Industrie : Le made in Mali cherche sa voie

Bamako, 29 novembre (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a présidé, jeudi, après-midi, au Parc des expositions de Bamako, la cérémonie d’ouverture du Salon du Made in Mali qui durera jusqu’au 1er décembre prochain et est organisé dans le cadre des festivités de la Journée de l’industrialisation de l’Afrique (JIA) décrétée par les Nations unies le 20 novembre de chaque année.

Pour le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, on ne peut parler de promotion de l’emploi des jeunes et des femmes sans envisager, au préalable, un développement économique équilibré soutenu par une industrialisation qui est la voie la plus appropriée pour créer de la richesse et l’emploi durable.

Le président de la CCIM, a indiqué que notre secteur industriel traverse des difficultés qui sont relatives, entre autres, à l’accès au financement, au coût élevé des emprunts dont la durée n’est pas adaptée au projet d’investissement nécessitant des délais plus longs, au coût d’acquisition des espaces très élevé des zones industrielles, au coût élevé des facteurs de production, à la concurrence déloyale, etc.

Pour soutenir, véritablement, l’industrie malienne et favoriser son développement, il propose entre autres, d’explorer des voies et moyens pour faciliter l’accès aux zones industrielles, la mise en place d’une banque d’investissement plus adaptée au financement des industries, la mise en place de mécanismes de lutte contre la concurrence déloyale, etc. Il a, aussi,  demandé aux autorités de porter une attention particulière au secteur industriel comme elles l’ont fait pour l’agriculture qui reçoit 15% du budget.

SOLUTIONS DE RELANCE – Quant à Cyril Achcar, le président de l’Organisation patronale des industriels du Mali (OPI), il a remercié le chef de l’État pour sa volonté de promouvoir l’industrie nationale dans sa vision du Mali émergent. Il a évoqué, ensuite, le plan de travail de son organisation connu sous le nom de ‘Livre blanc de l’industrie’ qui est un recueil de solutions synthétisant la situation industrielle du Mali. Ce recueil propose également 24 solutions de relance de l’industrie nourries des différentes rencontres et des difficultés rencontrées pendant 44 années de pratique de la transformation industrielle nationale, depuis le 7 juillet 1975 que l’OPI existe.

De son côté, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mohamed Ag Erlaf, a reconnu que l’industrie malienne connaît certains problèmes, notamment l’obsolescence des infrastructures. Et la zone industrielle de Sotuba en est la parfaite illustration. Pour lui, elle est non seulement obsolète en termes d’urbanisme mais aussi technologique et totalement inadaptée aujourd’hui aux objectifs d’une industrialisation moderne.

Le second problème que le ministre Ag Erlaf a évoqué est le coût de l’énergie qui rend totalement improductive toute action industrielle, la mauvaise qualité de la production et la faible articulation entre l’industrie, la recherche et les autres secteurs de l’économie. Selon lui, malgré les efforts, le Mali est un pays en guerre et si tel n’était pas le cas, il aurait pu beaucoup faire pour son industrie et les autres domaines.

Après la coupure du ruban symbolique et la visite guidée des stands, le président de la République s’est dit heureux de ce qu’il a vu à ce salon. « J’ai été émerveillé par le savoir-faire malien, par la calme et la sereine maîtrise des techniques modernes», a indiqué Ibrahim Boubacar Keïta.

Pour lui, cela « est un parcours de débutant sûrement, d’industrie naissante mais qui promet beaucoup ». Cerise sur le gâteau, le chef de l’État dit avoir vu une unité qui transforme les déchets plastiques en objets utiles et utilitaires.

L’HABILETÉ DES MALIENS – Selon le président de la République, ces genres de projets doivent se multiplier et faire en sorte que notre environnement s’améliore, quotidiennement, de la plus belle des façons. Car les déchets au Mali maintenant sont devenus un problème brûlant de santé publique. «J’ai vu donc l’habileté des Maliens. Je l’avais déjà constatée lors du Salon de l’artisanat et ici au plan industriel également… C’est cela le Mali de demain, c’est cela le Mali de mes vœux, le Mali que je souhaite et le Mali qui sera», a ajouté le chef de l’État.

Ibrahim Boubacar Keïta a dit avoir noté les préoccupations des industriels. Cependant, par rapport au marché sous-régional, il dira que certaines décisions communautaires, malheureusement, s’imposent à nous bien qu’elles plombent notre industrie nationale naissante par rapport, notamment, aux pays côtiers.

Le président Keïta a expliqué aux industriels que si l’accent est mis sur l’agriculture, c’est, précisément, pour que les industriels maliens aient de la matière première. La promotion de l’agriculture malienne, selon lui, perme, aujourd’hui, d’avoir cela. «Au total, une bonne impression de ce qui est à l’œuvre au Mali et qui doit être encouragé et que nous encouragerons par des mesures structurelles, par des mesures financières, par des accompagnements, également, dans le domaine du foncier», a-t-il indiqué.

