Le ministre chinois des Affaires étrangères : la guerre en Iran « n’aurait jamais dû avoir lieu »

Bamako, 8 mars (AMAP) — Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré dimanche que la guerre au Moyen-Orient « n’aurait jamais dû avoir lieu », en référence aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran. S’exprimant en marge des « deux sessions », il a jugé que les tentatives de changement de régime « ne trouveraient aucun soutien populaire » et a averti : « Un poing fort ne signifie pas une raison forte. Le monde ne peut pas revenir à la loi de la jungle. » rapporte le média britannique The Guardian. Wang a évité de critiquer directement Donald Trump, préférant souligner le « respect mutuel » dans les relations sino-américaines. Il a qualifié les récents entretiens Trump-Xi de « encourageants » et présenté 2026 comme une « grande année » pour les deux pays, appelant à la « sincérité et à la bonne foi ». Il a ajouté que « glisser vers le conflit pourrait entraîner la chute du monde entier » et que « ni l’un ni l’autre ne peut remodeler l’autre ». Ces propos interviennent alors que les États-Unis et Israël mènent des frappes contre l’Iran depuis fin février 2026, risquant une escalade régionale et des perturbations énergétiques mondiales. La Chine, partenaire important de Téhéran, n’a pas reporté la visite de Trump à Pékin prévue du 31 mars au 2 avril. Sur Taïwan, Wang a réaffirmé que la réunification « est un processus historique qui ne peut être arrêté » et que « ceux qui s’y opposent périront ». Il a également critiqué le Japon, accusant la Première ministre Sanae Takaichi de vouloir « vider de sa substance » la constitution pacifiste japonaise en évoquant une possible intervention en cas de crise taïwanaise. Le conflit en Iran a débuté le 28 février 2026 avec des frappes conjointes américano-israéliennes. La Chine appelle à l’arrêt des hostilités et soutient la souveraineté iranienne, tout en maintenant le dialogue avec Washington dans un contexte de trêve commerciale fragile. OS (AMAP)

Mali : Le Premier Ministre est arrivé ce dimanche à Bandiagara pour le lancement des activités du 8 Mars

Bandiagara, Mali, 8 mars (AMAP) Le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maiga, est arrivé ce dimanche à Bandiagara où il va lancer les activités commémoratives du 8 mars et procédera également à la pose de la première pierre du vestibule des Légitimités traditionnelles, a constaté l’AMAP. Arrivé dans la matinée dans la Cité de Nangabanou Timbely, le Chef du Gouvernement a été accueilli par les autorités administratives régionales ainsi que par les forces vives de la localité. Avant de rejoindre Bandiagara, le Général Maiga a effectué une halte à Mopti pour une visite de courtoisie aux légitimités traditionnelles de cette région. Au nom du Chef de l’État, le Premier ministre doit procéder à la pose de la première pierre du vestibule des Autorités et Légitimités traditionnelles, un édifice dont la construction vise à renforcer la place des coutumes dans le paysage institutionnel local. Après cet acte, il échangera avec les forces vives de la région avant de présider officiellement la cérémonie de lancement des activités marquant la Journée du 8 mars. « Le Premier ministre, au nom du Chef de l’Etat, va poser la première pierre du vestibule des Autorités et Légitimités traditionnelles, échanger avec les forces vives de la région avant de présider la cérémonie de lancement des activités commémoratives de la journée internationale des droits de la femme », indique le communiqué de la primature. Ce déplacement dans le centre du Mali s’inscrit dans la dynamique de la politique nationale de consolidation de la paix et de promotion du rôle des femmes, alors que le pays continue de faire face à des défis sécuritaires dans cette région. OS/KM(AMAP)

Dioila : La gouverneure organise une rupture collective à la grande Mosquée de Bolinana

