Musique : Kalori Sory, une icône du Reggae au Mali

Bamako, 27 octobre (AMAP) En cette année de la culture et de l’Education, décrétée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, l’Agence Nationale de Presse du Mali a décidé de porter un regard sur les grandes célébrités qui ont marqué l’histoire de notre pays. Parmi celles -ci figurent l’artiste et chanteur, Feu Ibrahim Sory Kouyaté dit Kalory Sory qui a tiré sa référence en 2016. Au début des années 1980, Ibrahima Sory Kouyaté dit Kalori Sory était le rasta et le reggae man de la musique malienne le plus connu. Avec des morceaux comme Pèchèkè, Louansé, Dourouni ou Djénébani il a longtemps caracolé en tête des mesures d’audience de la musique qu’on appelle Hit parade des radios et des télévisions. Un succès étendu dans la sous région et en Europe Son succès s’est étendu à la Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Guinée Conakry et même dans certains pays d’Europe. Il fut donc l’un des précurseurs du reggae dans notre pays. Avec thèmes sur les préoccupations des populations comme le problème de transport urbain, les locations des maisons d’habitation ou la rareté de l’argent, Kalori Sory était devenu l’un des artistes les plus populaires surtout chez les jeunes au point où certains commentateurs le comparait à Alpha Blody, le célèbre reggae man ivoirien. Il a tiré sa révérence en 2016 après plus de 30 ans de carrière musicale à l’âge de 65 ans. Ce griot bon teint, est venu tout naturellement à la musique dès l’âge de 12- 13 ans, car nous expliquait-il quelques années, son talent de chateur précoce était déjà reconnu à l’école de Ké-Macina dans la région de Ségou. Il devait même aider parfois ses jeunes camarades à bien chanter. Par contre, c’est sur un terrain de football qu’il reçu le surnom de Kalori Sory. Pendant les vacances 1968- 1969, qu’il passait à Bamako, plus précisément dans le quartier de Bamako-coura que Ibrahima a reçu le sobriquet de Kalori par son encadreur. Ce dernier avait constaté que Ibrahim Sory était très actif et qu’il dégageait beaucoup de calories. Plus tard, il abandonnera le Lycée en classe de 11è lettre pour se consacrer à son groupe de musique amateur qu’il venait de créer à Lafiabougou en Commune IV du District de Bamako. Puis Kalori Sory est recruté en 1980 par l’orchestre national Badema, où il évolue quatre ans aux côtés de Feu Amadou Ba Guindo, chef d’orchestre et de Kassé Mady Diabaté. Il participera à de nombreux enregistrements, représentations et tournées à travers l’intérieur du pays. C’est ainsi qu’à Kayes et Ségou le public appréciera en avant première son titre chouchou Petchéké. Ce qui l’encouragera plus tard à sortir le morceau. L’administration décide de l’envoyer en 1985 à l’Institut national des arts (INA) pour qu’il se perfectionne. En 1989, il trouve enfin un producteur pour son premier album. Intitulé Pètchèkè, ou l’argent. L’artiste fustige le pouvoir de l’argent dans notre société. Il dénonce le fait que tout soit lié au pouvoir de l’argent. Ce qui lui a vaut un grand succès. L’artiste reconnaît d’ailleurs que cette création initiale fut l’une de ses plus grosses ventes. Puis c’est le casse-tête du transport en commun dans la ville de Bamako qui l’inspire avec son 2è album en 1994. A l’époque les véhicules de transport les Peugeots 404 bâchés, appelés Dourouni posaient des problèmes aux usagers : peu nombreux aux heures de pointe, conditions insalubre et précaire. Puis ce fut « Louancé Kalifa » en 2000. Les propriétaires ont peu de respect pour les locateurs. Les difficultés de la vie en commun entre voisins. Kalori Sory, une figure importante du Reggae Lassana Igo Diarra, membre du Mouvement des rastas du Mali (MORASMA), estime que Kalori Sory était une figure importante du reggae et du mouvement du rastafarisme au Mali. Ses créations comme « Ambè yé Rasta yé » a beaucoup contribué à faire comprendre le rastafarisme à nos concitoyens. C’est là où l’artiste indique toutes les grandes figures de la décolonisation et les pères de l’indépendance sont tous des rastas. Pour notre interlocuteur, le reggae man était aussi un précurseur de l’adaptation de cette musique aux rythmes maliens et africains. Il fut l’un des premiers à parler du Donso-reggae. C’est à dire utiliser le rythme de la musique des chasseurs dans ses arrangements. Le MORASMA tient à lui