DD/MD (AMAP)

 

Réforme du secteur de la sécurité : La Plateforme échange action œuvre pour l’implication de la Société civile

Bamako, 30 novembre (AMAP) La Plateforme échange action (PEA), avec l’accompagnement technique et financier du Centre pour le contrôle démocratiquedes forces armées(DCAF), a organisé, du 28 au 29 novembre, à Bamako, le Salon des organisations de la société civile (OSC) et des forces de sécurité intérieure (FSI) sur la « Sécurité ».

Ce Salon s’inscrit dans une dynamique de décloisonnement et de déconstruction des représentations et stéréotypes autour du secteur de la sécurité. Il vise, entre autres, à soutenir le processus de la réforme du secteur de la sécurité, informer et communiquer sur le rôle des FSI maliennes et partager les mandats des forces régionales et internationales avec les citoyens. En outre, l’organisation de cette session prend en compte le cadre normatif de l’amélioration des liens de collaboration entre les forces de sécurité et la population en vue d’une synergie d’action entre les acteurs du secteur de la sécurité.

Dons sons discours d’ouverture, le coordinateur résident de DCAF, Christian Kodia,a indiqué que la gouvernance, plus particulièrement la réforme du secteur de la sécurité nécessite l’implication de plusieurs acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux, avec l’appui de l’assistance internationale et, parfois, sous régionale. « Devant autant d’acteurs, comment assurer une cohérence des actions et obtenir la nécessaire collaboration des populations ? », s’est interrogé M. Kodia. Avant d’expliquer que c’est pour répondre à cette question que la DCAF, à travers le financement du Royaume du Pays-Bas, appuie la PEA, pour l’organisation du présent salon.

« Plus que jamais, la sécurité, dans sa définition classique, doit être reconsidérée pour évoluer vers le concept de sécurité humaine qui place le citoyen dans la position d’acteur et de bénéficiaire des services de sécurité, en un mot d’acteur du développement durable », a déclaré le coordinateur résident de la DCAF. « Sans sécurité, il n’y a pas de paix et s’il n’y a pas de paix, il n’y a donc pas de développement. C’est pour cela que nous devons, tous, conjuguer nos efforts dans un cadre commun, avec une meilleure compréhension des rôles de chaque acteur », a souhaité Christian Kodia.

Le secrétaire permanent de la PEA, Abdoul Kola Bocoum, après avoir égrené un chapelet d’initiatives développées par les autorités gouvernementales dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité, a rappelé que la structure qu’il dirige a été créée, à la suite d’un atelier, tenu le 1erseptembre 2015, et regroupant certaines organisations de la société civile et des partenaires internationaux (EUCAP-Sahel, MINUSMA, DCAF, etc). Ce, en vue d’une collaboration mutuelle entre les Forces de défense et de sécurité et la population.

Selon M. Bocoum, l’objectif final à atteindre est le bien de la population, à travers des échanges et actions tripartites en vue d’une stabilité du Mali. «Dans une telle dynamique, la PEA devra être perçue et considérée comme un instrument à la portée des citoyens et des forces de sécurité intérieure, qui contribue, au travers de l’engagement et de l’effort de ses membres, à « co-construire » des stratégies d’actions coopératives et/ou complémentaires/conjointes, au processus de réforme du secteur de la sécurité afin de le rendre plus efficace et efficient», a souhaité le secrétaire permanent de la PEA.

Pour sa part, le représentant des Organisations de la société civile, Modibo Kampo a s’est félicité de l’initiative de ce salon, avant d’inviter l’ensemble des acteurs impliqués à une plus grande démocratisation de la réforme du secteur de la sécurité au bénéfice des populations.

AT/MD (AMAP)

Mali-FMI : Accord préliminaire sur la première revue du nouveau programme économique et financier du Mali soutenu par la FEC du FMI

Bamako, 30 novembre (AMAP) Le gouvernement du Mali et le Fonds monétaire international (FMI) ont trouvé un accord préliminaire sur la première revue du nouveau programme économique et financier du Mali soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, sous réserve de l’approbation par la Direction et le Conseil d’administration du FMI,  a constaté l’AMAP.

Le nouveau programme a pour objectifs de préserver le cadre macroéconomique, de créer les conditions d’une croissance inclusive, vigoureuse et durable de manière à réduire la pauvreté, à stimuler la création de l’emploi en lien avec les objectifs du cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD 2019-2023) qui est le référentiel de l’ensemble des politiques publiques du Mali.

Les deux parties ont échangé sur le cadre macroéconomique, avec un accent particulier sur la gestion des finances publiques, la mobilisation des recettes et le mémorandum de politique économique et financière avant d’examiner l’exécution budgétaire en 2019 et les mesures sous-tendant le projet de loi de finances 2020.

« Le gouvernement du Mali s’est engagé à mettre en œuvre des reformes pour accroître la mobilisation des recettes, maîtriser les dépenses, renforcer l’exécution de la dépense publique et renforcer la gouvernance d’une manière générale » a déclaré le ministre délégué chargé du Budget Mme. BARRY Aoua Sylla.

