FOPAME : « Les médias africains doivent unir leurs voix pour imposer leur propre narratif », selon Salif Sanogo

Bamako, 7 juin ‘AMAP) Le président de la commission d’organisation du Forum panafricain des médias (FOPAME), Salif Sanogo revient sur les défis liés à la tenue de cette première édition à Bamako, les ambitions du forum en matière de coopération médiatique africaine et les mécanismes envisagés pour assurer le suivi des recommandations. Dans cet entretien accordé à l’Agence Nationale de Presse du Mali, il plaide pour une mise en réseau des médias africains afin de renforcer leur influence et leur autonomie.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : M. Sanogo, en tant que président de la commission d’organisation, quels ont été les principaux défis logistiques, financiers et diplomatiques rencontrés pour réaliser cette première édition du FOPAME ?

Salif Sanogo : Comme on le dit souvent, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Organiser une rencontre réunissant des représentants d’une vingtaine de pays africains et près de 300 participants nationaux exige d’importants moyens financiers. Il fallait trouver les ressources nécessaires dans un contexte marqué par une crise économique et sécuritaire. Heureusement, nous avons bénéficié d’une écoute attentive du gouvernement, qui a accepté de nous accompagner, ainsi que du soutien de plusieurs organisations partenaires. Cela nous a permis de mobiliser l’essentiel du budget.

Sur le plan logistique, le défi était également de taille. Il fallait organiser une quinzaine de panels et coordonner l’intervention de nombreux experts. Un comité scientifique a été mis en place pour définir les thématiques, sélectionner les intervenants, les panélistes et les modérateurs. Ce fut un travail considérable. Enfin, il fallait garantir de bonnes conditions d’accueil et de restauration à tous les invités. Ce n’était pas évident, mais nous pouvons dire aujourd’hui que le défi a été relevé.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Pourquoi avoir choisi le thème « Unir les voix : renforcer les liens entre les médias d’Afrique » ?

Salif Sanogo : Ce thème est assez évocateur. Aujourd’hui, les médias africains doivent se donner la main. Pris individuellement, nous ne pesons pas toujours très lourd face à de grands groupes médiatiques disposant de budgets colossaux. Il est important que les journalistes africains puissent s’appuyer sur un réseau continental.

Par exemple, lorsqu’un média malien a besoin d’informations au Burkina Faso ou en Éthiopie, il doit pouvoir compter sur des relais fiables sur place. Les Africains doivent travailler ensemble afin d’imposer leur propre narratif. Si nous sommes unis, nous formons un bloc et nos voix auront davantage d’impact. Les autres seront alors obligés de nous écouter. C’est essentiel.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : M. Sanogo, en tant que président de la commission d’organisation, quels ont été les principaux défis logistiques, financiers et diplomatiques rencontrés pour réaliser cette première édition du FOPAME ?

Salif Sanogo : Comme on le dit souvent, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Organiser une rencontre réunissant des représentants d’une vingtaine de pays africains et près de 300 participants nationaux exige d’importants moyens financiers. Il fallait trouver les ressources nécessaires dans un contexte marqué par une crise économique et sécuritaire. Heureusement, nous avons bénéficié d’une écoute attentive du gouvernement, qui a accepté de nous accompagner, ainsi que du soutien de plusieurs organisations partenaires. Cela nous a permis de mobiliser l’essentiel du budget.

Sur le plan logistique, le défi était également de taille. Il fallait organiser une quinzaine de panels et coordonner l’intervention de nombreux experts. Un comité scientifique a été mis en place pour définir les thématiques, sélectionner les intervenants, les panélistes et les modérateurs. Ce fut un travail considérable. Enfin, il fallait garantir de bonnes conditions d’accueil et de restauration à tous les invités. Ce n’était pas évident, mais nous pouvons dire aujourd’hui que le défi a été relevé.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Pourquoi avoir choisi le thème « Unir les voix : renforcer les liens entre les médias d’Afrique » ?

Salif Sanogo : Ce thème est assez évocateur. Aujourd’hui, les médias africains doivent se donner la main. Pris individuellement, nous ne pesons pas toujours très lourd face à de grands groupes médiatiques disposant de budgets colossaux. Il est important que les journalistes africains puissent s’appuyer sur un réseau continental.

Par exemple, lorsqu’un média malien a besoin d’informations au Burkina Faso ou en Éthiopie, il doit pouvoir compter sur des relais fiables sur place. Les Africains doivent travailler ensemble afin d’imposer leur propre narratif. Si nous sommes unis, nous formons un bloc et nos voix auront davantage d’impact. Les autres seront alors obligés de nous écouter. C’est essentiel.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quelles attentes concrètes aviez -vous en matière de coopération pratique entre les médias du continent ?

Salif Sanogo : Mon souhait est que des collaborations concrètes naissent à l’issue de ce forum. C’est déjà en bonne voie puisque la création d’une fédération des radios communautaires est envisagée.

Au-delà de cette initiative, j’aimerais voir les médias écrits, les télévisions, les radios et les plateformes numériques se structurer en réseaux. Notre ambition est de mettre en place une banque de données commune où l’on pourrait partager des photos, des sons et des vidéos. Ce serait une sorte d’embryon d’agence africaine de contenus, au service des médias du continent.

L’Agence Nationale de Presse du Mali :  Quels résultats tangibles espérez-vous à l’issue de ce forum pour que cette rencontre ne reste pas symbolique ?

Salif Sanogo : J’espère avant tout que cette première édition ouvrira la voie à une deuxième. Mais avant cela, il faut obtenir des résultats concrets. Lors de la prochaine édition, nous devons être capables de montrer ce qui a été réalisé entre-temps.

De nombreux médias étaient représentés à Bamako et j’ai vu beaucoup de participants nouer des contacts. Notre rôle sera de rester une interface pour faciliter ces connexions. L’équipe dirigeante du forum continuera à accompagner les initiatives et à favoriser les partenariats. À terme, nous souhaitons mettre en place une plateforme commune où chacun pourra retrouver des contenus et des opportunités de collaboration.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Comment comptez-vous assurer le suivi du forum ? Y aura-t-il des mécanismes de mise en œuvre des recommandations et une feuille de route pour les mois à venir ?

Salif Sanogo : Il est évident que sans mécanisme de suivi, nous aurions échoué. Les recommandations formulées doivent être appliquées et évaluées. C’est pourquoi un secrétariat technique a déjà été mis en place et poursuivra son travail après le forum.

Ce secrétariat dispose des contacts de tous les participants et continuera à faciliter les mises en relation. À terme, nous créerons une plateforme numérique commune. Un média comme l’AMAP pourra y publier des images ou des contenus que pourront utiliser des confrères en Afrique du Sud, au Cameroun ou ailleurs.

Aujourd’hui, il arrive que des événements importants sur le continent ne soient couverts que par quelques médias locaux, alors que les autres n’ont pas accès aux images ou aux informations produites sur place. Grâce à ce réseau et à cette plateforme, nous pourrons mieux partager les contenus et renforcer la circulation de l’information africaine produite par les Africains eux-mêmes

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Merci M. Sanogo pour votre contribution pour la réussite de cet important évènement.

Propos recueillis par OS et KM (AMAP)