Bafoulabé : Mise en place d’un cadre de concertation au Centre d’Animation Pédagogique

Bafoulabé, 10 mars (AMAP) Après le résultat technique du premier trimestre 2025-2026, le centre d’animation pédagogique de Bafoulabé a mis en place lundi en son sein, un cadre d’échanges avec certains directeurs d’école, sous la présidence de Mamadou Ballo, directeur dudit centre, a constaté l’AMAP. Cette rencontre innovatrice qui visait spécifiquement à rappeler l’importance de l’envoi régulier et à temps réel des résultats techniques en vue de comprendre la situation réelle et de prendre des décisions pour améliorer la qualité des actions éducatives, a réuni le directeur du centre d’animation pédagogique (DCAP), les conseillers pédagogiques et quelques directeurs d’école. Le DCAP, Mamadou Ballo s’est réjoui de la tenue de cette rencontre qui permettra selon lui de renforcer la performance éducative. Il n’a pas manqué d’inviter les directeurs d’école à plus d’engagement pour relever les énormes défis. Les directeurs d’école se sont engagés à respecter les délais, vérifier la qualité et l’exactitude des données et à collaborer avec leurs collègues pour éviter les erreurs L’exécution et le suivi des résolutions assorties de cette rencontre garantira une éducation sûre dans le CAP de Bafoulabé.  BM/KM (AMAP)

Société : Vif sur le quotidien des femmes entre foyer et travail

Bamako, 10 mars (AMAP) À Bamako, lorsque la nuit n’a pas encore totalement cédé la place au jour, certaines maisons sont déjà animées par des bruits familiers. Le cliquetis des ustensiles, le murmure d’une bouilloire, le grésillement d’une poêle. Il est quatre heures quarante-cinq à Sabalibougou lorsque Aïssata Diarra, comptable dans une société de transport, se lève. La maison dort encore, mais sa journée a commencé. Elle chauffe de l’eau, prépare le petit déjeuner. Bouillie pour le plus jeune, tartines pour les aînés puis enchaîne avec le repas de midi. À six heures, elle réveille les enfants, vérifie les uniformes, sert la tisane à son mari et range les plats dans des contenants avant de quitter la maison vers sept heures quinze. « Si je ne fais pas tout le matin, je rentre trop tard pour cuisiner tranquillement », confie-t-elle, en ajustant son foulard avant de partir. À quelques kilomètres, à Magnambougou, Mariam Koné, infirmière dans une clinique privée, vit un autre rythme. Ses heures irrégulieres l’ont poussée à réorganiser sa cuisine. Le soir, après avoir aidé les enfants à faire leurs devoirs, elle passe souvent une heure supplémentaire derrière les fourneaux. Vers vingt-deux heures, les plats du lendemain sont prêts. Sauce et riz. Elle les laisse refroidir, les met au congélateur, puis, à cinq heures trente, elle se lève pour les décongeler, les réchauffer et remplir des thermos. « C’est la seule façon de m’en sortir. Le matin, tout va très vite », explique-t-elle. Le petit déjeuner est pris en famille vers six heures, puis chacun part de son côté. Le dîner, lui, est souvent rapide mais indispensable, ne serait-ce que pour partager quelques mots. Dans le quartier de Kalaban-Coura, Kadiatou Traoré, enseignante, a choisi une autre stratégie. Ses samedi et dimanche commencent très tôt, parfois dès huit heures, et se transforment en véritables journées de préparation. Elle cuisine en grande quantité : sauces, viandes, accompagnements qu’elle répartit en portions pour la semaine. Pendant la semaine, elle part dispenser des cours à sept heures et ne rentre qu’en fin d’après-midi. « Le week-end, je suis fatiguée, mais au moins, durant la semaine je peux me concentrer sur les enfants et mon travail », dit-elle. Le soir, elle complète parfois avec un repas simple, mais le plus gros est déjà fait. Malgré cette organisation, elle tient à préparer le petit déjeuner chaque matin, convaincue que « commencer la journée ensemble, même dix minutes, ça compte ». Toutes ne sont pas seules dans cette organisation. À Badalabougou, Fanta Coulibaly, vendeuse dans une boutique de tissus, peut compter sur sa belle-mère qui habite dans la concession familiale. Cette dernière surveille sa cuisine avec son aide-ménagère au cours de la journée. Tandis qu’elle ne prépare que le dîner vers dix-neuf heures. Mohamed Camara, haut cadre dans l’administration salue la bravoure des épouses qui gère avec engagement et détermination l’équilibre familial notamment l’entretien des enfants, le ménage et l’appui apporté au mari dans les dépenses mais aussi l’entretien du mari lui-même. Amadou Doumbia, commerçant de son état au Dabanani partage le même avis même si de son avis, il ya incompréhension dans le couple géré pour la stabilité de la famille. Pour comprendre cette réalité, le sociologue Moussa Tangara rappelle que l’évolution des modes de vie a profondément modifié l’organisation familiale. Selon lui, l’urbanisation et l’augmentation du travail féminin ont créé une situation où « les femmes cumulent les responsabilités productives et reproductives sans que la répartition domestique n’évolue au même rythme ». Il explique que la famille élargie, autrefois très présente pour soutenir les jeunes couples, joue un rôle moins central en milieu urbain, obligeant les femmes à développer des stratégies d’organisation plus individuelles. Il poursuit en argumentant que dans la littérature sociologique, cette réalité est souvent décrite comme la « double journée », concept largement étudié par des chercheurs tels que Arlie Hochschild, qui a montré comment le travail domestique, bien qu’invisible économiquement, constitue une seconde charge après la journée professionnelle. Cette charge ne se limite pas aux tâches physiques, elle inclut aussi la planification, l’anticipation et la gestion du temps, ce que certains spécialistes appellent la « charge mentale ». Dans le contexte malien, cette dimension est renforcée par les attentes sociales liées au rôle maternel et à la gestion du foyer. Le sociologue explique que cette organisation repose sur un équilibre fragile. Lorsque la fatigue s’accumule ou que le soutien familial manque, les femmes peuvent ressentir stress et épuisement. Pourtant, beaucoup expriment aussi une forme de fierté liée à leur capacité à « tenir la maison » tout en poursuivant une activité professionnelle. Cette résilience s’appuie sur des savoir-faire transmis entre générations, mais aussi sur une capacité d’adaptation constante aux contraintes modernes. AC/KM (AMAP)

