Résistance aux antimicrobiens : l’USTTB célèbre la première cohorte africaine du Master DELGEME Plus

Bamako, 5 juin (AMAP) Treize étudiants issus de sept pays africains ont reçu vendredi leurs diplômes de Master en résistance aux antimicrobiens. Cette formation internationale de deux ans est organisée dans le cadre du programme DELGEME Plus à l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), a constaté l’AMAP.

Cette première promotion regroupe des étudiants du Mali, du Cameroun, du Nigeria, du Kenya, de Madagascar, de la Tanzanie et du Gabon.

Le programme est mis en œuvre par l’USTTB avec l’appui de la Science for Africa Foundation, le programme DELGEME Plus. Il vise à développer l’excellence en leadership scientifique et en génomique pour la lutte contre le paludisme et la résistance aux antimicrobiens en Afrique.

Le coordonnateur du programme, le Pr Abdoulaye Djimdé, professeur agrégé de parasitologie-mycologie et directeur du Centre de recherche et de formation sur les parasites et les microbes (PMRTC), a souligné le caractère multidisciplinaire de la formation.

Selon lui, une trentaine d’enseignants maliens et étrangers ont contribué à la formation des étudiants dans des domaines couvrant la biologie, la pharmacie, la médecine, la santé animale, l’environnement ainsi que les sciences sociales.

Le responsable du programme a également relevé le défi particulier de dispenser un enseignement entièrement en anglais dans un environnement universitaire francophone afin de favoriser l’intégration académique d’étudiants venus de plusieurs pays africains.

Major de la promotion, la Camerounaise Kelly Gemandze a exprimé sa fierté d’appartenir à cette première cohorte continentale, tout en réaffirmant son engagement à contribuer à la recherche de solutions contre la résistance aux antimicrobiens.

Pour sa part, Samba Sacko, diplômé malien du programme, a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée prenant en compte la santé humaine, animale et environnementale afin de lutter efficacement contre ce phénomène devenu un enjeu majeur de santé publique.

Présidant la cérémonie, le ministre Bouréma Kansaye a salué l’émergence d’une nouvelle génération de spécialistes africains capables de répondre aux défis sanitaires du continent. «La résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus préoccupantes pour la santé mondiale. Nos pays ont besoin de compétences de haut niveau capables de conduire des recherches de qualité et d’accompagner la prise de décision en matière de santé publique», a-t-il déclaré

Le ministre Kansaye a invité les nouveaux diplômés à produire des résumés exécutifs de leurs travaux de recherche afin de mettre leurs résultats à la disposition des autorités pour éclairer les politiques publiques en matière de santé.

Cette première cohorte marque une étape importante dans le renforcement des capacités africaines en recherche biomédicale et dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, considérée par les experts comme l’une des principales menaces sanitaires du XXIe siècle.

KD/CMT (AMAP)