rendre un hommage mérité pour tout ce qu’il a fait dans ce domaine. L’artiste dénonce encore une fois l’égocentrisme qui gagne du terrain chez nous Il s’absente de la scène musicale pendant cinq bonnes années. A son retour il sort N’ta (le mien) en 2008. Sur ce dernier, les mélomanes constatent que sa sensibilité face aux souffrances des populations et aux maux qui minent notre société. L’artiste dénonce encore une fois l’égocentrisme qui gagne du terrain chez nous. « Lorsqu’une personne veut que tout tourne autour de soi et que celle-là n’est pas prête à partager, il y a problème » explique Kalori Sory. Cet album contient 7 titres que sont : N’tori, Anderezo, Demissenw, Afrique France, Djogo, Nounia et Bakary Djan. Et les remix de Petchéké et Walata complètent cet album. Presque tous ces morceaux sont dans style de reggae bambara, une sorte de conte-chanté. Youssouf DOUMBIA/Kader MAÏGA (AMAP)
Sommet Russie-Afrique : l’AMAP scelle un partenariat avec l’agence russe TASS
Bamako, 26 octobre (AMAP) L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) à travers son directeur général, Alassane Souleymane et l’Agence russe de presse TASS représentée également par son directeur général, Andrei Kondratchov, ont signé un mémorandum de partenariat, lundi à Moscou, en marge du forum des médias Russie-Afrique, organisé en prélude au 3ᵉ sommet Russie-Afrique prévu les 28 et 29 octobre dans la capitale russe, a confirmé une source administrative proche de la direction générale de l’Amap. La signature de cet accord, qui associe plusieurs agences de presse africaines, a constitué l’un des temps forts de ce forum consacré au rôle des médias dans le renforcement de la coopération entre la Russie et le continent africain. Les échanges ont notamment porté sur la formation des professionnels, les défis liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle. Les participants ont souligné la nécessité de renforcer la coopération entre les agences de presse pour mieux répondre aux mutations du secteur de l’information. Signataire du mémorandum au nom de l’AMAP, son directeur général, Alassane Souleymane, a salué l’ouverture de nouvelles perspectives de collaboration entre les deux structures. «Le mémorandum contient beaucoup de choses qui sont mutuellement bénéfiques pour nos deux structures. Il s’agit d’une assistance mutuelle en matière de couverture médiatique, d’échange de contenus et de renforcement des capacités technologiques. Je pense que si nous arrivons à mettre en œuvre ces dispositions, nous renforcerons cette dynamique de partenariat, d’une part entre la Russie et le Mali et, d’autre part, entre la Russie et des pays du continent», a-t-il déclaré. Les travaux du forum des médias Russie-Afrique se poursuivent mardi, en attendant l’ouverture officielle du sommet, prévue les 28 et 29 octobre à Moscou. CMT (AMAP)
Mopti : lancement des activités de la 7ème édition du festival sur le Bani

Mopti, 25 octobre (AMAP) Les Berges du fleuve Bani en face de l’hôtel de Ville de Mopti ont abrité ce dimanche 25 octobre 2026, la cérémonie du lancement officiel des activités du festival sur le Bani, a constaté l’AMAP. L’événement qui était présidé par le préfet du cercle de Mopti, Lassine Namou représentant le gouverneur de la région, s’est déroulé en présence du maire de la commune urbaine de Mopti, Issa Kanssaye, parrain du festival et de la marraine, Mme Diallo Tata Touré, présidente du Conseil régional de la société civile. Il a aussi mobilisé les chefs de services techniques dont le directeur régional de la culture, Moussa Guindo et son collègue du tourisme et de l’hôtellerie, Mamadou Kaba Diakité , des légitimités traditionnelles et coutumières et des festivaliers venus nombreux. La cérémonie de lancement a été marquée par plusieurs interventions, notamment celle du coordinateur des chefs de quartiers de Mopti, du maire Issa Kanssaye, la marraine Tata Touré, les mots du président de l’association culturelle Bozo « Kayama Tegassé » initiatrice du festival. Le défilé des communautés invitées, les prestations d’artistes, les concours de natation, la capture de canards, la course de pirogues en série dame et homme, la remise de récompenses et de reconnaissances ont aussi été des temps forts marquants la cérémonie. Concernant les courses de pirogues, la série des filles a été remportée par la pirogue du conseil régional de la société civile devant celle de la CAFO. En série homme la pirogue du Gouvernorat s’est classée première, suivie de celle de la préfecture et la représentante de la mairie à boucler le trio. Dans son mot introductif le président de l’association culturelle Bozo, Kayama Tegassé, Mamadou Djénépo dit Kalé a rappelé l’objectif de ce festival qui est de faire de la culture Bozo un levier de la cohésion sociale, de préservation et de transmission du patrimoine culturel et de développement local durable de la région de Mopti. Le représentant du chef de l’exécutif régional, Lassine Namou a indiqué que les 3 jours permettront aux festivaliers de découvrir et d’apprécier le potentiel de la culture Bozo à travers la formation sur les valeurs du cousinage et l’entreprenariat, la course de pirogues et les soirées culturelles valorisante la culture malienne et le vivre ensemble. Au nom du gouverneur, il a invité l’ensemble des festivaliers à cultiver et à véhiculer les messages de paix, de tolérance et d’unité nationale afin de bâtir un Mali fort et prospère. DC/KM (AMAP)
Société : Les tresses songhoy créées en fonction de la culture, de l’identité ethnique, des événements, des envies

Gao, 25 octobre (AMAP) La tresse songhoy est un véritable langage culturel et social qui indique l’âge, le statut matrimonial, et les étapes de vie d’une femme. En milieu sonrhaï, dans le nord du Mail, chaque étape de la vie d’une femme correspond au port de certaines parures, de la naissance à la mort, en passant par la jeunesse, le mariage, la maternité et la vieillesse. Les tresses grosses, moyennes expriment merveilleusement le génie artistique Songhoy. Quant aux parures, elles sont confectionnées dans une multitude d’objets très significatifs chez les songhoy. C’est le cas des perles fabriquées à partir de coquillages d’ambre : bagues, bracelets et autres. La culture, l’identité ethnique, les événements, les envies déterminent la tresse La secrétaire stagiaire au Musée du Sahel à Gao, Mme Maiga Farimata Touré, explique que les tresses songhoy sont créées en fonction de la culture, de l’identité ethnique, des événements, des envies et, surtout , pour le respect que les femmes ont de la beauté des coiffures. Mme Maiga lève le voile sur l’art des tresses songhoy : « elles peuvent être faites de manière torsadée sur le cuir chevelu. Dans le milieu traditionnel, elles sont multiples et très variées. Les tresses songhoy se classent en trois catégories : les tresses avant l’âge nubile, les tresses de beauté, les tresses frappées d’interdit. Les tresses avant l’âge nubile, « Jisi » signifie « réservé » la jeune fille est rasée. Une mince de bande de cheveux est gardée de la gauche à la droite. Le « Tchiéchi » est tressé sur la tête des jeunes filles de 10 à 15 ans. Le message qu’elle transmet, en songhoy, est : ce qui est posé sur la bordure ». Cette tresse s’accompagne toujours d’un boubou blanc, d’un pagne noir et la fille porte des chaussures en peau d’animal. Les tresses « Sourgou-sourgou » sont réservées à la jeune fille de 13 ans ou plus. La tresse de beauté « Zourazoura » orne la tête de la jeune femme et est portée au moment des différentes fêtes. « Les Zoota-kamba » sont également les tresses de la beauté réservées aux femmes célibataires. La maternité est traduite par une tresse appelée « Kokara ». Après l’accouchement la mère du bébé transmet son message en portant cette coiffure. Il existe deux. Les tresses sont entrelacées de perles (Kawla » qui ont des significations. Premièrement, si la femme porte au front trois « Kawla », l’enfant qu’elle porte sur le dos est un garçon »D’où le nom de « Kokara-Izé-aro ». Si elle porte quatre « Kawla », l’enfant est une fille. Cette coiffure porte le nom de « Kokara-Izo-W0yo ». Les femmes mariées qui ont deux maternités, portent la coiffure « Zumbu » qui a la forme d’une crête de Coq. Ainsi, les cheveux sont tressés de tous les côtés parsemés de perles. Le front est couvert de nattes de perles. Le milieu de la tête est couvert par le « Zumbu » à la crête agrémentée de lambeaux de fils rouges qui tombent sur les joues. « Zoota-kamba » ou « manche de louche » désignent les cheveux tressés sur tous les côtés mélangés ou entrecoupés de perles « Kawla ». Ce sont des tresses de beauté rassemblées sous forme de manche de louche qui sont la