Le tissage artisanal : un héritage vivant en péril, face à la modernité et la contrefaçon

Bamako, 22 Aout (AMAP) Le tissage artisanal, héritage vivant des régions et des ethnies du Mali, se fraie encore une place dans certains quartiers de la capitale mais peine à survivre face à des difficultés structurelles et commerciales, préviennent les tisserands interrogés par notre rédaction. Entre hausse du coût des matières premières, contrefaçons, pressions de la concurrence et manque d’appui institutionnel, la filière voit son avenir menacé, malgré son rôle culturel et économique. Un métier d’héritage, exercé jour après jour, constate l’AMAP. Dans son atelier, sous le hangar, au quartier Médina Coura en commune II du district de Bamako, Almamy Sangho, vice-président de l’Association des tisserands du Mali (ATM), tisse quotidiennement de 9 h à 17 h. Originaire de la région de Mopti, il a appris le métier auprès de son père et œuvre sur ce site depuis 1982. Aujourd’hui, il forme son fils de 21 ans et espère lui laisser la place. « Nous fabriquons des pagnes, des couvertures et les grands boubous des hommes », explique-t-il, en égrenant des motifs traditionnels — « cornol », « arkila », « kerka », « kour-kour », « boundou boundou », « kosso ou kosso waalani », qui distinguent les productions, selon les ethnies et les usages cérémoniels. Un métier d’héritage Pour beaucoup de tisserands, le métier est avant tout familial et identitaire. À Medina Coura, à Missira,  ou à Kalabambougou, des artisans racontent qu’ils ont été initiés par un parent et qu’ils transmettent aujourd’hui le savoir-faire aux fils et aux apprentis. « C’est un métier d’héritage », résume Abdoulaye Djiga, arrivé à Bamako en 2002, après avoir appris à Ségou auprès d’un parent. Il peut produire de 7 à 9 bandes par jour et vendre entre 8 000 à 15 000 FCFA, selon la largeur et le motif.  Pour beaucoup, ces revenus suffisent à assurer le quotidien familial sans autre activité professionnelle.  la fermeture de COMATEX, un des problèmes majeurs Un des problèmes majeurs pointés par les artisans reste l’accès aux fils. La fermeture de COMATEX, principal fournisseur national, a bouleversé la chaîne d’approvisionnement. Les tisserands se fournissent désormais auprès de revendeurs qui importent des fils du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. « Autrefois, un paquet de fil coûtait 2 500 FCFA. Aujourd’hui, on le paye entre 3 000 et 3 500 FCFA », détaille M. Sangho, mettant en évidence l’impact direct sur le prix de revient et sur les marges des artisans. Plusieurs tisserands indiquent que la hausse du coût des intrants se répercute soit sur le prix final, réduisant la compétitivité face aux tissus industriels, soit sur leurs revenus, qui s’amenuisent. Mamadou Samba Kanté, Guinéen installé à Kalabambougou, depuis dix ans, confirme que la cherté du fil est un frein; il estime gagner par semaine 30 000 à 35 000 FCFA en produisant environ quatre pagnes par jour. Contrefaçon et concurrence, des pratiques qui découragent. Outre la question des intrants, les artisans dénoncent la falsification des produits et l’usurpation d’identité professionnelle. « Des personnes qui ne sont pas tisserands se présentent sur les scènes artisanales et bénéficient d’avantages au détriment des vrais tisserands », dénonce Abdoulaye Sangho. Certains acheteurs copient les motifs et techniques, vendent des imitations et trompent le consommateur ; au bout de quelques mois, le public s’aperçoit que le produit n’est pas original, ce qui porte atteinte à la réputation des créateurs authentiques, évoque-t-il. Les tisserands soulignent aussi une concurrence internationale différente de la concurrence locale. Selon eux, la méthode de tissage malienne, ses motifs et sa manière de travailler sont difficiles à reproduire à l’identique par les artisans voisins, ce qui favorise une concurrence portée avant tout par des flux commerciaux transfrontaliers plutôt que par une guerre des prix au sein du pays. Une demande saisonnière mais essentielle Les ventes connaissent des pics saisonniers à savoir l’été et l’hivernage correspondent aux périodes de mariages et de retours au village, moment où les pagnes et tissus traditionnels sont les plus demandés. « Nos productions représentent une grande part des traditions et sont indispensables lors des mariages », précise notre interlocuteur M. Sangho. Ces événements offrent aux tisserands des périodes de revenus plus élevés, mais inégaux sur l’ensemble de l’année, dit-il. Des initiatives individuelles et des projets en attente d’aide publique. Face à ces défis, certains artisans multiplient les initiatives. Amadou Afel Sarré, tisserand depuis 40 ans, et secrétaire général de l’Association des Tisserands du Mali (ATM) en Commune II du district de Bamako, envisage de monter un projet pour structurer et développer la filière, capitalisant sur l’expérience transmise par son père. Mais tous parlent d’un manque de moyens et d’un besoin d’accompagnement étatique. « Nous voulons moderniser le métier, mais nous n’avons pas de moyens. Nous lançons un appel aux autorités », insiste le Secrétaire général  de l’ATM en Commune II. Valorisation culturelle et opportunité économique Les représentants du secteur soulignent que la sauvegarde du tissage va au-delà de la préservation d’un métier. Il s’agit aussi de valoriser une part importante de l’identité culturelle malienne et de créer des débouchés économiques locaux. Les artisans estiment que mieux encadrés, soutenus pour l’accès aux matières premières et protégés contre la contrefaçon, ils pourraient contribuer à la dynamique économique nationale tout en préservant un patrimoine vivant. Points chiffrés et témoignages Almamy  Sangho, tisserand depuis 1982, formateur de son fils, produit au minimum jusqu’à 7 bandes par jour (une unité à 8 000 FCFA), cite motifs traditionnels et évoque l’augmentation du prix du fil de 2 500 FCFA, puis de 3 000 à 3 500 FCFA. Autre professionnel du métier, Abdoulaye Djiga : tisserand depuis 1989 (installé à Bamako en 2002), peut faire 7 à 9 bandes par jour, prix entre 8 000 et 15 000 FCFA. Quant à Mamadou Samba Kanté, lui aussi exerce le métier.  Guinéen installé à Bamako depuis dix ans, confectionne 4 pagnes par jour, gains hebdomadaires estimés entre 30 000 et 35 000 FCFA. Et, Amadou Afel Sarré : 40 ans de métier, souhaite lancer un projet sectoriel mais attend l’appui des autorités. Enjeux et recommandations La réouverture de la COMATEX ou la création d’une structure similaire, pourrait faciliter l’accès aux fils à des

