Bamako, 23 mai 2026 (AMAP)– À quelques jours de la fête de la Tabaski, les marchés à bétail de Bamako connaissent une affluence inhabituelle. Entre hausse des prix des moutons et augmentation des frais de transport, de nombreuses familles peinent à trouver un mouton à un prix abordable.
Au marché à bétail de Lafiabougou, des acheteurs parcourent les enclos à la recherche d’un animal correspondant à leur budget. Mais les prix affichés refroidissent rapidement les ardeurs. Selon plusieurs vendeurs, les moutons se négocient actuellement entre 170.000 et 400.000 FCFA, selon la taille et la qualité de l’animal.
<<L’année dernière, un mouton moyen pouvait être acheté autour de 120.000 à 150.000 FCFA. Aujourd’hui, il faut souvent débourser beaucoup plus», explique Moussa Ag Mohamed, commerçant de bétail.

Pour les revendeurs, cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des coûts de transport. Les convoyeurs évoquent des dépenses pouvant atteindre 5.000 FCFA par tête de bétail pour acheminer les animaux vers la capitale.
<<Le carburant, les frais de route et les difficultés sur certains axes ont augmenté nos charges. Tout cela se répercute sur le prix final», affirme Mamadou Dicko, transporteur de bétail.
La disponibilité des animaux constitue également une préoccupation. Plusieurs opérateurs du secteur signalent une baisse des arrivages sur certains marchés de Bamako. Selon eux, l’insécurité sur plusieurs axes d’approvisionnement complique les déplacements des troupeaux vers la capitale. Contrairement à cette affirmation, le constat est que Bamako est bien approvisionné en béliers.
Au marché de Niamana, les acheteurs reconnaissent que l’offre reste limitée par rapport aux années précédentes.
Mais les marchands de bétail restent optimistes et pensent que tout pourrait se jouer lors des dernières journées. <<Il y a moins de choix et les prix sont plus élevés. Beaucoup de familles attendent les derniers jours en espérant une baisse», observe Oumar Traoré, revendeur.
Face à cette situation, certaines familles revoient leurs ambitions à la baisse. Dans le quartier de Banconi, Abdoulaye Coulibaly, père de six enfants, confie qu’il peine à réunir les fonds nécessaires. <<Nous économisons depuis plusieurs mois, mais les prix continuent de monter. Cette année, nous cherchons un petit mouton parce que nos moyens sont limités», explique-t-il.
Même constat chez Aïssata Maïga, commerçante au marché de Médina-Coura. <<La Tabaski est une fête importante pour nous, mais il faut aussi penser aux dépenses alimentaires, aux habits des enfants et aux autres charges du ménage. Beaucoup de familles hésitent encore à acheter», dit-elle.
D’autres envisagent même de renoncer à l’achat d’un mouton. <<Si les prix restent à ce niveau, je vais probablement participer à l’achat collectif d’un animal avec des membres de ma famille», indique Boubacar Sangaré, habitant de Magnambougou.
Pour atténuer les difficultés des ménages, les autorités ont annoncé des initiatives visant à faciliter l’accès aux moutons destinés à la Tabaski, notamment à travers des opérations de vente à prix modérés et des programmes tels que <<Un Mouton pour Tous».
Ces mesures suscitent de l’espoir chez de nombreux citoyens, même si plusieurs observateurs estiment que leur impact dépendra du nombre d’animaux mis à disposition et de leur répartition dans les différents quartiers de la capitale.
En attendant, dans les marchés à bétail de Bamako, vendeurs et acheteurs poursuivent les négociations. Comme chaque année, la Tabaski reste un moment de partage et de solidarité, mais pour de nombreuses familles, l’acquisition du mouton est devenue un défi économique de plus en plus difficile à relever.
OS/CMT (AMAP)


