Bamako, 23 octobre (AMAP) Le Mali a recouvré 761 milliards de francs CFA d’arriérés à la suite d’un audit des sociétés minières et poursuit l’assainissement du secteur à travers la vérification des titres, l’annulation de permis inactifs et le renouvellement de ceux conformes à la réglementation, a déclaré Pr Amadou Kéïta ministre des Mines lors de son premier point de presse consacré à la gouvernance minière au dit ministère hier.

En octobre 2025, plus de 90 permis de recherche ont été annulés pour défaut de production des documents exigés par les textes en vigueur. Trois permis d’exploitation ont également été retirés pour absence de travaux, défaut de paiement et non-respect des obligations du Code minier, selon le ministre. Les titulaires concernés conservent toutefois les voies de recours prévues par la législation.

Parallèlement, le Conseil des ministres a autorisé, entre le 21 août et le 30 septembre 2026, le renouvellement de 24 permis de recherche portant sur l’or et le lithium. Chaque dossier est examiné au regard de la conformité administrative, des travaux réalisés, des dépenses d’exploration et des obligations financières. Le ministre a précisé qu’un permis de recherche renouvelé n’autorisait pas l’exploitation.

« Un titre minier n’est pas un patrimoine à garder en veille. C’est un engagement à travailler, à investir et à payer ce que l’on doit », a-t-il affirmé, justifiant les mesures engagées par la volonté de faire respecter les obligations légales et de renforcer les retombées nationales de l’activité minière.

Production et recettes minières

Selon les chiffres présentés par le ministre, la production industrielle d’or a atteint 42,2 tonnes en 2025, contre 54,8 tonnes en 2024, soit une baisse de 22,9 %. Ce recul est notamment lié à la diminution de la production du complexe de Loulo-Gounkoto, passée de 22,5 tonnes à 5,5 tonnes.

Malgré cette baisse, les exportations d’or ont représenté 2 750 milliards de francs CFA en 2025, contre 1 610 milliards un an auparavant. Les sociétés minières ont versé 940 milliards de francs CFA à l’État au titre de la production aurifère, a indiqué le ministre.

Au premier semestre 2026, la production industrielle d’or s’est redressée à 23,5 tonnes, contre environ 18 tonnes sur la même période en 2025. Le gouvernement vise une production annuelle de 43,2 tonnes.

Le secteur du lithium contribue également à cette évolution. La mine de Bougouni a produit 53 195 tonnes de concentré de spodumène entre janvier et juin 2026, tandis que Goulamina exporte depuis juin 2025. Les deux sites doivent contribuer à une capacité de production de 590 000 tonnes de concentré en 2026, selon les projections présentées.

Contexte

Le Mali a adopté en 2023 un nouveau Code minier et une loi relative au contenu local. Ces textes visent notamment à accroître les retombées nationales de l’exploitation des ressources minérales. La participation des intérêts maliens peut atteindre 35 % du capital des projets, selon le ministre.

Le cadastre minier entièrement numérisé, dévoilé le 17 avril 2026, recense plus de 631 titres et doit faciliter leur suivi, prévenir les chevauchements et améliorer le traitement des dossiers.

Le ministre a également annoncé la poursuite des contrôles contre l’exploitation minière illégale, notamment par la Brigade spéciale des Mines, créée en mars 2026. Il a appelé les exploitants concernés à formaliser leurs activités dans le respect du Code minier, tout en soulignant les risques humains et environnementaux liés aux pratiques clandestines.

Le ministère prévoit désormais un point de presse trimestriel sur l’application du Code minier, la production, les recettes et l’évolution des titres. Le prochain rendez-vous, consacré au bilan de 2026, est prévu en janvier 2027, à une date qui reste à confirmer.

OS/KM(AMAP)

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