Accidents de la circulation routière : Plus de 680 tués en 2023

Le nombre de tués sur les routes est légèrement en hausse, comparé aux 684 morts enregistrés en 2022. Vingt-et-un pour cent des personnes tuées sont des piétons. Les transports communs ont fait plus de victimes que les engins à deux roues

Bamako, 08 avr (AMAP) En 2023, le nombre d’accidents sur nos routes a chuté de l’ordre de 6% et celui des victimes de 4%, alors que le nombre de personnes tuées a augmenté de 684 à 689 morts, a révélé, jeudi, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), Oumar Bah Maïga.

Selon ces chiffres publiés à l’occasion de la 14è édition de l’atelier de validation des statistiques d’accidents de la circulation routière de l’année 2023, il y a plus d’accidents graves, provoqués essentiellement par l’excès de vitesse.

« Cette situation est désolante, car malgré la réduction des accidents, les pertes de vies sont considérables », a regretté le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), Oumar Bah Maïga.

Il a précisé que les engins les plus impliqués dans les accidents en 2023 ont été les transports communs : cars, poids lourds, taxis, Sotrama (Transports en commun)… « Ils ont fait plus de victimes que les engins à deux roues.  21% des personnes tuées sont des piétons, cela est inconcevable », a révélé M. Maiga.

Chaque année, l’ANASER organise, à l’intention des acteurs de la sécurité routière (police, gendarmerie, protection civile, services de santé, association de sécurité routière), cet exercice pour valider les statistiques des accidents de la circulation routière.

Les statistiques des accidents constituent le levier principal de la gestion de la sécurité routière. Elles permettent à l’ANASER d’élaborer des stratégies, de faire des programmes, d’identifier les accidents (types et emplacements), de diagnostiquer les causes…», a expliqué Ousmane Bah Maïga.

Et d’ajouter que l’ambition de sa structure est d’aller au-delà des chiffres pour compléter sa base de données en faisant l’inventaire des routes, des enquêtes sur les comportements et en collectant les données sur les sanctions policières et le réseau routier et la qualité du système médical d’intervention.

La représentante du ministère des Transports et des Infrastructures, Bintou Aliou Maïga,  qui a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux, a mis l’accent sur l’importance de la conjugaison des efforts dans la lutte contre l’insécurité routière. Cela, afin d’atteindre la vision retenue conformément à la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2030 qui est de réduire le taux de mortalité des accidents de la route de 50% en le ramenant de 25 à 12 tués par 100 000 habitants à l’horizon 2030.

Pour atteindre cet objectif, Bintou Aliou Maïga a estimé que les outils et les méthodologies de recueil et de traitement des données d’accidents doivent être améliorés dans l’optique de satisfaire l’engagement pris par notre pays suite à la ratification de la Charte africaine de la sécurité routière.

Cette Charte demande en effet aux parties de fournir les données les plus détaillées à l’Observatoire africain de la sécurité routière des pays africains.

«Cette rencontre s’inscrit dans cette dynamique par la validation des données d’accidents de l’année 2023 afin de disposer de statistiques fiables et harmonisées pour les acteurs de la sécurité routière, les consultants, les chercheurs, les journalistes, les étudiant», a déclaré la représentante du ministère des Transports et des Infrastructures. En outre, Bintou Aliou Maïga a souligné que les données collectées permettront d’évaluer les risques d’accidents en vue d’orienter la prise de décision pour établir la priorité et appliquer des mesures de prévention pour un meilleur renforcement de la sécurité routière.

MD/MD (AMAP)

 

Aménagement des berges du fleuve Niger : les ambitions peinent à se concrétiser

Les berges de ce cours d’eau peuvent offrir mieux, s’ils sont bien aménagés

Par Fatoumata M. SIDIBE

Bamako, 27 mar (AMAP) Le fleuve Niger, appelé Djoliba dans son tronçon à Bamako, constitue un élément important du paysage dans la capitale malienne. Trois ponts (pont des Martyrs, pont Fahd, pont de l’amitié Sino-malienne) l’enjambent dans sa traversée de la capitale. Son lit et ses berges sont exploités par de nombreux citadins pratiquant des activités génératrices de revenus : pêche, maraîchage, extraction du sable. Ce qui fait du Djoliba une source de revenus pour des habitants de Bamako.

Les berges de ce cours d’eau peuvent offrir mieux, si elles sont bien aménagées. En la matière, les initiatives ont de la peine à prospérer, laissant ainsi les déchets régner en maître et engloutir les opportunités pour ceux qui ont le sens des affaires.

En effet, l’aménagement des berges du Niger ne peut-être qu’une aubaine non seulement pour l’économie de la capitale, mais aussi pour le bien être des humains et de la faune aquatique. Le cadre est idéal pour l’implantation de restaurants et autres lieux de distraction.

Aujourd’hui, les actions anthropiques ont érodé la beauté naturelle du fleuve. Lundi 18 mars, Zan Diarra arrose ses plantes sur les berges, près de la Place cinquantenaire. Il remplit directement son arrosoir dans le fleuve et vient humidifier ses planches de patate. Le passionné du maraîchage a vu les déchets coloniser les berges, année après année. Des aménagements auraient pu, à son avis, arrêter ce désastre. « De belles constructions sur les berges seraient rentables pour le fleuve et pour l’Etat », dit-il. Non loin de lui, un visiteur, qui a souhaité garder l’anonymat, contemple le fleuve. Le souhait de ce riverain est de voir l’Etat aménager, comme c’est le cas dans certains pays, des espaces verts pour la détente. « La proximité avec le fleuve procure un micro climat agréable dont raffole les clients », renchérit un chef cuisinier que nous avons rencontré dans son restaurant, construit sous forme de bateau sur les berges.

Le long du fleuve est un espace regorgeant d’énormes potentialités, mais il est délabré en plusieurs endroits de la ville. Selon l’ancien ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la ville et ancien Premier ministre, Moussa Mara, les berges du fleuve doivent être utilisées pour plusieurs activités au lieu de les laisser à l’état sauvage. Moussa Mara précise que notre fleuve est comme un fossé laissant passer l’eau, les gens y jettent des ordures et il accueille les eaux usées. Alors qu’il peut être un espace de loisirs et de bien-être pour les citadins. « Quand j’étais ministre, nous avions un vieux projet d’aménagement du lit du fleuve en perspective pour le rétrécir et le rendre plus profond et plus navigable. Ce projet envisageait l’aménagement des berges par la construction d’immeubles pour rendre la ville de Bamako attrayante», se souvient l’ancien chef du gouvernement.

Il a vu un projet similaire au cours d’une mission au Maroc et souhaitait voir la même chose à Bamako. Les Marocains lui avaient d’ailleurs signifié leur disponibilité à aider à la réalisation de son souhait.