« La mission du FMI et les autorités maliennes sont parvenues à un accord préliminaire sur la première revue du nouveau programme économique et financier du Mali soutenu par la FEC du FMI, sous réserve de l’approbation par la Direction et le Conseil d’administration du FMI. L’examen du dossier par le Conseil d’Administration du FMI est prévu pour début janvier 2020 » a déclaré le Chef de la mission du FMI, Mme Boriana Yontchevay.

Le déficit budgétaire de l’Etat devrait respecter le critère de convergence de l’UEMOA de 3,0% du PIB en 2019. Tous les critères de performances et les objectifs indicatifs du programme à fin septembre 2019 ont été presque respectés, ainsi que les repères structurels.

KM (AMAP)

École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye : Un bilan de 17.362 stagiaires formés depuis son installation à Bamako

Bamako, 30 novembre (AMAP) L’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EMP-ABB) a formé plus de 1986 stagiaires, pour cette année portant le total de stagiaires à plus de 22 986, depuis sa création, en 1999, à Zambakro (Cote d’Ivoire) et à 17.362, depuis son installation à Bamako, au Mali, a appris l’AMAP, jeudi, de source officielle.

S’exprimant lors de la 23èsession ordinaire du Conseil d’administration de l’EMP-ABB dont il a présidé les travaux, en présence des représentants des pays partenaires de l’école, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général de division Ibrahim Dahirou Dembélé, a dit : « Ces résultats parlent d’eux-mêmes. Ils font que les sollicitations sont nombreuses de la part de cadres civils ou militaires, de prendre des cours à l’EMP, dans le but de satisfaire leurs besoins en apprentissage de pratiques liées à la résolution des conflits »,

Le ministre a souligné qu’au niveau national, l’Ecole est en train de s’imposer comme un lieu où différentes initiatives et acteurs se retrouvent, dans un cadre totalement orienté vers la formation et le partage de connaissances.

Le général Dembélé a, aussi, salué l’École pour avoir initié une formation en Master en maintien de la paix et en reconstruction post-conflit. « Un effort louable qui, a-t-il espéré, sera soutenu avec un engagement solide dans le domaine de l’analyse et de la recherche, afin de promouvoir la prise en compte des perspectives locales dans l’identification des réponses aux questions majeures qui nous interpelle en matière de paix et de sécurité».

Le ministre en charge de la Défense malienne a instruit le nouveau directeur de l’Ecole de mettre l’accent sur trois axes d’engagement complémentaires dont le premier est relatif à la prise de dispositions susceptibles de réconforter le partenariat au sein de l’Ecole. « Que tous les partenaires puissent voir, de manière concrète, les résultats de leurs investissements et aussi comprendre clairement les manières dont ces résultats sont produits », a-t-il insisté.

Deuxièmement, le directeur doit faire en sorte que l’expérience qu’il a acquise, à la faveur de ses différentes affectations, soit mise à profit pour aligner l’offre de formation avec les défis actuels. Et enfin, le ministre a recommandé de faire un effort particulier pour développer et rendre utile le Centre d’analyse et de recherche de l’espace sahélo-saharien (CARESS), en prenant en compte le contexte difficile que le Mali traverse.

L’EMP-ABB est l’unique institution de formation francophone de son niveau sur l’ensemble du continent africain. Elle s’impose aujourd’hui, selon Ibrahim Dahirou Dembélé, à la fois, comme  un centre d’excellence et un noyau en termes de partenariat international pour la paix.

L’officier général a rappelé que le Mali traverse une crise multidimensionnelle qui  «demande, d’abord et avant tout, un investissement conséquent dans les secteurs de la Défense et de la Sécurité». « Malgré ce contexte très difficile, les autorités ont tenu à faire en sorte que l’École demeure ce pôle de préparation de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA). Aussi, s’est-elle maintenue comme un appui de taille à la formation en soutien au processus de paix au Mali », s’est-il réjoui.

Cette session, la dernière au titre de l’année 2019, doit permettre aux participants de comprendre les objectifs de l’EMP-ABB dans la gestion des conflits et de la promotion de la paix sur le plan national et international.

Le général Ibrahim Dahirou Dembélé a remercié le directeur de l’EMP-ABB pour avoir répondu à l’appel qui lui a été lancé, en mettant fin à son contrat avec la Mission des Nations unies en République centrafricaine (RCA).

Il a aussi remercié les partenaires qui ont bien voulu contribuer au déroulement de la première cohorte du Master en maintien de la paix et reconstruction post-conflit du CARESS, tout en exhortant les autres à envisager un accompagnement.

AD/MD (AMAP)

Gao : Un bâtiment de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent

Gao, 29 novembre (AMAP)Le directeur national adjoint au ministère des Affaires religieuses et du Culte, Sounkalo Kamaté, a inauguré, mercredi, au quartier Boulgoundié à Gao, le bâtiment de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.

