandes quantités de sédiments et impliquent l’utilisation de produits chimiques toxiques, parfois cancérigènes, dont les rejets accentuent la turbidité et menacent la santé des riverains. À cela s’ajoute un ensablement croissant. De nombreuses petites îles sableuses émergent sur plusieurs tronçons, parfois par dizaines sur un même segment. La végétation finit par s’y installer, transformant progressivement le lit du fleuve en une succession d’îlots. Ce processus réduit la profondeur et la largeur du cours d’eau, fragilise la pêche et perturbe durablement les écosystèmes aquatiques. CONSEQUENCES SANITAIRES – Malgré ces signes alarmants, les riverains n’ont souvent pas d’autre choix que d’utiliser cette eau pour leurs besoins quotidiens. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser cette eau colorée, malgré les risques », confie Mariam Bakayoko, ménagère à Diamou. Boisson, cuisine, lessive, baignade et abreuvement du bétail dépendent encore largement du fleuve dans de nombreuses localités. Cette dépendance expose la population à de sérieux risques sanitaires : diarrhées aiguës, dysenterie, choléra, fièvre typhoïde, bilharziose et diverses affections cutanées. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Dramane Diakité, élu local, exhorte les autorités à agir sans délai. Il demande l’ouverture rapide d’une enquête pour identifier précisément les causes de cette dégradation et mettre en place des solutions durables. Il plaide également pour une implication accrue des communautés locales dans la gestion intégrée des ressources en eau. « Dans l’immédiat, il est essentiel de prendre des mesures concrètes pour protéger notre fleuve et préserver la santé de nos populations ainsi que celle de notre environnement », avertit-il. Sans réaction rapide, des milliers de riverains resteront exposés à des risques majeurs liés aux maladies hydriques. Les habitants interpellent par ailleurs l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) et les États riverains pour un renforcement du contrôle des activités de dragage et la mise en œuvre de mesures efficaces contre l’ensablement. Pilier écologique, économique et social transfrontalier, le Fleuve Sénégal traverse aujourd’hui une phase critique. Sans actions concertées et rapides des parties prenantes, ce patrimoine commun risque des dommages irréversibles, compromettant le bien-être des générations actuelles et futures. ATB/OS/MD (AMAP)

San : Visite de l’évêque du Diocèse à la maison d’arrêt

San, 5 janvier (AMAP) Les personnes détenues et le personnel de la de la maison d’arrêt de San ont reçu le vendredi, 02 janvier 2026, une visite de son excellence Monseigneur Hassa Florent Koné, Évêque du Diocèse de San, a constaté l’AMAP. Cette visite qui a lieu le 02 janvier de chaque année s’inscrit dans le cadre des actions de solidarité des sœurs missionnaires de la charité. Selon Mgr Hassa Florent Koné, l’objectif est d’apporter un peu de joie à nos frères et sœurs détenus et leur confirmer l’amour du prochain tel que recommandé par Jésus Christ. Dans son adresse, il a rappelé que ces personnes détenues sont des citoyens Maliens dont le pays a besoin s’ils se convertissent. La visite a pris fin par le partage en commun d’un repas, la remise de cadeaux et des bénédictions à l’endroit des pensionnaires de la maison d’arrêt de San.  NC/KM (AMAP)

Discours du Président de la Transition, chef de l’Etat à l’occasion du nouvel An 2026

Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Hôtes du Mali, Par la grâce d’Allah, nous franchissons le seuil de la nouvelle année 2026. En ce moment de recueillement et d’espérance, je formule pour chacune et chacun d’entre vous des vœux de réconfort, de concorde, de santé et de prospérité. Je m’incline pieusement devant la mémoire de nos martyrs, civils et militaires. Leur sacrifice est le socle de notre engagement et de notre Renouveau. À nos blessés, aux familles endeuillées, la Nation exprime sa solidarité indéfectible. Je voudrais également adresser ma compassion aux populations durement éprouvées par les sinistres survenus dans notre pays. Je formule le voeu que l’élan de solidarité nationale, dans la dignité et l’entraide, continue de soulager les peines et de relever les vies. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Le passage à une nouvelle année est une occasion de regarder ensemble le chemin parcouru, d’évaluer nos efforts communs et de mesurer, avec lucidité, les défis à relever. L’année 2025 dont nous vivons les derniers instants, a été une année d’épreuves, notamment sur les plans énergétique et économique. Elle a également été une année de vérité, celle qui révèle dans l’adversité, le patriotisme et la résilience indéfectible des Maliennes et des Maliens. Je rends un hommage appuyé à notre peuple pour sa dignité, sa patience et sa détermination. Depuis plusieurs mois, notre pays subit d’importantes perturbations dans son approvisionnement en carburant, consécutives à des attaques répétées contre des convois vitaux. Parallèlement, une campagne de désinformation a tenté d’installer le doute, la peur et la division. Elle n’a fait que renforcer notre prise de conscience collective et consolider notre dynamique de résistance. En ces instants solennels, je salue la bravoure de nos opérateurs économiques, de nos chauffeurs et de leurs apprentis, qui, au péril de leur vie, ont assuré le ravitaillement du pays. Je félicite nos Forces Armées et de Sécurité, ainsi que le Gouvernement, pour la coordination de la réponse nationale ayant permis d’éviter des ruptures majeures de carburant. Derrière chaque défi se dresse une opportunité. Le défi d’importation doit devenir une opportunité d’innovation. Pour une Nation debout comme la nôtre, l’adversité n’est pas un frein, elle est un levier. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Face aux pressions, aux tentatives d’isolement et aux manœuvres d’influence, le Mali a fait un choix : celui de la souveraineté assumée. Là où certains attendaient la résignation, nous avons opposé la décision. Le temps de l’improvisation est révolu. Le Mali a fait le choix irréversible de rompre avec la navigation à vue. C’est dans cette perspective que j’ai doté notre Nation d’une boussole stratégique : la Vision prospective « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », adossée à une stratégie de mise en œuvre 2025-2033. Ancrée dans le scénario du Renouveau, cette vision est notre pacte d’honneur avec les générations futures. À l’horizon 2063, notre ambition est de faire du Mali une Nation souveraine, unie, juste, sécurisée et prospère. Nous abordons l’année 2026 avec une ligne de conduite : celle de consolider la souveraineté et de bâtir une prospérité partagée. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, La paix durable demeure la condition première de tout progrès. C’est le sens du combat héroïque mené chaque jour par nos Forces de Armées et de Sécurité contre le terrorisme et le crime organisé. Je salue leur bravoure, leur discipline et leur professionnalisme. La Nation ne les oubliera jamais. Mener une guerre asymétrique est une épreuve redoutable. Mais face à la menace, nous avons choisi de rebâtir notre outil de défense. Des avancées significatives ont été enregistrées : des zones ont été sécurisées, la liberté de mouvement s’est améliorée et l’autorité de l’État poursuit son rétablissement. Cette dynamique dépasse nos frontières nationales. Avec nos frères du Burkina Faso et du Niger, nous avons franchi une étape déterminante avec l’opérationnalisation de la Force unifiée de l’AES et la mise en place d’un dispositif opérationnel coordonné. Face à l’ennemi commun, notre solidarité se traduit en actes : protéger nos peuples et défendre notre espace commun. Nous savons aussi que la paix véritable ne s’impose pas : elle se construit. Elle exige la vérité, le dialogue et la confiance entre Maliens. L’adoption de la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale marque une étape décisive, celle d’un processus de paix endogène, porté par notre volonté collective. Dans ce cadre, une nouvelle phase du programme du DDR-I a été engagée, avec un recrutement spécial et la réinsertion de milliers d’ex-combattants, notamment à Ménaka, Kidal, Mopti, Ségou, Gao et très prochainement Tombouctou. La mise en place de l’Observatoire pour la Paix renforcera durablement cette dynamique. En tirant les leçons des processus de paix antérieurs, il apparaît clairement que les solutions maliennes sont les plus viables pour le Mali. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Si la souveraineté militaire garantit l’intégrité du territoire, la souveraineté culturelle protège l’âme de la Nation. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé une dynamique de renaissance culturelle et d’éducation aux valeurs, afin de renforcer durablement le vivre-ensemble et de façonner le Maliden Kura : un citoyen patriote, responsable et bâtisseur. L’officialisation de nos langues nationales et la valorisation de nos légitimités traditionnelles ne sont pas du folklore, elles expriment un retour à notre essence. Cette renaissance consolide la cohésion sociale, renforce la paix et fait de notre culture un levier de rayonnement et de développement endogène. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, La Justice et la gouvernance vertueuse demeureront au cœur de notre projet national. La lutte contre la délinquance économique et financière, la corruption et l’impunité n’est pas une option : elle s’impose comme un devoir. Le Pôle National Économique et Financier et l’Agence Nationale de Recouvrement des Avoirs saisis ou confisqués, participent à l’affirmation de la règle que nul n’est au-dessus de la loi, et que l’argent indûment soustrait à la Nation doit obligatoirement revenir à la Nation. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Lors des Assises nationales de la Refondation, le peuple malien avait exprimé sa vive préoccupation face aux dérives et dysfonctionnements du paysage