marque des femmes célibataires, en quête de l’âme sœur. Elles révèlent la situation sociale de la femme. La coiffure « Yolo-Gorbo » ou « Yola-Yola » est compliquée. Les cheveux sont divisés et tressés de telle sorte que les tresses pendent de deux côtés sur les joues. Une touffe de tresses tombe sur le front. Plusieurs tresses éparpillées recouvrent la nuque. « Bamba-Bamba » ou encore « Yénia hiri » sont des réussites de perles disposées sur le front. Les cheveux sont tressés en remontant de la nuque au front. Ce travail est enrichi avec les perles « Kawla ». Ces perles multicolores soutiennent les tresses. La nouvelle mariée porte cette coiffure toute la semaine après le mariage. Elle est interdite aux veuves, femmes non mariées et âgées. La tresse « Moorari » est interdite aux filles. Elle est uniquement l’attribut des femmes âgées. La vue de la tresse « Binda » est interdite à tout homme qui peut marier la femme après son veuvage de quatre mois et dix jours. Selon les confessions religieuses. La « Faata » est interdite aux femmes. Les tresses « Hilo Hilo »appartenaient aux seules femmes de l’ethnie « Gorongobou » de Gao. Par contre les tresses « Bamba –Bamba », « Manga-Fa », « Zumbu » sont utilisées par toutes les catégories des femmes de la communauté songhoy. Qu’elles que soient grandes dames, épouses du roi, d’empereurs ou d’hommes libres. Cette tresse se fait le premier jour du mariage. Elle est interdite au nouveau marié de voir cette tresse, car elle serait possédée par les esprits. Le modèle « Moorari » signifie caresse en milieu songhoy. Les cheveux sont divisés en deux ou trois parties et sont tressés sans finesse du front vers la nuque. Il est propre aux femmes qui ont atteint l’âge de la ménopause. Mais elle est interdite aux autres femmes songhoy. Dans certains milieux, on l’appelle « Kum-Kum », « Faata » ou encore « Faata-Koli » qui veut dire rassembler, réunir. Cette coiffure se distingue par sa simplicité. Les tresses songhoy permettent aux femmes de se rapprocher, de partager les moments de bonheur et de malheur Le directeur régional du Musée du Sahel de Gao, Abdoulaye Boncona Maiga explique que les tresses songhoy permettent aux femmes de se rapprocher, de partager les moments de bonheur et de malheur. Il précise aussi que le rôle social des tresses, en milieu songhoy, se reflète dans l’apprentissage car la transmission du savoir-faire des compétences dure longtemps entre les générations. Mme Maiga Mariam Maiga, secrétaire au gouvernorat de Gao, exprime sa fierté d’être descendante de l’ethnie sorgho. Cependant, elle ne croit pas aux interdits de certaines tresses. Selon elle le mariage est un destin. Elle affirma avoir déjà porté des tresses songhoy (Hilo Hilo, Bamba –Bamba et zota-Kamba) sur exigence de sa mère, ajoutant que certaines coutumes n’ont plus leur place. Mme Halimatou Touré dite Halibara est la gardienne des tresses songhoy de la région de Gao qu’elle a hérité de sa grand-mère, Agaïchatou Bilal, originaire de Gao et de la famille « Gorongobou ». Selon elle, grâce au
CAP de Kolokani : Des enseignants communautaires de Guihoyo et de Sebecoro I sommés de reprendre service

Bamako, 22 octobre (AMAP)– Le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Kolokani, Ouman Fomba, a mis en demeure des enseignants communautaires des communes de Guihoyo et de Sébécoro I de reprendre le service au plus tard le jeudi 22 octobre 2026, selon une lettre officielle datée du même jour, a appris l’AMAP des sources proches de l’Instance éducative. Dans cette correspondance référencée n° 2026-038/CAP-KNI, le responsable affirme avoir été informé, par des sources locales, d’un arrêt de travail auquel participeraient des membres du collectif des enseignants communautaires des deux communes. Il rappelle que les grèves et les arrêts de travail sont encadrés par les lois en vigueur au Mali et avertit que les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par les textes. Le directeur du CAP soutient également que, dans son ressort, seuls les syndicats officiellement présents peuvent déclencher un mouvement de grève ou un arrêt de travail. Il prévient qu’après le délai fixé, toute absence sera considérée comme un abandon de poste et traitée conformément aux textes applicables. La lettre a notamment été adressée, pour information ou disposition à prendre, au préfet du cercle de Kolokani, à la direction de l’Académie d’enseignement de Kati, aux syndicats de l’éducation et aux maires des communes concernées. KD/ (AMAP)
