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La canicule met à rude les appareils de climatisation ou de ventilation

C’est très difficile de se passer de ventilateurs, de climatiseurs, d’humidificateurs durant la canicule.

Par Fatoumata M. SIDIBÉ

Bamako, 24 mai (AMAP) En ces temps de hausse du mercure, les réparateurs de ces appareils électroménagers de Bamako, la capitale malienne, sont très sollicités. Et les rapports avec les clients sont, souvent, très tendus pour diverses raisons.

Lassana Camara, technicien en climatisation, est à la tâche, dans son atelier, à Kalaban-coro. Il remet en place, avec dextérité, les pièces d’un humidificateur qu’il a dû démonter pour situer et corriger le problème l’empêchant de fonctionner correctement. Le propriétaire de l’appareil suit avec attention les gestes du technicien, espérant avoir rencontré, cette fois-ci, le bon. « Il y a une semaine, j’avais apporté ce même refroidisseur chez un soi-disant réparateur qui m’a fait dépenser pour rien. Enervé, j’ai tenu à son endroit des propos discourtois et on a failli en venir aux mains», raconte-t-il.

Devant l’atelier de Camara, des dizaines d’autres humidificateurs attendent d’être réparés. Il doit, en plus, se déplacer fréquemment pour des réglages, dépannages ou maintenance de climatiseur aux domiciles de ses clients. Comme lui, de nombreux réparateurs d’appareils de climatisation sont débordés en cette période où la chaleur est maitresse des lieux à Bamako. Impossible, en effet, de rester entre quatre murs, sans avoir de quoi atténuer la forte température.

Les ventilateurs, climatiseurs, humidificateurs et autres appareils du genre sont, ainsi, d’un grand secours. Sauf que leur usage réserve parfois des surprises désagréables. Et le stress thermique aidant, les échanges entre les techniciens spécialisés dans la réparation de ce matériel et leurs clients peuvent, facilement, tourner en propos véhéments. Les seconds pointent du doigt le manque de professionnalisme des premiers. «Beaucoup d’entre eux font du tâtonnement. Et ceux qui se débrouillent bien respectent rarement les délais», lance Amadou Traoré, instituteur.

TATONNEMENT – Fadima Cissé s’est fait gruger, plusieurs fois, par des «techniciens incompétents». Récemment, cette habitante d’un quartier de la Rive droite de Bamako a sollicité, en l’espace de dix jours, deux réparateurs de système de climatisation. On lui avait particulièrement vanté les «qualités du premier». Mais à l’épreuve, échec ! «Il m’a dit que le problème était lié à la destruction de la carte et de l’interrupteur du climatiseur. Il a changé ces pièces, mais le même problème est réapparu une semaine après», confie notre interlocutrice qui était alors obligée de contacter un autre électricien. Celui-ci a lavé les filtres et mis du gaz pour un montant de 12 500 Fcfa. «Attendons de voir pendant combien de jours, la machine va tenir», soupire-t-elle.

Selon Fadima Cissé, tous les réparateurs ne maitrisent pas leur métier. Ainsi, elle est obligée de recourir, à chaque dysfonctionnement de son appareil, à deux voire trois réparateurs pour trouver une solution. Et pour chaque réparation, surtout en cette période, il faut débourser une petite fortune.

Awa Soumaoro, résidente de Sébénikoro, un quartier de la Commune IV dans l aciptal ;e malienne, utilise un humidificateur depuis trois ans. Elle est fréquemment chez les réparateurs pendant la canicule. Il y a deux semaines, elle a sollicité les services d’une entreprise spécialisée pour redonner à son humidificateur un rythme normal de fonctionnement. «Un technicien a changé certaines pièces. La réparation m’a coûté 7 500 Fcfa. Heureusement, l’appareil a marché», affirme-t-elle. Ce que la sexagénaire trouve surtout utile chez cette entreprise, c’est que le «client peut l’interpeller s’il n’est pas satisfait de la prestation». La compagnie prodigue, aussi, toujours des conseils utiles pour la bonne tenue des appareils.

Hamidou Traoré, technicien en froid et climatisation, concède le déficit de réparateurs qualifiés. Mais se presse de charger les utilisateurs qui «disent souvent que les réparateurs ne connaissent rien alors que ce sont eux-mêmes qui ne savent pas manipuler leurs appareils».

Ce diplômé de l’Institut supérieur de technique de gestion (ISTG) raconte : «Je viens de régler un climatiseur que j’avais réparé il y a une semaine. Le propriétaire était sur les nerfs quand il m’informait de ce qu’il croyait être une nouvelle panne. Or, que le problème était dû à la mauvaise manipulation de la commande par les enfants. Après mon intervention, j’ai véhémentement exprimé mon mécontentement».

Hamidou Traoré a subi «injustement», pour la énième fois, le courroux d’un client. Sans compter la perte de temps que cette intervention à domicile lui a causée. «En cette période, le temps est précieux pour nous», dit-il, révélant qu’il répare quatre à cinq appareils, quotidiennement. En moyenne, il gagne 15 000 Fcfa le jour.

Le technicien conseille au client d’acheter un humidificateur en fonction de la dimension de la pièce où il doit être installé et de ne surtout pas le laisser à la merci des enfants.

Contrairement à Hamidou, Seydou Konaré a appris le métier sur le tas. Démontant un ventilateur dans son atelier à Bamako-Coura, il nous explique comment il est devenu réparateur : «Pendant les vacances, je partais dans des ateliers pour gagner de l’argent. J’ai fini par aimer ce travail passionnant. Cela fait quinze ans maintenant que j’évolue dans ce domaine.» Et d’affirmer qu’il n’a jamais eu de problème avec les clients, même durant les périodes de canicule où le volume du travail devient très important. « Nous pouvons réparer plus de quatre machines humidificateurs par jours. Le marché est vraiment rentable en ce moment», se réjoui-t-il.

COUPURES D’ÉLECTRICITÉ – De son côté, Beydi Diallo, diplômé en électricité et en froid, évoque la rareté de pièces de recharge de bonne qualité sur le marché. Et, avec la crise économique qui n’épargne aucun pays, les prix des pièces de qualité (mèches, pompes, multimètres, filtres déshydrateur…) qu’on trouve au marché Dabanani ou dans les quincailleries ont connu une augmentation de 500 à 1 000 Fcfa. C’est pourquoi, les réparateurs utilisent, très souvent à la demande des clients, des pièces moins chères, donc peu résistantes.

Beydi quitte rarement son atelier, situé à Bolibana où il répare des ventilateurs, des groupes électrogènes, des frigos, fours et repasseurs. «De mars à mai, je reçois plus de clients», dit-il, ajoutant que ceux-ci sont, généralement, satisfaits de ses prestations. «Mais dans tous les métiers, il peut avoir des erreurs. Les clients sont libres de rapporter les machines si leurs attentes ne sont pas comblées et la réparation est reprise gratuitement», affirme Beydi Diallo qui note, au passage, les dommages causés aux appareils par les coupures intempestives de l’électricité. Il recommande l’usage de stabilisateurs pour éviter aux appareils de subir directement les coupures et la baisse de tension.

L’entreprise Niaré Froid est très connue pour ses services d’entretien et de maintenance. Selon son directeur technique, Mohamed Touré, il est important de faire le suivi et la maintenance curative et préventive des appareils. M. Touré invite les clients à faire l’entretien de leur matériel tous les trois ou six mois et de se référer, en cas de panne, à une entité ayant des compétences reconnues.

FMS/MD (AMAP)

 

By |2023-05-24T11:33:00+02:00mai 24th, 2023|actualité, Actualité nationale, economie, features|0 Comments