Ces travaux rentrent dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent au Mali. La mise en œuvre de cette politique permettra de prévenir, d’évaluer les menaces et d’éliminer les conditions propices au développement de l’extrémisme violent et le terrorisme, de contribuer à la lutte contre l’impunité conformément aux instruments internationaux.

Elle a, aussi, pour mission d’apporter des réponses appropriées, en cas d’attaques terroristes ou d’actes d’extrémisme violent perpétrés sur le territoire national dans le respect des droits humains et de renforcer le sentiment d’appartenance à une même nation.

Le chef du bureau régional de la Mission intégrée multidimensionnelle des nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) de Gao, Oumar Ba, a assuré que dans le cadre de la stabilisation du Mali, la Mission onusienne continuera à apporter son appui.

Le représentant du ministre des Affaires religieuses et du Culte, Sounkalo Kamaté a, au nom du ministre, salué les efforts immenses qui, selon lui, ont été consentis par la MINUSMA pour aider à la stabilisation du Mali. Il a rappelé qu’en plus des bureaux de Gao, la MINUSMA a, aussi, financé la réhabilitation et l’équipement des 8 bureaux de l’organe central à Bamako, 5 bureaux au centre de formation et d’encadrement des jeunes détenus de Bamako et 2 bureaux pour les points focaux de Mopti.

La réception des travaux de réhabilitation de la structure a enregistré la présence du conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur de Gao, Alhousseini Mahamane.

AT/MD (AMAP)

Organisation de la coopération islamique : La situation alimentaire du Mali et du Sahel exposée au Comité permanent pour la coopération économique et commerciale de l’Organisation de la coopération islamique

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à l’ouverture de la session qu’il a présidée

Correspondance particulière

Doussou DJIRE

Istanbul, 29 novembre (AMAP) Le Commissaire malien à la sécurité alimentaire, Kassoum Denon, a exposé la situation alimentaire du Mali et du Sahel, à la 35è session ministérielle du Comité permanent pour la coopération économique et commerciale de l’Organisation de la coopération islamique (CPCEC-OCI) ouverte, jeudi, à Istanbul, en Turquie.

M. Denon a, également, lancé un appel aux partenairesà relever les multiples défis de pays durement frappés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, devant ses homologues en charge de la Sécurité alimentaire des pays membres de l’organisation islamique.

La participation du Mali à cette importante rencontre a permis au Commissaire à la sécurité alimentaire de dépeindre la situation alimentaire de notre pays et du Sahel. « Pays enclavé, le Mali connaît, depuis des décennies, des sécheresses récurrentes qui contrarient, dramatiquement, ses efforts visant à assurer sa sécurité alimentaire et nutritionnelle sur toute l’étendue de son territoire », a indique M. Denon.

« Les saisons agricoles sont contrariées par une sécheresse fréquente le long de la bande sahélienne, les rares zones de cultures sont envahies par des criquets pèlerins et autres déprédateurs de cultures, entrainant ainsi des crises alimentaires et nutritionnelles répétées sur certaines parties du pays. Pire, l’invasion terroriste qui sévit dans certaines régions de notre pays a fortement exposé nos compatriotes à une vulnérabilité alimentaire et nutritionnelle sans précédent, particulièrement les femmes et les enfants », a-t-il développé.

Kassoum Denon a rappelé que face à cette situation singulière, le gouvernement du Mali, à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire, a engagé un vaste programme de distribution alimentaire gratuite sur toute l’étendue du territoire.

Cependant, malgré cette mobilisation exceptionnelle de l’Etat et de ses partenaires, les difficultés alimentaires, dans certaines zones, notamment les régions du Centre et du Nord, restent constantes et au sortir de cet hivernage, la menace d’insécurité alimentaire plane sur plus de 5 millions personnes, dont celles exposées à la menace terroriste.

CRI DU CŒUR – Cependant, -a-t-il relevé, au-delà de ce constat et des solutions d’urgence, le Mali s’est engagé à élaborer une Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PolNSAN), conformément à la vision du président Ibrahim Boubacar Keïta. « Cette politique constitue, sans doute, une voie novatrice permettant au Mali de s’attaquer véritablement aux causes structurelles des problèmes alimentaires et nutritionnels des Maliens ».

« Tous les Maliens, pensons-nous, doivent être en mesure d’accéder à la nourriture en quantité suffisante et en qualité pour répondre à leurs besoins nutritionnels et ainsi préserver leur ration sur une base quotidienne et dans la dignité ». « Pour cela, nous nous sommes engagés à bâtir la résilience de nos concitoyens les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire. L’ambition de cette politique est qu’à terme, dans notre pays, plus jamais sécheresse ne soit synonyme de famine », a indiqué Kassoum Denon.

Il a ajouté que le financement de cette politique constitue un énorme challenge et l’un des chantiers majeurs pour l’année 2020 au cours de laquelle le gouvernment envisage d’organiser la table ronde des bailleurs de fonds pour le financement de la mise en œuvre de cette politique.