Education : Un renforcement de capacité des agents techniques prévue du 23 au 30 mars 2026

Bamako, 10 mars (AMAP) Une session de formation destinée aux agents techniques des structures éducatives sur l’utilisation d’un outil numérique de collecte des données du personnel enseignant, sera organisée à Bamako, par le ministère de l’Éducation nationale, du 23 au 30 mars 2026, a appris l’AMAP d’une source proche du ministère de l’Education Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui à la Décentralisation de l’Éducation au Mali (PADEM), qui vise à améliorer la gestion digitalisée de la présence et de la mobilité des enseignants, ainsi que le suivi de la fréquentation scolaire des élèves. Cet outil numérique développé à travers le Portail de l’Éducation du Mali permettra de mettre à jour et de centraliser les informations relatives au personnel enseignant sur l’ensemble du territoire. « À cet effet, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir informer et instruire vos agents techniques (AE et CAP) afin qu’ils prennent part à une session de formation technique portant sur l’utilisation et la maîtrise de cet outil, prévue du 23 au 30 mars 2026 dans les différents pôles régionaux de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Bamako », souligne la correspondance du département de l’Education nationale. Au niveau des Académies d’Enseignement, les participants attendus sont notamment le CDCAF, le Conseiller en Statistique et Planification (CSP), le chargé du personnel et l’informaticien. Dans les Centres d’Animation pédagogique (CAP), les Conseillers d’Orientation (CO) et leurs suppléants sont également concernés par cette session. KD/KM (AMAP)

Justice : L’affaire du directeur de publication du journal l’Alternance, Youssouf Sissoko mise en délibéré

