Bamako, 30 juillet (AMAP) Le deuxième panel de la 4è édition de la Semaine du numérique, tenu ce jeudi 30 juillet 2026, a été consacré à la thématique « Gouvernance, architecture institutionnelle et financement durable du numérique au Mali », a constaté l’AMAP.
Des panelistes, notamment le Directeur national de l’Économie numérique du Mali, M. Abdoul Kader Ky, M. Maxime Da, Directeur général de la Transformation digitale du Burkina Faso, et M. Noureidine Gado, Directeur du Marketing et des Postes du Niger, ont exposé sur les sous-thèmes : « Cartographie et analyse de l’architecture institutionnelle actuelle du numérique au Mali » et « Benchmark régional AES : les modèles de gouvernance numérique et leurs enseignements ».
Le modèle malien structuré en 3 niveaux. Intervenant sur le sous-thème 1 relatif à la « Cartographie et analyse de l’architecture institutionnelle actuelle du numérique au Mali », le Directeur national de l’Économie numérique, M. Abdoul Kader Ky, a présenté devant les délégations panélistes des pays de l’AES le modèle d’organisation administrative en vigueur au Mali.
Selon lui, le Mali a la particularité de disposer d’une loi-cadre qui crée et organise les services publics : la Loi n°2014-049. C’est à partir de cette loi fondamentale que l’architecture administrative malienne se structure en 3 niveaux.
Au premier niveau se trouve la superstructure administrative. Elle est chargée principalement de la coordination, de l’orientation, de l’impulsion et du portage politique. Elle regroupe la Présidence, la Primature et les cabinets ministériels.
Le deuxième niveau concerne les « structures centrales ». La loi classe à ce niveau une catégorie de services appelés ainsi. Par essence, les structures centrales sont chargées de la conception, de la réglementation, de l’harmonisation, du suivi-évaluation et du contrôle de la mise en œuvre de la politique de l’État dans le domaine concerné. Elles assurent également la répression dans le cadre des directions générales.
Le Directeur a précisé qu’à ce niveau on distingue les directions nationales et les directions générales. La différence réside principalement dans le pouvoir de répression, dont sont investies les directions générales. Pour connaître les conditions précises d’érection d’une direction en direction générale, il a invité à se référer à la Loi n°2014-049.
Le troisième niveau concerne la mise en œuvre. On y retrouve les structures rattachées et les organismes personnalisés. Ils ont pour mission d’exécuter les actions inscrites dans les documents de politique sectorielle.
Au-delà de ces trois strates, le conférencier a cité les Autorités administratives indépendantes. La Loi n°2014-049 définit leurs fonctions : réglementation, arbitrage, suivi de l’application effective des textes réglementaires dans le secteur, ainsi que répression des manquements constatés. Il a également mentionné les Partenaires techniques et financiers, qui agissent dans le secteur comme des catalyseurs.
Le Burkina Faso présente un écosystème «bien harmonisé». Le panel, tenu ce jour, a porté principalement sur l’organisation institutionnelle du numérique dans les trois pays, a rappelé le Directeur général de la Transformation digitale du Burkina Faso, M. Maxime DA.
M. Da a d’abord pris connaissance du modèle malien avant de présenter l’architecture institutionnelle burkinabè. Selon lui, le Burkina Faso dispose d’un « écosystème du numérique bien harmonisé ».
Cet écosystème s’articule autour de plusieurs directions générales rattachées au ministère en charge du numérique. Pour la question des infrastructures, il a cité l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication. En matière de sécurité des systèmes d’information, il a évoqué l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information. La digitalisation de l’administration est, quant à elle, portée par la Direction générale de la transformation digitale, entre autres structures.
Il a également souligné l’existence d’Autorités administratives indépendantes qui viennent renforcer l’écosystème et l’architecture institutionnelle dans le fonctionnement du pays.
Vers une harmonisation des approches de l’AES. Au cours des échanges, des insuffisances ont été relevées dans les différents modèles. Les panélistes ont proposé d’harmoniser leurs approches. « Les camisoles que nous portons sont venues d’ailleurs. Aujourd’hui, il nous faut des institutions adaptées à nos réalités », a déclaré M. Maxime DA.
Le Niger propose une autorité commune. Noureidine Gado,directeur du Marketing et des Postes du Niger a axé son intervention sur la gouvernance du numérique dans l’espace AES. « C’est un thème d’actualité. Aujourd’hui, personne ne peut se passer du numérique. C’est un secteur très important qui mérite d’être débattu », a-t-il déclaré d’entrée.
Au terme des échanges, le responsable nigérien a relevé l’existence de disparités entre les trois pays en matière de gouvernance du secteur. Pour y remédier, les délégations ont proposé la création d’une autorité commune au sein de l’AES.
Évoquant le cas du Niger, il a indiqué que de nombreuses structures en charge du numérique étaient auparavant rattachées à la Primature ou à la Présidence. Cette organisation posait des difficultés de compréhension et de coordination entre les responsables. « Mais nous avons tout arrangé récemment, en les mettant dans les mêmes cadres », a-t-il précisé.
Au cours des échanges, des participants ont proposé la mise en place d’un Haut conseil de régulation pour les structures du numérique au sein de l’Alliance des États du Sahel. Également, une synergie d’action a été recommandée pour d’autres.
MMD/KM (AMAP)

