Macina : Consultation publique sur le projet d’aménagement du Fleuve Niger

Macina, 20 février (AMAP) Une grande consultation publique sur le projet d’aménagement du Fleuve Niger a eu lieu le mardi 20 février 2024 à Macina, sous la présidence du Préfet de Cercle, le Lieutenant-Colonel Albaraka Ag Amarizag.

C’était en présence des responsables administratifs, politiques, des Chefs des Services Techniques, des leaders Coutumiers, la CAFO, des représentants de la Jeunesse, des transporteurs de sable, de la Société Civile et des représentants des villages concernés.

Il s’agissait au cours de cette rencontre d’expliquer aux parties prenantes comment sauvegarder le Fleuve Niger, véritable entité vitale pour le Mali et qui nourrit près de 85% de la population avec les activités socio-économiques.

Initiée par le Gouvernement du Mali en partenariat avec l’Autorité du Bassin du Fleuve Niger (ABFN) et le Projet de Réhabilitation Economique et Environnemental du Fleuve Niger (PREEFN), cette activité salvatrice de désensablement concerne les villages de Kokry-Bozo, Konkougourou, Touara, dans la Cercle de Macina, porte d’entrée du Delta Intérieur du Niger

Pour le Chef de l’Exécution Local, la sauvegarde de Fleuve Niger doit être le leitmotiv de tous et personne ne peut se prévaloir de ne pas profiter des bienfaits de ce fleuve nourricier et tout le monde doit s’impliquer pour sa survie, gage d’un Mali émergent.

Soulignons qu’après plusieurs questions réponses de compréhension sur le projet, les participants ont salué la mise en oeuvre du projet et se sont engagés à l’accompagner.

Quant au représentant des villages concernés au nom de l’ensemble des riverains ils ont promis de prendre soin de ce bien précieux qui doit être laissé comme héritage aux futures générations.

Il revenait ensuite au Lieutenant-Colonel Albaraka Ag Amarizag, Préfet du Cercle d’inviter toute la population du Cercle à sauvegarder le Fleuve Niger, véritable don de la Nature et pour une meilleure protection.

Pour rappel, le Fleuve Niger est la plus importante ressource en eau de surface au cœur du Sahel qui est aussi l’un des espaces au monde les plus affectés par le réchauffement planétaire et le dérèglement climatique.

AOK/KM (AMAP)

Naréna : Un important lot de matériels et de fournitures remis à des élèves

Kangaba, 19 février (AMAP) Le Préfet du Cercle de Kangaba, Abou DAO a présidé le vendredi 16 février 2024, la cérémonie de remise d’un important lot de matériels et de fournitures scolaires aux élèves du groupe scolaire Bô SANGARE de Naréna, dans le Cercle de Kangba.

D’une valeur estimée à 25 millions de nos francs, le lot de matériels et de fournitures composé de cahiers de 100 et de 200 pages, de livres en  français, mathématique, histoire et géographie, d’ECM, de craies blanches et en couleur, de Bics bleu et rouge, d’ardoises, de règles, d’équerres, de rapporteurs, de compas, de sacs à dos, d’agrafeuses, d’ardoisine, de globes terrestres, d’enveloppes petit et grand format, de tableaux à chevalet, de ballons de football et de basket, et de maillots, a été offerte par la société minière Golend Beach qui opère dans la Commune rurale de Naréna.

Selon le patron de cette société El hadj Abdramane KOUYATE, cette donation s’inscrit dans le cadre de l’exécution du plan de développement communautaire. Il A invité les communautés à agir dans la paix,  la concorde et le dialogue avec la société pour le bonheur et de la Commune et de la société minière.

Le geste est allé droit au cœur des populations. En leur nom, la Directrice coordinatrice du Groupe scolaire, Mme MAIGA Astan TRAORE et le maire Daouda Namballa KEITA ont donné l’assurance que bon usage sera fait des matériels et fournitures reçus.

Le Directeur du CAP était également de la fête. Monsieur Abdoulaye KONE a, au nom du ministre de l’Education Nationale, félicité l’initiative de la société minière Golend Beach qui, par ce geste de générosité et hautement patriotique, favorise la promotion de l’Education obligatoire et gratuite pour tous les enfants de la Commune rurale de Naréna.

Il a invité d’une part les Directeurs d’école et les enseignants à faire bon usage des matériels reçus et les élèves de bien travailler pour honorer leurs parents.

Le Préfet du Cercle de Kangaba a, pour sa part, donné l’assurance aux populations de la Commune rurale de Naréna que la société minière qui vient de faire ce geste est en train de travailler dans la légalité. Elle dispose de tous les documents légaux à savoir le permis de recherche, le permis environnemental et le permis d’exploitation.

Il a invité la société à poursuivre l’exécution correcte du plan de développement communautaire pour non seulement calmer les esprits mais aussi pour faire face au développement de la Commune. Cela permettra de renforcer la confiance entre la société et les communautés locales a ajouté le préfet du cercle.

SD/KM (AMAP)

Mopti : la sécurité dans les écoles et ses lignes directrices au centre des échanges

Les membres des comités techniques des régions de Mopti, Bandiagara, Douentza et San étaient en conclave dans la salle de conférence du Gouvernorat de Mopti, les 9 et 10 février derniers, pour renforcer leurs connaissances sur la sécurité dans les écoles et ses lignes directrices, a constaté l’AMAP.

Cet atelier s’inscrit dans les objectifs annuels de renforcer les capacités des membres des comités régionaux du comité national pour l’opérationnalisation de la déclaration et les implications relatives aux rôles et responsabilités des différentes parties prenantes. Il contribue à l’atteinte des objectifs du Projet d’Amélioration de la Qualité et des Résultats de l’Education pour tous au Mali (MIQRA) qui vise à réduire les impacts des conflits armés sur la vie des élèves et jeunes étudiants.