Bamako, 10 mars (AMAP) Le procès du directeur de publication du journal L’Alternance, Youssouf Sissoko, s’est tenu lundi au Tribunal du Pôle national de Lutte contre la Cybercriminalité de Bamako, a appris l’AMAP de source proche du dossier. « Après plusieurs heures de débats et l’audition des différentes parties, le tribunal a décidé de mettre l’affaire [Youssouf Sissoko, ndlr] en délibéré pour le 23 mars 2026 », a indiqué le Bureau de l’Association des Éditeurs de la Presse Privée (ASSEP) dans un communiqué adressé aux directeurs de publication. Par ailleurs, la faitière a indiqué que « le procès opposant Séga Diabaté, directeur de publication du journal Sud Hebdo, à la famille Karagnara a été renvoyé au 13 avril 2026 ». Dans son communiqué, le Bureau de l’ASSEP a remercié l’ensemble des directeurs de publication pour leur mobilisation et leur solidarité à l’occasion de ces procédures judiciaires impliquant des responsables de la presse. Pour rappel, le directeur de publication du journal l’Alternance,Youssouf Sissoko est poursuivi pour « diffusion de fausses informations », « atteinte au crédit de l’État » et « offense à un chef d’État étranger » suite à la publication, le 2 février dernier, d’un article intitulé « Le Général Tiani sous le coup de l’émotion accuse Macron, Ouattara et Talon », dans la rubrique “Contribution” du journal L’Alternance. KD/KM (AMAP)

Parfum : Un produit lucratif et bien convoité dans notre pays

Bamako, 9 mars (AMAP) Le parfum est un des produits les plus convoités dans notre pays. Son commerce est une activité́ devenue lucrative au fil des temps tant à Bamako qu’’ l’’intérieur du pays. Pour nombreux de nos compatriotes, il est impensable de se retrouver en public sans avoir auparavant mis son incontournable mélange de parfum. Pour cette catégorie de nos concitoyens, le parfum fait partie intégrante de l’hygiène corporelle quotidienne. Le parfum sur le marché malien vient du Maghreb, de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique en vrac ou emballé dans des pochettes de luxe, acheminé par avion ou par route en fonction de sa provenance. Aminata Koumaré fait partie de ce lot. Elle est une promotrice d’une boutique de luxe beauté à Hamdallaye, en Commune IV du district de Bamako. « J’ai des quantités de marques d’eau de toilette que je mélange pour ma douche du matin. Avec cela déjà̀, mon corps reste parfumé toute la journée. Mais, je ne me contente pas de ça. Après la douche, je me mets trois sortes différentes de parfum pour aller à mon lieu de travail, qui est ma boutique. Et une fois à ma boutique, à chaque deux heures, je mixe déodorant et parfums pour redonner de la fraicheur à mon odeur », explique-t-elle. Cette dame gaie, appartient aussi à cette frange de Maliens pour qui, se parfumer est un réflexe qui va au-delà̀ de l’élégance simple. « Vous savez, le parfum attire efficacement aussi la chance. Mes clients sont des gens qui aiment la propreté́ et le confort, et d’ailleurs, beaucoup d’entre eux me demandent de leur filer les noms de marque de mes parfums », dit-elle. Pour sa part, Seydou Coulibaly, agent immobilier, avoue être un véritable amoureux des eaux de parfums. « Sentir bon va de soi. Je préconise l’usage de parfum surtout chez les hommes, même si rares sont ceux d’entre nous qui l’utilisent. Personnellement, j’aime le parfum. Ça permet de dissiper la mauvaise odeur corporelle après une journée sous le soleil. Pour notre interlocuteur, « l’utilisation du parfum ne doit pas être un simple désir ou engouement mais une obligation car les personnes avec qui tu collabores, ne seront pas alors gênées par ta présence, car, personne ne supporte la mauvaise odeur. Oumou Keita, étudiante, une femme doit toujours avoir son petit pot de parfums dans son sac. « Il est un élément clé́ dans l’entretien corporel. Une femme doit toujours sentir bon, c’est très important. Le parfum est un facteur d’élégance », soutient-elle. Elle ajoute : « Je peux acheter un parfum à 25.000 FCFA sans regret, car il a une place immense dans mon cœur. J’aime surtout que les gens apprécient ma présence à travers mon odeur et surtout quand ils affirment que l’air a changé́ et qu’il règne une odeur agréable depuis mon arrivée », se plait- elle. Les parfums convoités dans la capitale malienne, qui fait que le circuit commercial s’y constitue une véritable manne, au bonheur de ces vendeurs et vendeuses. Assitan Kimbiry, une vendeuse de parfums depuis un bon temps. « J’ai commencé ce commerce il y a trois ans. Au début, je vendais seulement quelques parfums en petite quantité. Avec le temps, j’ai augmenté mon stock et j’ai pu fidéliser certains clients », précise-t-elle.  Elle vend le parfum en vrac et propose à sa clientèle différentes senteurs destinées aussi bien aux hommes qu’aux femmes. « Je vends les parfums en vrac et des déodorants, proposés dans différentes fioles. Les prix varient principalement selon la taille de la fiole et la qualité de la fragrance. Les prix commencent à 2 500f cfa et peuvent aller jusqu’à 10 000f cfa ou plus, parfois même plus, selon la fiole choisie », indique Assitan Kimbiry. Pour elle, le commerce de parfums est rentable, surtout, lorsqu’on a des clients fidèles et son commerce reste une activité intéressante, dit-elle. « Les gens aiment les bonnes senteurs et ils reviennent quand la qualité est bonne », souligne-t-elle. Yacouba Doumbia est également vendeur de parfums. Pour lui, « le marché́ du parfum est lent, mais c’est une activité́ généralement lucrative », fait-il constater. Et de nous confier : Ses clients favoris sont des hommes. Compte tenu du rôle que joue les variétés des produits parfums, qui permettent de sentir bon, un endroit (chambre ou salon), un être humain, son commerce reste rentable pour qui veut l’exercer et qui peut nourrir son homme. ST/KM (AMAP)  

Handicap et refondation : Mme Konaté Zeïnabou Guissé, une brave femme exemplaire

Bamako, 9 mars (AMAP) En ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, un frisson d’espoir et de détermination traverse le Mali. Cette année, le monde entier résonne autour du puissant appel : « Droits, Justice. Action pour Toutes les femmes et les filles ». Au Mali, ce cri retentit avec une force particulière dans le cœur des Maliennes en situation de handicap. Car l’égalité n’est pas une belle parole, si elle laisse sur le bord du chemin celles qui portent déjà le poids invisible de l’exclusion. Aujourd’hui, leurs voix, longtemps étouffées, s’élèvent, vibrantes, courageuses, irrésistibles. Au premier rang de ce combat se tient une femme d’exception. Il s’agit de Mme Konaté Zeinabou Guissé, présidente de l’Union Malienne des Associations et Comités de Femmes Handicapées (UMAFH) et membre du Conseil National de Transition (CNT). Elle n’est pas seulement une dirigeante, elle est un symbole vivant, une flamme qui refuse de s’éteindre. Vivant en situation de handicap, elle-même, elle porte en elle les luttes de milliers de sœurs maliennes et, avec une énergie déterminante, elle nous rappelle que la refondation du Mali ne sera complète que lorsque toutes ses filles y auront leur place, dignes, libres et reconnues. Ces dernières années, quelque chose de beau s’est éveillé au Mali. Le regard sur les personnes vivant avec handicap change, doucement mais sûrement. Grâce à l’engagement des organisations comme l’UMAFH et la Fédération Malienne des Associations de Personnes Handicapées (FEMAPH), les campagnes de sensibilisation portent leurs fruits. La société commence à voir au-delà du handicap, elle découvre des femmes, des mères, des entrepreneuses, des citoyennes pleines de talents et de rêves. L’État malien a marqué un tournant historique en adoptant une loi de protection des personnes handicapées. Cette loi n’est pas un simple texte, elle ouvre des portes concrètes notamment l’accès à l’emploi, la facilitation des mariages, ainsi que la meilleure intégration familiale. C’est une victoire arrachée par la persévérance, et Mme Konaté en a été une actrice majeure. Aux Assises nationales de la refondation, elle a porté haut les droits et les devoirs des personnes en situation de handicap. Au sein du CNT où plusieurs d’entre elles siègent enfin, elle travaille sans relâche à la commission du développement rural, scrutant chaque loi, faisant entendre sa voix forte et juste. L’UMAFH célèbre chaque 8 mars avec ferveur, en harmonie avec le thème national, souvent main dans la main avec la FEMAPH et d’autres partenaires. En 2026, le Ramadan décalant les festivités à avril, l’élan reste intact. L’organisation tisse aussi des liens fraternels avec le Burkina Faso et le Niger : la solidarité régionale devient une force vive. Avec une grande tendresse, Mme Konaté s’adresse aux familles : « Traitez vos enfants en situation de handicap comme les autres, en tenant compte simplement de leurs spécificités ». Elle salue les progrès de l’État car sa propre nomination au CNT en est la preuve éclatante, tout comme l’accès des personnes handicapées à des fonctions dans la fonction publique. Et quel parcours ! Entrepreneuse autodidacte au courage impressionnant, elle a construit son indépendance pierre par pierre : un cybercafé, l’élevage de volailles, la vente de viande séchée exportée jusqu’en Chine, l’agriculture (mangues, céréales), des forages pour l’eau en sachets, et aujourd’hui une boutique florissante à Bagadadji. Tout cela par son seul labeur, sans attendre de financements extérieurs. Une leçon de résilience qui touche au cœur. Son message aux femmes en situation de handicap est un véritable appel d’amour et de confiance : « Ayez foi en vous-mêmes ! Regroupez-vous dans des associations solides, bannissez les divisions, faites confiance à vos responsables ». Elle déplore les querelles stériles et la course à l’argent facile, convaincue que des financements bien gérés auraient pu transformer bien des associations en véritables entreprises prospères. « Quand on dit ‘handicapée’, trop de gens ne voient que le handicap et oublient la personne. Pourtant, ce que les autres femmes accomplissent, nous aussi nous le pouvons ! », clame-t-elle avec force. Finie la mendicité imposée par le regard des autres, la sensibilisation libère, l’autonomie guérit. Le combat de l’AMALDEME Mais le combat est loin d’être gagné, surtout pour les femmes et filles vivant avec un déficit mental. À l’AMALDEM (Association Malienne de Lutte contre les Déficiences Mentales chez l’Enfant), Assitan Traoré, éducatrice spécialisée au grand cœur, se bat chaque jour pour leur dignité. Elle leur enseigne des formations dans la savonnerie, la teinture, la cuisine et les accompagne vers l’autonomie, rêve pour elles d’une vie sans dépendance constante. Certaines y parviennent magnifiquement, elles s’épanouissent, gagnent leur vie, se marient, fondent des familles. D’autres, hélas, subissent des drames terribles notamment des divorces motivés par l’appât du gain, violences basées sur le genre, abus sexuels qui les exposent à des maladies graves. Le cœur se serre devant tant de vulnérabilité. Assitan lance un appel vibrant et urgent aux autorités et à toutes les personnes de bonne volonté : « Aidez-nous à faire éclore ces femmes ! L’État fait déjà beaucoup, mais nous avons besoin d’un soutien renforcé pour que filles, femmes et enfants avec déficit mental puissent rayonner comme les autres». Elle supplie pour des mesures fermes contre ceux qui exploitent ou abusent de ces êtres fragiles, car dans leur cas, les violences de genre blessent encore plus profondément. À Sebenicoro, Kany Doumbia, 41 ans, vit avec un déficit mental survenu après une méningite dans l’enfance. Mariée deux fois, sans enfant, elle a enduré rejets et violences. Son premier mari la brutalisait chaque jour, l’insultait. Aujourd’hui, Kany travaille comme cuisinière à l’AMALDEME, gagne 15 000 FCFA par mois, un salaire modeste, mais un pas immense vers la liberté. Sa mère, Mme Doumbia Djènèba Doumbia, médecin anesthésiste à la retraite, raconte avec émotion ces mariages toxiques. Dans le premier, le conjoint a profité des aides (logement, meubles, frais quotidiens), puis a réclamé un taxi avant de disparaître. Le second a suivi le même scénario cruel : moto tricycle achetée, puis envol. « Ma fille est une battante, confie-t-elle, les larmes aux yeux. Elle se prépare seule,

NU : Nomination du Directeur du Centre de Recherche et de Formation sur les Parasites et les Microbes, Pr Abdoulaye Djimdé

Bamako, 9 mars (AMAP) Le Directeur du Centre de Recherche et de Formation sur les Parasites et les Microbes (PMRTC) de Bamako, le Professeur Abdoulaye Djimdé vient d’être nommé au Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations Unies, a appris l’AMAP de source proche du département en charge de la recherche scientifique. Le Comité scientifique consultatif des Nations Unies est composé de quinze membres. Il a pour mission de conseiller le Secrétaire général sur les questions liées à la science, à son évolution et à ses implications pour les sociétés. Le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique lui a réitéré ses vives félicitations pour cette distinction qui honore la communauté scientifique nationale et le Mali tout entier. Le professeur Djimdé est le directeur du Centre de recherche et de formation sur les parasites et les microbes à Bamako, où il dirige les efforts régionaux visant à faire progresser la génomique du paludisme, la surveillance de la résistance aux médicaments et la surveillance des agents pathogènes en Afrique de l’Ouest. Il est reconnu pour avoir identifié l’un des premiers marqueurs moléculaires du Plasmodium falciparum résistant à la chloroquine, contribuant ainsi de manière significative à la politique mondiale de traitement du paludisme et au renforcement des capacités de recherche génomique en Afrique. Il est président du réseau Pathogens Genomic Diversity Network Africa (PDNA) et président fondateur de l’Association africaine pour la recherche et le contrôle de la résistance aux antimicrobiens (AAAMR), qui soutient la collaboration scientifique et la formation sur l’ensemble du continent. En 2025, il a été récipiendaire du cinquième prix Hideyo Noguchi pour l’Afrique et  Howard Hughes Medical institute International Scholar 2025. KD/KM (AMAP)

Guerre USA- Iran : Flambée des prix du pétrole, chute des actions aériennes et explosion des billets d’avion

Bamako, 9 mars (AMAP) La guerre qui oppose les Etats unis et l’Iran ont entrainé ce lundi une flambée des prix du pétrole, la chute des actions aériennes et l’augmentation des billets d’avion, a appris l’AMAP de Reuters qui précisent que cette hausse brutale des prix du pétrole, alimentent les craintes d’un effondrement du trafic aérien et d’une immobilisation massive d’appareils. Le Brent a grimpé de plus de 15 % – jusqu’à +29 % en séance – à des niveaux inédits depuis 2022, sous l’effet de réductions d’approvisionnement et de craintes de perturbations maritimes prolongées. En Asie, Korean Air a perdu 8,6 %, Air New Zealand 7,8 % et Cathay Pacific 5 %. En Europe, Air France-KLM, IAG et Lufthansa ont cédé 4 à 6 %, tandis que les grandes compagnies américaines reculaient d’environ 4 % en pré-marché. A titre d’exemple, le prix d’avion d’un vol direct Séoul-Londres avec Korean Air, est passé ce lundi de 564 $ à 4 359 $ en une semaine, selon Google Flights. « La demande de voyages risque d’être fortement freinée car les coûts qui deviennent prohibitifs pour les loisirs et que les entreprises limitent les déplacements professionnels face à l’incertitude », a déclaré Lorraine Tan, directrice de la recherche – actions Asie chez Morningstar. Le carburant, deuxième poste de dépenses après les salaires (20-25 % des coûts), renchérit encore plus vite que le brut. « Si le brut monte de 20 %, le kérosène augmente plusieurs fois plus », a souligné Subhas Menon, directeur de l’Association des compagnies aériennes Asie-Pacifique. Depuis le 28 février, plus de 37 000 vols vers le Moyen-Orient ont été annulés (Cirium). Les compagnies réroutent, emportent plus de carburant ou ajoutent des escales. « Sans soulagement rapide, des milliers d’avions pourraient être cloués au sol et les transporteurs les plus fragiles pourraient cesser leurs opérations », avertissent les analystes de Deutsche Bank, rappelant les faillites de Delta et Northwest en 2005 après la flambée des prix post-Katrina. OS/KM(AMAP)

Santé : Dr Djénéba Koumba Dabitao, première femme maître de conférences agrégé en Biologie moléculaire

Bamako, 9 mars (AMAP) – Des talents féminins emblématiques se révèlent de plus en plus au Mali. Dans le domaine de la pharmacie, Dr Djénéba Koumba Dabitao Epse Keïta a inscrit son nom en lettre d’or dans la discipline «biologiemoléculaire» en tant que première femme maître de conférences agrégée du pays. Cette spécialité qui «a révolutionné la médecine moderne» est l’étude des molécules qui portent le message héréditaire tels que l’ADN. Celle-ci permet, par exemple, de faire le diagnostic de certains microbes dans le corps. Notre équipe de reportage a rencontré l’enseignante chercheure de la Faculté de pharmacie (Faph) le jeudi 5 mars au Centre universitaire de recherche clinique (en anglais UCRC). Là-bas, elle était chef de laboratoire avant d’être nommée, en janvier dernier, directrice du Laboratoire de biologie moléculaire appliquée (LBMA). Sa passion pour l’enseignement date de l’adolescence. «C’estun rêve d’enfance de devenir enseignant comme ma défunte mère. J’ai également eu la chance de côtoyer, depuis le début de ma carrière professionnelle, des enseignants chercheurs de haut niveau dont le parcours m’a inspirée à embrasser ce domaine», révèle l’ancienne élève du groupe scolaire Bahaben Santara de Korofina nord en Commune I du District de Bamako. Cette passion la motive à aller à la conquête de l’agrégation organisée par le Centre africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames). «Avant 2024, notre pays n’avait pas de maître de conférences agrégé en biologie moléculaire. Maintenant, le Mali est représenté dans cette discipline à travers le Dr Antoine Dara et ma personne», précise-t-elle avant de souligner que l’agrégation en biologie moléculaire est très stratégique. Sur le plan personnel, commente la chercheure senior, la préparation pour le concours d’agrégation leur a permis de revisiter les coins et les recoins de «notre discipline sous la supervision de nos maitres qui nous ont formés de façon rigoureuse sur la pédagogie universitaire». L’avantage, poursuit-elle, est que cette formation leur a permis de faciliter l’apprentissage des étudiants dans la pratique de la discipline. Sur le plan institutionnel, c’est très stratégique. Celle qui a fréquenté le Lycée Ba Aminata Diallo (Lbad) argumente que le Mali compte trois femmes agrégées au niveau de la Faph à commencer par son maître Pr Rokia Sanogo, professeur titulaire en pharmacognosie, Dr Dinkorma Ouologuem spécialiste en biologie cellulaire et elle-même. Cependant, le parcours de la quadragénaire a été parsemé de défis au Mali aussi bien  qu’aux États-Unis d’Amérique (USA). «En 2003, dans mon programme de recherche, j’étais la seule femme parmi les hommes. Il a fallu se battre tous les jours pour montrer qu’on est à sa place et briser les stéréotypes», relève-t-elle avant de citer également les difficultés linguistiques qui ont marqué son insertion académique aux USA. Selon la pharmacienne, la patience intrinsèque l’a aidée à faire face à ces obstacles. PRIX NOBEL DE CHIMIE- Pendant son parcours, un événement lui aura marqué. «Le jour de ma soutenance aux USA en 2015, j’ai reçu les félicitations du Prix Nobel de Chimie 2003, Dr Peter Agre, médecin et biologistemoléculaire. c’est un moment inoubliable de voir une perle aussi rare venir célébrer avec une étudiante le parachèvement de plusieurs années de travail». Très discrète, la nouvelle directrice du LBMA est détentrice de plusieurs distinctions honorifiques dont les Prix de mobilité en santé globale, Foundation Bill and Melinda Gates, Symposium Keystone, USA décroché en 2024, Abdool Karim, Académie mondiale des sciences (TWAS), Unesco en 2021. Elle a été nominée en 2018 sur la liste des 300 femmes francophones leaders en santé mondiale. Membre de plusieurs sociétés savantes au Mali et aux USA, la native de Bamako a fait des publications dans des revues asiatiques, maliennes et américaines. « Mon parcours est un témoignage sur l’importance de l’investissement sur l’humain. Après le Mali, l’Amérique est le pays qui m’a donné le plus en matière de développement de capacités», explique-t-elle. L’universitaire souhaite créer une structure pour les meilleurs étudiants, avec une parité de représentation entre homme et femme, afin qu’ils développent des thématiques intéressantes pour le pays. Le Pr Djibril Mamadou Coulibaly, pharmacien-Biologiste, a collaboré pendant plusieurs années avec Mme Keïta Djénéba Koumba Dabitao Epse Keïta. Il témoigne qu’elle fait partie des premières femmes scientifiques dont la réputation a transcendé les frontières du Mali depuis plusieurs années. «Elle est parmi l’équipe qui a inauguré le LBMA qui était la structure de rêve de tous les jeunes pharmaciens aspirant à la recherche. L’enseignant -chercheur de Biochimie à la Faph souligne que «la chercheure senior» a publié des articles dans des revues de haut impact et le passage au Centre de recherche et de formation sur le VIH/Sida et la tuberculose(Serefo), faisant actuellement parti de l’UCRC (Centre Universitaire de Recherche Clinique), un des prestigieux centres de recherche dans notre pays prouvent à suffisance sa valeur scientifique admirable. Sa camarade de promotion Dr Aïssata Aboubakar Cissé, pharmacienne microbiologiste, affirme n’avoir pas été surprise de la réussite du Dr Dabitao à l’agrégation Cames. Elle argumente que c’est la concrétisation de plusieurs années de travail. Elle a su suivre le «chemin d’étudiante modèle et studieuse qu’elle s’était tracée». Son parcours incarne la patience et constitue une source d’inspiration pour les filles afin qu’elle embrasse des disciplines essentielles pour le bonheur de notre pays. MD/KM (AMAP)