‎Dioïla, 7 mars (AMAP) Une rupture collective avec les fidèles musulmans a été organisée vendredi par mme le Gouverneur, Coulibaly, Mariam Coulibaly, à la Grande Mosquée de Bolibana, a constaté l’AMAP. C’était en présence des directeurs régionaux, des élus locaux, des représentants des Forces de défense et de sécurité et des fidèles chrétiens. Après l’annonce de la rupture du jeûne à la radio Mali, l’exécutif régional et les fidèles ont savouré des mets composés de «widjila» avec sauce de poulet accompagnés de dessert. L’Imam de la grande Mosquée de Bolibana, Elhadj Almoustapha Sangaré, a salué l’initiative du président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, qui permet aux fidèles de passer un bon mois de Ramadan. Il a également rappelé les multiples œuvres sociales du Chef de l’Etat au profit des autres localités du Mali en ce mois béni de Ramadan. L’imam a appelé les Maliens à l’unité tout en formulant des bénédictions pour notre pays. ‎Abondant dans le même sens, le Pasteur à l’Église évangélique de Dioïla, Yacouba Koné, a rappelé les dons divers du Président de la Transition durant ce mois de carême chrétien qui est de plusieurs tonnes de riz. Il a assuré de l’accompagnement inconditionnel des fidèles de la région. ‎ Mme le gouverneur a, pour sa part, précisé que cette rupture collective est une volonté affichée des autorités visant à permettre à l’ensemble des Maliens de passer un bon mois de Ramadan. « C’est aussi un facteur de cohésion, d’aide mutuelle et symbolique d’une vie harmonieuse en communauté», a le chef de l’exécutif régional. Mme Coulibaly Mariam Coulibaly a salué la mise à la disposition de 20 tonnes de riz pour les couches vulnérables de la région à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire en ce mois béni de Ramadan. Elle a formulé ses vœux de voir un Mali réconcilié et prospère. DF/CMT (AMAP)

Guinée : 40 partis politiques dissouts pour non-respect des obligations légales

Bamako, le 8 mars (AMAP)  Le ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a annoncé la dissolution de 40 partis politiques pour «manquements à leurs obligations légales», selon un décret lu vendredi soir à la Télévision nationale. Parmi les partis concernés figurent plusieurs grandes formations politiques du pays ouest-africain, notamment l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) de l’ancien Premier Ministre Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du Peuple de Guinée – Arc-en-ciel (RPG Arc-en-ciel) de l’ancien Président Alpha Condé, et l’Union des Forces Républicaines (UFR) présidée par l’ancien Premier ministre Sidya Touré. Le décret émis par le ministère en charge de l’Administration du territoire précise que la dissolution prend effet immédiatement. Selon le texte, cette mesure entraîne la «perte immédiate de la personnalité morale et du statut juridique» des partis politiques visés. «En conséquence, toutes les activités politiques menées au nom de ces partis sont interdites sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les missions diplomatiques», indique le décret. La décision prévoit également des mesures administratives concernant les biens et les infrastructures des organisations dissoutes. Les sièges nationaux et les antennes régionales des partis concernés seront scellés, tandis que leurs avoirs seront placés sous séquestre en attendant la nomination d’un liquidateur chargé de superviser la répartition de leurs biens. Cette dissolution intervient dans un contexte politique tendu alors que la Guinée se prépare à organiser des élections législatives et municipales prévues le 24 mai 2026. OS/CMT (AMAP)