Tenenkou : un atelier pour renforcer la prévention des violences basées sur le genre

Tenenkou, 20 août (AMAP) Le deuxième adjoint au préfet du cercle de Tenenkou, le Commissaire principal de police Ousmane Diamouténé, a présidé jeudi, au Centre de santé de référence (CSRef), la cérémonie d’ouverture d’un atelier de formation sur les approches transformatrices du genre, la prévention des violences basées sur le genre (VBG) et la transformation des violences pour la paix et la santé, a constaté l’AMAP. Organisée par le district sanitaire de Tenenkou avec l’appui du Centre Carter, à travers son projet «Paix par la santé», la session vise à renforcer les capacités des acteurs communautaires et sanitaires sur les questions de genre, de prévention des VBG et de transformation des violences. Elle entend également contribuer à la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et de l’accès équitable aux services de santé dans les zones d’intervention du projet. Le médecin-chef du CSRef et point focal du Centre Carter, Dr Amadou Coulibaly, a indiqué que la formation permettra aux participants de mieux comprendre les notions de genre et de promouvoir des approches adaptées au contexte communautaire. Le deuxième adjoint au maire de la commune urbaine, Soumaïla Bocar Coulibaly, a salué la tenue de cette session et exhorté les participants à suivre attentivement les enseignements afin de devenir des relais efficaces auprès des communautés. Représentant le préfet, le commissaire principal de police Ousmane Diamouténé a salué l’initiative et invité les participants à mettre les connaissances acquises au service des communautés. Il a également remercié le Centre Carter pour ses actions en faveur des populations du cercle, assurant que l’administration restera disponible pour accompagner les initiatives contribuant à l’amélioration des conditions de vie. Durant deux jours, une trentaine de participants, composés d’acteurs communautaires et de représentants des services techniques issus de plusieurs aires de santé du district, seront formés sur les concepts de genre, les approches transformatrices et la prévention des violences. Ils apprendront notamment à analyser les normes de genre et les rapports de pouvoir susceptibles d’alimenter les conflits et les VBG, à renforcer les mécanismes communautaires de prévention et d’orientation des victimes, ainsi qu’à promouvoir le leadership des jeunes et des femmes dans la consolidation de la paix. La formation est assurée par Boris Ghislain Kabré, instructeur à l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye de Bamako. AS/CMT (AMAP)