Le commissaire  à la sécurité alimentaire a ainsi saissit l’occasion pour solliciter, en ces moments difficiles, l’appui et l’accompagnement de l’OCI, de ses institutions spécialisées, ainsi que des pays de la Oumma islamique pour la mobilisation des financements nécessaires à la réalisation des actions de cette politique .

Lançant un cri du cœur pour le Sahel, il a dit que chaque jour, des hommes, des femmes, des enfants, des familles se voient contraints de quitter leur milieu de vie, leur famille, leurs proches, face à ces crises multiples et violentes qu’ils subissent de plein fouet.

M. Denon a remercié la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) qui appuie le dispositif national de sécurité alimentaire du Mali, à travers l’OPAM, pour l’achat de riz et de l’aliment bétail. Il a, également, rendu un hommage mérité à tous les partenaires de notre dispositif national de sécurité alimentaire mais, aussi, à tous les pays amis qui ne cessent d’accompagner le Mali par des appuis multiformes.

Sous le thème: «Promouvoir des systèmes de nourriture durable dans le monde islamique afin d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations», cette importante entre pays membres de l’OCI et ses organismes spécialisés, vise à faire l’état des lieux de la sécurité alimentaire au sein de la Oumma islamique, développer des solutions adaptées aux différents pays ou régions mais, surtout, engager les organismes spécialisés de l’OCI à apporter les solutions idoines aux pays qui en ont besoin.

INVERSER LA TENDANCE– S’exprimant à l’ouverture de la session qu’il a présidée, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souligné la nécessité pour le monde islamique d’avoir confiance en soi et en ses capacités mais, surtout, de se soutenir. Les pays islamiques représentent 24% de la population mondiale, pourtant ils ne représentent que 9,7% du commerce international. Il a rappelé également que 80% des pays en crise sécuritaire ou alimentaire à travers le monde sont des pays musulmans, d’où la nécessité d’inverser cette tendance.

Tour à tour, le secrétaire général de l’OCI, Dr Youssef A. Al-Othaimeen, et le président la Banque islamique de développement (BID), Dr Bandar M. H. Hajjar, ont rappelé l’engagement de l’organisation islamique et de son bras financier à accompagner les pays de la Oumma islamique dans leurs chantiers de développement et aussi de stabilisation.

Le président de la BID a expliqué les facilités que l’institution financière ne cesse de développer pour permettre aux pays d’accéder à des financements innovants et adéquats à leurs besoins. Ainsi, la BID et les institutions spécialisés de l’OCI ont réaffirmé leurs engagements d’accompagner les projets et programmes en matière de sécurité alimentaire des pays membres. La session a, surtout, été marquée par les déclarations des régions sur la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ainsi du Moyen-Orient, en Asie du Sud Est en passant par les pays du Golfe persique, de l’Afrique du Nord jusqu’en Afrique subsaharienne, l’insécurité alimentaire est réelle dans la plupart des pays membres de la Oumma, du fait de crises multiformes, de guerres, mais aussi de sécheresses et des effets du changement climatique.

MD(AMAP)

Des acteurs locaux s’informent sur le Schéma directeur d’aménagement et du développement durable du Delta intérieur du Niger (SADD-DIN -2017-2037)

Macina le 29 novembre (AMAP) Un atelier d’information et de sensibilisation des acteurs locaux sur le Schéma directeur d’aménagement et du développement durable du Delta intérieur du Niger (SADD-DIN) a eu lieu, jeudi, à Macina.

Sous la présidence du 1eradjoint au Préfet, Tiemoko Diaguiri Magassa, entouré des autorités administratives, du président du Conseil de Cercle, des maires, des chefs de services techniques déconcentrés de l’Etat, des organisations locales des femmes et des jeunes, des leaders religieux et coutumiers, le Point focal du PDD-DIN et des radios locales de proximité.

L’objet de la rencontre est de doter le Delta intérieur du Niger, au Mali, d’un Schéma directeur d’aménagement et de développement durable devant servir de cadre d’intervention territorialisé et à long terme, plus spécifiquement.

Il s’agit, aussi, de mobiliser l’ensemble de la société malienne, en général, et des Communautés vivantes dans Delta intérieur, dans le cadre d’un dialogue régional et national sur la problématique de l’aménagement et du développement durable du Delta intérieur du Niger.

La rencontre est destinée, également, à faire un diagnostic complet des potentialités des écosystèmes et des domaines du développement économique et social du Delta, réaliser une cartographie thématique détaillée de l’ensemble des territoires du Delta Intérieur du Niger et établir la vision d’aménagement et de développement durable et à long terme du Delta, les scenarios des évolutions possibles et des zones d’aménagement et de développement au zones homogènes.

Elle devrait définir les perspectives économiques, sociales, écologiques et les orientations de développement durable du delta ainsi que leurs stratégies d’atteinte, faire approuver le Schéma directeur d’aménagement et de développement durable du Delta intérieur du Niger au Mali et, enfin, proposer un cadre pertinent de diffusion, de mise en œuvre et de suivi-évaluation du SDADD-DIN

Retenons que cette communication a été réalisée grâce au Bureau d’études, Groupe ingénierie pour le développement au Sahel représenté par Mahamadou Guido.