 

1 500 MILLIARDS DE REVENUS – De retour au pays, l’ancien ministre de l’Urbanisme et de la Politique des villes n’avait pas tardé à engager des études pour enfin monter un avant-projet dont le coût était évalué à 1.000 milliards de Fcfa. « Jamais dans l’histoire du Mali, on a eu un projet de cette taille. Il allait générer 1 500 milliards de revenus », précise M. Mara.

Selon lui, en remblayant le fleuve, le lit se rétrécit, ce qui le rend plus joli, plus profond et rempli. Des voies de la circulation routière étaient prévues sur le long des deux rives, de Sébénikoro à Moribabougou et de Kalaban-coro à Missabougou. Des espaces de loisirs comme un parc d’attraction et des espaces verts y seraient aussi construits.

e projet pouvait, en outre, s’élargir sur le recyclage des déchets liquides et l’aménagement des dépôts de déchets solides. Moussa Mara regrette de voir ce projet rangé dans les tiroirs alors qu’il l’avait présenté au président de la République d’alors. Celui-ci avait même souhaité que la présidence prenne le dossier en charge, en raison de son importance.

L’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) a pour missions principales la sauvegarde du fleuve Niger, la protection des berges contre la dégradation, la dépollution des lits de ses affluents et de son cours d’eau principal. Le directeur général adjoint de cette Agence, Moussa Diamoye, rappelle qu’ils mettent en place un mécanisme financier de perception de redevances auprès des organismes préleveurs et pollueurs du fleuve Niger.

En d’autres termes, il s’agit de mettre à contribution ceux qui polluent ou qui utilisent le fleuve à des fins commerciales.

Le Dga de l’ABFN fait savoir qu’ils ont porté en 2019 un projet d’aménagement des berges du fleuve dans les zones urbanisées de Bamako qui faisait 22 km, de Kalanbabougou à Sotuba. Il s’agissait de réduire la section du fleuve Niger dans le District, parce qu’il y a beaucoup de constructions dans les servitudes. « Les gens qui ont des maisons dans cet espace sont dans le cadre de l’agression du fleuve», dénonce-il au passage.

« L’Agence a eu des partenaires pour réaliser le projet mais l’accompagnement que le partenaire a souhaité de l’État pour prendre certaines préoccupations n’a pas été pris en compte », regrette-t-il.

« Un projet similaire était porté par l’Agence de cessions immobilières (ACI) et la direction nationale de l’urbanisme. Quand Mohamed Aly Bathily est devenu ministre des Domaines et des Affaires foncières, il a essayé de mettre ces trois projets ensemble pour n’en faire qu’un et depuis lors, c’est son département qui s’en occupait », nous apprend M. Diamoye.

Et de souligner que le dernier acte concret qui a été posé dans le cadre de ce projet remonte à 2019. Un communiqué du Conseil des ministres a évoqué la durée du projet, soulignant qu’il allait contribuer à protéger le fleuve et donner un nouveau visage à la capitale.

En effet, il était prévu la construction de boutiques à usage commercial de grand standing et la création d’activités touristiques avec des bateaux pour générer des ressources. « À ce jour, précise Moussa Diamoye, l’Agence a pu réaliser quelques kilomètres d’aménagements mécaniques et biologiques des berges dans quelques régions. » « Depuis un certain temps, poursuit-il, l’Agence se bat pour que toute attribution de concession de parcelles qui devrait être faite dans les abords du fleuve requiert l’avis de l’ABFN pour voir son l’impact sur l’eau et sur les riverains. » Mais dans son action contre ceux qui occupent les servitudes du fleuve, elle est limitée «car en général, ce sont des personnes qui détiennent des titres fonciers délivrés par des administrations du pays.»

FMS/MD (AMAP)

Entreprenariat des jeunes ruraux : Le projet FIER II va créer 5 000 micro-entreprises individuelles

La population malienne est majoritairement rurale et jeune, près de 77% des Maliens vivent en milieu rural.

Sikasso, 27 mar (AMAP) Le deuxième projet de Formation professionnelle, insertion et appui à l’entreprenariat des jeunes ruraux (FIER II), d’un coût de 59,5 milliards de Fcfa, cible 60.000 jeunes ruraux qui bénéficieront d’une formation professionnelle ou d’une insertion économique dans un créneau porteur, a été lancé, vendredi, à Sikasso (Sud) par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga.

FIER II est une initiative de l’État malien qui bénéficie du soutien technique et financier du Fonds international de développement agricole (FIDA). D’un coût de 59,5 milliards de Fcfa, ce projet cible les jeunes ruraux femmes et hommes âgés de 15 à 40 ans. À terme, 60.000 jeunes ruraux bénéficieront d’une formation professionnelle ou d’une insertion économique dans un créneau porteur. Le projet couvrira les Régions de Koulikoro, Sikasso, Kayes et Ségou. 12 cercles seront retenus dans des zones de concentration. Il sera étendu aux bassins de production dans les Régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal. Le projet sera ensuite étendu à l’ensemble des régions du Mali.

« En ratissant aussi large, les autorités de la Transition tiennent à réaffirmer leur engagement en faveur des actions concrètes visant l’amélioration des conditions de vie de nos populations, a souligné le colonel Abdoulaye Maïga, qui représentait le chef de l’État.

L’ambitionne en la matière est, selon lui, de consolider les acquis de la première génération du projet FIER; exécuté de 2014 à 2022 et qui «a donné un espoir en apportant des solutions adaptées au bien-être des jeunes et des communautés». Il importe, pour ce faire, d’intensifier les actions de terrain en mettant l’accent sur la productivité.

Pour y arriver, « un Fonds de garantie financière durable et un fonds de refinancement des Systèmes financiers décentralisés sont mis en place », a assuré la ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Bagayoko Aminata Traoré.

Elle a ajouté que 12 000 Activités génératrices de revenus (AGR) et 5 000 micro-entreprises rurales individuelles sont promues et financées. S’y ajoutent, selon elle, la création de 40 000 emplois directs et l’installation d’infrastructures économiques agrégatives. Elle a invité les jeunes ruraux à en tirer le maximum de profil.

Le représentant du FIDA, Oumarou Mazou, a qualifié ce lancement qu’il de « début d’un voyage passionnant vers l’acquisition de compétence et de développement personnel, la transformation professionnelle chez les jeunes ruraux dans des métiers agricoles. »

Le secteur agricole est un pilier important du développement du Mali. Premier pourvoyeur d’emplois avec près de 80% de la population active, il contribue à hauteur de plus de 36% à la formation du Produit intérieur brut (PIB).

Les autorités de la Transition entendent poursuivre la promotion de l’esprit d’entreprise en milieu rural, tout en facilitant l’intégration économique des jeunes dans les chaînes de valeurs agricoles et les métiers non agricoles.