Éducation : 4,842 milliards de FCFA pour la réhabilitation des lycées publics de Bamako

Bamako, 22 octobre (AMAP) Le Mali a lancé jeudi, au lycée Fily Dabo Sissoko de Bamako, les travaux de réhabilitation et d’extension de 13 lycées publics du District de Bamako, dans le cadre du Projet d’amélioration de la qualité et des résultats de l’éducation pour tous au Mali (MIQRA), a constaté l’AMAP. L’opération représente un investissement d’environ 4,842 milliards de FCFA, toutes taxes comprises, financé intégralement par la Banque mondiale, pour un délai d’exécution prévu de cinq mois. Présidant la cérémonie au nom du ministre de l’Éducation nationale, le secrétaire général du département, Boubacar Dembélé, a souligné l’importance de cette initiative pour l’amélioration des conditions d’enseignement et d’apprentissage. «Réhabiliter ces lycées, c’est honorer leur histoire tout en leur donnant les moyens de poursuivre leur mission», a-t-il déclaré, rappelant le rôle historique de ces établissements dans la formation de plusieurs générations de Maliens. Les travaux porteront notamment sur la remise en état des salles de classe, des murs, des toitures, des plafonds, des portes et des fenêtres, ainsi que sur la réfection des installations électriques et sanitaires et des clôtures. L’aménagement des cours, des espaces verts et l’installation d’un éclairage extérieur solaire sont également prévus. En complément des travaux, les établissements doivent bénéficier de mobilier scolaire, de kits scolaires, d’équipements solaires et de matériel destiné aux laboratoires de physique-chimie et de sciences naturelles. La représentante de la Banque mondiale a indiqué que cet investissement vise à soutenir la jeunesse malienne et à améliorer durablement la qualité de l’éducation. Elle a appelé les entreprises et les bureaux de contrôle à veiller au respect des délais, à la qualité des ouvrages et à la sécurité des élèves et des personnels. La coordinatrice du projet MIQRA a, pour sa part, précisé que des dispositions étaient en cours pour réaliser des études techniques sur de nouveaux sites, certains établissements initialement concernés devant être réhabilités dans le cadre d’autres programmes. Les autorités éducatives et les communautés scolaires sont également invitées à contribuer à la préservation des infrastructures après les travaux. KD/CMT (AMAP)
Bamako : 20 journalistes maliens renforcent leurs compétences en journalisme économique

Bamako, 20 octobre (AMAP) Vingt (20) journalistes maliens bénéficient, depuis mardi à Bamako, d’une formation de huit (8) jours en journalisme économique, à l’initiative du Réseau des journalistes économiques du Mali (RJEM), avec le soutien financier de l’ambassade des États-Unis au Mali, a constaté l’AMAP. La formation porte sur les fondamentaux de l’économie, l’analyse des budgets et des rapports statistiques, les techniques de reportage, le choix des angles, l’exploitation des données chiffrées, la conduite des interviews et la vérification des informations économiques. Elle intègre également des modules sur l’éthique et la déontologie, à travers des études de cas, des exercices pratiques, des simulations de conférences de presse et des productions journalistiques. Le président du RJEM, Alexis Kalambry, a souligné l’importance d’une information économique de qualité pour la compréhension des politiques publiques, la transparence dans la gestion des ressources et la participation des citoyens à la vie nationale. Il a rappelé que le rôle du journaliste économique est aussi d’expliquer les effets de la croissance, de la dette, de l’inflation et des politiques budgétaires sur le pouvoir d’achat, l’emploi, les prix et le financement des services sociaux. Le chargé d’affaires a.i. de l’ambassade des États-Unis au Mali, Wallace Bain, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur d’un journalisme économique professionnel, indépendant et rigoureux. Il a insisté sur la vérification des faits, l’analyse des données et la nécessité de rendre les réalités économiques accessibles au public. Il a également évoqué les possibilités de renforcer les échanges commerciaux et les investissements entre les États-Unis et le Mali. MMD/CMT (AMAP)
