Discours de clôture du président de la CEN 2017 (Bamako, 02 avril 2017)

Bismillahi Rahmani Rahim, approved Aouzou Billahi Mina Shaytani Rajim

Monsieur le Premier ministre, remedy Chef du Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement du Mali ;

Monsieur le Président de l’Assemblée National du Mali ;

Madame et Messieurs les Chefs d’Institutions du Mali ;

Mesdames et Messieurs, Honorable députés de l’Assemblée Nationale ;

Messieurs les représentants des Groupes signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ;

Monsieur le Chef de file de la Médiation internationale et Président du Comité de Suivi de l’Accord ;

Madame, Messieurs les Anciens Premiers ministres ;

Monsieur le Président de la Commission Nationale d’Organisation de la Conférence d’Entente Nationale ;

Madame, Messieurs les Gouverneurs de Région ;

Messieurs les Présidents des Conseils de Région ;

Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions diplomatiques et des Organisations Internationales ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des partis Politiques Nationaux

Mesdames, Messieurs les participants à la Conférence d’Entente Nationale ;

Distingués invités en vos rangs, grades et qualités ; Mesdames, Messieurs ;

Chères Sœurs et Chers frères

Nous voilà donc au terme d’un exercice indispensable et qui a justifié les très grandes espérances placées en lui.

Un exercice qui va vu les Maliens échanger entre eux avec franchise, lucidité et responsabilité.

Un exercice qui ne pouvait être totalement dénué de passion, car abordant des sujets inévitablement polémiques.

Mais surtout un exercice qui n’a jamais dévié de l’objectif qu’il s’est donné : contribuer à la restauration de la paix, à la reconquête de l’unité et à la réussite de la réconciliation nationale.

L’entreprise était ardue et les appréhensions qu’elle suscitait étaient légitimes. Mais une fois de plus, nos compatriotes ont démontré que le meilleur d’eux-mêmes se révèle dans les initiatives difficiles, convaincus qu’aucune nation ne peut se construire ou se reconstruire dans les dissensions permanentes et les ressentiments enfouis.

C’est pourquoi je voudrais renouveler ma reconnaissance à toutes les participantes et à tous les participants qui au cours de ces sept derniers jours ont travaillé à éclairer l’avenir de notre pays. L’Histoire leur rendra certainement hommage pour l’œuvre utile qu’ils ont faite. Une œuvre destinée à clarifier la vision que notre peuple ambitionne de se donner quant aux démarches à adopter pour relever les défis qui lui sont imposés.

Mesdames, Messieurs,

A l’ouverture des travaux lundi dernier, j’avais ici même déploré certaines absences. Je l’avais fait, parce que j’estimais que la confiance dont m’a investi le peuple malien en tant que Président de la République exigeait de moi le rappel de l’importance de notre rassemblement. En effet, la sauvegarde de notre Mère-Patrie impose que toutes les filles et tous les fils du pays transcendent leurs réserves pour se trouver réunis afin de mener à bien une entreprise aussi déterminante pour le futur de notre Nation.

Aujourd’hui, c’est donc un immense bonheur pour moi de constater que la Conférence d’Entente Nationale a finalement donné raison à tous ceux qui n’ont jamais douté que notre pays sait se mettre à hauteur de défi. Nous ne nous nourrissons pas de faux espoirs, mais nous ne devons pas dédaigner les signes positifs lorsque ceux-ci se manifestent.

Mesdames, Messieurs,

Le rassemblement effectif dans cette salle de la grande famille malienne constitue un de ces signes positifs. Les arrivées qui se sont succédées durant toute la semaine ont une unique signification : la volonté de participer à la recherche de solutions maliennes à des urgences maliennes. Elles ont une unique justification : l’affirmation d’une véritable entente nationale sur les priorités nationales. Cette entente ne consiste pas à la recherche d’un vague consensus où tout est dit sans que rien ne soit résolu. Elle s’établit au terme d’un grand exercice d’échanges que j’ai appelé de tous mes vœux et qui a été magistralement réussi.

Mesdames, Messieurs,

Durant toute une semaine, ce sont les voix du Mali pluriel qui ont résonné sous les voûtes du Palais de la Culture. Des voix qui ont parfois exprimé la colère, le dépit, le désarroi et le ressentiment. Des voix qui à certains moments se sont durcies pour critiquer, interpeller et condamner. Des voix qui se sont fait écouter alors qu’auparavant beaucoup n’avaient pas eu la possibilité de s’exprimer. Des voix qui ont toutes refusé la résignation et rejeté le fatalisme. Des voix qui ont unanimement annoncé que le Mali se redressera, car tel est notre destin.

Mesdames, Messieurs,

Ces voix ont fait remonter les réalités du Mali profond. Du Mali qui réclame avec insistance l’amélioration de la gouvernance, car il ne supporte plus les dérives nées de la corruption, de l’arbitraire et de l’impunité. Du Mali qui réclame plus d’attention de la part des décideurs dont les propos lui sont souvent inaudibles et les décisions incompréhensibles. Du Mali qui souhaite que l’Etat soit à son égard équitable et secourable.

