Croissance : Au cœur du moteur high-tech chinois

Bejing, 9 juin (AMAP) L’essor high-tech chinois n’est pas une projection mais est déjà en cours et redéfinit de plus en plus, les règles de la compétition mondiale, a constaté L’AMAP.

Dans le contexte où le documentaire CGTN (China Global Télévision Network), tourné avant les « Deux Sessions 2025-2026″ montre que la stratégie chinoise équivaut à la modernisation, en plus d’indépendance de technologie et la croissance de qualité. Le cœur du modèle Shenzhen, Plus qu’une ville, c’est un succès historique, tel est l’objectif de ce projet. Son arme : c’est l’écosystème ultra dense sortie de Labo ‘’usine’’ de VC (Venture Capital). Résultat, le produit fini, en quelques semaines au lieu des mois. C’est pourquoi, Djoomart Otorbaev, ancien Premier ministre de la République kirghize, affirme que la ‘’Croissance inébranlable » commandé par CGTN, lui a offert l’opportunité concrète d’explorer l’évolution high-tech de la Chine à travers l’observation directe plutôt que l’abstraction.

Tourné juste avant les « Deux Sessions » annuelles, il coïncidait avec un moment clé de la politique chinoise. Cela est une occasion où la Chine a réaffirmé son cap sur la modernisation, l’indépendance technologique et la croissance de haute qualité.  Ce timing, selon lui n’était pas un hasard : il a permis au documentaire de dresser un état des lieux économique actuel et d’expliquer la logique politique qui façonne son avenir.

Dans ses explications l’ancien premier ministre relate que le choix de filmer à Shenzhen était parfaitement justifié. Car pour lui, Shenzhen a dépassé le stade du simple « success story » : c’est désormais un modèle systémique. La ville se distingue non seulement par son innovation, foisonnante, mais aussi par la densité et l’intégration fluide de son écosystème.

Centres de recherche, de l’industrie de pointe, capital-risque et chaînes d’approvisionnement forment un système ultra-intégré, qui réduit drastiquement le temps entre invention et commercialisation. « Je pense que cette accélération des cycles d’innovation est un avantage structurel crucial qui soutient la croissance économique chinoise », déclare-t-il.

Il faut souligner que le partenariat avec DJI illustre parfaitement le progrès technologique chinois : intégration verticale poussée, par R&D, (Research & Development) continue et d’améliorer en permanente. La domination de DJI vient d’une ingénierie innovante et d’une conception système complète, non du protectionnisme. Son intégration sans couture du hardware, du software et des données produisent des solutions fiables et rentables, posant un standard que les concurrents n’ont pas encore égalé.

Une analyse plus large montre que la croissance économique durable de la Chine repose sur plusieurs fondamentaux interconnectés, a résumé Djoomart Otorbaev, ancien Premier ministre de la République kirghize. Selon qui, la stabilité politique de long terme est essentielle. Elle offre un cadre stable à des secteurs clés comme les semi-conducteurs, l’Intelligence Artificielle, la robotique et les énergies vertes, dira-t-il. Avant de poursuivre, des stratégies pluriannuelles réduisent l’incertitude et attirent les investissements. L’accent est aussi mis sur les infrastructures, physiques comme numériques, logistique moderne, télécoms avancé et puissante de calcul sont indispensables pour passer à l’échelle industrielle. Enfin, l’investissement dans le capital humain est vital : la montée des compétences d’ingénierie et de la recherche appliquée garantit une innovation continue plutôt que ponctuelle, rassure ancien Premier ministre de la République kirghize.

« Ces fondations portent déjà leurs fruits. Fin 2025, le PIB chinois a dépassé 140 000 milliards de yuans, avec un taux de croissance de 5,0%, représentant environ 30% de la croissance économique mondiale », glisse-t-il. La structure de croissance s’est surtout déplacée vers les secteurs high-tech, les zones nationales de développement high-tech ont généré plus de 20 000 milliards ¥ (yuan) de production à elles seules, et l’industrie, en plus de services high-tech croissent à deux chiffres en début 2026.

Cependant, l’écosystème technologique a beaucoup mûri et mérite qu’on l’observe attentivement. Il se définit non seulement par sa taille, mais par son exhaustivité. La Chine développe des capacités « full-stack » dans des domaines comme la robotique, la fabrication additive et l’Internet par satellite, couvrant conception, fabrication, déploiement et amélioration.

Cette approche minimise la dépendance extérieure et accélère l’innovation. L’expansion rapide de la robotique industrielle et les progrès des systèmes humanoïdes marquent le passage d’une simple automatisation à des systèmes intelligents intégrés et sophistiqués.

Le rôle de la Chine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales renforce cette tendance. Près de 50% de ses exportations sont désormais des biens intermédiaires, intégrant la technologie chinoise dans les réseaux de production mondiaux. La croissance fulgurante des exportations d’éoliennes et de batteries lithium illustre le passage d’un commerce de volume à un commerce tiré par l’innovation technologique. Ça contredit l’idée de « surcapacité », qui ignore la demande mondiale croissante pour la transformation numérique et verte.

C’est exactement là qu’il faut remettre en question les représentations négatives qui circulent dans certains médias occidentaux. Ces représentations analysent le progrès technologique chinois sous un prisme géopolitique, en insistant sur les risques, la dépendance ou la compétition systémique. Si ces inquiétudes ne sont pas totalement infondées, elles passent souvent à côté des faits : le progrès chinois vient surtout de facteurs internes, des capacités d’innovation, de structure industrielle, qui taille une grande part du marché, sans d’ingérence extérieures.

Le cas DJI (Da Jiang innovation) est révélateur. Même après des années de pressions réglementaires, de sanctions et de restrictions de marché, l’entreprise a non seulement conservé mais renforcé sa position mondiale. Ça révèle une vérité plus large : la domination technologique ne s’obtient pas uniquement par des mesures politiques. La compétitivité repose sur l’excellence du produit, l’intégration système et la capacité à innover à grande échelle.

Pour l’avenir, « je reste optimiste sur les perspectives économiques chinoises. Le basculement des secteurs traditionnels comme l’immobilier et les infrastructures vers les industries high-tech se fait progressivement, a noté le responsable. Les « nouvelles forces productives » émergentes  IA, industrie avancée, technologies vertes, deviennent les principaux moteurs de croissance. Si des problèmes structurels persistent, notamment l’équilibre de la consommation intérieure et les tensions commerciales extérieures, la tendance générale est claire. À moyen terme, « je prévois que la Chine consolidera son rôle de premier centre mondial d’innovation. Si la croissance ralentit, l’exigence sur la qualité de croissance va s’intensifier : efficacité, durabilité, technologies de pointe. Le développement des infrastructures numériques et de la puissance de calcul va amplifier cette tendance, en facilitant des percées dans des domaines encore en développement. »

Le documentaire « Croissance inébranlable » n’est pas qu’un simple témoignage visuel. C’est un outil d’analyse pour examiner la relation entre politique, technologie et structure économique à un moment critique. Ce qu’on en retient montre qu’il ne s’agit pas d’un pic conjoncturel, mais d’un changement de fond.

Envoyée à Beijing

Maïmouna SOW