Bamako, 14 octobre (AMAP) Le procès de l’ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré et co- accusés, ouvert lundi, se poursuit devant la chambre criminelle du Pôle économique et financier de Bamako, a constaté l’AMAP.

Dans cette affaire foncière, l’ancien maire du District de Bamako et huit autres coaccusés sont poursuivis pour des «faits de faux, usage de faux, atteintes aux biens publics et complicité».

Il est notamment reproché à Adama Sangaré, d’avoir porté atteinte aux biens publics par faux et usage de faux, détourné frauduleusement en plus de s’être livré à des malversations financières au cours des opérations de lotissements dans la zone aéroportuaire de Bamako-Senou, pourtant classée domaine public immobilier de l’État.

En outre, l’inculpé est poursuivi pour avoir « détourné » la somme de 49.390.000 Fcfa au préjudice de l’Etat du Mali représentant les frais d’edilité des parcelles attribuées en plus d’avoir « occasionné » un préjudice financier à l’Etat du Mali d’un montant provisoire de 483.964.000 Fcfa.

à l’ouverture de l’audience le lundi, les avocats de la défense avaient soulevé des exceptions. Ils estimaient que la chambre criminelle du Pôle économique et financier était incompétente pour juger l’affaire qu’ils déclarent avoir été déjà jugée par une juridiction supérieure à savoir la Cour suprême qui aurait qualifié les faits de « faute administrative ». Avançant cet argument, les avocats avaient demandé l’abandon de la procédure et par ricochet la mise en liberté des accusés.

De leur côté, les représentants du ministère public ainsi que ceux de la direction du Contentieux de l’État s’étaient opposés à cette requête.  Dans son rôle d’arbitre, la chambre criminelle a alors tranché. Elle a ainsi rejeté les exceptions soulevées au motif qu’elles étaient « mal justifiées  » et ordonné la poursuite du procès.

De ce fait, les débats se sont poursuivis avec la comparution à la barre du premier accusé qui n’était autre personne que le nommé Adama Sangaré. Après avoir été notifié publiquement des chefs d’accusation qui lui sont reprochés, l’ex-maire, par ailleurs inspecteur de sécurité sociale, a catégoriquement rejeté les faits. « Je ne reconnais pas du tout les faits », s’est-il défendu.

Évoquant le présumé détournement de 49.390.000 Fcfa au préjudice de l’Etat du Mali, l’accusé dira que cette somme représente plutôt les frais d’édilité pour certains bénéficiaires de parcelles en fonction de leur rang social.

Interrogé par le parquet sur la légalité d’une telle largesse, Adama Sangaré a rétorqué que cette exemption relève de son pouvoir discrétionnaire. « Les pouvoirs qui étaient les miens me permettaient de le faire », a-t-il justifié.

Alors que les débats sont centrés sur le lotissement de la zone aéroportuaire par l’ancien maire de façon irrégulière, celui-ci a affirmé que les zones concernées ne relèvent pas de l’emprise aéroportuaire. Il ajoutera que c’est sur instruction verbale de l’ancien Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta qu’il a attribué des parcelles à des ressortissants du nord du pays à Faladiè-Est.

Face à cette déclaration, l’un des représentants du ministère public s’est interrogé de savoir si l’instruction verbale du Chef de l’État de l’époque qu’évoque l’accusé, n’a pas ouvert la boîte de Pandore et de lui permettre davantage de commettre des crimes.

Pour mieux se défendre, Adama Sangaré dira que ses actes n’avaient jamais fait l’objet de recours devant une autorité administrative. Visiblement sûr de ses arguments, il ajoutera que les lotissements mis en cause aujourd’hui ont rapporté plus de 2 milliards de Fcfa à l’État.

AC/KM (AMAP)

 

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