Culture : Labadja ou Allabadja, le plat des grands jours au nord du Mali

Gourma Rharous (AMAP) Le «Labadja» ou «Allabadja» est considéré comme le nec plus ultra de la gastronomie du nord du Mali. Ce plat constitue un patrimoine culinaire commun à toutes les communautés du septentrion, nomades comme sédentaires. Sa préparation obéit, depuis des siècles, à des règles immuables. Hommes et femmes participent à sa confection. Il est composé de riz étuvé, de préférence une variété locale, de viande grasse à souhait et de beurre de vache. Ce dernier ingrédient doit être de qualité. Pour cela, il est conservé dans une outre en peau pendant un an ou plus, ce qui permet son affinage. Conservé de cette manière, il prend une couleur mordorée. Son goût légèrement caramélisé est un véritable délice pour les papilles. Son parfum est subtil et appétissant. Le beurre de vache constitue l’élément central de ce plat, au sens propre comme au figuré. Les différentes étapes de la préparation La première étape consiste à cuire le riz, débarrassé de toutes ses impuretés, dans de grandes marmites traditionnelles en terre. Une simple pincée de sel gemme est le seul ingrédient toléré lors de cette cuisson. La viande est également cuite dans un bouillon, selon le même procédé. Cette première étape est réservée aux femmes. Une fois cuits à point, le riz et la viande sont transvasés séparément dans de grandes écuelles en bois, taillées dans des essences rares connues des seuls forgerons initiés qui les fabriquent. Ces récipients présentent un design fin et soigné. Leurs bordures sont délicatement ciselées et leurs flancs ornés de bas-reliefs en frise. Dans la préparation de cette spécialité culinaire, le contenu et le contenant se complètent. Les essences rares utilisées pour façonner ces écuelles dégagent un parfum subtil et légèrement aérien, qui confère au contenu une touche délicate et indéfinissable. La deuxième phase commence après la cuisson et la mise en plat du riz et de la viande. Une partie de la viande est prélevée et finement pilée dans un mortier. C’est alors que les hommes entrent en jeu. L’opération qui suit exige de la force et de l’endurance, mais surtout du savoir-faire. Traditionnellement, cette tâche est exécutée par des hommes de caste, toujours à deux. Le premier malaxe vigoureusement le riz contenu dans l’écuelle à l’aide d’une grosse louche ou d’un petit pilon. Pendant ce temps, le second maintient fermement les rebords du plat. À l’aide d’une louche, il prélève dans un autre récipient un mélange de bouillon et de viande finement broyée, qu’il verse sur le riz afin de faciliter le travail de son compagnon. L’opération se poursuit jusqu’à l’obtention d’une pâte épaisse, à l’aspect moelleux, parsemée de fines nervures de viande. Le plat est alors prêt à être servi. Comment servir ce plat ? Selon le nombre de convives, le riz est réparti dans des plats de taille moyenne en bois, puis soigneusement tassé à l’aide d’une cuillère. Un creux est aménagé au centre pour accueillir un mélange de beurre et de bouillon faisant office de sauce. La décoration consiste à disposer, tout autour de ce creux, de gros morceaux de viande ruisselants de graisse ou de la viande finement hachée. Lorsque le plat est garni de gros morceaux, un couteau est mis à la disposition des convives pour les découper. Ce mets se partage toujours en groupe. Pour le déguster, les convives utilisent des cuillères en bois finement ouvragées, taillées dans les mêmes essences que les écuelles. L’«Allabadja» ou «Labadja» est préparé à l’occasion des fêtes religieuses, des réjouissances sociales ou pour accueillir un hôte de marque. Il est toujours accompagné d’un thé nature corsé et de lait frais ou caillé, coupé d’eau. Une spécialité à valoriser Considéré comme le summum de la gastronomie du septentrion malien, ce mets d’une grande finesse est consommé au-delà de nos frontières, notamment par certaines populations mauritaniennes et algériennes. Selon A. A. K. Maïga, enseignant-chercheur à Rharous, «ce plat fait le prestige de la gastronomie du nord du Mali, au-delà de son aspect alimentaire. Il est symbole d’hospitalité et de respect». Il ajoute : «Le département en charge du tourisme et de l’industrie hôtelière doit réserver une place de choix à ce mets dans les festivals et les foires gastronomiques, à l’intérieur comme à l’extérieur du Mali.» À l’image du thiéboudiène sénégalais et du couscous marocain l’attiék, l’Allabadja ou le Labadja mérite, lui aussi, d’être inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. MG/CMT (AMAP)