La cérémonie d’ouverture de la rencontre a été présidée par le conseiller à la sécurité et de la protection civile du Gouverneur de Mopti, le Colonel Mamadou Sidiki Konaté. C’était en présence du représentant du directeur national de l’Education fondamentale, Modibo Coulibaly, des forces de sécurité, des représentants des Gouverneurs et de la communauté éducative des régions de Bandiagara, Douentza et San.

Pour Modibo Coulibaly, l’école est le socle du développement du pays pour cela il faut une école stable sécurisée. C’est en cela que l’état et ses partenaires sont résolument à la recherche de solutions aux multiples défis au système a- t – il indiqué.

Dans son intervention, le représentant du chef de l’exécutif régional a souligné qu’au regard des nombreux défis auxquels le système éducatif est confronté avec des milliers d’écoles fermées au Mali à cause de l’insécurité, l’approche du projet MIQRA est plus que salutaire.

En invitant les participants à une participation de qualité pour renforcer la résilience des acteurs et l’environnement de l’école, il a rappelé que notre pays a endossé la déclaration sur la sécurité dans les écoles (D.S.E) et créé un comité technique national pour le suivi de sa mise en œuvre. Cette ratification est faite dans la perspective d’offrir une éducation de qualité et de faire l’école un espace de paix et d’apprentissage en période de conflits.

Durant les deux jours de rencontre les participants ont fait le point de la situation des écoles fermées dans quatre régions et les acquis enregistrés dans le cadre de la mise en œuvre du projet MIQRA à travers ses cinq composantes.

Le représentant du Gouverneur de la région de Mopti, le colonel Mamadou Sidiki Konaté a, au nom des plus hautes autorités du pays, salué et félicité la Banque mondiale et le partenariat mondial pour l’éducation pour le financement de cet important projet MIQRA en parfaite symbiose avec la deuxième génération du PRODEC.

 DC/KM (AMAP)

Dialogue inter-Maliens : Le comité de pilotage installé

 Pour le président de la Transition, on peut puiser dans nos valeurs ancestrales pour relever le défi

Bamako, 06 fév (AMAP) Les 140 membres du Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation dirigés par l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, ont été installés dans leur fonction, lundi.

La cérémonie d’installation, au palais de Koulouba, a été présidée par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, en présence des présidents des institutions, des membres du gouvernement, notamment le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué.

Créé par le décret n°2024-0053/PT-RM du 26 janvier 2024, le Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation comprend 140 membres. Dirigé par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, ce Comité est chargé de la préparation et de l’organisation du dialogue inter-Maliens.

Le dialogue a pour but de restaurer la paix, consolider l’unité nationale et raviver le vivre-ensemble. Cette cérémonie d’installation marque le début d’un processus destiné à aboutir à la paix des cœurs et au retour de la grande fraternité légendaire entre l’ensemble des filles et fils de notre nation.

« Oui, le Mali éternel a vacillé, mais il ne s’est pas écroulé contrairement à certaines prédictions», a déclaré le président de la Transition sous un tonnerre d’applaudissements. Et de poursuivre : « Nous devons cela à notre histoire millénaire, marquée par l’existence de grands empires et royaumes qui ont réalisé un brassage socioculturel donnant naissance à des communautés ayant toujours vécu en symbiose et dans la complémentarité ».

TISSU SOCIAL – « Même au plus fort de la crise multiforme que traverse notre pays, pendant que les services de l’État s’étaient retirés de certaines localités, c’est le tissu social pétri de solidarité et d’humanisme qui a permis aux populations de se supporter pour mieux envisager l’avenir », a rappelé le colonel Assimi Goïta.

Il a dit ensuite que c’est pour cette raison que « les ennemis de notre peuple ont essayé de créer la mésentente entre nos populations pour les entraîner dans des conflits intra et intercommunautaires. »

C’est ainsi que plusieurs de nos communautés ont été endeuillées par des meurtres de femmes, d’enfants et de vieilles personnes. « Nos Forces de défense et de sécurité, dans leur mission régalienne de protection du territoire, des personnes et des biens, ont également payé un lourd tribut. »

Cependant, grâce à la bravoure et au don de soi des Forces armées maliennes (FAMa), notre État a recouvré son autorité sur l’ensemble du territoire, dont «certains avaient voulu faire une enclave, en ayant pris le soin d’opposer les enfants du même pays», a indiqué le chef de l’État.

Selon le président Goïta, cette unité retrouvée par notre peuple a été saluée par l’ensemble de ses filles et fils, fiers de leur histoire commune et animés par un fort sentiment patriotique et la volonté ferme de recoudre le tissu social malheureusement fragilisé par les conflits inutiles.

«Ainsi, nous avons décidé de créer les conditions d’un dialogue entre les filles et les fils de notre peuple, conduit par eux-mêmes, en vue de restaurer la paix, de consolider l’unité nationale et de raviver le vivre-ensemble», a souligné le chef de l’État.

Pour lui, ceci était d’une urgente nécessité, « tant l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger était devenu, pour certains acteurs, un fonds de commerce et un moyen de prolonger la souffrance de nos populations meurtries. »

« C’est la raison pour laquelle, les autorités de la Transition ont décidé, en toute responsabilité, d’y mettre fin», a expliqué le colonel Assimi Goïta. D’après lui, «nous avons tous les atouts pour réussir un dialogue direct entre les Maliens». À travers des valeurs sociétales et des formes de spiritualité, nos ancêtres ont instauré une culture de paix et de solidarité fondée sur des règles dont le respect était garanti par l’ensemble de la communauté, a rappelé le président Goïta.

 

DIALOGUE FRANC ET SINCÈRE – « Il nous faut donc puiser dans notre histoire pour construire une mémoire collective à la fois pour notre génération actuelle et future, afin que nous ne retombions plus jamais dans des situations de déchirements », a exhorté le colonel Assimi Goïta, qui a demandé de questionner sans complaisance, notre société afin de comprendre les causes apparentes et profondes des conflits qui la minent.