Le SDADD-DIN détermine les orientations de la Politique nationale d’aménagement du territoire et du PDD-DIN, en définissant les conditions d’une utilisation optimale des ressources et de l’espace du Delta intérieur du Niger par l’ensemble de la Collectivité et sur le long terme, au moins une génération.

Ce Schéma couvre une période de 20 ans, de 2017-2037.

A la fin de la session, les participants se sont dit bien outillés sur le fondement de la stratégie de gestion durable du Bassin du Niger, en général et du Delta ,en particulier.

Le 1eradjoint au Préfet a invité les participants à bien véhiculer les messages reçus pour la sauvegarde du Delta du Niger qui est véritable écosystème complexe couvrant les régions de Ségou, Mopti et Tombouctou.

AOK/MD (AMAP)

La population de Koulikoro soutient les Forces armées du Mali

Koulikoro, 29 novembre (AMAP) Les populations de la Commune urbaine de Koulikoro ont marché, jeudi matin, en soutien aux Forces armées maliennes (FAMa), de la gare routière au gouvernorat de la Région de Koulikoro, a constaté  l’AMAP.

Cette marche a, exceptionnellement, mobilisé l’ensemble des forces vives, les associations de jeunes et de femmes, les associations socio-professionnelles, les syndicats, entre autres. Les rangs grossissaient au fur et à mesure que les marcheurs s’approchaient du gouvernorat. On pouvait lire sur les pancartes et les banderoles que brandissaient les marcheurs, des slogans comme « Soutien aux FAMa », « des matériels performants pour les FAMa », « les FAMa à Kidal », « Les chasseurs soutiennent les FAMa », « la souveraineté du Mali n’est pas négociable », notamment.

Au gouvernorat, les marcheurs ont été reçus par le chef de l’exécutif régional, le général Débérékoua Souara entouré de son cabinet. Après avoir chanté l’hymne national du Mali, en chœur, et observé une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes de cette guerre asymétrique, le porte parole des marcheurs, Dr Mamoutou Traoré, a invité les populations « à ne pas se tromper et à savoir distinguer nos amis de nos ennemis, malgré, la situation difficile que nous vivons ».

« Pour sauver le pays, donnons-nous la main, afin d’accompagner le gouvernement et travaillons dans le sens d’un réarmement moral de nos Forces armées », a conseillé Dr Traoré. Il a, également, rendu « un vibrant hommage à l’ensemble des soldats tombés sur le front et, particulièrement, les treize soldats français morts le 25 novembre dernier pour le Mali et le Sahel ».

En prenant la parole, le gouverneur de la Région le général Débérékoua Souara, a « chaleureusement salué cette belle initiative citoyenne » des populations de la commune. « Vous venez de démontrer que c’est ensemble que nous vaincrons. Je vous exhorte dans cette dynamique et mon soutien ne fera jamais défaut », a-t-il déclaré avant d’assurer les marcheurs que leur message sera transmis avec diligence.

La marche, qui était bien encadrée par les forces de sécurité, s’est déroulée dans le calme et n’a enregistré aucun incident.

AM/MD (AMAP)

La fin des travaux du seuil de Djenné attendu, impatiemment

Djenné, 29 novembre (AMAP) Les populations attendent, avec impatience, la fin des travaux du seuil de Djenné qui ont repris, après un arrêt suite à une attaque du site par des groupes terroristes présumés, il y a environ une année.

Les travaux du barrage de Djenne tournaient au ralenti au grand désarroi des populations du cercle. Les travaux ont repris, en août 2019, et doivent se terminer en début avril 2020, assurent les techniciens. Le délai d’exécution prévu est de 8 mois. L’achèvement du Pont-route sur le seuil a été confié à l’entreprise coréenne Haejeon.

Les travaux se divisent en deux parties distinctes. Une première partie concerne la mise en place de la structure métallique qui doit finir en février 2020. Il s’agit de poser 7 travées de 45 ml de longueur et d’une petite travée sur chaque rive (sur la rive gauche 5,10ml et sur la droite 26,85ml). La deuxième partie concerne la dalle de déroulement du pont. Pour cette deuxième partie, il s’agit de fabriquer des pré-dalles en béton armé et, ensuite, procéder à leur mise en place sur la partie inférieure du pont. Ces pré-dalles prendront appui sur les traverses inférieures du pont. La pose des pré-dalles sera suivie par le coulage, sur place, de la dalle de roulement.

Le barrage seuil de Djenné mobilisera la ressource en eau pour les périmètres irrigués au profit des populations du cercle de Djenné.

