Bamako, 18 août (AMAP) Le Libéria a accepté d’accueillir jusqu’à 1 200 personnes expulsées des États-Unis vers un pays tiers au cours des 12 prochains mois, avec un premier groupe de 20 personnes attendu jeudi, a annoncé mardi le gouvernement libérien dans un communiqué.

Les personnes concernées sont des ressortissants ou citoyens de pays d’Afrique et de l’hémisphère occidental, autorisés médicalement à voyager, selon le communiqué. Leurs nationalités n’ont pas été précisées dans l’immédiat.

Depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration du président Donald Trump en janvier de l’année dernière, les États-Unis ont conclu plusieurs accords avec des pays africains pour l’expulsion de personnes qui ne peuvent être légalement renvoyées vers leur pays d’origine.

Dans la plupart des cas, ces personnes ont obtenu une protection juridique contre leur rapatriement après que des juges américains de l’immigration ont estimé qu’elles risquaient d’être victimes de torture ou d’autres abus dans leur pays d’origine.

Washington affirme que ces accords avec des pays tiers sont conformes à la loi. Des organisations de défense des droits humains et des militants ont toutefois dénoncé le manque de transparence entourant ces dispositifs et affirmé que plusieurs personnes concernées finissent par être rapatriées.

Selon le gouvernement libérien, les personnes accueillies seront reçues « comme des invités », pourront quitter le pays quand elles le souhaiteront et auront la possibilité d’y demander l’asile.

Monrovia a également précisé que l’accord ne constituait pas un échange de services avec Washington et qu’il ne demandait pas de compensation pour l’accueil des expulsés. Le gouvernement a toutefois indiqué qu’il bénéficierait d’un « soutien pour aider à gérer le programme et renforcer son système migratoire de manière plus large », sans fournir davantage de détails.

Le communiqué rappelle par ailleurs l’histoire du Libéria comme terre d’accueil pour des esclaves affranchis venus des États-Unis ainsi que sa longue tradition d’accueil de personnes fuyant des crises politiques ou autres.

D’autres pays africains, notamment la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Ghana et la Sierra Leone, ont également accepté d’accueillir des personnes expulsées vers des pays tiers.

Le président libérien Joseph Boakai faisait partie des cinq dirigeants ouest-africains reçus à la Maison Blanche par Donald Trump l’année dernière. Selon une information rapportée à l’époque par Reuters, le président américain avait exhorté ces dirigeants à accepter des personnes expulsées des États-Unis vers des pays tiers.

 

OS/KM(AMAP)

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