Bamako, 26 août (AMAP) Les signes de complications de cette maladie ont trait à la paralysie des membres et le syndrome de la queue de cheval qui consiste à perdre la fonctionnalité de ses membres mais aussi les urines

 Le mal de dos a pour cause la hernie discale, un déplacement du disque inter-vertébral hors de sa position anatomique normale. Au Mali, selon des études, les personnes âgées entre 47 et 52 ans représente la tranche d’âge la plus atteinte par cette maladie. La profession la plus touchée était les cultivateurs et les employés de commerce qui sont dans la prise de charges lourdes. Cette pathologie est à l’origine de 30% d’arrêt de travail. Ces statistiques ont été données par le Dr Ibrahima Sissoko, neurochirurgien à l’Hôpital du Mali.

Des patients donnent leurs avis

Des patients expliquent comment la hernie discale peut affecter l’être humain. Amadou Ouattara, enseignant dans une école publique à Koutiala, est père de 4 ans enfants. Il a contracté la hernie discale en 2019 suite à un choc lors de la prise d’un sac de maïs de 100 kg. « J’ai fait l’objet de consultations médicales à Koutiala et des examens à Ségou qui ont indiqué que j’avais une hernie discale », se souvient le quadragénaire que nous avons joint au téléphone. A l’époque, s’il s’asseyait longtemps, il ne pouvait se tenir débout. « C’était très douloureux », se plaint l’enseignant généraliste qui finira par se rendre à l’Hôpital du Mali où il a subi une intervention chirurgicale réussie. Très satisfait de cette prise en charge, Amadou sourit : « Après l’opération, j’ai eu trois enfants ». Par ailleurs, il retient une leçon de ces moments pénibles. «Ton apparence fait croire aux gens que tu fais un semblant de maladie», regrette-t-il.

Après sa prise en charge médicale, il devait respecter les consignes du médecin relatif à éviter une station assise ou débout prolongée. « Mon directeur pensait que je refusais de travailler. Il m’a affecté dans une école plus éloignée de mon domicile m’obligeant à parcourir une longue distance à moto », dénonce Amadou Coulibaly. Drissa Ouattara, chauffeur à Koutiala, a subi une intervention chirurgicale en 2018 à l’hôpital du Mali. Ce père de 7 enfants affirme que sa pathologie lui avait paralysé avant l’opération. « Maintenant, je me débrouille pour faire mes activités », confie le quadragénaire joint au téléphone. En outre, il insiste sur le respect des instructions des médecins.

Le non-respect des consignes, une contrainte majeure

Malheureusement, de nombreux patients n’y tiennent pas compte. En plus de la gestion de la peur des patients, le neurochirurgien Ibrahima Sissoko affirme que le non-respect des instructions du médecin est une contrainte majeure dans la gestion de la hernie discale. Le spécialiste approfondit les explications sur cette maladie. Il informe que le disque inter-vertébral joue le rôle d’amortisseur de la colonne vertébrale. «Quand il y a une fissure de la partie périphérique (l’anneau) et que la partie centrale (noyau) sort par cette fissure, on dit que le disque a fait hernie», explique-t-il, avant d’ajouter que la hernie discale peut atteindre tous les segments de la colonne vertébrale surtout le bas du dos et le segment cervical.

Paralysie des membres

 Le spécialiste de la neurochirurgie indique que les signes de complications ont trait à la paralysie des membres, le syndrome de la queue de cheval qui consiste à perdre la fonctionnalité de ses membres mais aussi les urines. Y compris la cervicalgie. Dr Ibrahima Sissoko fait savoir que la hernie discale est une pathologie assez fréquente dans le monde entier. Il précise que la prévalence est d’environ 5% de la population et concerne les personnes qui manifestent les signes liées à la hernie discale. Selon des études, cite-t-il, la prévalence pour les personnes qui n’ont pas encore développé les signes peut aller à 39%.

Le neurochirurgien conseille de consulter très tôt un médecin en cas de douleur au niveau de la colonne vertébrale. Il poursuit qu’il faut préserver le dos, se reposer pendant le traitement médical. Le praticien énumère des méthodes de traitement qui pourront soulager les douleurs notamment la kinésithérapie, la physiothérapie. « Si toutes ces thérapies échouent, on a recours à la chirurgie », informe-t-il.

Dr Ibrahima Sissoko signale que la hernie discale peut être source de discrimination surtout dans les couples et les milieux professionnels. Le praticien de l’Hôpital du Mali prévient que ces attitudes peuvent aboutir au stress, l’anxiété et à la dépression.

Par ailleurs, il assure que notre pays dispose des moyens techniques et les ressources humaines qualifiées pour faire la prise en charge de la hernie discale.

MD/KM (AMAP)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *