Les précautions à prendre portent notamment sur une irrigation et des semences de qualité adaptées pour cette période, où on peut se limiter à l’engrais organique parce que la terre est riche et fertile

Par Oumou  SACKO

Bamako, 24 janv (AMAP) L’harmattan (de novembre à janvier) fait l’affaire des maraîchers. C’est la période de la fertilité et de l’humidité des sols. Y compris celle de la vache grasse. Tôt le matin, sur un vaste terrain situé au bord de la route de l’Aéroport international président Modibo Keïta-Senou, à Kalaban coura, en Commune V du District de Bamako, de belles plantes de carotte, de betterave, de laitue et de papaye émerveillent les passants. Cette réalisation est le fruit du travail acharné de Zoumana Mariko. Le quinquagénaire exerce le maraîchage depuis neuf ans.

En cette heure matinale, il tient un tuyau en plastique bleu au bout duquel est insérée une pome d’arrosage. Le dispositif arrose les plantes de carotte. Le maraîcher explique que ce métier est rentable et facile en période de fraîcheur que durant la chaleur. Le jardinier ajoute que le sol est plus fertile et bien humidifié en ce moment que pendant les autres saisons. Pendant l’harmattan, l’eau est disponible en quantité.

«Par contre, en saison chaude tel n’est pas le cas. On enregistre beaucoup de pertes suite au dessèchement des cultures», affirme-t-il. Zoumana Mariko est satisfait de sa récolte. Mais, il se plaint des  dépenses lourdes du jardin qui pèsent sur ses bénéfices. « Je peux acheter 20 litres d’essence tous les trois jours pour mon groupe électrogène pair arroser mes cultures maraîchères » déplore-t-il.

Non loin du périmètre maraîcher du quinquagénaire, Adiara Koné fait sa sieste sous un grand manguier. La maraichère, 10 ans d’expérience dans le domaine, a soufflé ses 56 bougies. La brave dame confie que la fraîcheur en cette période l’aide beaucoup dans l’humidification de ses plantes. Elle dit manquer de moyens nécessaires pour s’acheter un groupe électrogène qui pourra l’aider à puiser de l’eau pendant la période de chaleur.

« À mon âge, puiser de l’eau à la main est très fatigant. En plus, il te faut trois séances d’arrosage par jour pour que les cultures obtiennent suffisamment d’humidité. Tandis qu’en ce moment, une seule fois par jour suffit aux plantes», fait savoir la quinquagénaire.

BONNE CROISSANCE DES CULTURES – À Niamakoro,  en Commune VI du District de Bamako, sur les berges d’un petit marigot, Aminata Mallé et sa fille, toutes joyeuses, font du maraîchage. Selon la mère de 5 enfants, son activité lui permet d’aider son mari à faire face aux besoins de la famille. Elle fait ce travail avec amour et beaucoup de soin. Notre interlocutrice avoue qu’elle manque d’équipements nécessaires pour travailler sur son lopin qui contient trois puits. Et de regretter le prix élevé de l’engrais chimique. Une situation qui l’oblige à utiliser seulement l’engrais organique. Selon elle, les deux éléments ont chacun un rôle dans l’accroissement des cultures.

« Pendant l’harmattan, on peut se limiter à l’engrais organique, parce que la terre est riche et très fertile. Pour la saison chaude, il nous faut de l’engrais chimique pour la bonne production des légumes. Et pour cela, nous devons débourser beaucoup d’argent pour l’achat. Donc, nous préférons la saison froide qui nous est bénéfique surtout avec la récolte de la laitue », laisse-t-elle entendre du haut de ses 4 ans d’expérience dans le jardinage.

L’agronome et expert en environnement, Dr Mamadou Nagalé Sanogo, note que le maraîchage offre plusieurs avantages pendant l’harmattan. « Avec le climat favorable, explique-t-il, les cultures maraîchères ont une bonne croissance et les risques de maladies fongiques sont réduits. » Il assure que la fraîcheur  permet aux maraîchers de cultiver des légumes de manière plus saine.

Le docteur en agronomie indique que durant cette saison, les maraîchers doivent pratiquer l’irrigation adaptée pour les plantes et s’assurer de les contrôler contre les ravageurs pour avoir de très bonnes cultures. Dr Sanogo leur conseille d’utiliser les semences de qualité adaptées à l’harmattan, qui peuvent résister à la sécheresse et germer dans des conditions moins favorables. Pour l’expert en environnement,  l’engrais équilibré en nutriments tels que l’azote, le phosphore et le potassium serait favorable en cette saison pour une croissance saine des plantes. Il cite également les composants à base de matières organiques et le phosphate de Tilemsi.

Les ménagères jubilent en ce moment en raison de la diminution des prix des légumes comparé à d’autres saisons. Mme Coumba Traoré affirme qu’en cette période, avec un peu d’argent, elle arrive à obtenir assez de légumes pour sa cuisine. «Je ne complète pas le prix du condiment. Les légumes sont de bonne qualité et conservables sans recourir au réfrigérateur », dit-elle.

Les vendeuses se frottent les mains surtout celles qui proposent des tomates. Le prix du grand panier de la tomate varie de 15 000 à 20 000 Fcfa pendant cette saison contre 25 000 à 30 000 Fcfa en période de chaleur. Kiatou Coulibaly, vendeuse de tomates, au Grand marché de Bamako, assure que ses clients sont satisfaits de la qualité et du prix de sa tomate.

OS/MD (AMAP)