Bamako, 31 août (AMAP)  Les dirigeants africains ont plaidé dimanche à Luanda pour un renforcement des mécanismes de prévention des conflits et une réforme de l’architecture africaine de paix et de sécurité, à l’ouverture de la 21e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA).

Le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço, Champion de l’UA pour la paix et la réconciliation en Afrique, a appelé à des mesures concrètes assorties de responsabilités clairement définies et de mécanismes efficaces de suivi. Il a souligné la nécessité de mobiliser les instruments politiques, diplomatiques, financiers et institutionnels disponibles afin de prévenir les conflits avant leur escalade et de mettre fin rapidement à ceux déjà en cours.

« La paix est une condition pour la stabilité de nos États et pour la réalisation de l’Agenda 2063, “L’Afrique que nous voulons” », a déclaré M. Lourenço.

Le président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, a rappelé que le continent dispose déjà de plusieurs mécanismes, notamment le Conseil de paix et de sécurité, le Système continental d’alerte précoce, le Groupe des Sages, la Force africaine en attente et le Fonds pour la paix. Il a toutefois insisté sur la nécessité de rapprocher l’alerte précoce de l’action, de renforcer le rôle préventif du Conseil de paix et de sécurité ainsi que la prospective stratégique, et d’améliorer l’articulation entre l’Architecture africaine de paix et de sécurité et l’Architecture africaine de gouvernance.

Selon le président burundais, les conflits trouvent leurs racines dans les déficits de gouvernance, la faiblesse des institutions, l’exclusion politique, les inégalités, l’injustice sociale et le manque de perspectives pour les jeunes. Il a appelé au renforcement du Fonds pour la paix et à sa capitalisation progressive, estimant qu’un financement africain « prévisible, durable et flexible » est indispensable. M. Ndayishimiye a également évoqué l’expérience du Burundi et l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation de 2000 comme exemple de processus fondé sur l’inclusion.

De son côté, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à une réforme urgente de l’architecture de paix et de sécurité face aux crises persistantes au Soudan, dans l’est de la République démocratique du Congo, en Somalie, au Sahel, en Libye, dans le nord du Mozambique et à Madagascar, ainsi qu’aux menaces telles que le terrorisme, l’extrémisme violent, la piraterie, la criminalité transnationale et les mauvais traitements infligés aux migrants.

« La prévention doit devenir notre priorité. Nous avons besoin d’un système continental d’alerte précoce renforcé, d’une mise en œuvre plus efficace des décisions de l’UA, d’un financement durable des opérations de paix et d’un Fonds pour la paix pleinement opérationnel », a-t-il affirmé.

  1. Youssouf a insisté sur des partenariats, notamment avec les Nations unies, qui reflètent les réalités africaines, soulignant l’urgence de la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité. Il a rappelé le rôle central des Communautés économiques régionales, la nécessité de la solidarité et d’une plus grande souveraineté panafricaine, ainsi que la position ferme de l’UA sur les changements inconstitutionnels de gouvernement, assortie de dialogue et de soutien.

Les trois responsables ont convergé sur l’importance de la prévention, du dialogue, de la médiation, de la réconciliation et de la reconstruction post-conflit. Ce sommet, présidé par M. Ndayishimiye sous le leadership de M. Lourenço, doit permettre une évaluation stratégique de l’efficacité des mécanismes continentaux existants.

 

OS(AMAP)

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