Vœux de l’Agence Nationale de Presse du Mali à l’occasion du Nouvel an 2026

La Rédaction de l’Agence Nationale de Presse du Mali vous souhaite une bonne et heureuse année 2026. Que le nouvel an soit pour chacune et chacun une année de paix, de santé, de succès, de prospérité et de bonheur. Qu’il apporte la paix, la réconciliation et la cohésion sociale dans notre pays. L’Agence vous remercie et reste engager pour vous donner l’information au quotidien et la bonne information sur notre grande Nation.

Mendicité des enfants à Sikasso : Entre religion, pauvreté et exploitation

Sikasso, 31 décembre (AMAP)La mendicité prend de l’ampleur dans notre pays, malgré les textes l’interdisant. Phénomène inquiétant, elle concerne tous les âges et est devenue un véritable problème de société. A Sikasso, tout comme dans plusieurs régions du Mali, la mendicité est perçue comme une habitude et un moyen facile de se faire de l’argent. Elle existe depuis la nuit des temps. La mendicité est généralement pratiquée par les adeptes de la religion musulmane. Elle est pratiquée par les enfants talibés de 6 à 12 ans révolus et les personnes handicapées. Pour ce faire, les maîtres coraniques assurent l’apprentissage mais les mendiants vont à la quête de l’argent et du petit pain. Rencontrer des enfants pieds nus, vêtus de haillons, tendant la main aux passants pour demander de l’argent, un morceau de pain ou d’autres types de nourriture n’est plus étonnant. Seuls ou accompagnant une personne handicapée, ils sont nombreux à mendier chaque jour devant les mosquées, les restaurants, les domiciles, les marchés et au bord des goudrons de la cité verte du Kénédougou. «Dalagarib ! dalagarib !dalagarib ! », s’écrie le petit Yaya Bamba devant une porte au quartier Bougoula-ville de Sikasso. Alors qu’il ne fait que 7h du matin, le petit garçon d’environ 6 ans est déjà sur pied à la quête de son pain quotidien. Yaya Bamba confie qu’il est venu de Loulouni (situé à une cinquantaine de kilomètres de Sikasso) avec son maître coranique.Ce dernier leur apprend le coran. « Chaque jour, nous allons à la rechercher de la nourriture ou de l’argent. Si je ne ramène rien, on me puni. Or, moi je veux apprendre, pas mendier », déplore-t-il, la voix très pathétique. Tout comme Yaya Bamba, Boubacar se trouve dans la même situation.Il est venu de Mopti. Il affirme qu’il a été confié à un maître pour apprendre le coran. Mais très souvent, il est contraint de mendier dans les rues pour ramener de l’argent ou de la nourriture chez son maître. « Des fois, je passe toute la journée les mains vides. J’aimerais retourner à Mopti mais je ne peux pas sans l’autorisation de mon maître », témoigne-t-il. Le cas de Karim sort un peu de l’ordinaire. La mendicité est devenue son métier. Agé de 38 ans, il est marié et père de trois garçons. «Je suis dans la rue depuis plusieurs années…Parfois j’emmène mes enfants avec moi car avec eux, les gens sont plus tolérants et ils donnent plus facilement de l’argent ou de la nourriture. Je sais que ce n’est pas bien mais c’est pour notre survie… », explique-t-il. La maman Aïssata Diallo se trouve dans une situation complexe. Elle soutient que son mari l’a « tout bonnement » abandonné avec ses enfants. Alors, chaque jour, elle a peur de pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants. «Mon fils Kalifa a 10 ans. Je l’envoie mendier au grand marché malgré moi-même.Il m’apporte un peu d’argent ou de nourriture », explique-t-elle. Elle ajoutera qu’elle est consciente que ce n’est pas une vie pour un enfant mais elle n’a rien à lui donné et elle n’a pas d’autres alternatives. Pour sa part, le maître coranique Amadou Diallo révèle qu’il a sous sa responsabilité plus de 40 enfants, âgés de 6 à 14 ans depuis plus de 20 ans. Il reconnait que les pratiques doivent évoluer. « A l’époque de mon père, les talibés mendiaient mais c’était surtout pour apprendre de l’humilité. Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. Beaucoup de maîtres abusent. Ils utilisent les enfants comme une source de revenus. Or, ces enfants nous sont confiés par Dieu et par leurs parents. On doit les protéger », précise le maitre coranique. A l’en croire, le gouvernement doit prendre des dispositions contre ceux qui ne font pas bien leur travail. Sinon, on perdra l’essence même de l’éducation coranique. « Dans l’islam, aider les pauvres est un devoir mais la mendicité forcée, particulièrement celle des enfants, n’est pas conforme à notre religion », dira l’imam Oumar Sissoko de la mosquée du quartier Médine de Sikasso. Il soutient que le Prophète (PSL) encourageait le travail plutôt que la mendicité. Les maîtres coraniques, selon lui, doivent prioriser l’éducation et les valeurs de la responsabilité. Ils ne doivent pas exploiter les enfants. Pour le chef de la division promotion enfant et famille de la direction régionale de Sikasso, Ousmane Keita, la mendicité des enfants reste une réalité bien présente. Selon lui, c’est le cas des talibés qui est le plus fréquent dans la cité verte du Kénédougou. Et ce, malgré les efforts de sensibilisation entrepris pour mettre fin à la pratique. A l’en croire, cela fait une belle lurette que la sensibilisation pour l’abandon de cette pratique a baissé de niveau compte tenu du comportement de certains maîtres coraniques. « Ces derniers pensent que la pratique est une loi divine et arrêter cela signifiera se mettre en désaccord avec la religion », dixit-il. En outre, il a rappelé que jadis,  précisément dans le temps d’El hadj Oumar, les gens mendiaient pour avoir de quoi manger. Mais aujourd’hui, la mendicité est devenue une véritable profession. « C’est cela le drame. Les parents ne contribuent pas et les maîtres coraniques tirent profit… »,indique-il. Et de poursuivre qu’à l’heure, le phénomène persiste, or, très peu d’initiatives sont actuellement entreprises pour mettre un terme à la pratique au sein de la communauté. Certains maîtres coraniques, au lieu de se limiter à l’enseignement du coran, exploitent les enfants dans les travaux champêtres. Ils les obligent à mendier dans les rues. Pour d’autres, chaque enfant doit amener un montant fixe dans la journée. Sur le registre des actions menées dans le cadre de la lutte contre la mendicité, Ousmane Keita affirme qu’au niveau régional, en 2024, la direction régionale de la promotion de la Femme, de l’enfant et de la famille et ses partenaires ont accompagné plus d’une dizaine d’enfants talibés dans leurs localités. Il s’agit, entre autres, de Kadiana, Bougouni, Ségou, la Côte d’Ivoire…Comme stratégies de lutte contre le phénomène, la direction organisait entre 2011 et 2012, des causeries-débats. Ces rencontres réunissaient les imams, les maîtres coraniques et les chefs de

Kayes : Reconduction du couvre – feu pour 30 jours

Kayes, 31 décembre (AMAP) Le Gouverneur de la Région de Kayes, le Général de Brigade Moussa Soumaré, à l’approche de la fête du nouvel an, a reconduit le Couvre-Feu dans sa circonscription administrative pour une période de 30 jours, allant de ca mercredi au 30 janvier 2026 de minuit à 5 h00 du matin, a appris l’AMAP de source officielle. Cette mesure s’explique par la fragilité de la situation sécuritaire, depuis les attaques survenues le 1er Juillet dernier dans certaines localités de cette partie Ouest du Mali. En prenant la décision la Décision No 00 1063/GRK-CAB portant reconduction du couvre-feu dans la Région de Kayes, le Général de Brigade Moussa Soumaré réaffirme sa volonté d’œuvrer pour assurer la sécurisation des personnes et de leurs biens dans sa région. Selon la décision, seules les véhicules des Forces de défense et de sécurité et les ambulances munies d’ordre de mission peuvent circuler durant les heures concernées par le couvre-feu. Il est à noter que la semaine dernière, les FAMa ont neutralisé des individus armés qui tenaient de mener une attaque contre le camp militaire de Sandaré (Nioro), sur l’axe Kayes-Diéma. BMS/KM (AMAP)