Ras Bath et Rose Poivron condamnés à 10 ans de réclusion : les sanctions pécuniaires tombent

Bamako, 17 août (AMAP)– La chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a condamné, lundi, Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath et Rokiatou Doumbia dite Rose Poivron à 10 ans de réclusion criminelle, dont trois ans avec sursis, dans une affaire remontant à 2023. Au-delà de la peine d’emprisonnement, les deux accusés ont été condamnés à une amende de 240.000 FCFA chacun, conformément aux réquisitions du ministère public. La Cour a également prononcé le paiement d’un franc symbolique au titre de la demande du Contentieux de l’État. Ras Bath et Rose Poivron étaient poursuivis pour association de malfaiteurs et atteinte au crédit de l’État pris dans ses institutions et ses gouvernants par le biais des technologies de l’information et de la communication (TIC). À l’audience, les deux accusés avaient rejeté les faits qui leur étaient reprochés, tandis que leurs avocats avaient plaidé l’acquittement. La Cour les a toutefois déclarés coupables. Détenus depuis 2023, les deux condamnés devront purger le reliquat de leur peine après déduction de la durée déjà passée en détention. AC/CMT (AMAP)

Mali : grâce présidentielle accordée au Français Yann Christian Bernard Vezilier

Bamako, 13 août (AMAP) Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a accordé, par décret n°0503/PT-RM du 13 août 2026, la grâce présidentielle à Yann Christian Bernard Vezilier, de nationalité française, condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État, a appris l’AMAP de source gouvernementale. Selon le communiqué, cette mesure de clémence ne remet pas en cause les faits établis par une décision de justice rendue à l’issue d’un procès contradictoire au cours duquel les droits de la défense ont été respectés. La grâce est assortie de l’éloignement immédiat de l’intéressé du territoire malien. Le gouvernement affirme que cette décision s’inscrit dans la volonté des autorités de promouvoir la paix et le dialogue, tout en respectant l’État de droit, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice. Il a également salué le rôle d’un «pays frère», dont les bons offices, exercés avec discrétion et dans le respect de la souveraineté du Mali, auraient contribué à l’obtention de cette grâce. KD (AMAP)

Journée internationale de la jeunesse : A Macina, les générations s’unissent pour la paix et la sécurité

Macina, 12 Août (AMAP) La jeunesse de Macina a célébré, mercredi, la Journée internationale de la jeunesse à travers une conférence intergénérationnelle consacrée à la paix, à la sécurité et à la lutte contre la désinformation. Organisée par le Conseil communal de la jeunesse (CCJ), dirigé par Mounirou Traoré, la journée a débuté par la montée des couleurs, avant une conférence-débat à la Maison des jeunes du quartier Hamdallaye. Placée sous le thème «Paix et sécurité, prévenir la désinformation et promouvoir la paix», la rencontre a réuni des jeunes, des femmes, des hommes, des représentants des forces de défense et de sécurité ainsi que des responsables des services techniques. La cérémonie d’ouverture était présidée par le maire adjoint, Almamy Tangara, en présence notamment du président de la société civile, Assimi Coulibaly, du président du CCJ, Mounirou Traoré, de la présidente communale de la CAFO et du chef de village par intérim. Dans leurs interventions, les responsables ont souligné l’importance de l’engagement de la jeunesse dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale. Ils ont appelé les jeunes à adopter des comportements responsables et à se prémunir contre la radicalisation et la désinformation. La conférence a ensuite donné la parole aux anciens responsables de la jeunesse de Macina, qui se sont succédé de 2003 à nos jours. Ces derniers ont insisté sur le rôle central des jeunes dans la préservation de la paix, particulièrement dans un contexte marqué par l’insécurité. Ils ont appelé la jeunesse à s’engager en faveur de la sécurité, de la cohésion sociale et de l’entente, tout en rejetant le radicalisme et les fausses informations. Les échanges ont également mis l’accent sur la responsabilité collective des différentes générations dans le développement de Macina. Les participants ont été invités à partager un même idéal : servir le pays avec vérité, dignité et loyauté. Les activités commémoratives ont pris fin par un grand «Bara» (une danse traditionnelle) et un match de football. DG/CMT (AMAP)