Ceci exigera « de nous un exercice d’autocritique et de vérité qui sera le véritable socle de la paix durable que nous recherchons tant », a ajouté le président de la Transition.

Il a, par ailleurs, demandé aux membres du Comité de pilotage de créer les conditions d’un dialogue franc et sincère entre les Maliens de manière inclusive, afin que nul ne se sente exclu. « Toutes les voix doivent être écoutées et tous les avis doivent pouvoir s’exprimer. Il s’agit donc, comme le dit l’expression populaire, de laver « le linge sale en famille », a détaillé le colonel Assimi Goïta.

« Toutefois, ajoutera-t-il, tout au long du processus de dialogue, les membres du Comité doivent avoir comme boussole, les trois principes qui guident désormais l’action publique dans notre pays, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par notre pays et la défense des intérêts du peuple malien dans les décisions prises.

À l’issue de ce dialogue, décidé et conduit par les Maliens eux-mêmes, « c’est un peuple réconcilié et rassuré qui devra pouvoir exprimer à l’unisson sa confiance en l’avenir. » Ce faisant, il aura prouvé encore une fois de plus, « sa capacité à régler lui-même ses propres problèmes et à renforcer chaque jour sa souveraineté. »

Cependant, a précisé le président Goïta, « il n’y aura aucune place dans ce grand forum national pour les ennemis de notre peuple qui veulent remettre en cause l’unicité et la laïcité de l’État, ainsi que l’intégrité de notre territoire. »

De son côté, le président du Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens, Ousmane Issoufi Maïga, a, au nom de son équipe, remercié le chef de l’État pour la confiance placée en eux. L’ancien Premier ministre a ensuite réitéré leur engagement et la détermination à accomplir cette mission, avant d’appeler l’ensemble de nos compatriotes à « taire leurs égos et à s’approprier cette initiative salvatrice ».

BD/MD (AMAP)

Le président Assimi Goïta lance les travaux d’aménagement des routes Kati-Bamako

L’aménagement en 2×2 voies de la section Route régionale (RR9) entre Kati et Bamako connectera les deux villes vers Koulouba et Samé avec toutes les commodités

Bamako, 02 fév (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a lancé jeudi à Kati, les travaux de la construction de quatre projets routiers importants pour un coût de 95 milliards de Fcfa financés par le budget national sur une durée de 36 mois (3 ans.)

Les travaux porteront sur l’aménagement en 2×2 voies de la section Route régionale (RR9) entre Kati et Bamako qui seront connectées vers Koulouba et Samé avec toutes les commodités, la bretelle d’accès au Point G, des travaux de voirie sur 7 km dans la ville de Kati et la section d’embranchement GMS-Samé-Kati en 2×2 voies.

Ces projets visent à moderniser les axes routiers, améliorer le confort et la sécurité des usagers et faciliter l’accès aux hôpitaux du Point G et de Kati. L’objectif est, également, de réduire la durée de trajet entre Kati et le District de Bamako, ainsi que le nombre d’accidents et les coûts d’exploitation des véhicules. L’entreprise chinoise Covec-Mali sera responsable de l’exécution des travaux.

Le secrétaire général de la Commune urbaine de Kati, Zanga Dao, a souligné les enjeux stratégiques du secteur des transports, notamment l’augmentation de la population et la détérioration avancée des routes qui, selon lui, engendrent des accidents de circulation.

À ce titre, il a rappelé que rien qu’en décembre dernier, selon les statistiques du Centre de secours de la Protection civile, Kati a enregistré 334 victimes d’accidents de voies publiques, dont 11 morts et 323 blessés.

Pour la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, ces projets répondent aux besoins spécifiques des citoyens en matière d’infrastructures routières. Mme Dembélé Madina Sissoko a souligné l’importance économique, sociale et culturelle de la route au Mali eu égard à sa continentalité.

Elle a également mis en avant le besoin d’élargir les axes routiers face à la saturation actuelle. Selon la ministre, les axes routiers Bamako-Koulouba-Kati et GMS-Samé-Kati, ainsi que la bretelle d’accès à l’hôpital du Point G (actuellement en aller-retour), ne conviennent plus à la densité du trafic due à l’urbanisation rapide de Kati et ses environs. À titre d’illustration, elle a révélé qu’en 2022, le comptage de trafic sur l’axe Bamako-Koulouba-Kati était de 9 000 véhicules par jour, projetant une augmentation à 43 000 véhicules/j d’ici 2045.

FLUIDITÉ – Concernant l’axe GMS-Samé-Kati, réalisé depuis 1996, le trafic a fortement augmenté depuis 2002, devenant la route principale pour les véhicules gros porteurs reliant Bamako aux ports de Dakar et de Nouakchott, a-t-elle noté. Ajoutant qu’en 2023, le comptage de trafic sur cet axe a atteint une moyenne journalière de 45 117 véhicules, incluant tricycles et deux-roues.

Elle a déploré plusieurs dizaines de chutes de gros porteurs par an sur les maisons riveraines, blessant ou tuant les occupants y compris les usagers de la route.

Mme Dembélé Madina Sissoko a invité l’entreprise en charge de l’exécution des travaux à mériter la confiance placée en elle par l’autorité contractante, en assurant la bonne exécution des services convenus, dans le respect strict des montants et des délais contractuels, mais aussi des normes techniques du projet. Le chef de l’État a déclaré à la presse que ce projet est conforme à la vision des autorités de la Transition, visant à moderniser toutes nos villes et à les doter d’infrastructures routières adéquates.

Le colonel Assimi Goïta a appelé la population à soutenir l’entreprise responsable de l’exécution des travaux, estimant que les aménagements routiers peuvent occasionner des désagréments. L’accompagnement de la population est essentiel, a insisté le président de la Transition, pour qui ce projet contribuera à assurer la fluidité de nos axes routiers et à renforcer la sécurité des usagers.

La cérémonie organisée a enregistré la présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement.

AG/MD (AMAP)

Sikasso : Mobilité des animaux et accès aux ressources naturelles au cœur d’une rencontre du CILSS

La rencontre visait à analyser, amender de manière critique et à valider les résultats de la collecte des données

Sikasso, 02 fév (AMAP) Une rencontre a regroupé, mercredi dernier à Sikasso (Sud), les préfets, les représentants des organisations des éleveurs, les responsables de la filière bétail-viande des sept cercles de l’ancienne Région de Sikasso, pour la « Validation du rapport provisoire de collecte des données sur l’évolution des conflits liés à la mobilité des animaux et à l’accès aux ressources naturelles dans la Région de Sikasso ».

La rencontre, initiée par le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), à travers l’Unité régionale de coordination (UCR/PRAPS-2), visait, également, à analyser, amender et à valider les résultats de la collecte des données.

Les échanges entre les participants ont porté sur la méthodologie de la conduite de l’étude, les résultats de l’étude y compris l’application de la méthodologie assortie des difficultés et approches de solutions.

En 2023 dans les sept cercles de l’ancienne Région de Sikasso, il ressort de l’analyse des résultats qu’il y a eu 185 cas de conflits non-violents soit un taux de (91,13%) et 18 cas de conflits violents (8,86%).

Les causes de ces conflits sont, notamment liées à la dévastation des cultures, l’accès aux pistes pastorales, aires de repos, vol de bétail, l’utilisation des ressources des espaces officiellement protégés (forêts, parcs…) Comme conséquences, ces conflits ont occasionné des pertes en vies humaines, de bétail, de matériels et des blessés.

Les recommandations ont porté, notamment sur la pérennisation du système et la dotation de tous les agents de collecte en outils de travail (Smartphones, tablettes…)

Le directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Sikasso, Bernard Coulibaly, qui a présidé l’ouverture des travaux, a affirmé que les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles constituent une préoccupation majeure pour le développement des systèmes d’élevage mobile, d’une part et d’autre part, la coexistence pacifique entre les communautés.

M. Coulibaly a indiqué que cette collecte des données sur l’indicateur des conflits liés à la transhumance a concerné les sept cercles de l’ancienne Région de Sikasso. « Elle s’inscrit dans le cadre du suivi des conflits permettant de mesurer la dynamique des stratégies mises en œuvre dans les pays. Et ce, pour prévenir et gérer les conflits en lien avec la mobilité pastorale. », a-t-il dit. « Ceci permettra de connaître le nombre de conflits, les causes, les conséquences et les types de règlements », a souligné Bernard Coulibaly.

Il a rappelé que le PRAPS-2 constitue une suite opérationnelle de la Déclaration de Nouakchott sur le pastoralisme, adoptée le 29 octobre 2013. Cette déclaration appelle à « sécuriser le mode d’existence et les moyens de production des populations pastorales et à accroître le produit brut des activités d’élevage d’au moins 30% dans six pays (Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad) au cours des cinq prochaines années…».

Bernard Coulibaly a ajouté que l’objectif de développement du PRAPS-2 est décliné, entre autres, en amélioration de la santé animale et contrôle des médicaments vétérinaires, en amélioration des chaînes de valeur du bétail…

De son côté, l’expert suivi-évaluation du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS-régional/CILSS), Damien Houndetondji, a affirmé que cette rencontre est l’occasion pour les parties prenantes d’échanger sur les acquis et les insuffisances constatés dans les résultats de la collecte des données.

Par ailleurs, M. Houndetondji a saisi l’occasion pour remercier les agents collecteurs pour leurs efforts lors de la collecte des données.

MFD/MD (AMAP)

 

Festival sur le Niger : La 20è édition de la Foire artisanale et agricole en marge du spectacle

L’évènement en marge du Festival sur le Niger a attiré, cette année, 400 participants  d’environ 30 pays

Envoyé spécial

Youssouf DOUMBIA

Ségou, 02 fév (AMAP) La 20è édition de la Foire artisanale et agricole, en marge du Festival sur le Niger, a commencé mercredi sur le quai de Ségou, dans le Centre du Mali, avec cette année, 400 artisans, ouvriers agricoles et entreprises venant d’environ 30 pays.

Cette activité commerciale et de promotion est initiée par la Fondation Festival sur le Niger dans le but de donner une visibilité aux artisans et aux producteurs agricoles pendant le festival. Elle demeure une opportunité d’affaires et de promotion des différents produits agricoles et artisanaux.

Selon le maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhou Diarra, cette Foire contribue énormément à l’économie locale, car elle est une plateforme de nombreux échanges. La cérémonie a donné un avant-goût de la 20è édition du Festival sur le Niger, à travers la mobilisation populaire et les nombreuses prestations d’artistes de Ségou et de Mopti.

Il faut préciser que Mopti est la ville invitée d’honneur de cette édition. L’orchestre régional, le Kanaga de Mopti, l’Ensemble instrumental national et les deux célèbres guitaristes Mama Diabaté du Biton de Ségou et Sékou Bembeya de l’orchestre guinéen éponyme ont émerveillé le public par leur belle prestation.

« La Foire artisanale et agricole de Ségou attire d’année en année de nombreux exposants. Ils sont au total 400 artisans, ouvriers agricoles ou entreprises venant d’environ 30 pays à y participer cette année », a indiqué le coordinateur du Festival sur le Niger, Djibril Guissé.

Le chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Yamoussa Fané, fait remarquer que « depuis 20 ans, cette foire, organisée dans le cadre de Ségou Art-Festival sur le Niger, est inscrite dans les annales des manifestations culturelles dans notre pays».

