Bamako, 7 novembre (AMAP) Les travaux de la concertation régionale sur l’assainissement dans le District de Bamako ont pris fin, vendredi dernier, au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, a constaté l’AMAP.
Tenue du 2 au 5 novembre 2026, la rencontre a permis de dégager une feuille de route régionale 2026-2028 pour faire face aux défis de salubrité, de gestion des déchets et de drainage dans la capitale.
La cérémonie de clôture était présidée par Moussa Dembélé, conseiller chargé des affaires sociales et culturelles au gouvernorat du District de Bamako, représentant le gouverneur du District. Elle s’est déroulée en présence du directeur général de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances, Moussa Ballo, ainsi que du troisième adjoint au maire de la Commune V, Adama Konaté.
Dans son intervention, Moussa Dembélé a salué l’initiative du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, à travers la Direction régionale de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances du District de Bamako. Selon lui, la concertation vise à rapprocher les orientations nationales des réalités locales et à renforcer la synergie entre les institutions, les collectivités territoriales, les opérateurs économiques et les citoyens.
Il a souligné que l’assainissement constitue l’un des défis majeurs de Bamako, marqué par l’accumulation des déchets, les insuffisances dans la gestion des eaux usées, l’obstruction des caniveaux et collecteurs, ainsi que les risques récurrents d’inondations. « Face à ces défis, aucune institution ne peut agir efficacement de manière isolée », a-t-il déclaré, estimant que la salubrité de la capitale exige une responsabilité partagée, une coordination forte et des responsabilités clairement établies.
Le représentant du gouverneur a rappelé que les communications thématiques et les travaux des trois commissions ont porté sur la gouvernance et le financement, la gestion des déchets solides et liquides, la valorisation des ressources, le drainage urbain, la résilience climatique et la participation citoyenne. Il a invité les services techniques, sous la coordination de la direction régionale de l’assainissement, à consolider les propositions en vue d’élaborer une feuille de route régionale 2026-2028.
Pour Adama Konaté, troisième adjoint au maire de la Commune V, le problème majeur de l’assainissement à Bamako réside dans l’absence chronique de dépôts de transit et de transfert. À ses yeux, l’évacuation des ordures ne constitue qu’une solution immédiate, alors que la valorisation des déchets représente une perspective plus durable.
« La vraie solution, c’est de créer et de multiplier les dépôts de transfert, et de changer la politique de gestion en passant de l’évacuation à la valorisation des ordures », a-t-il expliqué. Il a plaidé pour la transformation des déchets en produits utiles, notamment des engrais et de l’électricité. L’élu a également indiqué que la concertation a retenu la démultiplication des dépôts de transfert, ainsi que l’intégration des questions d’assainissement dans les cursus scolaires. Selon lui, l’assainissement doit devenir une pratique quotidienne et permanente, inscrite dans la culture des populations.
Le directeur national de l’Assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances, Moussa Ballo, a présenté les principales recommandations issues de la rencontre, ainsi que les modalités de leur mise en œuvre. Il a invité le directeur régional du District de Bamako à veiller à leur application sur tous les plans.
« Nous n’allons ménager aucun effort pour que ces recommandations soient mises en œuvre », a assuré M. Ballo, précisant que l’initiative, née à Bamako, devra servir de modèle pour les autres villes du Mali. Il a annoncé la volonté de dupliquer cette expérience dans toutes les capitales régionales et les villes secondaires confrontées à des problèmes similaires d’assainissement.
La rencontre s’inscrit dans la dynamique d’appropriation et d’opérationnalisation de la nouvelle politique nationale d’assainissement, adoptée en mars 2026 avec un plan d’actions couvrant la période 2026-2030. Elle intervient également dans un contexte où Bamako bénéficie d’investissements destinés à renforcer la gestion des déchets, l’assainissement et la résilience aux inondations.
ST/KM (AMAP)