Radio : un travail méticuleux au quotidien

Par Moussa M. DEMBÉLÉ La radio demeure l’un des médias les plus écoutés au Mali. Discrets, ses journalistes accomplissent chaque jour un travail exigeant pour livrer une information de qualité.   Ce mardi 27 janvier 2026, vers 9 heures, nous franchissons le seuil de la Maison de la presse, à Médina Coura, en Commune II du district de Bamako. C’est ici qu’émet la radio « Studio Tamani ». Avant d’accéder aux bureaux, des vigiles contrôlent l’identité des visiteurs. Le bureau du rédacteur en chef est fermé. Dans le couloir, un employé assure qu’il ne tardera pas.   À 9h15, la conférence de rédaction débute. La station compte 16 journalistes contractuels et 10 pigistes à Bamako, sans compter les correspondants régionaux. Ce matin-là, ils ne sont qu’une dizaine autour de la table. La séance est présidée par un journaliste, en l’absence du rédacteur en chef. Devant son ordinateur, il projette les sujets proposés sur un écran.   La réunion, qui dure moins d’une heure, structure pourtant l’essentiel de la journée. L’équipe passe d’abord en revue l’édition précédente, dans un esprit de critique constructive. Puis les sujets du jour sont discutés et validés. L’actualité impose son rythme.   Ce matin, l’ouverture de la 11e édition du Festival culturel Ogobagna domine l’agenda. Dédié à la promotion de la culture dogon et, plus largement, de la culture malienne, l’événement sera traité sous l’angle de son impact sur la cohésion sociale après dix années de célébration. Il fera la Une. D’autres sujets, proposés par les correspondants régionaux, sont retenus : le recensement à Koutiala, l’impact du froid sur le quotidien des habitants de Bandiagara et la formation de femmes à la fabrication du savon à Bafoulabé.   À l’issue de la conférence, chacun s’attelle à sa tâche. Certains contactent des personnes ressources, d’autres partent en reportage. Mariam Coulibaly, journaliste à Studio Tamani depuis plus de dix ans, est chargée de réaliser un enrobé sur le Festival Ogobagna. Une responsabilité de taille : son sujet ouvrira le journal.   Installée dans la salle des reporters, face à son ordinateur, celle qui rêvait autrefois d’une carrière à la télévision détaille son planning. « J’ai déjà appelé les correspondants dans le pays dogon pour recueillir les réactions des habitants sur l’impact du festival », explique Mariam Coulibaly. Elle prévoit ensuite de se rendre sur le terrain pour compléter ses informations.   Un travail à la chaîne   À 14 heures, tous les reporters sont de retour à la rédaction. Le métier repose sur un travail d’équipe, sans exclure l’initiative individuelle. Le montage s’enchaîne. Les éléments doivent être déposés avant 15 heures. La diffusion se fera en cinq langues : bambara, sonrhaï, français, peul et tamasheq. Chaque journaliste traduit son sujet.   À 16h30, tout est prêt. Le rédacteur en chef, Sékou Gadjigo, détaille les choix éditoriaux. « Le travail du journaliste repose sur l’actualité. Pour ce numéro, nous avons choisi trois sujets majeurs : un enrobé sur le festival Ogobagna et son impact sur la cohésion sociale, un papier sur le blocus des localités, et une réaction des acteurs de l’éducation sur la grève des syndicats », précise-t-il, quelques minutes avant la diffusion.   La journée est minutieusement orchestrée. La radio doit informer en temps réel, après vérification. Accessible à tous, elle accompagne le paysan dans son champ comme le fonctionnaire sur le chemin du travail. Média de proximité, elle attire de nombreux passionnés, ces « vedettes de l’ombre » reconnues à travers leur voix. « La radio annonce, la télévision montre et la presse écrite démontre », résume Tiona Mathieu Koné, professeur à l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication de Bamako (ESJSC).   Imirana Maïga entre dans le métier par vocation en 2003. « Mon aventure a commencé à la Radio Annia de Gao. Je suis arrivé sans formation, sans connaissance de l’éthique ni de la déontologie, mais avec une passion profonde. À mes débuts, je me suis totalement investi dans l’animation musicale », raconte-t-il. Malgré deux échecs au baccalauréat, le natif de Gao persévère et obtient finalement le diplôme en série Sciences exactes à Koulikoro, avant d’entamer des études supérieures à Bamako. « Mais l’amour de la radio ne m’a jamais quitté. En 2008, j’ai rejoint la Radio La Voix du Citoyen où je suis resté jusqu’en juillet 2013 », poursuit-il.   Rokia Doumbia, journaliste à la Radio Klédu, confie avoir d’abord envisagé une carrière à la télévision. « Ici, ce n’est pas le visuel qui compte, mais plutôt la voix. C’est un média qui m’a séduite », explique-t-elle.   Selon une récente enquête menée par l’Union des journalistes reporters du Mali, la radio occupe une position prépondérante face à la télévision et à la presse écrite. Son atout principal : l’instantanéité.   MMD/OS (AMAP)