La population malienne est majoritairement rurale et jeune, près de 77% des Maliens vivent en milieu rural. Potentiel inestimable dont il faut profiter en résolvant les défis liés à l’équipement agricole et à l’accès au financement auxquels ces jeunes sont confrontés. Surtout de qualification pour permettre à cette jeunesse de jouer sa partition dans un monde très compétitif et très ouvert.

La cérémonie de lancement a enregistré la présence des représentants du Conseil national de Transition (CNT), des autorités locales et régionales de Sikasso, Bougouni, Koutiala, Segou, Koulikoro et Kayes ainsi que des fédérations nationales des organisations des femmes et des jeunes ruraux.

FD/MD (AMAP)      

Ramadan et canicule : Difficile à concilier

Par Fatoumata NAPHO

Certains jeûneurs n’hésitent pas un seul instant à se mouiller le corps lors des ablutions

Bamako, 25 mar (AMAP) Seule la foi peut aider les jeûneurs à tenir pendant cette forte poussée de chaleur. Pour ceux qui ne se ménagent pas sous le soleil, il y a un gros risque de déshydratation qui peut avoir de graves conséquences.

Selon les exégètes, le musulman est paré de nombreuses vertus dont la patience et l’endurance susceptibles de l’aider à affronter les peines et les difficultés mais, aussi, à consentir des sacrifices pour se rapprocher d’Allah, le Clément et Miséricordieux. C’est donc une épreuve difficile pour le musulman de jeûner dans des conditions caniculaires.

« Pas du tout facile ce mois de Ramadan », lance le cordonnier Sékou Sylla tout en secouant la tête. Il confesse être simplement aidé par la foi pour continuer à observer le jeûne, sinon il aurait renoncé. Comme lui, de nombreux fidèles confirment toutes les difficultés à jeûner pendant cette poussée de chaleur. Le soleil ne facilite aucunement la tâche. Et « le délestage chronique » n’est pas fait non plus pour arranger la situation des jeûneurs.

Concilier le jeûne et le travail relève de l’ordre normal des choses. Mais, certains semblent avoir des difficultés à concilier les deux ou, du moins, à pouvoir travailler sous la forte chaleur surtout avec de longues séquences de coupure d’électricité un peu partout au Mali. Adama Coulibaly, mécanicien de son état et chef de garage soutient la thèse. Il dit franchement avoir des difficultés à travailler pendant la canicule encore plus dans les conditions actuelles. « Le jeûne lors de ces deux dernières années se fait dans des conditions difficiles », explique le mécanicien. Pour se couvrir des rayons solaires, il porte une casquette noire qu’il plonge dans de l’eau de temps en temps avant de la remettre. Il répète à satiété cette gymnastique ou essaie de trouver le réconfort dans des ablutions faites avec de l’eau fraiche. « Je fais tout cela pour tenir parce qu’un vent chaud et sec souffle », souligne-t-il. Il explique boire suffisamment à la rupture du jeûne pour étancher sa soif mais, aussi, éviter d’être déshydraté.

Non loin du garage d’automobiles de notre mécanicien se trouvent des cambistes reconnaissables avec les liasses de billets de banque qu’ils agitent au nez et à la barbe des usagers de la voie publique. Ceux-ci confirment aussi avoir des difficultés à concilier le Ramadan et la canicule. Tous les moyens sont bons pour se préserver d’un coup de chaleur. Oumar Samaké, casquette sur la tête se verse à intervalle régulier un sachet d’eau. Il fait des émules puisqu’un collègue, Bourama Camara, accomplit le même rituel. Il explique avoir du mal à s’éloigner de son bidon d’eau à la rupture.

Sur ces entrefaites, Oumar Ouattara arrive sur sa moto. Il enroule autour de son cou une serviette mouillée pour se rafraichir. « Le soleil est vraiment brûlant.  C’est ma manière d’y faire face », explique-t-il sur le ton de la plaisanterie. Il explique utiliser cette petite serviette depuis le deuxième jour du Ramadan.

Seydou Guindo est un agent de sécurité qui assure la garde 12h sur 24H (6h à 18h) sur son lieu de travail.  « En cette période de forte chaleur, ce n’est pas facile de travailler à jeûn », dit-il. Pour souffler un peu, il ne se gêne pas souvent de s’asseoir à l’ombre d’un mur.

Quant à Kadiatou Diallo, vendeuse de sachets d’eau, elle confirme se frotter les mains dans la vente de glaces en ce mois de Ramadan. Et d’expliquer écouler souvent 15 paquets de sachets d’eau et réalise sur chaque paquet un bénéfice de 250 Fcfa.

Non loin d’elle se trouve un vendeur de dattes, Issouf Dicko. Pour qui le mois de Ramadan est rentable sur le plan financier. Il vend sa denrée alimentaire sous un arbre pour être à l’abri du soleil, parce que ce n’est jamais facile de concilier le travail avec le jeûne. Il ne sort sa tête que pour prendre des ablutions.

A côté de lui, Fatoumata Traoré propose des poissons à la clientèle. Elle révèle la timidité du marché en ce mois de Ramadan alors qu’à la même période l’année dernière, c’était encore beaucoup mieux.  La canicule y est peut-être pour quelque chose. « Je peux acheter plus de 5 000 Fcfa de glace par jour » pour conserver les poissons.  Elle, au moins, est sous un hangar pour se protéger du soleil.

Boukary Karambé, qui entretient aussi les véhicules, se dit apte à travailler même sous une forte chaleur. « Je ne me verse pas d’eau, encore moins me mettre une petite serviette mouillée sur la tête », soutient-il.

Mohamed Guindo vendeur de cartes de recharge a sa serviette toute trempée au cou lorsque nous l’avons rencontré. Il avoue faire ses ablutions avec de l’eau fraiche.

Des environs du ministère de l’Education nationale jusqu’au « Rail da », presque tous les marchands ambulants avaient un sachet d’eau en main. Certains se mouillaient uniquement la tête tandis que d’autres se le versaiten sur tout le corps. Les femmes ne sont pas en reste. La plupart de celles dont nous avons croisé le chemin, avaient de gros glaçons posés sur la tête ou sur le corps.

Les ménagères ont également des difficultés à faire la cuisine le soir parce qu’elles suffoquent sous la chaleur. C’est le cas de Mme Diallo Néné qui avoue avoir eu du mal à faire la cuisine, les deux premiers jours du Ramadan. Finalement, elle a abandonné le jeûne.

Pendant le Ramadan, les jeuneurs se bousculent dans les mosquées bien climatisées. Ils y restent avant et après les horaires de prière. On observe le même spectacle dans l’enceinte des banques. Certains clients ne boudent pas leur plaisir d’y profiter de l’air conditionné.