AT/MD (AMAP)

Bio express de quelques artistes à la 12è édition des Rencontres de Bamako

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rassemblés par

 

Youssouf Doumbia

Et Amadou Sow

Bamako, 29 novembre (AMAP)

Fototala King Massassy

Fototala King Massassy : Le photographe panafricaniste

Né en 1971 en Côte d’Ivoire, Fototala King Massassy est un artiste malien à la production foisonnante. Rappeur, comédien et photographe autodidacte, il est inclassable. D’abord amateur, Fototala King Massassy pratique la photographie depuis 2007. Il en fait une de ses principales activités professionnelles en 2015. Le jeune artiste a déjà exposé à la Biennale de la photographie de Bamako, puis en France. À travers les portraits de ses héros du quotidien, Fototala King Massassy entend bien montrer combien l’Afrique est dynamique, inventive, fertile.

Aujourd’hui, le jeune talent photographie des choses pour célébrer l’Afrique des quatre coins de la planète. Du Vaudou au Brésil ou dans le Massachusetts aux Etats-Unis, il a assisté à des cérémonies. Comme Bantou, ce peuple noir en Inde qui revendique son africanité non pas seulement par sa couleur de peau mais aussi grâce à la musique et à la danse.

Pour le jeune photographe, l’Afrique c’est aussi ces Mélanésiens, Noirs blonds aux yeux bleus comme si la nature voulait jouer des tours à toutes les sciences, et surtout au commun des mortels qui a la manie de catégoriser l’espèce humaine. «Comme disait ma grand-mère : la terre est petite mais les gens sont grands. Elle disais aussi qu’il n’y a que deux choses qui nous appartiennent ; ce que nous mangeons et ce que nous retenons comme leçon», se souvient Fototala King Massassy.

Dicko Traoré dite Dickonet

Dicko Traoré dite Dickonet : «La vidéo, c’est ma passion»

Son surnom Dickonet n’est autre chose que son prénom Dicko auquel les amis ont ajouté Network, qui désigne l’internet ou le réseau mondial. C’est à cause de son attachement aux TIC qu’elle est ainsi surnommée. Très jeune elle s’attache aux nouvelles technologies. Elle fréquente régulièrement les cybers et le e-festival de Bamako.

En 2005 elle remporte un prix à cette grande fête de l’Internet organisée par le ministère de la Communication et des nouvelles technologies. La même année, elle passe le Bac dans la série Langue et littérature au lycée Saint- Pierre de Kalabancoro.

En 2010, elle passe le concours d’entrée au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté de Bamako. Puis, à l’occasion de la célébration du Cinquantenaire, l’émission Cybernétic organise un concours, où Dickonet remporte le premier Prix vidéo avec son œuvre intitulée «Ma vision pour le Mali d’aujourd’hui». La même année, elle est nominée au concours «Democracy vidéo challenge aux USA» et au «One minute Africa award» en Egypte.

Cette passionnée de la vidéo participe également aux différents ateliers de créations d’images artistiques organisés par les Centre culturels Soleil d’Afrique de Bamako et Kôrè de Ségou. Avec ses œuvres intitulées «Kelenya» et «Re-construction», elle a remporté le premier prix du concours national de vidéastes du Centre Soleil d’Afrique en 2013. Elle était préoccupée par la situation de crise politico-sécuritaire qui menaçait même l’existence de notre pays.

Ensuite, la jeune artiste va s’interesser à la nature en réalisant un documentaire de 16 minutes intitulé «Djiri ladon». Ce film est l’un des trois éléments qui composent son mémoire de fin cycle qu’elle a présenté pour l’obtention du diplôme de master du CAMM-BFK en 2015. La même année, elle expose des photos sur les femmes griottes du Mali au Centre culturel français. Elle est lauréate la même année de l’Université d’été de la prestigieuse école des française des métiers de l’image et du son : «La FEMIS».

Dickonet  compter tourner bientôt un film de fiction de 26 minutes dont le titre provisoire est «Mouna Né», pourquoi toujours mo ? Le thème de ce projet est la violence faite aux filles. Un scénario qu’elle peaufine depuis près de 3 ans, en marge de ses autres créations.

Moustaph Diallo

Moustaph Diallo : Le spécialiste de documentaires-fictions

Réalisateur, producteur malien, Moustaph Diallo débute son apprentissage aux métiers de l’image auprès d’un vieux photographe nigérian immigré en Côte d’Ivoire qui l’initie à la prise de vue et au lavage des pellicules 6/6. Dès son plus jeune âge, il s’amusait à créer des projections d’ombre chinoise avec ses jeunes frères pour faire ses mises en scène cinématographiques.

Amoureux du septième art, et n’ayant pas les moyens nécessaires pour suivre des études dans ce domaine, Moustaph Diallo commence alors des stages d’apprentissage auprès de cinéastes confirmés africains et européens. Aujourd’hui promoteur de Manica Film Sarl, il réalise des documentaires-fictions  sur les problèmes socio-économiques qui touchent les populations africaines. Il a également travaillé pour des chaînes de télé européennes.

Moustaph Diallo a réalisé en 2017 «Djanjo», un  documentaire de 52 minutes relatant l’histoire de la musique moderne malienne des années 1960. En 2012, il a réalisé «Les Derniers Tirailleurs», un  documentaire historique de 26 minutes dans lequel, il a rendu hommage à ces anciens qui ont été jusqu’au sacrifice suprême pour défendre la France pendant les différentes guerres. Il a ainsi reçu le Prix UEMOA du film documentaire au Festival CLAP, en Côte d’Ivoire, en 2011.

