Bamako, 30 juin (AMAP) Le Gabon et la Guinée équatoriale ont officiellement signé mardi un accord au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, mettant un terme à un contentieux frontalier vieux de près de cinquante ans en entérinant la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) rendue en mai 2025.
L’accord engage les deux États à respecter l’arrêt de la CIJ, qui reconnaît la souveraineté de la Guinée équatoriale sur l’île de Mbanié ainsi que sur les îlots de Cocotiers et Conga. Le document a été signé par le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angue, le président du Conseil constitutionnel gabonais, Dieudonné Aba’a Owono, et le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf.
Pour les autorités équato-guinéennes, cet accord règle « de manière définitive » un différend qui empoisonnait les relations entre les deux voisins depuis les années 1970. La délégation gabonaise a salué l’ouverture d’« une nouvelle ère de coopération » avec la Guinée équatoriale, tandis que le président de la Commission de l’UA a estimé que la résolution de ce litige « qui n’a que trop duré » constituait une victoire pour la diplomatie africaine et le règlement pacifique des différends.
Le litige portait sur l’île de Mbanié, d’une trentaine d’hectares, et les îlots de Cocotiers et Conga, territoires quasiment inhabités mais stratégiques en raison de leur position dans une zone maritime potentiellement riche en pétrole et en gaz. Dans son arrêt de mai 2025, la CIJ avait attribué la souveraineté à la Guinée équatoriale, héritière des droits espagnols au moment de l’indépendance en 1968, et écarté les arguments gabonais fondés sur la convention de Bata de 1974.
Le différend remonte à la convention franco-espagnole de 1900 et s’est accentué après l’indépendance de la Guinée équatoriale en 1968, avec l’occupation de Mbanié par l’armée gabonaise en 1972. Après des années de tensions ravivées par les perspectives d’exploitation d’hydrocarbures, les deux pays ont saisi la CIJ en 2016-2020. La Cour a tranché le 19 mai 2025 en faveur de Malabo.
Cet accord marque une nouvelle étape dans les relations bilatérales et illustre le recours des États africains aux mécanismes de règlement pacifique des différends avec l’appui de l’Union africaine.
OS/KM(AMAP)