A la maison, tout le monde se retrouve, surtout le week-end, sous les arbres. Et ceux qui ont des climatiseurs ne sortent pas de leur chambre. C’est le cas de la vieille Mariam Dembélé qui a même prévenu son fils de s’attendre à une facture d’électricité assez relevée à la fin de ce mois.

Pour mieux gérer ce mois, les spécialistes de la santé recommandent de beaucoup boire et surtout de se protéger du soleil. Dr Ousmane Touré, médecin généraliste à l’hôpital Gabriel Touré, conseille à la population, en général, de boire beaucoup d’eau et de privilégier les aliments légers lors des repas.

Il est donc très important de se protéger au maximum de la chaleur, en passant plusieurs heures par jour dans un endroit frais ou climatisé et en se mouillant régulièrement le corps pour abaisser la température corporelle.

Le médecin conseille le port de chapeaux ou de casquettes qui contribuent à diminuer la température sur la tête. Il indique que la forte chaleur peut provoquer une déshydratation, de la fièvre, des maux tête et des complications de certaines maladies chroniques.

Concernant l’attitude de ces jeûneurs qui s’aspergent d’eau fraiche ou y trempent leurs pieds, le prêcheur Ahmadou Diallo déclare que ceci ne compromet en rien leur jeûne. Il a souligné que ces jeuneurs agissent ainsi par ce qu’il fait très chaud et que c’est pour se soulager.

Par contre, prévient-il, en voulant se soulager si l’eau pénètre par la bouche, le nez ou les oreilles, le jeûne est rompu à ce moment. Il a tenu à ajouter qu’il y a 7 catégories de personnes qui ont le droit de rompre leur jeûne. Ce qui veut dire que le jeûne n’est pas une exigence pour ces personnes, notamment celles qui sont dans une situation de voyage, les femmes enceintes, les malades et les allaitantes.

Enfin, il y a les personnes âgées mais, aussi, celles qui ne supportent pas la faim ou la soif.

FN/MD (AMAP)

Tâches ménagères et impératifs professionnels : Comment les femmes relèvent le défi durant le ramadan

Après une journée de travail, consciencieusement accomplie, elles sont nombreuses à se sur-multiplier pour se mettre au service des jeûneurs. Comment y parviennent-elles ?

Par Fadi CISSÉ

Bamako, 21 mar (AMAP) Il est 15 heures. Sous le soleil ardent de ce mois de Ramadan, Amina, une secrétaire de direction, ne songe même pas à profiter une minute de plus de son bureau climatisé. Trop d’obligations à gérer à la maison. Elle plie bagage et enfourche son engin à deux-roues pour se rendre au marché. L’esprit un peu confus, la nouvelle mariée n’est pas encore fixée sur ce qu’elle va acheter au marché pour le dîner à offrir à sa belle-famille.

« Je pense que des pâtes seraient plus rapides à préparer. Ou bien as-tu d’autres suggestions, maman ? », demande-t-elle au téléphone à sa mère avant de quitter son lieu de travail.

Comme Amina, pour de nombreuses femmes actives dans les secteurs public et privé, jongler entre les tâches ménagères et les impératifs professionnels est un défi de taille en cette période. Heureusement, elles savent se montrer débrouillardes pour trouver des solutions ingénieuses.

Après une journée de travail consciencieusement accomplie et grâce aux conseils de sa mère, notre secrétaire de direction trouve ainsi le plat tout indiqué à servir au dîner : du fonio précuit accompagné d’une sauce rouge à la viande. Une recette savoureuse et facile à cuisiner, résume-telle. « Je fais mes achats au marché et prépare mes ingrédients avant de rentrer chez moi. Une fois à la maison, je gagne du temps en déléguant certaines tâches », explique-t-elle, en révélant avoir recruté une aide-ménagère pour que le repas soit servi à temps pour la rupture du jeûne.

« Avant mon arrivée, celle-ci prépare le quinquéliba, la bouillie et dresse la table. Une fois sur place, je prends le relais pour m’occuper des tâches restantes tels que la préparation du jus et les autres mets », confie-t-elle.

Le programme est, évidemment, beaucoup plus chargé pour les femmes qui doivent préparer les repas de rupture du jeûne à la fois pour le service et le domicile. Habibatou Mariko, employé de bureau, vit cette réalité depuis plus de dix ans. Elle s’en sort grâce à son expérience. « Il m’arrive de quitter le bureau à 16 heures. Quand les embouteillages deviennent insupportables, je gare ma voiture dans un lieu sûr et prends une moto taxi pour rentrer un peu plus tôt à la maison. Je n’ai jamais engagé d’aide-ménagère. Je prépare ma bouillie et ma tisane la veille au soir, que je mets ensuite au frigo. Une fois rentrée, je les réchauffe et les mets sur la table avant la rupture », dit-elle .

« C’est après que je me concentre sur le dîner. Pour cela, je demande à ma belle-sœur d’acheter les condiments pour gagner du temps lorsque je rentre», dit-elle, sans s’émouvoir outre mesure. Pour elle, en effet, réaliser toutes ces tâches difficiles en ce mois béni est un acte d’amour envers Dieu et les jeûneurs.

ELLES-MÊMES À JEUN– Stagiaire dans une structure publique, Kourouni Diarra jongle, elle aussi, avec les mêmes contraintes. Depuis 7 heures du matin au petit soir, cette jeune femme d’une vingtaine d’années consacre son temps à ses activités professionnelles à Ouolofobougou, en Commune III de Bamako. Mais depuis le début du Ramadan, elle a changé son emploi du temps. Elle rentre désormais chez elle à Yirimadio, en Commune VI, à 15 heures pour avoir le temps de s’occuper de ses fourneaux.

Kourouni a une particularité : elle est l’unique fille de ses parents et a, par conséquent, la responsabilité des activités ménagères. « Les jours où je prends un peu de retard, je me fais aider par ma maman et la servante. Parfois, certains de mes frères m’épaulent pour aller plus vite même si cela me gêne », confie celle qui veut tout faire seule afin de soulager sa maman de cette corvée.

De nombreuses femmes qui, se surmultiplient en cette période pour se mettre au service des jeûneurs, sont elles-mêmes à jeun. Mais pas toutes. Alima, par exemple, est l’une des trois belles-filles de la famille. Elle arrête de jeûner chaque fois que c’est son tour de faire la cuisine. « Je ne peux pas aller au travail et ensuite venir faire la cuisine car on s’épuise rapidement sous ce soleil. Donc, pour mener à bien toutes mes tâches, je ne jeûne pas », indique cette mère de trois garçons.