Ces voix ont aussi fait percevoir la volonté d’unité nationale profondément ancrée dans l’esprit de nos compatriotes. Elles ont souligné que notre vivre ensemble, même ébranlé, reste notre plus grande assurance de repartir de l’avant. Elles ont exprimé la combattivité de citoyens qui, malgré l’épreuve, gardent le cœur ardent.

Quelle meilleure preuve de foi en notre pays et en notre destin commun que la présence dans cette salle de nos compatriotes réfugiés venus du Burkina, de Mauritanie et du Niger qui ont surmonté tous les obstacles pour venir dire à la face du monde leur attachement à une nation unie et plurielle, juste et solidaire à l’édification de laquelle ils sont déterminés à participer.

Mesdames Messieurs les participants,

Vos recommandations se signalent par leur pertinence et par leur exhaustivité. Votre diagnostic a été porté sans complaisance et vos propositions de solutions ont été formulées avec courage et précision. Tout comme lors de la phase préparatoire de la Conférence, vous avez à juste titre insisté sur l’amélioration de la gouvernance. Celle-ci constitue, à n’en pas douter, la condition indispensable à l’adhésion des populations ainsi qu’à la restauration d’une relation de confiance entre décideurs et citoyens.

Mesdames, Messieurs,

Je prendrai sous peu les décisions qui permettront de capitaliser au mieux les recommandations de la Conférence d’Entente Nationale. Ainsi que cela a été précisé à l’ouverture de vos travaux, les éléments constitutifs de la Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale vont faire l’objet d’une très large diffusion. Celle-ci concernera notamment les populations résidant sur le territoire national, nos compatriotes réfugiés et la diaspora malienne.

Il ne s’agit pas de rouvrir les débats sur les thèmes traités lors de la Conférence, mais de soumettre les recommandations de celle-ci à l’éventail le plus large de citoyens maliens. Cela afin d’enregistrer leurs remarques, critiques et propositions. Cette démarche est incontournable si nous voulons que la Charte dans sa forme définitive puisse se prévaloir de l’adhésion maximale des populations et des principaux acteurs de la vie publique.

Mesdames, Messieurs,

Certes le temps presse. Certes, les urgences s’accumulent. Certes, la crainte existe que des consultations supplémentaires parasitent les acquis de la Conférence. J’entends bien toutes ces réserves. J’y répondrai en paraphrasant une formule utilisée par notre estimé Doyen, le président de la Conférence. Comme lui, je suis d’avis que dans le traitement de questions cruciales, il est possible de concilier l’impératif de l’inclusivité et la nécessité d’avancer vite et bien.

Car nous devons éviter d’affaiblir par précipitation la portée et l’utilité de l’excellent travail que vous avez fait. C’est pourquoi il nous faut prendre le temps de proposer vos recommandations à la réflexion à d’autres intelligences maliennes. Notamment à celles qui auraient aimé être là, mais que le format de la Conférence n’a pas permis d’inviter. Notamment à celles qui au niveau le plus modeste cultivent le souci du pays. L’heure est trop grave et les enjeux sont trop importants pour que nous ne fassions pas l’effort de convier tous les membres de la grande famille malienne à parfaire les conclusions de la Conférence.

Mesdames, Messieurs,

Il me faut exprimer notre reconnaissance à un homme dont la modestie et l’humilité vont certainement souffrir de l’hommage qui va lui être rendu. Lorsque j’ai demandé à notre estimé Doyen Baba Akhib Haidara d’être le président de la Commission Préparatoire et le Président de la Conférence d’Entente Nationale, je ne lui ai pas en réalité confié une mission. Je me suis en fait confié à lui, comme à un aîné dont je respecte la connaissance des hommes et l’expérience de la vie. Je m’en suis remis à sa sagesse, à sa longue pratique des affaires publiques, à son attachement aux positions de principe et à sa parfaite connaissance de notre pays.

Notre aîné a démontré toutes ces qualités au cours de la semaine cruciale que nous bouclons. Si nous pouvons aujourd’hui nous réjouir de la réussite de cet événement, c’est grâce à la ferme courtoisie avec laquelle le président Baba Akhib Haidara a conduit les débats ; grâce à son sens des équilibres qui lui fait gérer les impromptus (et Dieu sait s’il y en eu) ; et grâce à la maitrise qu’il a déployée pour que des excès ne viennent pas dévaloriser les acquis de la Conférence.

Permettez-moi donc d’exprimer au Doyen notre gratitude. Permettez-moi aussi de renouveler une fois de plus mes remerciements à l’équipe des membres de la Commission Préparatoire qui a si parfaitement accompagné le Président Baba Akhib Haidara. Je sais l’immense travail abattu par elle dans l’abnégation et la discrétion, travail dont ont si heureusement profité les participants à la conférence d’Entente Nationale.