Lancement à Kangaba d’un projet de renforcement des jeunes en droits de l’homme et prévention des conflits

Kangaba, 11 fév. (AMAP) – Le préfet du cercle de Kangaba, Abou Dao, a présidé mercredi, dans la salle de conférence de l’hôtel Résidence, la cérémonie de lancement du projet de renforcement des jeunes en protection des droits de l’homme, prévention et résolution des conflits. Organisée par l’ONG PACINDHA (Pôle des Actions d’Intégration des Droits Humains), en partenariat avec le Ministère des Affaires étrangères du Danemark et le Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement (PAMOC), l’activité a pour objectif de présenter aux autorités de Kangaba, aux parties prenantes et aux bénéficiaires « le projet à travers ses objectifs, les activités, les résultats attendus et la zone d’intervention ». La cérémonie de lancement a été suivie du démarrage d’un atelier de renforcement du leadership des jeunes et des femmes en prévention et médiation des conflits communautaires. Selon les organisateurs, cet atelier vise à renforcer les capacités des jeunes et des femmes dans les techniques de négociation de la paix, de médiation et de prévention des conflits dans le cercle de Kangaba et à promouvoir la consolidation de la paix ainsi que la coexistence pacifique entre les communautés grâce à des jeunes et femmes médiateurs de la paix formés à cet effet. Prennent part à la rencontre des responsables administratifs, des maires, des représentants des forces de l’ordre et de sécurité, de la société civile, des légitimités traditionnelles, ainsi que des jeunes et des femmes. Les travaux dureront deux jours. SD/OS (AMAP)

Saramba Kouyaté : « Une fois, quelqu’un m’a donné un faux chèque ; j’ai failli avoir des ennuis judiciaires… »

