Bamako, 15 août 2026 (AMAP) L’Autorité de Protection des Données à caractère Personnel (APDP) a exprimé, jeudi 14 août 2026, sa « préoccupation » face à la multiplication des pratiques consistant à photographier ou filmer des personnes soupçonnées de vols, d’escroqueries ou d’autres faits répréhensibles, avant de publier leurs images sur les réseaux sociaux et autres plateformes numériques, a appris l’AMAP de source proche de l’institution.

Dans un communiqué n°2026-001/APDP signé de son Président, Dr Mamoudou Samassekou l’APDP rappelle que « l’image d’une personne identifiable constitue une donnée à caractère personnel » au sens de la Loi n°2013-015 du 21 mai 2013, modifiée, portant protection des données à caractère personnel en République du Mali.

De ce fait, sa publication ou sa diffusion doit impérativement respecter les principes et règles en matière de protection des données à caractère personnel.

L’Autorité insiste sur un point de droit fondamental à savoir aucun particulier ne peut se substituer aux autorités compétentes en exposant publiquement, en identifiant ou en présentant comme coupable une personne soupçonnée d’avoir commis une infraction.

Selon l’APDP, de telles pratiques portent atteinte à la vie privée, à la dignité et à la réputation des personnes concernées. Elles peuvent en outre exposer leurs auteurs à des sanctions administratives et pénales prévues par la Loi n°2013-015 du 21 mai 2013 et par le Code pénal.

En conséquence, l’APDP invite les administrateurs de groupes et de pages, les créateurs de contenus, les médias et l’ensemble des utilisateurs des réseaux sociaux à s’abstenir de publier ou de relayer les images et données à caractère personnel de présumés auteurs d’infractions, lorsqu’ils n’y sont pas légalement habilités.

Enfin, l’Autorité appelle les usagers à faire preuve de responsabilité dans l’utilisation des outils numériques et à contribuer au respect du droit à la vie privée ainsi qu’à la protection des données à caractère personnel, tels que consacrés par la Constitution du Mali.

Cette mise en garde intervient dans un contexte où la viralité des vidéos d’interpellation citoyenne sur Facebook, TikTok et WhatsApp suscite de plus en plus de débats sur les limites entre dénonciation et justice populaire au Mali.

MMD/KM (AMAP)

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