Malgré les crises multiformes vécues par le Mali, ces dernières années, cet événement culturel est resté constant et résiliant. «Depuis plusieurs années, notre pays traverse des épreuves particulièrement dures pour le secteur de l’artisanat et du tourisme du fait de la crise sécuritaire. Dans un tel contexte, organiser un évènement d’une telle ampleur est un challenge, une victoire sur la crise. Cela ne surprend guère, car au Mali, nous avons toujours cette force, celle de résister, cette capacité de résilience qui tire en partie sa sève de nos valeurs du maya et du danbé», a déclaré Yamoussa Fané.

La Foire agricole et artisanale de Ségou consiste à créer un marché à travers l’organisation d’une exposition vente, la valorisation et la promotion des produits de l’artisanat d’art et des produits agroalimentaires au bénéfice des acteurs économiques et des populations. C’est un espace d’échanges, de partage d’expériences, de promotion et de valorisation des produits locaux.

Selon Yamoussa Fané, la Foire agricole et artisanale de Ségou s’impose aujourd’hui comme un évènement majeur de la sous-région ouest africaine, un moteur du développement, un facteur de croissance et de création de richesses et d’emplois. « Cet événement joue et continue de jouer un rôle important dans la restauration de l’image du Mali en dépit des crises multiformes que notre pays connaît », a-t-il dit, avant de réaffirmer l’engagement de son département de continuer à accompagner la Fondation festival sur le Niger et ses partenaires pour leur combat pour le développement du Mali et de l’Afrique tout entière.

YD/MD (AMAP) 

 

Infertilité dans le couple : La femme toujours au banc des accusées !

Elles sont victimes de stress chronique, de frustrations, d’isolement et de dégradation de l’image de soi

Par Aminata DJIBO

Bamako, 02 fév (AMAP) Véritable problème de santé publique, l’infertilité dans le couple conduit souvent à des conflits sérieux dans la famille, voire à la rupture des liens conjugaux. Le plus souvent, c’est la femme qui fait les frais des accusations.

Au-delà de la famille, le jugement de la communauté pèse également beaucoup sur les épaules de la femme. Sans prendre de gants, certains l’accuse d’être, en grande partie, responsable de cette difficulté de procréer.

Oumou (Nom d’emprunt) s’est mariée, il y a 6 ans. Durant toutes ces années, elle a attendu en vain un enfant. Elle explique que la femme commence à souffrir de ce problème à partir de six mois de mariage. « C’est après quatre ans de mariage que j’ai commencé à vivre avec le stress à cause de la pression familiale. Je me sentais exclue du fait que j’étais la seule femme sans enfant dans notre grande famille. Je me demandais ce que j’ai fait à Dieu pour être infertile », confie-t-elle, avant d’ajouter qu’elle a suivi beaucoup de traitements afin de pouvoir procréer.

La jeune dame affirme avoir essuyé des critiques acerbes. « Ma belle-mère disait aux autres femmes de la maison que je ne pouvais pas enfanter. Elle souhaitait que mon époux prenne une autre femme », se souvient-elle. Et de déplorer le refus de certains hommes à collaborer franchement avec la femme pour trouver une solution au problème.

Selon elle, cette attitude du conjoint est la plus pénible à supporter. « Chaque fois qu’une femme, qui s’était mariée après moi, venait à accoucher, mon époux me demandait la raison pour laquelle ils ont eu un enfant avant nous ?», se rappelle Oumou qui trouvait toujours des formules pieuses.

Oumou explique que la femme qui peine à avoir un enfant doit faire face à une société intolérante. Elle en veut pour preuve les interrogations persistantes, rageuses de la communauté quant à la capacité de procréer de la femme qui sont vraiment stressantes pour l’intéressée. « Un comportement, soutient-elle, qui impacte la santé reproductrice de la femme. »

Marie, une femme courageuse, partage son parcours douloureux. Elle a fait cinq années de mariage sans pouvoir concevoir. « Chaque mois, c’était une déception. Le poids de l’infertilité semblait trop lourd à porter », confie-t-elle, des larmes aux yeux. Sa quête incessante pour devenir mère l’a conduite à une dépression.

Cependant, des ténèbres, émerge une lueur d’espoir avec l’histoire d’Élise. Malgré les difficultés à concevoir, elle bénéficie du soutien inébranlable de son mari et de sa famille. « Leur amour m’a aidée à traverser les moments les plus sombres. Nous avons abordé la question d’infertilité en toute compréhension et avec la manière la plus courtoise en vue d’arrondir les angles de la frustration », explique Élise avec un sourire empreint de gratitude.

La solidarité familiale a été son bouclier contre le découragement. Devenir mère est le désir profond de toute femme depuis son enfance. C’est pourquoi, l’on voit les petites filles porter les poupées au dos pour s’identifier à leur mère.

 

CONSULTATION PRÉNUPTIALE – Pour le psychologue Bourama Sangaré, l’infertilité est perçue par la femme comme « une atteinte à son estime de soi, une frustration, une incapacité à remplir son rôle. » Les femmes qui en souffrent généralement sont exposées au stress chronique au fur et à mesure que l’attente d’un enfant perdure.

« Découvrir qu’elle peine à enfanter est une frustration qui l’enfonce dans l’isolement et dans la dégradation de l’image de soi. Les sentiments d’échec chez ces femmes sont aggravés par la pression de l’environnement social », explique-t-il.

Par ailleurs, le gynéco-obstétricien Kokeina Oumar Koné apporte des éclaircissements sur cette difficulté d’avoir des enfants. En premier lieu, le praticien tient à préciser la différence entre une personne infertile et celle stérile. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’infertilité est l’absence de conception après 12 mois de rapports sexuels normaux en fréquence et en qualité, chez un couple qui vit sans contraception,

«On dit qu’elle est primaire lorsque la femme n’a jamais eu de grossesse. On le qualifie de secondaire quand la femme n’arrive pas à tomber enceinte après de nombreuses fausses couches», explique-t-il. Quant à la stérilité, indique Dr Kokeina Oumar Koné, c’est quand la femme ne peut pas tomber enceinte.