Cette justification fait tiquer Abdoulaye Maïga, professeur de matières religieuses au lycée Madina. « La femme, souligne-t-il, ne peut pas abandonner son jeûne à cause de ses tâches ménagères, tout comme l’homme pour des motifs similaires. Le jeûne est une obligation pour tout musulman adulte. »

En récitant un passage de versets coraniques, l’érudit explique que Dieu a dit qu’il a créé les hommes et les djinns pour l’adorer. Il cite néanmoins quelques raisons susceptibles d’empêcher un musulman de jeûner, notamment la maladie, le voyage, la période menstruelle de la femme. L’encadreur au Centre islamique de formation et de documentation (CIFOD) indique que le jeûne est une priorité pour le musulman et ne peut être supplanté par le travail quotidien. À ce sujet, il propose aux femmes qui travaillent de prendre un congé pour le mois de Ramadan.

Assan et son époux n’envisagent pas cette éventualité tout simplement car ils n’ont aucun problème pendant ce mois béni. Cela fait bientôt quatre années qu’ils sont mariés et vivent ensemble avec leur bébé de six mois. Tous les deux travaillent et finissent à la même heure dans leurs différentes entreprises. En l’absence de leurs beaux-parents à la maison, ils parviennent à vivre en parfait accord. Ainsi, celui qui rentre à la maison le premier s’occupe des tâches ménagères avant l’arrivée de l’autre. «Mon mari nettoie la maison, il dresse la table et fait les petites tâches avant mon arrivée pour la rupture. Après la rupture, je me charge du dîner pas compliqué tandis qu’il s’occupe de l’enfant», détaille notre interlocutrice.

FC/MD (AMAP)

Coulibaly Gogo Bathily : Plus qu’une secrétaire de direction

Elle fait face à tous les travaux à la maison comme au bureau, toujours avec le même courage tranquille et le sourire accueillant. Elle, c’est Mme Coulibaly Gogo Bathily. Durant le mois de Ramadan, cette secrétaire de direction à l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) enchaine les journées particulièrement longues caractérisées par des charges autant physiques qu’intellectuelles.

Avec plus de vingt ans de vie professionnelle à son actif, celle que les travailleurs de l’agence appellent affectueusement «tante Gogo» est toujours parvenue à répondre avec une immuable amabilité aux sollicitations de tout le monde, du cadre au simple agent et au visiteur.

En ce mois béni, elle est au bureau au plus tard à 7h30 minutes. Cette quadragénaire mince et au teint d’ébène, fait preuve d’une inaltérable courtoisie au travail et ne tarit pas de «douas» à l’endroit de ses collègues et des visiteurs. Son quotidien au bureau est classique : elle gère l’accueil et les rendez-vous de la direction générale, réceptionne et trie l’important courrier, fait face aux multiples demandes suscitées par les nombreuses activités de l’Amap.

Pendant le Ramadan, ses tâches augmentent car Mme Coulibaly Gogo Bathily a la responsabilité des plats destinés à la rupture du jeûne de la rédaction composée de journalistes, photographes, monteurs et imprimeurs qui travaillent très tard au «bouclage» du quotidien L’Essor. Prise en fin de journée par les documents à classer dans l’épais parapheur à l’intention du directeur, elle suit pourtant d’un œil attentif le quinqueliba qui infuse dans une marmite. Quand l’infusion est prête, elle la filtre à l’aide d’un tamis et la verse dans une thermos qui prend place sur un plateau avec des bols. Elle peut alors achever son travail de bureau.

Mais sa journée n’est pas finie pour autant. En chemin pour la maison, Tante Gogo téléphone à son aide-ménagère pour qu’elle allume le feu sous les marmites de quinqueliba et de bouillie. En cours de route, elle achète quelques condiments qui manquent. Une fois à destination, la maitresse de maison sait qu’elle n’a pas une minute à perdre et, sans se changer, investit la cuisine et enchaine sur tout ce qui est à préparer et cuire avant la rupture du jeûne.

Vers 21 heures, le marathon des tâches professionnelles et ménagères est accompli. La secrétaire de direction et la maitresse de maison peuvent alors passer le relais à la mère attentive à la scolarité de son garçon qui s’apprête à passer son baccalauréat dans quelques mois.

Au terme d’une telle journée, nul ne pourra contester à la battante la légitimité d’inviter la nouvelle génération à travailler dur et avec amour.

FC/MD (AMAP)   

Chambre nuptiale : Ces mariées qui exposent leur intimité sur les réseaux sociaux

Par S. DOUMBIA

Bamako, 21 mar (AMAP) La nouvelle génération a franchi le Rubicon. Les règles non écrites de la chambre nuptiale sont aujourd’hui allègrement foulées au pied. De jeunes mariées avec leurs sœurs et copines n’ont plus aucun scrupule à exposer une partie de l’intimité du couple à travers des images postées sur les réseaux sociaux.

Se faire photographier ou filmer dans la chambre nuptiale et poster les images sur les réseaux sociaux est le nouveau phénomène qui emballe la jeunesse 2.0. De plus en plus, de jeunes mariées, ne craignant aucune réprobation de la communauté, jouent le jeu. Aujourd’hui, la pratique horrifie les puritains qui entendent la combattre à travers la sensibilisation sur les mêmes réseaux sociaux et l’éducation à un bon savoir-vivre et savoir-être. En tout cas, les aînés ne s’accommodent pas de voir des règles non écrites de la chambre nuptiale allègrement transgressées.

Les jeunes mariées qui se retrouvent dans la chambre nuptiale (kognosso) ont inventé le phénomène de la séance de clichés ou de se filmer soit en compagnie de leurs copines soit seules pour ensuite les postes sur les réseaux sociaux. Alors que dans le temps, on retrouvait les images de la chambre nuptiale dans un album photos. Et seuls les intimes avaient le droit d’y jeter un coup d’œil. Une pratique nouvelle aux antipodes de nos traditions. Les conseillères nuptiales ne manquent pas de la dénoncer.

Une conseillère nuptiale est très souvent mise au service des jeunes couples durant les noces. Généralement d’un certain âge, elle demeure une encyclopédie qui enseigne aux conjoints, surtout à la jeune mariée, les bonnes pratiques et manières convenables. Mais, aussi, sur le savoir-être dans la société en général et dans la belle-famille en particulier.

Mme Gakou Astan Koné est conseillère nuptiale depuis des années. Selon elle, la tradition est en perte de vitesse parce que les jeunes mariées semblent n’accorder aucun crédit aux pratiques traditionnelles qui les mettent pourtant à l’abri de certaines difficultés liées à la vie de couple et en famille. « La chambre nuptiale a été instaurée pour éduquer le couple, apprendre aux conjoints à se respecter, à rester calme. Une autre facette de la chambre nuptiale est de renforcer la foi des mariés à défaut les initier à l’islam. Mais, aussi, d’apprendre à la conjointe une gestion des rapports avec sa belle-famille et à repousser ses limites mêmes dans les situations d’inconfort. L’homme est tout aussi concerné par les conseils », explique la conseillère des traditions.

