Le 7 avril 2024, des hommes armés ont enlevé Tami Moudari Touré, figure du développement local à Gounzoureye (région de Gao). Son fils aurait été tué et sa fille aurait subi des violences physiques et sexuelles. Il reste introuvable.
GOUNZOUREYE (région de Gao) « Ils étaient très nombreux et lourdement armés. » Ce dimanche 7 avril 2024, un habitant qui abreuvait ses vaches au puits a fui sous les tirs et s’est caché dans un jardin. De là, dit-il, il a vu les assaillants gagner le domicile du président du développement communal, Tami Moudari Touré : « Ils l’ont enlevé avant de tirer sur son fils. »
Actif depuis plus de dix ans dans la vie locale, notamment au sein du Rassemblement pour le Mali (RPM), et dans des projets menés avec des ONG, Tami Moudari Touré défendait la cohésion sociale et l’autonomisation des femmes. Les autorités locales ont confirmé l’enlèvement et affirmé que les assaillants, attribués au GSIM/JNIM, le soupçonnaient d’avoir renseigné l’armée malienne sur leurs positions. Aucune preuve publique n’étaye cette accusation.
D’après des témoignages locaux, son fils aurait été tué, sa fille aurait subi des violences physiques et sexuelles, et du bétail aurait été emporté. « Nous n’avons plus aucune liberté », dénonce une habitante.
Les villageois demandent plus de sécurité, des recherches pour retrouver Tami Moudari Touré et une enquête sur les violences subies par sa famille.
MK (AMAP)