Le gynéco-obstétricien affirme que les anomalies des trompes constituent la première cause d’infertilité. Il explique que les infections au niveau des trompes, comme le microbe appelé «chlamydia», sont très fréquentes chez les jeunes. Le spécialiste signale que ce microbe, asymptomatique, agit en silence jusqu’à altérer les trompes de la femme infectée.

Le professionnel de la santé cite également les anomalies au niveau du vagin qui altèrent la qualité de la glaire cervicale (qui permet aux spermatozoïdes de passer pendant la bonne période). « Celle au niveau de l’utérus dont le fibrome, déclare-t-il, est considérée comme la deuxième cause d’infertilité chez la femme. » « Car ces fibromes, justifie-t-il, par leur volume et leur localisation, contribuent beaucoup à l’avènement de l’infertilité.

Les anomalies de l’ovulation, selon le praticien, sont aussi l’une des principales causes d’infertilité. Il ajoute que des facteurs environnementaux, l’alcoolisme, le tabagisme et l’obésité provoquent l’infertilité.

Dr Koné rassure la population qu’aucune étude n’a démontré que les contraceptions sont la cause de l’infertilité. Le praticien explique que l’infertilité concerne aussi bien la femme que l’homme. « Dans 100% des cas, précise-t-il, l’homme est fertile à 30% autant que la femme. » « Dans 30% des cas, poursuit-il, c’est un problème mixte. » Et les autres 10%, dit le medecin, portent sur des causes inconnues.

Il invite les femmes à adopter ou privilégier la consultation prénuptiale (consultation avant le mariage permettant de dépister des pathologies qui poseront problème en cas d’éventuelle conception Ndlr). « Toutefois, reconnaît-il, ceci n’est pas une pratique propre à notre culture. Il conseille aux femmes de traiter leurs infections et de vivre dans un environnement sain.

Selon le gynéco-obstétricien, il faut éviter l’alcool, le tabagisme et faire régulièrement du sport. Ce n’est pas tout, Dr Koné estime que pour se donner toutes les chances de procréer, il faut observer l’abstinence, être adepte de la fidélité ou adopter l’utilisation des préservatifs. « Dès qu’une femme sent qu’elle a des signes d’infections, c’est-à-dire des démangeaisons, des écoulements ou des odeurs, il faut forcément les traiter avant que ça ne devienne un problème sérieux», prévient Dr Kokeina Oumar Koné.

Au Mali, en ce qui concerne les infections, indique-t-il, il y a des traitements spécifiques. «On doit respecter les délais du traitement. Si ces infestions sont dues à des problèmes au niveau de l’utérus, cela nécessite une opération. Si c’est un problème d’ovulation, il y a des médicaments qui favorisent une bonne ovulation. Les traitements dépendent aussi des causes», dit-il, avant de résumer que le plus difficile, c’est de poser le diagnostic.

« Dans les cas où les trompes sont complètement détériorées, explique-t-il, le médecin peut effectuer une fécondation in vitro. » Dans les cas de ménopause précoce, on procède à l’insémination artificielle avec des spermatozoïdes de donneur, c’est-à-dire le don d’ovocyte. « Aujourd’hui, au Mali, on peut dire que sur cette pratique on a de bons résultats », se réjouit le spécialiste.

Les autorités et leurs partenaires déploient plusieurs actions de sensibilisation sur les questions liées à l’infertilité. Notamment avec l’appui d’ONG, qui œuvrent dans la santé sexuelle, sensibilise les femmes à utiliser la planification familiale au lieu d’opter pour des avortements répétitifs dans des conditions non médicales désastreuses qui entraînent l’infertilité. Ces organisations sensibilisent également les jeunes filles sur les infections sexuellement transmissibles en vue d’œuvrer pour un monde fertile.

AD/MD (AMAP)

 

Retrait des pays de l’AES de la CEDEAO : Le Premier ministre malien rencontre les acteurs du secteur privé

Le chef du gouvernement, Choguel Maiga (g) les présidents du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally (c) et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Madiou Simpara (d) et membres des organisations professionnelles et faîtières du secteur privé

Bamako, 1er fév (AMAP) Le président de la Transition a déjà mis en place un comité de pilotage de haut niveau pour exploiter ce retrait comme une opportunité de développement, a annoncé, mercredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga.

Le chef du gouvernement s’est adressé aux responsables et membres des organisations professionnelles et faîtières du secteur privé qui, de leur côté, attendent les mesures gouvernementales pour faire face à la nouvelle donne.

Selon le chef du gouvernement, qui avait à ses côtés le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, les présidents du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Madiou Simpara, et plusieurs membres du gouvernement, cette Transition est celle de la rupture et dans tous les domaines.

« L’hésitation, la peur, trop de questions amènent toujours à rester sur place et faire le jeu de l’adversaire », a dit M. Maïga, pour soutenir la décision des chefs d’État des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) de se retirer de la de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Ces Etats accusent l’organisation sous régionale de s’être éloignée des idéaux de ses fondateurs et d’avoir « brillé par son manque d’empathie, de solidarité et de vision stratégique face aux États de l’AES ».

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé, dimanche 28 janvier, leur « retrait sans délai » de la CEDEAO. Le choix de ces pays, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), suscite quelques inquiétudes dans le monde des affaires où certains acteurs craignent la fin des facilités qu’offre l’appartenance à cet ensemble sous-régional. Pour les pessimistes, ce retrait suppose surtout des implications sur les exemptions de visa et les exonérations de taxes.