TOHU-BOHU – Tout cela se passe à l’abris des regards, dans le respect strict de l’intimité du couple, notamment de la mariée. Mais, constate Mme Gakou Astan Koné, il y a une nouvelle pratique de la jeune génération. « Les amies de la mariée viennent discuter sous la moustiquaire, couper le gâteau et même se photographier », s’indigne la conseillère nuptiale.

Estimant qu’elles transgressent, de ce fait, les règles non écrites de la chambre nuptiale, la conseillère nuptiale dit avoir été scandalisée par le cas d’un couple qu’elle encadrait. « La mariée, ses sœurs et copines ont semé le grand bazar. Cela dans un tohu-bohu qui incommodait même le voisinage », raconte-t-elle. Mme Gakou Astan Koné exprime son sentiment d’impuissance et essaie, avec le recul, de trouver une justification a cette « évolution. » Mais pour elle, cela ne doit en aucune façon justifier les dépravations que nous enregistrons dans la chambre nuptiale.

Mme Touré Mamy, interprète et médiatrice pour les migrants résidant en France, abonde dans le même sens. Malienne d’origine, elle n’apprécie pas cette pratique de la nouvelle génération. « Je me suis mariée en 2015 donc il n’y a pas très longtemps. Pour moi, ce changement est lié à plusieurs choses, notamment la famille, la religion et l’éducation. Les règles de la chambre nuptiale sont strictes et beaucoup de nos sœurs ne les supportent pas », dit-elle. « Les filles d’aujourd’hui n’ont pas d’intimité, c’est pourquoi elles s’exposent sur les réseaux sociaux au prétexte d’être au diapason de l’évolution de la société », regrette-t-elle.

La jeune génération a-t-elle consciente qu’elle est en train de transgresser cette tradition qui fait partie des règles de fonctionnement de notre société ? Pas du tout si l’on s’en tient aux propos de Néné. Cette jeune fille ne voit pas d’inconvénient à la nouvelle pratique. Elle trouve même normal que quand on se marie, il faut bien le montrer. Et le canal approprié aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux.

Face à cette tendance des jeunes qui frôle l’insouciance, Daouda Diarra, imam d’une mosquée à Niamana, invite à se ressaisir. « Revenons à nos fondamentaux, à notre culture mais, aussi, à nos us et coutumes. Référons-nous à la religion, sinon un jour ou l’autre nous le regretterons », a averti le religieux,

« Comment expliquer que dans la chambre nuptiale, un couple puisse filmer son intimité et l’exposer sur les réseaux», s’interroge l’imam. Avant de rappeler qu’autrefois, seul le mari pouvait voir le visage de sa conjointe dans la chambre nuptiale.

SD/MD (AMAP)

Sanctions financières ciblées contre des terroristes : Portée, conséquences et implications

Fahad Ag Almahmoud

Par Dieudonné DIAMA

Bamako, 21 mar (AMAP) L’État malien, à travers un arrêté en date du 8 mars dernier, par lequel le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a inscrit sur la liste nationale des sanctions financières ciblées, plusieurs responsables des mouvements armés et des groupes terroristes, notifie au reste du monde, surtout les pays susceptibles de les abriter, que ces acteurs sont des terroristes.

Ainsi, ils ne doivent plus pouvoir manipuler des flux financiers, ni bénéficier de mobilité notamment par les moyens aériens, terrestres ou même fluviaux

Le gouvernement du Mali accuse Iyad Ag Ghaly, Amadou Barry dit Amadoun Kouffa, Alghabass Ag Intalla, Bilal Ag Achérif, Fahad Ag Almahmoud et Achafagui Ag Bouhada, entre autres, « des actes de terrorisme pour leur appartenance à un groupe terroriste en lien intentionnel avec une entreprise terroriste, le financement du terrorisme, la détention illégale d’armes de guerre et de munitions en lien intentionnel avec une entreprise terroriste, l’atteinte à l’unité nationale, à l’intégrité du territoire ainsi que l’association de malfaiteurs. »

Les biens et ressources économiques de ces personnes sont gelés pour une période de six mois renouvelables.

Selon le Dr Aly Tounkara, expert des questions de paix, de défense et de sécurité au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), cette inscription est importante à plus d’un titre. Elle va, non seulement, permettre à l’État malien de notifier au reste du monde et en particulier les pays qui sont susceptibles de les abriter, que ces acteurs sont des terroristes. Et, par ricochet, toutes les opérations financières de ces acteurs, que ce soit a travers des flux financier en provenance d’institutions comme les banques ou des envois par des voies peu orthodoxes, notamment le marché noir, sont interdits par l’État du Mali et, aussi, par les différentes conventions dont presque tous les États sont signataires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.

Amadou Barry dit Amadoun Kouffa

«C’est un signal fort aussi pour l’État du Mali, pour dire aux pays qui les abriteraient que, du moment où ils acceptent d’accueillir les terroristes, de facto, ils les soutiennent dans les crimes odieux et financement du terrorisme qu’ils commettent au Mali voire au-delà», analyse Dr Tounkara. Il a aussi dit que cette inscription « est un témoignage éloquent de l’État malien qui se conforme à l’esprit des conventions et même des droits relatifs au financement du terrorisme et à d’autres formes de criminalité. »

Le chercheur soutient que c’est également un message diplomatique qui est lancé à ces États susceptibles d’abriter Iyad Ag Ghaly, Amadoun Kouffa ou Bilal Ag Acherif. «Toutes ces personnes qui sont sur cette liste sont, dorénavant, qualifiées par l’État malien comme des acteurs qui ne sont pas du tout fréquentables par le Mali et ils ne doivent pas l’être également par les pays qui continuent à les abriter en dépit même des condamnations dont ils font l’objet de la part des Nations unies», indique l’expert du CE3S.

CONSÉQUENCES – Pour les acteurs concernés, Dr Tounkara fait savoir que d’office, ils ne peuvent plus procéder à des envois officiels de flux financiers. Également, ils ne peuvent plus bénéficier de mobilité que ce soit par les moyens aériens, terrestres ou même fluviaux parce que cette inscription ne s’est pas limitée à identifier les acteurs concernés. Elle a été jusqu’à communiquer les différents documents administratifs qu’ils détiennent au compte de l’État du Mali.

«Cette inscription va avoir comme conséquence sur ces acteurs, l’annulation d’office des différents documents administratifs qu’ils détiennent au nom de l’État du Mali, mais c’est aussi un message pour l’ensemble des polices frontalières, des acteurs en charge des questions de mobilité, des flux financiers de ne plus coopérer avec ces entrepreneurs de la violence car ils sont non seulement terroristes, mais dans le même temps, ils continuent à soutenir différentes entreprises criminelles qui sévissent au Mali et dans le Sahel de façon générale», détaille l’expert des questions de paix, de défense et de sécurité.