La cantatrice malienne Saramba Kouyaté est issue de l’une des premières lignées « griottiques » du Mandé. Dans cet entretien exclusif, la native de Dialaya (Kita) revient sur ses débuts dans la musique traditionnelle et son long chemin épineux d’artiste. La fille de Daba et de Djétenin Kouyaté projette tout autant sa vision du futur. Par Kemoko DIABATE AMAP : Deux noms reviennent très fréquemment dans vos chansons : Djétenin et Daba. Qui sont-ils pour Saran ? Saramba Kouyaté : Daba est mon père et Djétenin Kouyaté est ma mère. Mon père jouait du N’Goni des chasseurs. Les chasseurs venaient de tout temps lui donner des pattes d’animaux et dix noix de cola lorsqu’il y avait des « simbon-nassi » (cérémonie rituelle de veillée dans la confrérie des chasseurs lors des cas de décès). Comme il n’y avait pas d’autres enfants âgés à part moi, il (son père) me portait devant lui sur son cheval et on y allait. Beaucoup de chasseurs lui donnaient des feuilles d’arbre pour me faire laver avec en guise de protection. C’est pourquoi la plupart de mes musiques s’appuient sur les chasseurs et les féticheurs. Dans ses derniers instants à Dialaya (Kita), mon père m’a déconseillé de délaisser ce chemin qu’il a tracé. Il n’avait pas de garçons, nous ne sommes que deux filles dans la fratrie. Je lui ai promis de ne jamais abandonner les deux confréries. AMAP : Vos compositions évoquent la tradition. Comment êtes-vous entrée dans la musique ? Saramba Kouyaté : Depuis toute petite, je m’essayais au chant. D’abord, c’est ma maman (Djétenin) qui chantait. Je l’écoutais attentivement. Le matin, quand je partais à la rivière, je ne faisais que chanter. Depuis que les gens n’y prêtaient pas attention jusqu’à ce qu’ils aient commencé à me guetter lorsque je me prêtais, avec plaisir, à cet exercice. Mais, dès que je me rendais compte de la présence d’un intrus, je m’interrompais. [Rires] AMAP : Quand est-ce que vous vous êtes rendue compte que votre destin était lié à la musique ? Saramba Kouyaté : Dans l’enfance, comme je chantais, j’ai fini par embrasser la musique. Je suis la seule personne qui chante dans notre fratrie. Le grand frère de ma mère (Djeli-Sékou)  était un grand joueur d’instruments de musique à qui j’ai été confiée à mon jeune âge. Je suis longtemps restée ainsi auprès de lui. Cependant, c’est à Nanaguéla-Kita (dans la famille de Kelè-Monzon Diabaté) que j’ai appris les « Tarikh » (généalogies). AMAP : Parlez-nous de votre période d’initiation ! Saramba Kouyaté : Pendant mon apprentissage, on ne me donnait rien, car j’étais avec le frère   de ma mère. Je chantais vigoureusement, et lui jouait de la guitare. Néanmoins, en fin de compte, on ne me donnait rien. L’apprentissage à l’époque n’était pas du tout facile puisqu’il ne rimait pas avec gain. Le plus important était de comprendre ce qu’on apprenait. AMAP : Quelle différence entre l’apprentissage d’hier et celui d’aujourd’hui ? Saramba Kouyaté : La différence, c’est surtout le côté de l’éducation. A mes débuts, un simple regard de mon oncle maternel suffisait pour me dissuader de certaines choses. On apprenait tout au/à la jeune « Djeli » (griot-e). Puisque, pour la jeune fille par exemple, peu importe le temps que tu passes aux côtés des siens, tu finiras par fonder un foyer. A la différence de notre époque, les millions de francs CFA que la jeune génération gagne aujourd’hui, nous on ne les avait pas. Jadis, nous pouvions également marcher entre quarante et cinquante kilomètres à pied. Faute de chaussures, il m’arrivait de nouer des feuilles d’arbre à mes pieds pour affronter des soleils de plomb. C’était notre époque à nous. Si tu décides de faire subir même une infime partie de ces difficultés aux gens de maintenant, ils vont te renier à jamais. A temps nouveau, art nouveau. L’apprentissage du « Djelya » (fonction de griots) n’a pas encore perdu tout son sens. Car des jeunes guitaristes se mettent de nos jours sous la protection des anciens et deviennent des apprentis. AMAP : Que vous a apporté la musique comme avantages ? Saramba Kouyaté : Par la grâce d’Allah (Dieu), j’en ai tiré beaucoup d’avantages. J’ai voyagé plusieurs fois à l’extérieur par avion (Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée-Conakry, Canada). Si les « Jatigui » (tuteurs) te mettent dans l’avion pour visiter ces pays, c’est déjà un grand avantage. J’ai également eu des voitures grâce aux bons tuteurs. De plus, avec le peu que j’ai eu, j’ai commencé à construire une maison à Abdoulayebougou même si elle reste à terminer. Et je garde foi qu’avec le soutien des bons tuteurs, cette maison sera finalisée. AMAP : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans ce travail ? Saramba Kouyaté : La majeure partie de mes difficultés, c’était au moment de l’apprentissage. Il est arrivé un moment où j’avais pensé à tout abandonner en raison de l’excès de contrôle de mon oncle maternel alors que je ne gagnais rien. Toutefois, si l’on n’avait pas accepté ces difficultés, on n’aurait pas atteint ce niveau de nos jours. Peu importe les difficultés qu’on rencontre dans certaines situations, il ne faut jamais abandonner. Si tu patientes, le Seigneur des mondes du silence t’ouvrira une issue de secours. AMAP: Vous dites souvent dans vos chansons : « Je n’aime pas les fausses promesses ; que personne ne me fasse de promesses creuses ! ». Pourquoi dites-vous cela ? Saramba Kouyaté : je ne citerai pas de nom, mais beaucoup m’ont fait des fausses promesses de millions de francs CFA. Quelqu’un peut me dire, par exemple : « Dès demain, je te donnerai 500 000 francs CFA. » Le lendemain, tu le rappelles, il te met sur répondeur. Beaucoup pensent que j’ai autant d’argent, alors qu’on me fait des fausses promesses dans bien des cas. Un autre est allé jusqu’à me donner un faux chèque. J’ai failli avoir des ennuis judiciaires pour cela. Quand tu fais une promesse à un « Nyamakala » (homme de caste), veille à respecter ton engagement. Tout cela me décourage. [Colère] AMAP :

