Bamako, 2 septembre (AMAP) Les électeurs bissau-guinéens ont approuvé à 70 % le projet de nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président de la République, selon les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale et rapportés par la BBC.
Le texte prévoit notamment que le président puisse nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, créer ou supprimer des ministères et dissoudre le Parlement en cas de grave crise politique. La participation au scrutin de dimanche est estimée à près de 60 %.
La réforme modifie ainsi l’équilibre du système semi-présidentiel bissau-guinéen en renforçant la fonction présidentielle au détriment du Premier ministre. Les autorités militaires à l’origine du référendum estiment que l’ancien dispositif, dans lequel le Parlement désignait le Premier ministre issu de la majorité parlementaire, avait contribué à l’instabilité politique.
Le principal parti d’opposition, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), a boycotté le scrutin, dénonçant l’absence de garanties politiques et institutionnelles suffisantes. Il a notamment mis en garde contre une concentration excessive des pouvoirs à la présidence.
L’analyste régional Paul Ejime a contesté la portée du résultat, estimant que la réforme visait à transformer le président en « empereur ». Il a appelé la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à intervenir et à faire respecter ses règles concernant les modifications constitutionnelles avant une élection.
La réforme intervient après la prise de pouvoir de l’armée en novembre 2025, à la suite d’une élection présidentielle contestée au cours de laquelle le président Umaro Sissoco Embaló et le candidat d’opposition Fernando Dias avaient tous deux revendiqué la victoire. La Guinée-Bissau, indépendante du Portugal depuis 1974, a connu au moins neuf tentatives ou coups d’Etat réussis.
OS/KM(AMAP)

