Bamako, 5 novembre (AMAP) L’interdiction de l’exploitation anarchique de l’or dans la région administrative de Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, entraîne le départ de plusieurs milliers de travailleurs étrangers, notamment burkinabè, dont la prise en charge mobilise les autorités de Ouagadougou et de Bamako.

Le gouvernement guinéen a annoncé cette mesure dans un communiqué conjoint publié le 2 novembre, invoquant la dégradation de l’environnement, la destruction des terres agricoles et la pollution des cours d’eau, notamment le fleuve Niger, le Djoliba et le Tinkisso.

Les nouvelles dispositions interdisent notamment l’utilisation de dragues, l’exploitation minière dans les lits et sur les berges des cours d’eau, ainsi que le recours au mercure, au cyanure et aux explosifs. Un dispositif permanent des forces de défense et de sécurité sera déployé dans la région pour veiller au respect de ces mesures et contrôler les activités sur les sites miniers.

À la suite de cette décision, le gouvernement burkinabè a annoncé, mardi, des mesures pour organiser le rapatriement de plusieurs milliers de ses ressortissants concernés, dans « la dignité et la décence ».

Les autorités burkinabè n’ont toutefois précisé ni le nombre exact de personnes concernées ni les modalités pratiques de l’opération. Elles ont appelé les populations au calme et à la retenue, les exhortant à ne pas céder à la manipulation et à la désinformation.

Les autorités guinéennes assurent que cette opération vise à préserver l’environnement et à encadrer l’exploitation aurifère, sans remettre en cause l’importance du secteur dans l’économie nationale.

Selon le ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, la Guinée a produit 72 tonnes d’or en 2024, dont 70 % provenaient de l’exploitation artisanale. Le gouvernement entend progressivement développer les activités semi-industrielles et industrielles.

OS/KM(AMAP)

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