Kita : décès du chef de quartier de Makandiambougou, Bakary Keïta dit «Tataba »

Bamako, 12 août (AMAP) Le chef du quartier de Makandiambougou, ville de Kita, Bakary Keïta dit «Tataba», est décédé mardi 11 à Bamako, a annoncé l’Académie d’Enseignement de Kita. Dans un message de condoléances, le directeur de l’Académie d’Enseignement (DAE) de Kita, Amidou Traoré, a salué la mémoire d’un homme décrit comme une figure de sagesse et une «bibliothèque vivante» de la communauté. Ancien membre engagé de la Fédération Mali-Sénégal, Bakary Keïta a également consacré plus de trente ans de sa vie au service de l’État en qualité de douanier. Son décès intervient quelques jours après celui du chef de quartier de Linguékoto, dans la commune de Tounkarala. Ses obsèques ont lieu ce mercredi 12 août 2026 à 16h00 à Sogoniko, à Bamako. Le DAE de Kita a présenté ses condoléances à la famille du défunt, aux habitants de Makandiambougou et à l’ensemble de la population de Kita. KD/CMT (AMAP)

Sécurité/Mali : trois suspects interpellés après l’enlèvement de deux enfants à Kalaban-Coura, les mineurs retrouvés sains et saufs

Bamako, 2 août (AMAP)– Le Commissariat de Police de Kalaban-Coura a interpellé trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’enlèvement de deux enfants disparus à Kalaban-Coura. Les deux mineurs ont été retrouvés sains et saufs, a appris l’AMAP de sources proches de la Direction générale de la Police nationale. L’opération, menée le jeudi 30 juillet 2026 en collaboration avec le Commissariat du 5e Arrondissement, fait suite à une plainte déposée la veille pour la disparition d’un garçon de cinq ans et d’une fillette de deux ans. Les investigations ont permis de localiser les enfants et d’interpeller la principale suspecte, F.D., 18 ans, ainsi que sa mère, A.S., 42 ans, et le fiancé de cette dernière, Y.O., 30 ans, tous domiciliés à Lafiabougou. Selon les enquêteurs, la principale suspecte était déjà connue des services de police. Elle avait été interpellée le 6 mars 2026 par le Commissariat de Sébénikoro dans une autre affaire d’enlèvement d’enfant. Les deux mineurs ont été remis à leurs familles. La procédure a été transmise aux autorités judiciaires compétentes et l’enquête se poursuit. Le Commissaire principal, Samba Diarra a salué le travail des enquêteurs et appelé la population à signaler tout comportement suspect au numéro vert 101. KD/CMT (AMAP)

Religion : L’Eglise de Bamako-Coura, vitrine des églises protestantes du Mali, construite en 1946

