Bafoulabé 24 août, (AMAP) À l’approche des premières pluies, les anciens de Solinta se tournent vers une énigmatique roche inclinée. Entre respect des ancêtres et mystère de la nature, plongez au cœur d’un rite séculaire.

Fondé il y a plus de trois (3) siècles par Sanou-Mamoudou Sissoko, Solinta est un village malinké situé à 15 km de sa commune rurale de Oualia, dans le cercle de Bafoulabé. À 500 mètres au sud-ouest de la localité se dresse la « Colline penchée » — Soulounkourou en malinké —, un relief mythique qui domine la savane et veille sur la communauté depuis des générations. Selon les témoignages recueillis, la colline « Soulounkourou » abriterait un djinn bienveillant, conférant au site un statut mystérieux et sacré.

M. Yacouba Sissoko, notable de Solinta, raconte que le rite démarrait dès l’apparition des premiers nuages lourds. Les initiés gravissaient alors le sentier, escortant un taureau blanc destiné au sacrifice. L’eau requise pour la préparation du repas rituel était transportée sur la tête d’une jeune fille du village, choisie pour son obéissance exemplaire envers ses parents.

Toute la cérémonie se déroulait au sommet. Pendant que le gardien des secrets prononçait les paroles sacrées pour bénir la saison, l’assistance l’écoutait avec ferveur. À en croire le notable, chaque offrande garantissait une campagne agricole prospère

Quant au professeur de français Abou Sissoko, des devins auraient indiqué l’emplacement de cette colline au fondateur de Solinta. Ce site, qui confère au village son surnom de « Bétéya-Paris » en référence à la beauté parisienne, possédait une aura mystique. On lui attribuait le pouvoir de favoriser la beauté des enfants à naître, par sa simple contemplation ou par son ombre durant la grossesse.

Aujourd’hui, ces rituels ont disparu. Selon Yacouba Sissoko, le manque de jeunes filles répondant aux critères traditionnels a mis fin aux sacrifices. Cet abandon a toutefois permis l’émergence d’un écosystème dense.

Véritable refuge pour la faune et la flore, la colline abrite aussi des sources d’eau réputées inépuisables. « Malgré l’arrêt des pratiques officielles, « SoulounKourou » reste un lieu d’adoration individuel où certains viennent encore formuler des vœux « , a précisé notre professeur.

En somme, « SoulounKourou » demeure un repère géographique imposant, un sanctuaire de croyances et un trésor environnemental précieux pour le village de Solinta.

 BM/KM (AMAP)

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