Revitalisation du Palais de la culture : le Badema national enflamme la scène

Bamako, 19 octobre (AMAP) Le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ a vibré, vendredi dernier, au rythme des sonorités du Badema National, à l’occasion d’un concert live gratuit organisé dans le cadre du programme de revitalisation de cette institution culturelle. La cérémonie a enregistré la présence de son chargé de mission, Amadou Diabaté représentant le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, ainsi que des directeurs des services techniques du département et du directeur du Palais de la Culture, Souleymane Bathieno. L’événement a mobilisé de nombreux mélomanes venus célébrer la richesse du patrimoine musical malien. La soirée a débuté par l’exécution de l’hymne national du Mali, suivie de celui de la Confédération des États du Sahel (AES). Sous la direction artistique de Idrissa Traoré, le Badema National a ensuite livré une prestation remarquable, alliant rythmes traditionnels et influences modernes. En interprétant des chansons dans plusieurs langues nationales, l’orchestre a offert au public un voyage musical à travers les différentes régions du pays. Pour Souleymane Bathieno, directeur du Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ, ce concert s’inscrit dans un vaste programme de revitalisation comprenant plusieurs activités. « Ce soir, nous avons présenté l’une des formations du Palais au public, qui est le Badema National », a-t-il expliqué. Il a souligné que l’objectif est de faire découvrir au grand public les formations artistiques qui résident au Palais et de démontrer leur capacité à proposer des spectacles vivants de qualité. Selon lui, il est important que les populations sachent que le Badema National est une formation du Palais de la Culture et qu’elle peut offrir des prestations musicales particulièrement intéressantes. Le directeur a également précisé que le programme s’étend sur une année et qu’après seulement deux mois d’activités, plusieurs rendez-vous restent prévus. « Il y a des concerts chaque vendredi », a-t-il indiqué, confirmant ainsi la volonté de maintenir une programmation régulière au profit des artistes et des mélomanes. Cette initiative est portée par le ministère chargé de la Culture, sous le leadership du ministre Mamou Daffé, avec l’appui financier de la Coopération suisse, à travers la direction générale du Palais de la Culture. Directeur artistique du Badema National, Idrissa Traoré s’est réjoui de la forte mobilisation du public. « Quand on parle de Badema, on parle du Mali, de notre pays, le Maliba », a-t-il déclaré, avant de remercier Dieu pour la continuité du projet. Pour lui, l’interprétation de chansons dans plusieurs langues nationales traduit avant tout l’amour de la patrie et la mission de représentation de la diversité culturelle malienne. De Kayes à Ménaka, en passant par Taoudéni, l’orchestre entend faire entendre les différentes sensibilités culturelles du pays. Revenant sur l’histoire de la formation, Idrissa Traoré a rappelé que des jeunes Maliens avaient été envoyés à Cuba pour poursuivre des études musicales avant de revenir au pays sous le nom de Las Maravillas del Mali, expression espagnole signifiant « les merveilles du Mali ». La formation a ensuite adopté le nom de Badema National, une appellation bambara évoquant les liens de fraternité et de solidarité entre ses membres. Aujourd’hui, l’ensemble compte 22 personnes et représente sa sixième génération. Plusieurs responsables artistiques se sont succédé à sa tête, avant moi Idrissa Traoré. Présent au concert, Abdoulaye Manganè n’a pas caché sa satisfaction. Il a salué la qualité des mélodies et des arrangements musicaux proposés sous la direction d’Idrissa Traoré. Selon lui, le spectacle a réuni des enfants, des jeunes, des adultes et des aînés autour des musiques du terroir. Il a particulièrement apprécié la capacité du Badema National à parcourir les traditions musicales du Wassoulou jusqu’aux sonorités du Grand Nord et du Sahara. Gaoussou TANGARA (AMAP)
Restitution des biens culturels : La donation de 223 œuvres annoncée