Bamako, 31 juillet (AMAP) Après ses reportages sur la Grande mosquée de Bamako et sur la Cathédrale Sacrée Cœur de Bamako, l’Agence Nationale de Presse du Mali, s’intéresse aujourd’hui à l’Eglise évangélique protestante de Bamako-Coura.  A cet effet,  pour en savoir plus, son reporter a rencontré le Révérend pasteur Pierre Dacko, pour échanger avec lui sur l’histoire de ce cet édifice religieux protestant et sur l’implantation du Protestantisme en terres maliennes. Fin connaisseur du sujet, l’homme d’église nous a décortiqué l’historique « des multiples tentatives des missionnaires » pour semer les graines du Protestantisme au Soudan français, actuel Mali. Et le pasteur principal Pierre Dacko de scotcher littéralement notre attention avec un récit digne d’un véritable roman à rebondissements. « La mission protestante était déjà sur les côtes de l’Afrique, notamment au Libéria, en Sierra Leone, au Ghana,  en Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin et en Guinée-Conakry, vers les années 1800. C’est vers 1889 que le fils d’un ancien missionnaire, qui a beaucoup œuvré au Libéria, a pensé au Soudan français, actuel Mali », a rappelé le pasteur. Echec des premières tentatives d’entrée au Soudan Français Notre interlocuteur nous a fait comprendre que, cette première intention de mission d’évangélisation dirigée vers le Soudan français s’est soldée par une tragédie. « Le missionnaire évoqué plus haut s’est alors rendu aux Etats-Unis. Là-bas, il va organiser un camp de jeunes (camp biblique de formation, de partage de vision et des enseignements de la Bible pour les jeunes) au cours duquel il va inciter ses coreligionnaires à se porter candidats pour une mission au Soudan français, sol qu’aucun missionnaire n’avait encore foulé les pieds », indique le pasteur Dacko. Lequel nous raconte, avec un sens poussé du détail, que le premier jeune à s’être porté candidat pour le Soudan français, « s’est noyé » à l’approche des côtes africaines. Toujours suivant le récit du pasteur, le Soudan français « devait être une terre décidément difficile » puisque, peu de temps après, « 9 autres jeunes occidentaux (7 hommes et 2 demoiselles), décidés à apporter la parole de Dieu au Soudan français, ont trouvé la mort à Freetown, après avoir attrapé le paludisme. » Arrivée de deux missionnaires au Soudan Français en 1913  Ces drames en série ne découragèrent pas pour autant les chantres du protestantisme, explique le pasteur Dacko. Il raconte que deux missionnaires, l’un Américain et l’autre Canadien, ont décidé de relever le défi : « George Fisher, qui a fait un bon moment en Afrique ; et George Ride, qui était au Maroc, à Casablanca, pendant 15 ans, en qualité de ministre de l’administration, ont décidé de venir au Soudan français pour la mission et l’Évangile. Partis du Maroc, les deux missionnaires, après une halte à Dakar, parviendront à rallier Kayes. De là-bas, ils prendront le train pour Koulikoro. Ensuite,  ils toucheront Bamako en 1913 », rapporte le pasteur avec une certaine émotion. Mais, ajoute le pasteur Dacko, pendant que les deux missionnaires sillonnaient le pays, la première Guerre mondiale éclata en 1914. « Les colons français virent subitement d’un mauvais œil les activités des deux missionnaires  américain et canadien », surligne le pasteur, qui ajoute que les missionnaires ont alors dû renoncer et repartir. « En août 1919, les deux missionnaires ont décidé de revenir au Soudan français, à la faveur de la fin de la guerre, pour s’y installer définitivement », fait savoir le pasteur. Implantation de l’Eglise Protestante au Soudan Français, actuel Mali en 1919 et 1946 premier édifice de l’Eglise évangélique Protestante L’année 1919 marque-t-elle donc la première implantation de l’église protestante au Mali ? « Oui, le 25 septembre 1919 », répond notre interlocuteur. Le pasteur, heureux de trouver en nous une oreille             attentive, poursuit : « En 1946, le premier édifice de l’église évangélique et protestante fut construit. C’est la première assemblée locale protestante à Bamako et au Mali (actuelle église protestante de Bamako-Coura). Le lieu de culte a été reconstruit en 1993.   L’édifice, actuellement, peut accueillir jusqu’à 1500 places assises. Cependant les rangs des fidèles sont en train de croître et le bâtiment ne peut plus contenir tous les croyants lorsqu’ il y a une activité commune des deux cultes. Nous attendons du seigneur et prions pour un agrandissement de l’église », a espéré le révérend Pasteur Pierre Dacko. Premier Révérend pasteur, 1966 Des propos de l’ecclésiastique, l’on note aussi que, jusqu’en 1970, l’église de Bamako-Coura était la seule église protestante de toute la capitale et l’église à connu son premier révérend pasteur en 1966, qui le révérend pasteur Kassoum Keita, après les périodes (1946 à 1966) des pasteurs blancs : Garnett Macrosty (Américain), Earl Gripp(Canadien), Lael Macrosty (Américain), Edward Tschetter (Américain). Le premier révérend pasteur malien, Kassoum Keïta, prend les rênes de ce premier l’édifice de l’Eglise protestante malienne de 1966 à 2000, le révérend Daniel Tangara de 2000 à 2023 et le révérend pasteur Pierre Dacko depuis 2023 jusqu’à nos jours », a-t-il fait savoir le révérend pasteur Pierre Dacko. Et d’enchaîner en ces termes : « Je suis le troisième pasteur de cette église, après les Révérends Pasteurs Kassoum Keïta et Daniel Tangara. » Le révérend pasteur Pierre Dacko nous a confié que : Les pasteurs prennent leur retraite à 60 ans  « Selon  nos textes initiaux, les pasteurs partaient à la retraite à l’âge de  60 ans. Kassoum Keïta est parti à la retraite à 60 ans. Par la suite, des amendements ont été apportés aux textes, et l’âge de la retraite a été allongé à 65 ans. C’est ainsi que Daniel Tangara est parti à la retraite à 65 ans ». Y allant toujours de ses éclaircissements sur ce point, le pasteur Dacko a voulu mettre l’accent sur un aspect sacerdotal : « Certes, le texte dit que la retraite est à 65 ans. Mais cela ne signifie pas la fin du ministère pastoral. Tant que physiquement et moralement on tient bon et on peut encore continuer à aider l’église ; on a l’obligation morale de faire de son mieux pour la propagation de la foi. » Nous avons poussé la curiosité pour savoir quel a été le deuxième site d’implantation des missionnaires canadien et américain ayant planté le premier drapeau du protestantisme au Soudan français.