En termes de conséquences, Dr Tounkara pense, aussi, que c’est une limitation nette imposée ainsi à ces acteurs cités sur cette liste. Selon lui, du moment que les États s’engagent tous à lutter efficacement contre le terrorisme, ceux-ci sont censés respecter la décision « de façon scrupuleuse. »

Bilal Ag Achérif

Toutefois, le chercheur reconnait qu’il est difficile aujourd’hui pour certains pays frontaliers du Mali d’appliquer une telle décision à l’encontre des acteurs qui sont officiellement sur leur territoire et d’autres États qui sont soupçonnés d’abriter un certain nombre d’acteurs terroristes.

Pour lui, au-delà de l’aspect juridique, la décision est une façon pour l’État du Mali d’évaluer avec pertinence et efficacité, quels sont les États voisins qui seraient en phase et ceux en déphasage avec lui, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. « Cette décision va au-delà d’une simple liste affichée mais c’est un test qui va amener les autres États à agir aussi vis-à-vis du Mali. Toute non action de la part de ces États ciblés ou concernés qui continuent à abriter à la fois les terroristes et les ex-indépendantistes qui ont aussi succombé au charme du terrorisme feront d’eux de facto, des ennemis du Mali », ajoute Dr Tounkara.

Par ailleurs, Dr Aly Tounkara soutient que l’inscription sur la liste de ces acteurs qualifiés de terroristes par l’État du Mali n’exclut pas qu’au bout du tunnel, qu’ils soient impliqués directement ou indirectement dans l’offre de dialogue Direct inter-Maliens qui vient de démarrer. «Si l’on regarde avec une attention particulière les différents pourparlers à la suite du terrorisme que ce soit en Algérie, en Mauritanie ou en Afghanistan, beaucoup d’acteurs avaient été étiquetés terroristes, qualifiés d’infréquentables par les États concernés mais au nom de la concorde et de la paix, on a fini par faire entorse à certaines dispositions de la Constitution afin d’arriver à un espace substantiel de dialogue pour une paix durable et la cohésion sociale», rappelle Aly Tounkara.

Au-delà de cette inscription sur la liste des groupes terroristes, il a dit que les acteurs comme Iyad Ag Ghaly, Amadoun Kouffa et même certains acteurs anciennement de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) restent des éléments importants pour asseoir une paix durable.

Pour lui, il ne s’agit pas de gommer tous les crimes commis par ceux-ci ou de minorer leurs forfaits dans le dossier. Mais, au nom de la realpolitik et du pragmatisme, « il est important de ne pas écarter l’hypothèse de voir ces mêmes acteurs se retrouver au cœur du processus pour une paix durable et la stabilité » tant souhaitées par nos communautés.

DD/MD (AMAP)   

 

Le Niger s’apprête à livrer 150 millions de litres de carburant à EDM-SA

© OUMAR DIOP, AMAP, COMMERCE,TOURS DES STATIONS D’ESSENCE DE BAMAKO, LE  22 MARS, LE 03/04/2012.

Bamako, 07 mar (AMAP) La ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, a effectué, mercredi, une visite de travail de 24 heures à Niamey, au Niger, afin d’examiner avec les autorités nigériennes, le projet de contrat commercial entre la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP) et la Société Énergie du Mali (EDM) pour la fourniture de 150 millions de litres de gasoil, a annoncé le mimsitere de l’Energie et de l’Eau (MEE).

Dans un texte parvenu à l’AMAP, la même source indique que les échanges ont porté aussi sur les modalités pratiques de cette opération, notamment les aspects logistiques, administratifs et sécuritaires (définition des modalités pratiques d’acheminement des stocks jusqu’à Bamako, notamment les problèmes de logistiques de transport, les problèmes sécuritaires le long des corridors, les lourdeurs administratives et douanières.)

La réunion technique d’examen du projet de contrat commercial s’est déroulée dans les locaux de la Sonidep où Mme Bintou Camara, accompagnée de responsables sécuritaires de notre pays, du directeur général d’EDM-SA, Abdoulaye Djibril Diallo, et du Président directeur général de l’Office malien des produits pétroliers (OMPP), Modibo Gouro Diall, a eu un échange avec le ministre nigérien du Pétrole, Mahaman Moustapha Bako Barké, accompagné de sa collègue chargée de l’Énergie, Mme Haoua Amadou.

Le ministre Mahaman Moustapha Bako Barké a précisé que le but est de matérialiser la solidarité fraternelle entre nos pays. Et que « le Niger mettra tout en œuvre pour la réussite de l’opération.

Mme Bintou Camara a remercié les autorités nigériennes pour l’hospitalité fraternelle avant de rappeler les objectifs de cette mission : l’examen du contrat commercial par les directeurs présents. Elle a ainsi sollicité l’implication des autorités du Niger pour lever des contraintes afin de favoriser un approvisionnement correct de EDM-SA en carburant.

La réunion technique a permis aux dirigeants de la SONIDEP, d’EDM-SA et de l’Omap de finaliser un contrat type qui sera soumis à l’analyse du service juridique et du Conseil d’administration d’EDM avant sa signature très prochaine.

En outre, les responsables sécuritaires maliens ont eu des discutions directes et franches avec les autorités nigériennes pour la mise en place d’un mécanisme de suivi et de sécurisation approprié de l’opération.

À la fin de la réunion, les ministres ont rendu une visite de courtoisie au Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zéine qui a salué cette démarche qui, selon lui, cadre parfaitement avec les orientations stratégiques des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel.

Il a réaffirmé son engagement personnel et celui de l’ensemble du gouvernement nigérien à accompagner cette opération pour sa réussite.

Mme Bintou Camara a transmis au chef du gouvernement nigérien les salutations fraternelles du Premier ministre malien, Dr Choguel Kokalla Maïga. Elle a surtout remercié les autorités nigériennes pour la célérité qui caractérise le traitement de cette opération de fourniture du carburant à EDM-SA.

Rappelant les difficultés qui ont marqué la première opération, elle s’est réjouie des dispositions prises par les autorités nigériennes pour l’acheminement rapide des cargaisons vers le Mali.

La visite de mercredi fait suite à la participation de la ministre malienne de l’Énergie et de l’Eau, à Niamey, du 16 au 18 février 2024, à la réunion des ministres chargés de l’Énergie de l’Alliance des États du Sahel (AES) élargie au Tchad et au Togo. Cette rencontre avait pour but de mettre en place un mécanisme adéquat et pérenne de fourniture de gasoil à partir du Niger.

C’est en cette occasion, que Mme Bintou Camara a négocié avec son homologue du Niger la fourniture de 150 millions de litres de gasoil à EDM-SA pour favoriser la stabilisation de la fourniture de l’électricité pendant la période de forte demande qui débute.