Ségou : le réseau Wassa Mali promeut les bonnes pratiques agroécologiques

Par Mamadou SY Ségou, 11 fév (AMAP) La 4ème édition du Forum pratique en agroécologie paysanne Croisade (Croisement des initiatives et actions de base) s’est ouverte le mardi 10 février à Ségou, dans le Centre du Mali, avec comme thème principal : «Les savoirs paysans et innovations locales : piliers d’une transition agroécologique réussie». La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans la salle de conférence de la Maison des jeunes sous la présidence du conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de la région de Ségou, Mohamed Ag Mohamed Aly. C’était en présence du maire de la Commune rurale de Pelengana, Mme Diabaté Mariam Bamba, du préfet de Cercle, Daouda Diarra, du président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré et du représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique (PNAEPB), Mamadou Goïta. Prévue du 10 au 12 février, ce forum organisé par le Réseau Wassa Mali et ses partenaires vise à promouvoir et valoriser les savoirs paysans et les innovations locales comme leviers essentiels pour accélérer la transition agroécologique dans les communautés rurales, en facilitant les échanges pratiques, le dialogue multiacteurs et le renforcement des capacités des acteurs de terrain. Plusieurs acteurs prennent part à ce rendez-vous dont des organisations partenaires au développement, des communautés paysannes membres du Réseau Wassa Mali, des autorités traditionnelles et coutumières, des techniciens agricoles et des formateurs locaux, des organisations de femmes et de jeunes, des chercheurs, médias et personnes ressources. Plusieurs activités sont au programme, notamment des présentations dynamiques, des ateliers de terrain, des études de cas, des discussions en groupe et des sessions de co-création de visions partagées. Selon le président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré ce forum se veut « un espace de réflexion collective autour des résultats obtenus et des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des pratiques agroécologiques. » M. Traoré a signalé que les précédentes éditions ont permis d’aborder des thématiques importantes ayant trait à l’élevage pastoral et paysan face aux défis du changement climatique, la gestion des ravageurs et les systèmes de semences paysannes. D’après le président du Réseau Wassa Mali, « l’agroécologie est une alternative sérieuse pour relever le défi de la sécurité alimentaire dans notre pays. » Pour le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de Ségou, cette rencontre revêt une portée toute particulière. «Elle constitue un moment de fierté et d’espérance, au cours duquel la voix du monde paysan, longtemps insuffisamment entendue, retrouve la place centrale qui lui revient légitimement », a indiqué Mohamed Ag Mohamed Aly. « C’est également l’occasion de mettre en lumière les champs, les savoirs endogènes transmis de génération en génération, ainsi que les innovations issues de l’ingéniosité et de la résilience des communautés rurales», a-t-il ajouté. Il a rendu hommage au Réseau Wassa Mali, dont « l’engagement constant et exemplaire a permis de faire de l’agroécologie paysanne un véritable mouvement, ancré à la base et reconnu tant au niveau national que régional. » Dans la même veine, le prefet Daouda Diarra a remercié le Réseau Wassa Mali pour l’organisation de ce forum, avant de réitérer son engagement à soutenir toute initiative visant à promouvoir l’agroécologie. La cérémonie a été marquée par la remise d’attestations de reconnaissance au préfet du Cercle de Ségou et au représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique. Une visite des stands d’expositions à mis fin à la rencontre. MS/MD (AMAP)  

