Gao, 6 juin (AMAP) La région de Gao n’a jamais connu un orchestre régionalofficiel mais un groupe musical local dénommé « Songhoy star » de Gao, qui a été crée avant les années 80. Pour des éclaircissements, nous avons approché, le seul encadreur qui est resté parmi ce groupe de l’orchestre à savoir l’encadreur, ancien animateur-producteur de l’Ortm à la retraite, Boubacar Adama Cissé.
Il témoigne que l’orchestre de Gao est constitué de jeunes musiciens volontaires, composés de trois sections : la section de vent ; la section de cordonne-phone et la section de perquisition. Selon lui, l’orchestre a été créé dans les années 84 avec la bénédiction de la première génération du groupe musical le Négro-bande conduit par feu Boncana Maiga et un autre musicien de la Guinée Bissau, Nassazo de Carvaro.
D’après lui, ils étaient tous des jeunes musiciens locaux, fans de la musique et qui avaient le souci de faire plaisir à la population de Gao en jouant de la musique traditionnelle ou du terroir« Takamba » ou « Holey Horey ». Et se rappelait encore dans les années 1984, d’une tournée musicale dans la région de Tombouctou dont les fans de la musique de la cité de 333 Saints ont beaucoup adoré.
« Après la tournée de l’intérieur, nous avions découvert d’autres horizons où nous avions été sollicités pour jouer de la musique notamment en Algérie et au Niger où notre musique était très appréciée par les autorités de ces pays et même par l’orchestre de Niamey ; la preuve en est qu’ils sont imités la musique du groupe « Songhoy Star », a-t-il avancé.
« L’orchestre de Gao n’avait jamais été à la disposition de la direction régionale de la Culture parce qu’il n’était pas officiel. Mais il est resté toujours à la disposition de la direction régionale de la culture durant les grands événements. Notre génération jouait de la musique pour l’épanouissement de la jeunesse, faire plaisir aux populations et surtout véhiculer la culture de notre terroir », a soutenu, Boubacar Cissé.
Selon lui, avec la discorde et l’âge, seule la section vent est restée. Mais le « Négrobande » avec feu Boncana Maiga qui faisait partie de la première génération de l’orchestre de Gao avait formé deux groupes d’orchestre. Il s’agit d’une formation (A) héritière de Négrobande et d’une formation (B) créée d’une nouvelle génération qui a modernisé la musique traditionnelle.
« L’éclatement de l’orchestre « Songhoy Star » dont était membre , Boubacar Adama Cissé, un nouveau orchestre de circonstance constitué d’une dernière formation a été crée en 2010 à savoir le groupe de Fatouma Bocar . C’est ce même groupe qui a participé à la biennale de 2010 à Sikasso et celle de Tombouctou en 2025 où il a décroché le premier trophée en chant, a évoqué, Boubacar Cissé.
« Après notre génération, tous ceux qui sont venus dans la musique travaillent uniquement pour l’argent. Souvent on les voit jouer lors des fêtes événementiels (mariage et baptêmes) et autres. Alors qu’à notre époque, nous étions engagés pour faire plaisir à nos populations ou pour véhiculer un message à l’endroit des dirigeants. Pour notre bonne formation, nous faisions des répétitions nuit et jour sans un jeton. Aujourd’hui, avec la nouvelle génération, tel n’est plus le cas », a-t-il expliqué, l’ancien de l’orchestre « Songhoy star ».
Pour lui, la musique n’est pas un produit de commerce mais un art d’attraction de la jeunesse, un message de réconfort, d’identité culturelle qui est véhiculé à travers la parole et la danse dont chacun se retrouve. Hormis tout ça, nous comprenons qu’il y a un chômage accru de la jeunesse et le besoin de luxe est pressant.
Selon lui, un orchestre joue un rôle très important dans les relations socio-culturelles mais aussi dans la consolidation de la cohésion sociale entre les communautés. En tant qu’encadreur et animateur-producteur à la retraite et ancien de l’orchestre « Songhoy Star », je sollicite les autorités de notre pays, en particulier le département de la Culture de penser à la création d’un orchestre régional officiel pour la région de Gao.
AT/KM (AMAP)