Bougouni : Sortie de la 2ème vague du Contingent 2023

Bougouni, 31 décembre (AMAP) La sortie de la 2ème vague du Contingent 2023 a été présidée lundi au Centre de formation commune de Base de Bougouni, par le Représentant du Commandant du 82ème Régiment Blindé de Bougouni, le Lieutenant-Colonel Seydou Traoré, a constaté l’AMAP Ils sont 868 recrues issues de l’Armée de Terre, de la Garde nationale, du Génie militaire, de la Direction des transmissions et des télécommunications des Armées et de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées, à se présenter officiellement devant le drapeau. La cérémonie s’est déroulée en présence du Directeur de Cabinet du Gouverneur, Dramane Diakité, du Conseiller à la sécurité et à la protection civile du Gouverneur, le Colonel Bassirou Diarra, des responsables des forces de défense et de sécurité de la région de Bougouni et des représentants des autorités administratives et politiques régionales. Le Directeur du Centre, le Commandant Issaka Kané de la Garde nationale a précisé que cette formation a permis aux jeunes soldats d’acquérir les compétences techniques, tactiques et stratégiques nécessaires à l’accomplissement de leurs missions régaliennes. Ces soldats au service de la nation ont également été initiés au droit international humanitaire, au civisme et à la citoyenneté, conformément à la vision des autorités qui prônent la discipline, le patriotisme et le sens de responsabilité. Selon le Représentant du Commandant de la 8ème Région militaire, le Lieutenant-colonel Seydou Traoré, cette formation initiale vise principalement à transformer une recrue en un militaire compétent et discipliné, en lui inculquant les fondamentaux du métier des armes – notamment la tactique et l’instruction sur le tir et les valeurs essentielles de la communauté militaire notamment la cohésion, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi. La cérémonie a été marquée par la remise des attestations, des démonstrations de combat corps à corps, la présentation au drapeau et un défilé militaire qui a clôturé l’événement. Pour rappel, cette formation des 868 recrues du contingent 2023 s’est déroulée pendant cinq mois. BHT/OS (AMAP)

CAN 2025 : Le Mali en huitièmes de finale

Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Alou SISSOKO (Photos) Casablanca, 29 déc (AMAP) Les Aigles du Mali disputeront les huitièmes de finale de la CAN, Maroc 2025 après s’être qualifiés, lundi, pour le deuxième tour de la compétition, par un match nul contre les Comores (0-0), au complexe sportif Mohammed V de Casablanca, au compte de la 3è journée du groupe A. Les joueurs de Tom Saintfiet terminent à la 2è place de leur groupe avec 3 points derrière le Maroc (7 points) qui a battu la Zambie (3-0) dans l’autre match de la poule. En huitième de finale, le capitaine Yves Bissouma et ses partenaires affronteront le deuxième du groupe C, le samedi 3 janvier au complexe sportif Mohammed V de Casablanca à 20h. La Tunisie, qui occupe actuellement la deuxième place du groupe C avec 3 points, sera probablement le prochain adversaire des Aigles. Les Maliens seront fixés ce mardi à l’issue des rencontres du groupe C : Ouganda-Nigeria, Tanzanie-Tunisie (17h). Après deux journées de débats, le Nigeria mène la course avec 6 points devant la Tunisie (3 points), la Tanzanie (1 point) et l’Ouganda (1 point). En 2019 en Égypte, en 2022 au Cameroun et en 2024 en Côte d’Ivoire, le Mali a atteint les huitièmes de finale. LMD/MD (AMAP)