Bamako, 16 octobre (AMAP) Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé a annoncé jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), lors d’une conférence de presse, la restitution de biens culturels, notamment la donation de 223 œuvres, a constaté l’AMAP. C’était en présence de représentants des médias, de membres de la Commission de restitution et de plusieurs acteurs culturels. Cette stratégie s’inscrit dans la dynamique de revitalisation du Musée national du Mali et dans la vision des autorités visant à renforcer la souveraineté culturelle du pays. Elle repose sur cinq axes à savoir la création d’une commission chargée de la restitution, la communication et le plaidoyer, la recherche et l’inventaire des œuvres, les négociations institutionnelles, scientifiques et juridiques, ainsi que le transport des biens et la construction d’espaces d’exposition répondant aux normes de conservation. Pour Mamou Daffé, la restitution dépasse le simple transfert d’objets d’un territoire à un autre. Elle concerne la mémoire collective, l’histoire, l’identité et le droit des générations futures à connaître leur patrimoine. L’homme de culture a souligné que ces biens constituent des témoins essentiels des civilisations qui ont façonné le Mali et qu’ils peuvent contribuer à la cohésion nationale, à l’unité et au rayonnement international du pays. « Cette démarche s’inscrit dans la vision du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, ainsi que dans les orientations de Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 », a-t-il souligné, précisant que cette politique ne vise pas à rompre les relations avec les autres pays, mais à développer la coopération culturelle avec les grands musées, les collectionneurs et les détenteurs d’œuvres maliennes à travers le monde. Selon le responsable du département de tutelle, les échanges avec les interlocuteurs concernés doivent se poursuivre à partir de novembre afin de faciliter les démarches de restitution. L’annonce majeure de la rencontre concerne la volonté d’un duc allemand, Franck de faire don de 223 biens culturels au Mali. Selon les responsables, les premières démarches ont été engagées et les contacts doivent se poursuivre afin d’organiser leur retour. Les documents transmis comprennent notamment des informations sur les dates d’acquisition des œuvres. Le directeur du Musée national du Mali, le Dr Daouda Keïta, a salué cette initiative, qu’il considère comme un premier pas encourageant. D’après les informations communiquées lors de la conférence, les biens concernés sont notamment liés à des ensembles archéologiques du Bandiagara, de Djenné. Le directeur a également rappelé que de nombreux objets maliens se trouvent à l’étranger après avoir quitté le territoire national dans des circonstances diverses : sans autorisation, à la suite de vols ou sous la contrainte. Il a notamment évoqué une collection conservée au musée du Quai Branly, à Paris, qui compterait environ 1 600 objets. Pour constituer des dossiers solides, le Dr Daouda Keïta a insisté sur la nécessité de mener des recherches approfondies sur la provenance des biens, leurs conditions de collecte et les circonstances de leur départ. Ces investigations doivent permettre de répondre aux exigences juridiques propres à chaque pays. La mise en œuvre de cette stratégie nécessite une collaboration entre plusieurs départements, notamment ceux chargés de la Culture, des Affaires étrangères, de la Recherche scientifique, de la Justice, de la Sécurité ainsi que de l’Économie et des Finances. La coordination des compétences scientifiques, diplomatiques et juridiques est essentielle pour conduire les négociations. Au-delà du retour des œuvres, les autorités entendent garantir leur conservation et leur transmission aux générations futures. À cet effet, le Dr Daouda Keïta a souligné la nécessité de mettre le Musée national aux normes afin d’accueillir les biens dans de bonnes conditions et de les rendre accessibles au public. À travers cette initiative, notre pays entend réintégrer son patrimoine dispersé, renforcer la fierté nationale et faire davantage connaître la richesse de ses civilisations. La restitution des biens culturels constitue ainsi un enjeu majeur pour la préservation de la mémoire collective et la transmission de notre histoire. GT/KM (AMAP)

