Bamako, 17 octobre (AMAP) Les six États membres de l’Autorité du bassin de la Volta (ABV) sont appelés à renforcer leur coopération et à accroître leurs contributions financières pour assurer le fonctionnement de l’institution, confrontée à des difficultés opérationnelles et au paiement irrégulier des salaires, selon les déclarations du directeur exécutif de l’ABV, Robert Y. Dessouassi, et des ministres prononcées lors de la 8e session ordinaire du Conseil des ministres, ouverte vendredi à Bamako.
« Toutes les mesures sont prises pour redynamiser la Direction exécutive de l’Autorité du bassin de la Volta, en la rendant plus crédible et plus respectée par les partenaires techniques et financiers », a déclaré Robert Y. Dessouassi à l’issue des travaux préparatoires de la session.
Le directeur exécutif a expliqué que les difficultés financières de l’organisation ont notamment affecté le paiement des salaires et entraîné le départ de certains cadres vers d’autres institutions offrant de meilleures rémunérations. Il a indiqué que les États membres ont examiné ces problèmes et envisagé des solutions, dont l’augmentation des contributions annuelles.
Selon lui, le recrutement prochain de nouveaux cadres, dont la prise de fonction est prévue en 2028, nécessite également une hausse des ressources financières. Sans augmentation des contributions, a-t-il averti, l’institution risque de rencontrer à nouveau des difficultés pour assurer le paiement des salaires.
La session a également permis de présenter les rapports d’activités couvrant la période de 2019 à fin 2025, portant notamment sur les projets exécutés, les structures mises en place et les interventions menées dans les villages pour améliorer les conditions de vie des populations.
Robert Y. Dessouassi a souligné le caractère déterminant de cette rencontre pour l’avenir de l’organisation. Prévue tous les deux ans, la session du Conseil des ministres aurait dû se tenir en 2021, après celle organisée à Accra le 10 mai 2019. Des contraintes ont toutefois reporté sa tenue à 2026.
Le directeur exécutif a également annoncé que le Mali assure désormais la présidence du Conseil des ministres pour les deux prochaines années, après que le Ghana a occupé cette fonction depuis 2019. Cette présidence devrait permettre une implication accrue des autorités maliennes dans la gouvernance de l’organisation.
De son côté, le ministre ghanéen des Travaux publics, du Logement et des Ressources en eau, Ibrahim Ahmed, a insisté sur la nécessité de soutenir davantage la Direction exécutive, notamment par le paiement régulier des contributions annuelles et la tenue des réunions statutaires.
« Notre huitième session ordinaire se tient à un moment où notre organisation commune connaît d’énormes difficultés opérationnelles », a-t-il déclaré, appelant ses homologues à rechercher des solutions concertées pour renforcer la crédibilité et la visibilité de l’ABV.
Représentant le Premier ministre, chef du gouvernement, le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Yaya Gologo, a, pour sa part, plaidé pour la traduction des engagements des États en actions concrètes, mesurables et bénéfiques aux populations.
« L’eau ignore les frontières administratives et politiques. Elle traverse les territoires, relie les communautés et rend manifeste l’interdépendance de nos pays », a-t-il souligné.
Il a rappelé que les ressources du bassin contribuent à la sécurité alimentaire, à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche et à la production d’énergie. Il a également relevé les défis liés aux changements climatiques, à la variabilité des ressources en eau, à la dégradation des écosystèmes et à l’augmentation des besoins des populations.
Face à ces enjeux, le ministre malien a préconisé une meilleure coordination des politiques, le partage des connaissances et de l’information ainsi que le renforcement des mécanismes de prévention des risques. Il a exhorté les membres du Conseil à adopter des décisions réalistes, assorties de responsabilités clairement définies, de moyens appropriés et de mécanismes de suivi efficaces.
Créée par une convention signée le 19 janvier 2007 par les chefs d’État et de gouvernement du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Togo, l’Autorité du bassin de la Volta a pour mission de promouvoir la concertation entre les États riverains, le développement durable et le partage équitable des bénéfices liés aux ressources du bassin.
L’organisation œuvre notamment à la réduction de la pauvreté et au renforcement de l’intégration socioéconomique. La session de Bamako constitue une étape dans les efforts visant à consolider son fonctionnement et à améliorer la gestion concertée des ressources en eau partagées par les six pays.
OS/KM(AMAP)

