Effondrement d’immeuble : des mesures annoncées, l’enquête en cours

Bamako, 6 mai (AMAP)  Le directeur national de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamadou Ouologuem, a déclaré mercredi que l’effondrement survenu le 20 mars 2026 en Commune VI du District de Bamako, ayant fait cinq morts et une vingtaine de blessés, faisait l’objet d’une enquête en cours, lors d’une conférence de presse tenue à Bamako au sein de sa structure, a constaté l’AMAP.

Au nom des autorités, il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et exprimé la solidarité du gouvernement envers les blessés et les sinistrés. Il a souligné que ce drame «rappelle avec gravité que la sécurité des constructions est une exigence absolue».

Selon lui, une commission d’enquête indépendante a été mise en place pour déterminer les causes exactes de l’effondrement. «Aucune piste n’est écartée», a-t-il précisé, évoquant des défaillances techniques, le non-respect des normes ou des insuffisances dans la chaîne de contrôle.

Le responsable a rappelé que le Mali disposait de textes encadrant les études de sol, les études techniques, la délivrance des permis de construire et le contrôle des travaux. «Leur respect n’est pas facultatif. C’est une obligation légale», a-t-il insisté.

Face à la situation, plusieurs mesures ont été annoncées, dont le renforcement des contrôles sur les chantiers en cours, une opération nationale d’identification des bâtiments à risque, ainsi que l’accélération des réformes liées à la délivrance des permis de construire. Une campagne de sensibilisation des acteurs du secteur est également prévue.

Intervenant au cours de la conférence, le président de l’Ordre des Architectes du Mali, Hassoum Dicko, a affirmé que «les normes maliennes sont très complètes», mais que leur application restait le principal défi. Il relève que certains maîtres d’ouvrage ne sollicitent pas les professionnels pour le suivi des chantiers après obtention du permis de construire.

Selon lui, le recours aux architectes et ingénieurs permet non seulement de garantir la sécurité des ouvrages, mais aussi de réaliser des économies estimées entre 15% et 20% sur le coût global des projets.

De son côté, le directeur régional de la Protection civile de Bamako, le Colonel Adama Diarra, a  expliqué que «le plan blanc est immédiatement déclenché en cas d’effondrement», avec une mobilisation coordonnée des structures sanitaires pour la prise en charge des victimes, incluant triage, évacuation et recensement.

Par ailleurs, les services de l’urbanisme ont apporté des précisions sur la procédure d’autorisation des travaux, notamment le mécanisme d’autorisation tacite limité aux travaux de fondation de faible importance, encadré par des contrôles techniques.

Les autorités ont appelé les citoyens à se référer exclusivement aux sources officielles et à éviter la diffusion d’informations non vérifiées, afin de ne pas perturber les opérations et les enquêtes en cours.

KD/CMT (AMAP)