Bandiagara : le PM préside les festivités de la Journée internationale des droits des femmes

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé dimanche à Bandiagara la cérémonie officielle de la 32ᵉ édition de la Journée internationale des droits des femmes, en présence de membres du gouvernement, des autorités administratives, politiques et coutumières ainsi que d’une forte mobilisation des populations, a constaté l’AMAP. La cérémonie officielle de la Journée internationale des droits des femmes s’est déroulée au stade omnisports Niaga Tembelydevant une foule nombreuse. Dans son intervention, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Diarra Djeneba Sanogo, a rappelé que le thème retenu pour l’édition 2026 est : « Droits des Femmes et des Filles : Agir pour un avenir sûr et équitable dans un Mali résilient, unifié et souverain ». Selon elle, ce thème invite l’ensemble des acteurs à unir leurs efforts afin de garantir aux femmes et aux filles un environnement sûr et équitable, propice à leur plein épanouissement. Au cours de la cérémonie, le Chef du Gouvernement a procédé à la remise symbolique des clés de deux tracteurs et de deux motoculteurs offerts par le Président de la Transition à la mairie de Bandiagara afin de soutenir les activités agricoles et contribuer à l’autonomisation économique des populations. La cérémonie a été marquée par des prestations artistiques et des animations culturelles mettant en valeur le patrimoine du pays dogon. La visite du Premier ministre s’est achevée par la visite des stands d’exposition animés par des organisations féminines présentant les initiatives économiques des femmes de la région. Au cours de sa visite, Chef du Gouvernement dans la région de Bandiagara, a rencontré les forces vives de la région, avant de procéder à la pose de la première pierre du vestibule des légitimités traditionnelles lors de la cérémonie officielle de célébration de la journée de la femme au stade omnisports Niaga Tembely. Lors de la rencontre avec les forces vives, le gouverneur Colonel-major Olivier Diassana a qualifié cette visite de moment historique pour les populations de la région. Selon lui, la présence du Chef du Gouvernement constitue « un rêve devenu réalité » pour les habitants de Bandiagara, tout en rappelant les défis liés notamment à la sécurité, au développement et à l’accès aux services sociaux de base. Prenant la parole, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a déclaré être profondément touché par l’accueil réservé à sa délégation. Il a transmis aux populations de la région les salutations du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, tout en assurant avoir pris bonne note des préoccupations exprimées par les représentants des forces vives. La visite a également été marquée par la pose de la première pierre du vestibule des légitimités traditionnelles de Bandiagara, un projet destiné à valoriser et renforcer le rôle des autorités coutumières dans la gouvernance locale et la cohésion sociale. OG/OS(AMAP)