Si l’éventualité d’un durcissement des règles régissant nos rapports avec la CEDEAO n’est pas à négliger, cette décision ne saurait, cependant, conduire aux malheurs prédits par les Cassandres. Au contraire, selon le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, « ce que nous perdons en acceptant cette vassalisation, est mille fois pire que ce que nous allons assumer en restant nous-mêmes ».

Mieux, les trois pays « restent membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour le moment, donc bénéficient de la liberté de circulation » au sein de tous les pays de cette Union.

COMPLICITÉ POSITIVE – Sans ambages, le chef du gouvernement a déclaré que la CEDEAO est progressivement devenue une menace, car son dessein lugubre consistait clairement à mettre à genoux nos pays, à provoquer des changements politiques pour satisfaire les intérêts des puissances étrangères. « Elle a très peu écouté nos États, elle s’est mise à donner des injonctions. Et son plan, c’était de déstabiliser le Niger, avant de passer au Burkina, puis au Mali », a-t-il révélé. Et de résumer : « l’accumulation d’actes inamicaux a rendu inévitable le retrait de nos États qui subissent au quotidien l’injustice, l’acharnement et l’austérité d’une organisation à l’avènement de laquelle ils ont contribué. »

Le Premier ministre a assuré que le gouvernement prend la pleine mesure de la situation des préoccupations de nos compatriotes, en particulier les opérateurs économiques face à cette décision. Le président de la Transition a déjà mis en place un comité de pilotage de haut niveau pour exploiter ce retrait comme une opportunité de développement, de croissance économique. Objectif difficile à atteindre sans une complicité positive avec le monde des affaires. « C’est pour cela que j’ai décidé dans le lot des forces vives de la nation qu’il faut rencontrer et leur expliquer ce qui se passe, il fallait commencer par vous. Parce que les questions qui sont posées aujourd’hui sont d’ordre économique et financier », a déclaré Choguel Kokalla Maïga, comptant sur « l’ingéniosité » des acteurs économiques pour réussir ce challenge.

« Notre réussite dépend en grande partie de vous », a indiqué le chef du gouvernement qui est formel : « Économiquement, ce que nous perdons en acceptant cette vassalisation est mille fois pire que ce que nous allons assumer, en restant nous-mêmes ».« Aussi, la sortie de la CEDEAO permettra-t-elle au Mali de définir des politiques commerciales optimales et plus avantageuses, d’avoir la liberté de prendre certaines décisions politiques et économiques. »

Au niveau de l’AES, il faudra identifier et alléger les barrières tarifaires, faciliter les transactions économiques et commerciales pour les opérations d’exportation et d’importation.

CONJUGUER LES EFFORTS – Le Premier ministre a également évoqué la fin de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Une décision responsable, qui découle de plusieurs constats dont la mauvaise foi des mouvements signataires de l’accord qui s’en sont écartés et éloignés depuis fort longtemps. Cette décision est aussi la conséquence logique du comportement de la République sœur d’Algérie, chef de file de la médiation internationale qui a sapé sa crédibilité et son autorité de médiateur impartial dans la gestion d’une série d’actes. Choguel Kokalla Maïga a longuement évoqué les agissements inamicaux du voisin algérien, qui ont pris la forme, ces dernières semaines, d’ingérences intolérables dans les affaires internes du Mali. Cependant, a-t-il tenu à préciser, « nous ne sommes pas dans une guerre contre le gouvernement algérien ni contre le peuple algérien ».

Le ministre Moussa Alassane Diallo s’est dit convaincu que le Mali va transformer cette sortie de la CEDEAO en un point de compétitivité et de rentabilité pour notre économie. À condition que « nous ayons confiance en nos forces».  « Aucun pays côtier ne peut fermer ses ports au Mali, parce que quand on investit dans les ports on s’attend aussi à des retours sur investissements. Et le Mali est le principal retour sur investissements de ces pays-là », a soutenu le ministre Diallo, assurant que le gouvernement a déjà son plan d’action pour aborder cette phase importante de notre histoire. Et que le secteur privé est au cœur de ce dispositif. « D’ici le 31 décembre 2026, le Malien dira pourquoi nous n’avons pas quitté plus tôt la CEDEAO », a dit Moussa Alassane Diallo.

Ces explications éclairent les lanternes et rassurent le secteur privé dont l’une des figures, le président de la CCIM, a appelé les opérateurs économiques à s’unir. «Nous sommes tous des Maliens et, à ce titre, nous devons travailler ensemble pour faire avancer le Mali», a exhorté Madiou Simpara. Et d’informer que sa structure verra, avec les services concernés comme les Douanes et les Affaires économiques, comment conjuguer les efforts pour relever les difficultés qui seront induites par ce retrait de la CEDEAO.

Du côté du CNPM, l’heure est au recensement des préoccupations qui seront, ensuite, analysées par les experts. En attendant, le patronat prend acte de la décision prise par les autorités et son président, Moussadeck Bally, présume que les « décideurs politiques ont bien analysé les inconvénients et avantages de leur choix».

ID/MD (AMAP)

Entretien routier au Mali : Indispensable mais plombé par des contraintes

Malgré les efforts de l’État l’état des routes demeure préoccupant, Des travaux d’entretien routier dans un quartier de Bamako (Archives)

Par Cheick Amadou DIA

Bamako, 1er fév (AMAP) Le secteur des transports peut, en effet, être considéré comme un catalyseur du développement économique. De bonnes infrastructures routières facilitent le déplacement des personnes et des biens en favorisant les échanges économiques.

La contribution de ce secteur au Produit intérieur brut (PIB) national est passée de 3,61% en 2010 à 5% en 2013. Le budget moyen alloué au secteur des transports est d’environ 110 milliards de Fcfa par an et varie, d’une année à l’autre, entre 10 et 15% du budget total de l’État. Ce qui montre l’importance qui lui est accordée par le gouvernement.