Traditions locales : Le péril de la modernité

Par Abdoulaye Telli BALDE Diamou, 28 déc (AMAP) Pendant des décennies, l’éducation et l’organisation sociale au sein des communautés Khassonké reposaient sur un socle communautaire solide. Ce modèle, fondé sur la transmission des valeurs, des savoirs et des responsabilités collectives, a longtemps garanti la cohésion sociale. Aujourd’hui, cet équilibre est profondément fragilisé par la modernité et la généralisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Nianankoro Konaté, notable et figure respectée du milieu Khassonké, se souvient d’une époque où l’initiation des enfants relevait d’une responsabilité collective. Vers l’âge de 14 ans, tous les garçons étaient circoncis ensemble puis retirés du monde pendant plusieurs semaines. Placés sous l’encadrement de jeunes initiés, appelés « Sembé », ils recevaient une éducation fondée sur les valeurs essentielles de la société : loyauté, dignité, honneur, mais aussi solidarité, partage, tolérance, respect et vivre ensemble. Pendant cette période, on imprégnait également les initiés des interdits sociaux considérés comme déshonorants, tels que le vol, le mensonge, l’adultère, etc. L’initiation s’achevait par une cérémonie marquant le passage à une étape supérieure. L’épreuve du « Mamo », organisée de nuit en brousse, visait à forger le courage et à éprouver la détermination des jeunes initiés. Derrière ce mythe, dont seuls les initiés détenaient la signification réelle, se cachait un puissant outil pédagogique destiné à renforcer l’endurance morale et le sens des responsabilités. Le mariage constituait également un pilier central de la vie sociale. Autrefois, il relevait avant tout de la sphère familiale. Les parents se chargeaient de choisir, pour leur fils, une épouse issue d’une famille reconnue pour ses valeurs et sa bonne moralité. Les démarches se faisaient progressivement, à travers des étapes bien définies, (première, deuxième et troisième remise de cola), permettant à la belle famille de mener des enquêtes discrètes et d’observer les futurs époux. Une fois l’accord donné, l’union se célébrait dans la simplicité. Le mariage n’était pas une affaire de richesse, mais de respectabilité et de confiance entre les familles. MUTATIONS ET RUPTURE : – Avec l’avènement de la modernité, ces pratiques ont profondément évolué. Aujourd’hui, les jeunes se rencontrent, s’aiment et nouent des relations avant d’en informer leurs parents. Dans le même temps, de nouvelles exigences se sont greffées aux cérémonies matrimoniales : tenues uniformes, dîners, festivités multiples. Ces extravagances ont contribué à rendre les mariages de plus en plus coûteux, transformant progressivement l’union en une affaire d’argent. Selon Nianankoro Konaté, cette évolution explique « en partie la fragilité et la courte durée de nombreux mariages contemporains. » Outre les rites et les relations familiales, la modernité a également bouleversé les relations humaines et les mécanismes de transmission des valeurs sociétales. Pour Moussa Yalcouyé, enseignant à la retraite, cette mutation « touche en profondeur le système éducatif, y compris dans ses dimensions institutionnelles. » Il constate l’effacement progressif des liens de proximité qui structuraient autrefois la vie quotidienne. Dans les familles comme dans les « grins » (clubs d’amis), les moments d’échange et de discussion collective ont cédé la place à une communication de circonstance. Là où l’on causait et partageait librement, chacun est désormais absorbé par son téléphone, échangeant avec des personnes à des milliers de kilomètres par réseaux sociaux interposés, tout en ignorant parfois celles qui se trouvent, tout près, a portée de voix. Il rappelle qu’autrefois, les grands parents jouaient un rôle central dans l’éducation informelle. Ils regroupaient, la nuit au tour du feu, les enfants pour leur raconter des histoires soigneusement construites, porteuses de leçons de vie, de sagesse et de repères culturels. Ces récits contribuaient à façonner le caractère, à transmettre les valeurs et à renforcer le vivre ensemble. « Aujourd’hui, observe-t-il, ces pratiques se raréfient. Dans de nombreuses familles, lorsque les regards ne sont pas rivés sur les téléphones portables, ils se tournent vers les écrans de télévision, reléguant les échanges humains au second plan. » Pour Moussa Yalcouyé, cette évolution traduit une rupture silencieuse dans la transmission des savoirs et des valeurs. L’éducation, autrefois collective et encadrée par les aînés, est désormais largement influencée par les écrans et les réseaux sociaux, souvent sans filtre ni accompagnement. Il plaide ainsi pour une régulation plus stricte des réseaux sociaux et pour un rôle plus affirmé de l’État, notamment à travers l’encadrement des contenus et la promotion de productions locales en harmonie avec les valeurs ancestrales. Ces témoignages révèlent une société en pleine mutation, où la modernité fragilise progressivement les repères traditionnels. L’enjeu n’est pas de freiner le changement, mais de préserver les valeurs essentielles afin que l’évolution se fasse sans rompre le lien social et culturel. ATB/MD (AMAP)