Accident : sept morts et cinq blessés dans une collision sur la route nationale n°6

Bamako, 27 juillet (AMAP) Un grave accident de la circulation, impliquant un car de transport de voyageurs de la compagnie Air Niono et un véhicule particulier a fait sept morts et cinq blessés dimanche aux environs de 14 heures au niveau de la forêt Faya, sur la route nationale n°6, a appris l’AMAP à travers un communiqué du ministère des Transports et des Infrastructures. Selon le communiqué, la cause probable de l’accident est l’excès de vitesse des deux véhicules impliqués. Les cinq blessés ont été transportés au CHU Gabriel Touré de Bamako. Le bilan est provisoire est de 7 morts et 5 blessés. Le ministre des Transports et des Infrastructures a présenté, au nom du gouvernement, ses condoléances aux familles endeuillées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Il a appelé au strict respect du code de la route et invité les chauffeurs et conducteurs routiers à adopter un comportement responsable et citoyen. KD/CMT (AMAP)

Koulikoro : la ministre Diarra Djenebou Sanogo lance les préparatifs de la Journée panafricaine des femmes

Koulikoro, 23 juillet (AMAP)– La région de Koulikoro prepare le lancement officiel de la Journée panafricaine des femmes, prévue le 31 juillet. À cet effet, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djenebou Sanogo, a effectué, jeudi, une visite de travail dans la capitale régionale, à la tête d’une forte délégation, a constaté l’AMAP. Accueillie par le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Abdoul Nasser N’Tissa Maïga, la ministre a rencontré les autorités administratives, coutumières et religieuses, les collectivités territoriales ainsi que les organisations de femmes et de jeunes. Cette mission visait à expliquer le choix porté sur la région de Koulikoro pour accueillir le lancement de cette célébration, à faire le point sur l’état des préparatifs, à évaluer les besoins et à mobiliser l’ensemble des acteurs locaux afin d’assurer une organisation réussie de l’événement. Mme Diarra Djenebou Sanogo a insisté sur la nécessité d’une coordination efficace entre toutes les parties prenantes, avec une implication particulière des femmes et des jeunes, pour faire de cette célébration un succès. ALD/CMT (AMAP)