Bamako, 8 novembre (AMAP) Les journalistes sportifs doivent apprendre à composer avec les créateurs de contenu et les influenceurs. C’est ce qu’a soutenu le président de l’Association des journalistes sportifs du Mali, Oumar Baba Traoré, lors d’un panel de haut niveau du 5e Salon des médias du Mali (SAM-Mali), consacré à la construction d’un écosystème médiatique autour du sport local en Afrique.
« C’est une nouvelle forme d’inclusion à laquelle il faut s’adapter », a-t-il déclaré. Revenant sur la dernière campagne de la sélection, il a rappelé que de nombreux journalistes maliens n’avaient pu y prendre part, alors que le Mali figurait malgré tout parmi les cinq pays ayant enregistré le plus de participations. La CAF avait, de son côté, invité des créateurs de contenu et des influenceurs en leur offrant un soutien financier, et M. Baba Traoré s’est réjoui qu’un Malien en ait bénéficié.
Il a toutefois souhaité que la Fédération fasse davantage de place aux journalistes lors de la prochaine compétition. Pour y parvenir, il a appelé à bâtir « une véritable chaîne de valeur », où journalistes, partenaires et agences de presse auraient chacun leur rôle.
Cette exigence de sérieux a trouvé un écho chez Alassane Souleymane, qui intervenait en sa qualité de président de la commission Média de la Fédération malienne de football. Selon lui, près d’un milliard de FCFA a été mobilisé en cinq mois, entre le 16 avril et le 25 septembre, notamment auprès de sociétés qui disposaient de moyens mais avec lesquelles personne ne dialoguait. Aux médias désireux d’en profiter, il a lancé : « Le bruit ne rapporte pas d’argent, c’est le sérieux qui en rapporte. » Il a rappelé que le Mali est l’un des rares pays de la sous-région à avoir conservé son derby, même si le stade de référence du championnat est actuellement en chantier.
Pour l’ancien responsable du desk sport de l’ORTM, Khalifa Naman Traoré, l’enjeu est aussi éditorial : les rédactions doivent parler davantage du championnat national que des compétitions étrangères. L’ancien ministre de la Communication Gaoussou Drabo a estimé, lui, que le football malien demeure une terre « insuffisamment défrichée ».
Le panel a réuni Alassane Souleymane, Oumar Baba Traoré, Khalifa Naman Traoré et Sambou Biagui. Il s’est tenu dans le cadre de la 5e édition du SAM-Mali, ouverte le 5 novembre 2026 au Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ, jusqu’au 8 novembre, sur le thème « Professionnalisation des médias sociaux et viabilité économique des médias ».
OS/KM (AMAP)