Au Mali, les routes interurbaines desservent les capitales régionales et diverses localités de l’intérieur du pays, et traversent en plusieurs endroits, des forêts classées et de grands espaces boisés. Ce qui expose les usagers aux dangers liés au passage des animaux sauvages et domestiques, mais aussi à l’insécurité. Car, les arbres qui longent ces voies, obstruent la vue des conducteurs à distance et facilitent les actes de banditisme commis par des « coupeurs de route » qui se cachent dans les bois. C’est pourquoi, l’entretien routier, qui concerne aussi bien les voies urbaines qu’interurbaines, intègre l’élagage des arbres et le dégagement des emprises en rase campagne.

Cette mission est du ressort du ministère chargé des Transports et des Infrastructures à travers ses différents services techniques. Le financement de l’entretien routier est assuré par l’Autorité routière avec des ressources provenant du recouvrement des différentes redevances d’usage routier (sur les produits pétroliers, la charge à l’essieu et le péage) faisant d’elle, à terme, un véritable Fonds d’entretien routier de deuxième génération.

La direction nationale des routes (DNR) assure la maîtrise d’ouvrage du patrimoine routier de l’État. À ce titre, elle exerce les missions de gestion du réseau routier, de planification des investissements et de programmation des travaux.

L’exécution des travaux d’entretien routier est assurée par l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (AGEROUTE) à travers une convention de maîtrise d’ouvrage conclue avec la DNR sur la base de programmes annuels d’entretien définis préalablement par cette direction.

Les travaux sont confiés à des petites et moyennes entreprises (PME) locales et contrôlés par des bureaux d’études locaux recrutés par l’AGEROUTE à la suite d’appels à concurrence.

La Cellule des travaux routiers d’urgence (CETRU) exécute les travaux d’entretien routier ne pouvant pas faire l’objet d’appel d’offres au regard de leur caractère d’urgence, notamment les dégâts causés sur les ouvrages et routes par les intempéries et les calamités, etc.

Notre pays possède un réseau routier qui compte 4 621 liaisons totalisant un linéaire de 89 024 km, correspondant à une densité de 7,17 km/100 km², selon la loi n°05-041 du 22 juillet 2005, portant principe de classement des routes et le décret n°05-431/P-RM du 30 septembre 2005, portant classement des routes et fixant l’itinéraire et le kilométrage des routes classées, qui définissent le réseau routier classé du Mali.

Ce classement élaboré en fonction du contexte de la décentralisation, repartit le réseau routier en routes d’intérêt national (RN), dont la construction et l’entretien sont assurés par l’État. Elles totalisent 44 liaisons pour 14 102 km, soit 15,8% du linéaire total. Il y a les routes d’intérêt régional (RR) dont la construction et l’entretien sont assurés par la région. Elles totalisent 40 liaisons pour 7 052 km, soit 8% du linéaire total. Les routes d’intérêt local (RL) sont construites et entretenues par le cercle. Elles totalisent 836 liaisons pour 28 929 km, soit 32,5% du linéaire total. La construction et l’entretien des routes d’intérêt communal (RC) sont assurés par la commune. Elles totalisent 3 701 liaisons pour 38 941 km, soit 43,7% du linéaire total.

PLUS DE DEUX MILLIARDS DE FCFA – Le réseau routier ainsi classé, permet, s’il est aménagé, d’assurer le désenclavement total du territoire national. Au stade actuel, seuls 21 681 km sont aménagés et bénéficient, plus ou moins, d’un entretien régulier. Cet investissement représente un patrimoine d’environ 2 200 milliards de Fcfa. Malgré tout, ce budget reste insuffisant au regard des besoins de financement du secteur.

Selon Oumar Diallo, ingénieur du génie civil et spécialiste des questions d’entretien routier, le mauvais état général du réseau routier s’explique par un déficit d’entretien chronique, l’insuffisance des ressources allouées à l’entretien routier, la mauvaise qualité des travaux de construction des routes et les effets de la surcharge des véhicules de transport qui accélèrent la dégradation des routes.

Cependant, le transport routier bénéficie d’un vaste réseau d’infrastructures et d’une grande part de marché des transports. Toutefois, il rencontre un certain nombre de difficultés qui sont, entre autres, l’engorgement du trafic dans les centres villes et l’insécurité routière, l’insuffisance des ressources affectées à l’entretien routier qui ne couvrent que moins de 50% des besoins actuels d’entretien courant du réseau routier et le manque de ressources pour financer l’entretien périodique. On note également l’insuffisance du contrôle et de la pénalisation des surcharges constituant des facteurs de dégradations précoces des routes, le manque d’outils adéquats de planification des projets routiers, l’occupation anarchique des emprises des routes, l’insuffisance d’une méthode précise de gestion routière et de programmation des travaux d’entretien routier.

D’autres contraintes sont liées à l’insuffisance ou la vétusté du parc des matériels des PME évoluant dans le cadre de l’entretien routier.

À celles-ci, s’ajoutent les faibles moyens alloués aux unités déconcentrées pour le suivi du réseau routier, l’inadéquation du mode d’exécution des travaux d’urgence et travaux exceptionnels avec les procédures de passation de marchés publics en vigueur, l’insuffisance du réseau des pistes rurales et la desserte des zones de production. Il y a aussi la multiplicité des intervenants dans le domaine de la construction des pistes rurales et l’absence d’une coordination efficace,  l’insuffisance dans la régulation du marché des transports de marchandises et des transports en commun, le manque de professionnalisme des entreprises de transport, la vétusté du parc de véhicules commerciaux et son inadéquation aux besoins de transport entraînant ainsi une concurrence au niveau des prix, l’augmentation constante du coût du carburant qui menace les avantages économiques qui pourraient être tirés de l’activité.

CAD/MD (AMAP)

 

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