Kangaba : lancement des travaux de construction de l’hôpital de district

Kangaba, 10 fév (AMAP) – Les travaux de construction de l’hôpital de district de Kangaba ont officiellement démarré mardi, à la suite de la remise du site et de la tenue de la réunion de lancement du chantier, présidées par le préfet du cercle de Kangaba, Abou Dao. La rencontre s’est déroulée sur le site devant abriter l’infrastructure sanitaire, dans le cadre du projet porté par le ministère de la Santé et des Affaires sociales. Elle a réuni une mission de la Cellule d’Exécution des Programmes de Renforcement des Infrastructures Sanitaires (CEPRIS), la mission de contrôle ainsi que l’entreprise chargée de l’exécution des travaux. Quatre points figuraient à l’ordre du jour, à savoir la visite du site, l’information générale sur le projet, les dispositions à mettre en œuvre pour le démarrage des travaux et les divers. La visite a permis de constater l’état actuel du site, d’une superficie de plus de deux hectares, et de présenter les différents intervenants du projet. Au cours de cette étape, l’entreprise a pris connaissance du site et de l’ensemble des travaux à réaliser. Il a été recommandé à la mission de contrôle et à l’entreprise de « prendre possession du site et de se mobiliser conformément aux spécifications de leur marché pour le démarrage immédiat des travaux », selon les conclusions de la réunion. Le ministère de la Santé et des Affaires sociales est le maître d’ouvrage du projet, tandis que la CEPRIS assure la maîtrise d’ouvrage déléguée. La mission de contrôle est confiée au groupement BICE Conseils SARL/CASA ARCHI, et l’entreprise PRO BTS est chargée de l’exécution des travaux. Le délai d’exécution est fixé à 24 mois. Les procès-verbaux de remise de site et de réunion de démarrage des travaux ont été signés par le préfet du cercle de Kangaba, le chef de la subdivision de l’urbanisme, le chef de bureau du Domaine et du Cadastre, le représentant du chef de village de Kangaba, le maire de Minidian, le médecin-chef du CSREF, ainsi que les représentants de la mission de contrôle et de l’entreprise. La construction de l’hôpital de district de Kangaba constitue une réponse à une attente de longue date des populations du cercle. À cette occasion, les légitimités traditionnelles et religieuses ont exprimé leur reconnaissance aux autorités de la Transition, soulignant que « ce projet, qui était un rêve pour plusieurs personnes, est aujourd’hui une réalité ». SD/OS(AMAP)

Koutiala : six braqueurs interpellés à Sincina après trois jours d’enquête

Koutiala, 9 fév (AMAP) – La police de Koutiala a annoncé l’interpellation de six braqueurs présumés à Sincina, localité située dans le cercle de Koutiala, au terme de trois jours d’investigation menés dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme. Selon le commissariat de Koutiala, l’opération, conduite sous la direction du commissaire Attaher Ag Amidi, a permis de mettre hors d’état de nuire six individus impliqués dans plusieurs braquages sur les axes menant à la ville de Koutiala. Les faits se sont déroulés le vendredi 6 février 2026 vers 13 heures, lorsque les éléments de la brigade de recherche ont effectué une descente dans une résidence à Sincina. À l’arrivée des forces de l’ordre, les occupants ont ouvert le feu sur les policiers à l’aide d’un pistolet automatique tchèque, tirant six coups de feu, a indiqué la police. « C’était sans compter sur la vigilance, le professionnalisme et la détermination des éléments de la brigade de recherche », a déclaré une source policière, précisant que les trois occupants de la résidence ont été arrêtés à l’issue de l’intervention. Le même jour, vers 18 heures, trois autres suspects ont également été interpellés. Conduits au commissariat de Koutiala, les six hommes ont reconnu leur participation à plusieurs braquages survenus sur différents axes routiers menant à la ville, dont le plus récent remonte au vendredi 30 janvier 2026 sur l’axe Koutiala–Sikasso. Lors de ce braquage, plusieurs usagers avaient été dépouillés de sommes d’argent et de téléphones portables. Les suspects, actuellement détenus à la maison d’arrêt de Koutiala, ont été identifiés comme Nouhoum Diallo, 19 ans, Ibrahim Traoré, 19 ans, Sidi Konaré, 33 ans, Boubacar Bocoum, 46 ans, Sidi Diallo, 26 ans, et Abdoul Salam Sarré, 34 ans. Cette opération s’inscrit dans les efforts engagés par les forces de sécurité de Koutiala pour endiguer la recrudescence des braquages armés signalés ces dernières semaines sur les principaux axes routiers desservant la ville. ID/OS(AMAP)