Moustaph Diallo a réalisé en 2008 Djiko «Affaire d’eau », un documentaire de 7 minutes sur  la crise  d’eau dans les villages au Mali, primé au Festival international de Vidéo, Nyamina  Mali, puis en 2009  «Benkan Fanga»,   un documentaire-fiction court métrage de 3 minutes sur la symbolique de la paix 1st Prize Democracy video challenge.

Amsatou Diallo

Amsatou Diallo : Fondatrice de l’association des femmes photographes du Mali

Née en 1982 à Ségou, Amsatou Diallo est photographe, détentrice d’un master en action artistique et culturelle du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté de Bamako.  C’est lors de la Rencontre africaine de la photographie de Bamako en 2005, qu’elle a su qu’être photographe était un métier. C’est ce qui l’a emmenée à faire une formation d’un an en argentique au Centre de formation en photographie de Bamako en 2006.

Amsatou Diallo a continué son apprentissage auprès des photographes à travers des nombreux ateliers et formation à la fondation AIAC en Espagne en 2009, à MC2a Bordeaux en 2012, à l’Association un autre regard à Bruxelles en 2012 et en 2015, à Eyes on Main Street Residency Program 2018 à Wilson au nort de la Carolina aux USA, au Bénin, Burkina, Ghana, Niger, Nigeria, Togo et Sénégal. Elle est la fondatrice de l’association des femmes photographes du Mali en 2007 et la présidente jusqu’en 2017. Amsatou travaille sur le quotidien de la femme depuis ses débuts jusqu’aujourd’hui et sur l’actualité. Son travail a été présenté lors de nombreuses expositions individuelles et collectives depuis 2007.

Amsatou Diallo a réalisé une œuvre intitulée :«Scènes de vie». «Elle est le rapport de la réaction entre ma culture et les autres cultures. J’ai capturé avec mon appareil photo les maisons historiques de la ville de Wilson à Carolina du nord aux Etats-Unis. J’ai utilisé ces phophographies comme fond. Ensuite, je monte les images du quotidien africain en plus des images de la documentation récupérées sur Internet, des vidéos, des photos des stars, des icônes et la récupération des vieilles photos comme celles de Malick Sidibé», explique l’artiste.

«Scènes de vie» dégage les richesses de plusieurs cultures de différents continents. Chaque pièce est unique et tirée une seule fois. «Chaque pièce représente mon travail artistique. Mon empreinte photographique doit servir la société, être utile. Pour celui qui produit comme pour celui qui regarde. Elle doit amener le débat, susciter l’attention et rassembler», détaille la jeune photographe.

Hamdia Traoré

Hamdia Traoré : Le portraitiste

Hamdia Traoré est né le 31 décembre 1992 à Djenné dans la région de Mopti. C’est  un photographe portraitiste, un homme de traditions qui aime s’y inscrire. C’est d’ailleurs de sa ville, Djenné, que son travail nous parle. Ville jumelle de Tombouctou, Djenné est un carrefour intellectuel et religieux important dans la région depuis des décennies.

Après avoir étudié la comptabilité au Centre de formation professionnel Vitre-Djenné, Hamdia Traoré  a commencé la photographie en 2004 avec un cousin photographe dans un studio à Djenné. Depuis, sa passion n’a cessé de croitre. De 2012 à 2016, il a suivi une formation en photographie numérique à l’Espace Photo Partage à Bamako, avec Emmanuel Daou, Patrick Ertel et Yacouba Sangaré comme professeurs, une école de formation professionnelle dédiée à la photographie créée en 2004 par les trois compères.

Le jeune photographe a enrichi sa formation par un diplôme de conservation de la photographie, lors d’un atelier organisé par le Centre de formation en photographie (CFP) à Bamako. L’atelier était animé par Mme Q.S. Shoemaker, conservatrice de photographie aux Etats-Unis.

En 2016, Hamdia Traoré  a participé à une formation en photographie de reportage, organisé par la coopération Suisse au Mali, Samuel Sidibé du Musée national du Mali et Igo Diarra de la galerie Médina. Le formateur était le talentueux photographe suisse, Dominic Nahr.

En regardant ses oeuvres, on peut se rendre compte que Hamdia prend en photographie le temps et des destins. D’abord celui de sa ville mais aussi de ceux qui la font vivre.

L’aventure de la série de photos intitulée “Des marabouts de Djenné” a été réalisée par Hamdia à Djenné entre 2017 et 2018. Cette série met en valeur, à travers des portraits, des savants et des maîtres religieux musulmans qui jouent un rôle important dans cette ville, centre majeur du commerce et de l’érudition depuis des siècles. Djenné est une ville dont le centre est entièrement construit en banco. Depuis 1988, elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Par Youssouf Doumbia

et Amadou Sow

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