Bamako, 16 octobre (AMAP) Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé a annoncé jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), lors d’une conférence de presse, la restitution de biens culturels, notamment la donation de 223 œuvres, a constaté l’AMAP.
C’était en présence de représentants des médias, de membres de la Commission de restitution et de plusieurs acteurs culturels.
Cette stratégie s’inscrit dans la dynamique de revitalisation du Musée national du Mali et dans la vision des autorités visant à renforcer la souveraineté culturelle du pays. Elle repose sur cinq axes à savoir la création d’une commission chargée de la restitution, la communication et le plaidoyer, la recherche et l’inventaire des œuvres, les négociations institutionnelles, scientifiques et juridiques, ainsi que le transport des biens et la construction d’espaces d’exposition répondant aux normes de conservation.
Pour Mamou Daffé, la restitution dépasse le simple transfert d’objets d’un territoire à un autre. Elle concerne la mémoire collective, l’histoire, l’identité et le droit des générations futures à connaître leur patrimoine. L’homme de culture a souligné que ces biens constituent des témoins essentiels des civilisations qui ont façonné le Mali et qu’ils peuvent contribuer à la cohésion nationale, à l’unité et au rayonnement international du pays.
« Cette démarche s’inscrit dans la vision du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, ainsi que dans les orientations de Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 », a-t-il souligné, précisant que cette politique ne vise pas à rompre les relations avec les autres pays, mais à développer la coopération culturelle avec les grands musées, les collectionneurs et les détenteurs d’œuvres maliennes à travers le monde.
Selon le responsable du département de tutelle, les échanges avec les interlocuteurs concernés doivent se poursuivre à partir de novembre afin de faciliter les démarches de restitution.
L’annonce majeure de la rencontre concerne la volonté d’un duc allemand, Franck de faire don de 223 biens culturels au Mali. Selon les responsables, les premières démarches ont été engagées et les contacts doivent se poursuivre afin d’organiser leur retour. Les documents transmis comprennent notamment des informations sur les dates d’acquisition des œuvres.
Le directeur du Musée national du Mali, le Dr Daouda Keïta, a salué cette initiative, qu’il considère comme un premier pas encourageant. D’après les informations communiquées lors de la conférence, les biens concernés sont notamment liés à des ensembles archéologiques du Bandiagara, de Djenné.
Le directeur a également rappelé que de nombreux objets maliens se trouvent à l’étranger après avoir quitté le territoire national dans des circonstances diverses : sans autorisation, à la suite de vols ou sous la contrainte. Il a notamment évoqué une collection conservée au musée du Quai Branly, à Paris, qui compterait environ 1 600 objets.
Pour constituer des dossiers solides, le Dr Daouda Keïta a insisté sur la nécessité de mener des recherches approfondies sur la provenance des biens, leurs conditions de collecte et les circonstances de leur départ. Ces investigations doivent permettre de répondre aux exigences juridiques propres à chaque pays.
La mise en œuvre de cette stratégie nécessite une collaboration entre plusieurs départements, notamment ceux chargés de la Culture, des Affaires étrangères, de la Recherche scientifique, de la Justice, de la Sécurité ainsi que de l’Économie et des Finances. La coordination des compétences scientifiques, diplomatiques et juridiques est essentielle pour conduire les négociations.
Au-delà du retour des œuvres, les autorités entendent garantir leur conservation et leur transmission aux générations futures. À cet effet, le Dr Daouda Keïta a souligné la nécessité de mettre le Musée national aux normes afin d’accueillir les biens dans de bonnes conditions et de les rendre accessibles au public.
À travers cette initiative, notre pays entend réintégrer son patrimoine dispersé, renforcer la fierté nationale et faire davantage connaître la richesse de ses civilisations. La restitution des biens culturels constitue ainsi un enjeu majeur pour la préservation de la mémoire collective et la transmission de notre histoire.
GT/KM (AMAP)

