Bamako, 30 octobre (AMAP) La 4ᵉ édition des Journées nationales de la cybersécurité (JNC) a pris fin vendredi à Bamako, après trois jours d’échanges, de panels, d’ateliers et de démonstrations techniques consacrés aux enjeux liés à la sécurité du cyberespace.
Placée sous le thème « Intelligence artificielle et cyberespace : nouveaux défis pour la cybersécurité », cette édition a réuni plus de 2 000 participants autour des défis liés à la protection des infrastructures numériques, à la sécurisation des données et au renforcement de la souveraineté numérique.
Dans son discours de clôture, le président de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), Saïdou Pona Sankaré, s’est réjoui de la qualité des échanges et des enseignements tirés des trois journées de travaux.
Il a estimé que les panels, ateliers et démonstrations techniques ont permis d’approfondir la compréhension des transformations en cours dans le domaine numérique, de confronter les expériences et de dégager les priorités devant guider les actions futures en matière de cybersécurité.
Selon lui, trois grandes orientations doivent guider les actions futures à savoir « maîtriser, réguler et coopérer ».
La première porte sur la maîtrise des technologies, notamment l’intelligence artificielle, qui constitue à la fois un outil susceptible d’accroître la sophistication des cyberattaques et un moyen important d’améliorer la détection des menaces, de renforcer les capacités de défense et d’accroître la résilience des infrastructures.
« L’enjeu n’est donc plus de savoir s’il faut intégrer l’intelligence artificielle dans nos politiques de cybersécurité, mais désormais de savoir dans quelles conditions et avec quelles garanties nous devons le faire », a-t-il déclaré.
M. Sankaré a également insisté sur la nécessité de mieux connaître les infrastructures numériques, de protéger les données, de renforcer les compétences et de développer progressivement les capacités technologiques nécessaires à l’autonomie du pays.
Il a souligné que la souveraineté numérique repose également sur la qualité de la gouvernance, la compétence des ressources humaines ainsi que sur la capacité des administrations et des entreprises à adopter des pratiques de sécurité adaptées aux enjeux actuels.
Le président de l’AMRTP a, par ailleurs, mis l’accent sur l’importance de la coopération, estimant que « les cybermenaces ignorent les frontières » et que les réponses ne peuvent être limitées à des approches exclusivement nationales.
Il a particulièrement relevé l’importance de la coopération entre les États, notamment au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
De son côté, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Administration numérique, Alhamdou Ag Ilyène, a indiqué que cette 4ᵉ édition a enregistré plus de 2 000 participants, six panels ainsi que la formation de 112 jeunes dans le domaine de la cybersécurité.
Pour le ministre, ces chiffres traduisent une prise de conscience croissante de l’importance de la sécurité numérique. « La sécurité de notre espace numérique n’est plus l’affaire des seuls spécialistes, elle est l’affaire de tous », a-t-il déclaré.
Les travaux ont notamment porté sur la protection des infrastructures et des technologies de l’information et de la communication (TIC), le rôle des régulateurs et des équipes de réponse aux incidents, la lutte contre la cybercriminalité, la protection des données à caractère personnel ainsi que la souveraineté numérique.
Le ministre a souligné que, dans un contexte où les menaces numériques ne connaissent pas de frontières, la coopération au sein de l’AES constitue « un impératif stratégique incontournable ».
Il a assuré que les recommandations issues des travaux feront l’objet d’un suivi par son département, en collaboration avec l’AMRTP et les autres acteurs concernés.
Ces recommandations portent notamment sur le renforcement du cadre juridique et institutionnel de la cybersécurité, la sécurisation des systèmes d’information de l’administration et des infrastructures critiques, ainsi que le développement des compétences nationales, de l’école à l’université.
La cérémonie de clôture a également été marquée par la remise de prix aux lauréats des concours organisés dans le cadre de ces journées, notamment le concours d’innovation en cybersécurité et le concours « Capture the Flag ».
Ousmane Coulibaly a remporté le premier prix du concours d’innovation en cybersécurité, doté de 3 millions de FCFA. Le deuxième prix, d’une valeur de 2 millions de FCFA, a été attribué au Burkinabè Yan Haris Charbel Siry.
Dans la catégorie « Capture the Flag », Badry Galedou s’est adjugé le premier prix, également doté de 2 millions de FCFA.
MMD/KM (AMAP)

