Gao, 29 août (AMAP) Les régions du Nord du Mali et en particulier, celle de Gao est confrontée à une rupture totale en ciment, a constaté l’AMAP.Depuis deux mois, la ville de Gao est plongée dans une crise sans précédent en approvisionnement du ciment, même si on y trouve une tonne sur le marché en provenance d’Algérie ça coûte excessivement très cher.
Cette pénurie fait suite à la suspension d’exportation du ciment par les autorités nigériennes vers les régions du nord en particulier Gao, combinée à la tracasserie sur l’axe d’approvisionnement (Gao-Niger). Cependant, les régions du Nord et en particulier la cité des Askia sont pratiquement approvisionnées en ciment par les deux axes à savoir l’axe Gao -Niger et Gao-Algérie. Alors si le ravitaillement de l’un des axes s’arrête, ce qui joue complètement sur l’approvisionnement des régions du Nord Mali en denrées alimentaires et en ciment.
Avant la suspension des autorités nigériennes sur l’exportation du ciment vers les régions du Nord-Mali, la ville de Gao était approvisionnée en ciment par l’axe, Gao-Algérie.
Dès la mise en œuvre de la suspension de l’exportation du ciment vers les régions du Nord-Mali par les autorités nigériennes, l’axe Algérie-Gao, est resté la seule voie de ravitaillement en matière de construction pour toute la région de Gao. Malgré la situation des conflits armés, cet axe est devenu très hostile pour l’emprunter. C’est pourquoi, certains chauffeurs et même les transporteurs sur l’axe Algérie-Gao sont très retissants au risque de ne pas se faire tuer et ou perdre sa cargaison dans les incendies.
Malgré le danger sur l’axe Algérie-Gao et les rançons, des camions continuent à approvisionner la région en alimentaires et en ciment dont la quantité est insignifiante.
Les populations des régions du Nord –Mali en particulier Gao ont vite senti la pénurie du ciment parce qu’elle a provoqué un grand chômage dans le secteur des bâtiments et travaux publics et même chez les ouvriers déchargeurs du ciment.
Le coût de transport, les rançons sur les check-points et le dédouanement du ciment en provenance d’Algérie sont très élevé pour les commerçants, il ne sera pas facile de vendre le tonnage à moins de 215 000fcfa a estimé, le commerçant, Albakaye Kounta.
Selon lui, le prix de transport de tonnage du ciment de la frontière algérienne jusqu’à Gao coûte 50 000fcfa, les rançons de l’axe varient entre 100 000fca voire 150 000fcfa en plus du dédouanement qu’il a estimé à 570 000fcfa auxquels s’ajoutent 1 500fcfa, les frais de la décharge des dockers par tonnage. « C’était en 1980, j’ai ouvert ma première boutique à Gao, de cette date à nos jours, je n’ai jamais vu le ciment atteindre ce prix de 215 000fcfa au tonnage à Gao que cette année », a constaté, Albakaye.
Houssène est un vendeur du ciment sur le marché de Certchila. Dans son magasin, il cède la tonne de ciment en provenance d’Algérie à 210 000fcfa et l’unité de 50 kg à 11 000fca.
Pour l’opérateur économique, Habiboulaye Touré, la suspension de l’exportation du ciment du Niger vers le nord du Mali est due au fait que la quantité de ciment produite par le Niger est peu pour la consommation à l’intérieur du pays. « Actuellement, la cause principale de la rupture du ciment à Gao a été provoquée par le fait que le prix de transport du ciment au tonnage qui était à 17 500fcfa, a grimpé à 50 000fcfa alors qu’avec ce prix, en plus des faux frais sur l’axe Niger -Gao, aucun commerçant ne pourra vendre la tonne du ciment en bas de 215 000fcfa » a avancé, Habiboulaye.
Ousmane Maiga est l’un des maçons très sollicité dans le secteur des bâtiments et travaux publics à Gao. Actuellement, il est dans le chômage total à cause de la rupture du ciment dans le nord du Mali et principalement à Gao. Il reconnaît qu’il sera très difficile pour particulier ou une entreprise de construction de payer la tonne de ciment à 215 000fcfa en plus de 5000fcfa par jour pour le maçon et 2500 fcfa par jour aussi pour chaque manœuvre.
Le directeur régional du commerce, de la concurrence de Gao, Massa Coulibaly dira que pour gérer cette rupture du ciment, il faut que la région de Gao soit approvisionnée par la production locale en ciment.
Pour faciliter l’acheminement du ciment du Niger vers les régions du Nord-Mali et en particulier celle de Gao, une délégation des opérateurs économiques de la région de Gao conduite par le premier-vice président de la délégation régionale de la chambre de commerce et d’industrie du Mali de Gao, Haroune Mahamar Touré, affectueusement appelé Haroun Bamba s’est rendue au cours de la semaine dernière chez l’exécutif régional de Gao, le Général de division, Moussa Moriba Traoré.
Le Gouverneur de la région de Gao, le Général de division, Moussa Moriba Traoré, connu pour son engagement constant pour les besoins vitaux des populations de Gao, ne ménagera aucun effort pour atteindre à ses objectifs. Séance tenante, le gouverneur de région de Gao, avec son carnet d’adresses, a entamé des démarches par la voie de la diplomatie pour lever les verrous liés à la suspension de l’approvisionnement du ciment aux régions du Nord- Mali et en particulier à la région de Gao.
AT/KM (AMAP)