Les parties malienne et nigérienne ont échangé sur l’organisation pratique de cette opération notamment sa planification, les modalités de paiement, les modalités de livraison, la mobilisation des moyens logistiques (citernes de transport), la mise en place de modalités administratives et douanières souples pour favoriser la fluidité du corridor et la mise en place du dispositif sécuritaire adéquat et adapté pour la sécurisation des convois le long des différents corridors.

Un protocole d’accord définissant les contours de l’opération a conduit à l’élaboration du contrat commercial qui vient d’être finalisé entre la SONIDEP et EDM-SA.

MD (AMAP)

Gingembre, Tamarin, Kinkéliba : Des prix acceptables

Par Ana Coulibaly

& Fatoumata Koné

Ségou, 05 mar (AMAP) Le gingembre, le tamarin, le citron et le kinkéliba sont également très prisés pendant le mois de ramadan. Utilisés pour la rupture du jeûne, le gingembre, le tamarin, le citron rentrent dans la préparation de la traditionnelle bouillie. Certains transforment également ces produits en jus. Quant au Kinkéliba, Originaire d’Afrique de l’Ouest, elle utilisée en infusion pendant la rupture.

L’utilisation de ces quatre denrées n’est point fortuite pour les Maliens si l’on mesure leurs valeurs nutritives. Le gingembre est connu pour sa valeur culinaire mais, également, pour soulager différents maux comme le rhumatisme, la fatigue, les nausées, le rhume et les maux de tête et surtout pour les problèmes digestifs.

Quant au tamarin, il est riche en anti-oxydant en anti-cholestérol, protège le foie et anti-diabétique. Le kinkéliba aide à traiter les troubles de la digestion et aussi les problèmes de constipation tout comme les épisodes de diarrhée aiguë. Le citron est notamment connu pour sa teneur en vitamines C et sa capacité à favoriser une bonne digestion grâce à sa concentration en acide citrique.

Dans les trois grands marchés quotidiens de Ségou, le grand marché du centre commercial, le marché de Médine et le marché du château, les prix semblent abordables par rapport aux années précédentes si l’on se fie aux confidences de différents vendeurs et consommateurs.

Au marché hebdomadaire de Ségou « Ségou ntènè » le kilo du gingembre varie entre 400 et 450 Fcfa. Le kinkéliba est cédé entre 500 et 1 000 Fcfa le seau, selon que le produit soit nouveau ou ancien. Le prix du tamarin varie entre 600 à 650 Fcfa le kilo.

Au marché de Médine comme au marché dit « château » les prix sont les mêmes. Le tamarin est vendu entre 750 et 800 Fcfa le kilo. Le gingembre à 400 Fcfa, le kinkéliba à 500 Fcfa le seau.

Assan Camara, vendeuse de jus de gingembre et de tamarin pendant le mois de Ramadan indique qu’elle trouve son compte « Pour le moment, les prix sont abordables par rapport à l’année précédente. Nous prions qu’ils restent stables », a-t-elle indiqué avant de confier que pour éviter une surprise désagréable, elle a préféré faire son stock dès maintenant.

Il faut signaler que le citron se fait rare sur les trois marchés. Six petits citrons sont cédé à 200 Fcfa, huit à 500 Fcfa.

Ce nouveau climat affecte beaucoup les vendeurs ainsi que les consommateurs. « J’utilise beaucoup le citron pendant le mois de Ramadan. Je le préfère dans la bouillie plus que le tamarin. Depuis plusieurs jours, le produit est devenu introuvable sur le marché. Quelques vendeuses qui le proposent vendent très cher. Nous espérons que la donne change d’ici le Ramadan » espère Mariam Kassogué.

AC/FK (AMAP)

 

Sikasso : Des mesures contre la flambée des prix

La particularité de cette année est l’ouverture de « magasins témoins » à Sikasso.

Sikasso, 07 mar (AMAP) « Le marché de Sikasso est suffisamment approvisionné en produits de première nécessité. Il n’y aura pas de flambée, ni de rupture pendant le Ramadan », a affirmé le directeur régional du commerce, de la consommation et de la concurrence, Sékou Bougadar Fofana.

« Cette année, nous avons déjà fermé trois boutiques pour non-respect du prix plafond du sucre. Les clés seront remises à leurs propriétaires après la fête de Ramadan », a indiqué le directeur.

« Dans ces magasins, poursuit-il, les produits seront vendus uniquement en détails et en-dessous des prix indicatifs plafonds. » « La décision sera prise à Bamako. Au moment opportun, on nous enverra les noms des opérateurs économiques retenus », a-t-il expliqué.

Sékou Bougadra Fofana a invité les commerçants au respect des prix indicatifs plafonds et les consommateurs à dénoncer les cas de non-respect de ces prix à chaque fois qu’ils en sont victimes.

Il est revenu sur les prix indicatifs plafonds des denrées de première nécessité. Le prix carreau-usine du sucre local de 50 kg est de 26 250 Fcfa, le prix des commerçants grossistes du sac de 50 kg du sucre local est de 28 250 Fcfa, celui du sucre importé 30 500 Fcfa, le sac de 50 kg des demi-grossistes coûte 28 750 Fcfa, celui du sucre importé est de 31 000 Fcfa. Le prix détaillant du sucre local est de 600 Fcfa le kilo et celui du sucre importé 650 Fcfa.

En ce qui concerne le litre de l’huile locale, Fofana affirme que celui-ci est vendu en dessous du prix indicatif plafond. Quant au lait, il ne fait pas partie des prix indicatifs plafonds fixés par l’État cette année.

Le mois béni de Ramadan ou encore le mois des grandes dépenses pour les fidèles musulmans approche à grand pas. Ce mois est surtout celui de forte consommation des produits de première nécessité comme le sucre, l’huile importée ou locale, le lait…

Certains commerçants sans scrupule n’hésitent pas à entretenir la spéculation autour de ces produits. Or, l’État a fixé des prix indicatifs plafonds et pris des dispositions pour réduire les dépenses de la population.

Notre équipe de reportage a rencontré quelques acteurs concernés, mais aussi des consommateurs ainsi que la direction régionale du commerce, de la consommation et de la concurrence.

Youssouf Maïga, commerçant détaillant au quartier Wayerma II, affirme que la situation est tenable, car il arrive à tirer son épingle du jeu tout en respectant les prix indicatifs plafonds fixés par l’État. Notre interlocuteur cède le kilogramme du sucre local à 600 Fcfa et celui du sucre importé à 650 Fcfa.

Quant aux consommateurs, Mme Diallo Alimata Berthé et Oumar Konta, ils estiment que les prix des différents produits de première nécessité sont abordables. « Sincèrement, cette année les prix ne sont pas aussi élevés. On souhaite que la situation demeure ainsi jusqu’à la fin du mois de Ramadan », a dit Mme Diallo.

MFD/MD (AMAP)

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