Mesdames, Messieurs les participants à la Conférence,

Je voudrais également réitérer nos remerciements et notre gratitude à la Médiation internationale, avec l’Algérie comme chef de file pour son accompagnement constant et multiforme. La solidarité internationale dont nous continuons de bénéficier restera pour nous une source permanente d’inspiration, de motivation et d’engagement.

Mesdames, Messieurs les participants à la Conférence,

La Conférence d’Entente Nationale s’est tenue à un moment crucial de notre histoire. Les épreuves que nous avons subies et les difficultés que nous rencontrons encore aujourd’hui font que le tissu national demeure fragile, rendant notre société vulnérable en plusieurs points de notre territoire.

C’est le cas notamment du Centre du pays où depuis quelque temps des groupes terroristes s’acharnent à tirer profit des tensions inter-communautaires en incitant à une violence répétitive et inacceptable contre les symboles de l’Etat et entre les populations, détruisant ainsi progressivement des liens séculaires de cohabitation.

J’aimerais renouveler ici notre compassion envers toutes les victimes de cette barbarie rampante et assurer que l’Etat mettra tout en œuvre pour déployer dans les jours à venir un dispositif polyvalent pour assurer la sécurité et la justice dues aux populations, leur apporter toutes les prestations nécessaires et garantir leurs activités économiques et sociales

Mesdames, Messieurs les participants,

J’ai parfaitement enregistré les attentes que vous m’avez adressées. Je vous remercie de la totale la confiance dont vous m’avez investi pour leur aboutissement. Je puis vous assurer que de mon côté, tous les efforts seront déployés pour que soit gagnée la bataille de notre avenir. La bataille pour la paix, pour l’unité et pour la réconciliation nationale.

Puisse Allah Soub’Hana Wat’Allah

Aider notre pays à retrouver la sérénité par la plus belle des victoires sur nous-mêmes, en apaisant nos cœurs, en a chassant les démons de la colère destructrice qui nous empêche de soigner le frère qui en a besoin ou de prodigue a l’enfant ou au frère l’éducation qui nous sauvera demain.

Seigneur Dieu de Miséricorde, Accords nous cela.

C’est sur cette prière que je déclare clos les travaux de la Conférence d’Entente Nationale.

Je souhaite un bon retour dans leurs foyers à toutes les participantes et à tous les participants qui ont fait un long et souvent difficile déplacement pour être présents ici.

Vive le Mali.

Vive la République.

Je vous remercie.

 
Excellence Monsieur le Président de la République, cialis 40mg Chef de l’Etat ;

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement du Mali ;

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale du Mali ;

Madame et Messieurs les Chefs d’Institutions du Mali ;

Mesdames et Messieurs, Honorables Députés de l’Assemblée Nationale ;

Messieurs les représentants des Groupes signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, issu du processus d’Alger ;

Monsieur le Chef de file de la Médiation internationale et Président du Comité de Suivi de l’Accord;

Madame, Messieurs les Anciens Premiers Ministres ;

Madame, Messieurs les Gouverneurs de Région ;

Messieurs les Présidents des Conseils de Région ;

Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions diplomatiques et des Organisations Internationales ;

Distingués Invités en vos rangs, grades et qualités,

Mesdames, Messieurs

Permettez-moi tout d’abord de rendre grâce à ALLAH, Dieu de la miséricorde, qui a fait que nous nous retrouvions rassemblées ici ce matin, pour parler du Mali, notre Cher pays ; nous concerter sur l’avenir que nous voulons pour lui et pour les générations futures, et pour nous entendre sur notre commune volonté de vivre ensemble. Puisse-t-Il, dans son infinie clémence, nous inspirer, nous ouvrir à l’intelligence et à la sagesse nécessaire pour servir noblement notre pays !

Aujourd’hui commençons par évoquer la grande âme de notre pays bien aimé et, sous son égide en cet instant, saluons pieusement la mémoire de toutes les victimes des tragiques évènements que nous avons vécus et qui ont marqué notre histoire moderne. Je voudrais donc vous inviter à observer, une minute de silence et de prière en leur mémoire et pour témoigner que nous ne les oublions pas.

Honorables Invités,

Mesdames et Messieurs,

Rassemblés ici, nous le sommes pour le Mali. En vérité, pas pour le Mali banal mais pour le Mali de grandes causes comme celles qu’il sait s’en créer lui-même, pour sa grandeur mais aussi hélas, quelque fois,  pour sa misère.

 

Mais si profondes qu’aient pu être ces causes, le pays a toujours su les assumer et les transcender avec lucidité et avec courage, grâce à quoi il a toujours réussi à survivre.

C’est assurément une de ces grandes causes qui nous rassemble en ce palais dédié à la culture, une de nos précieuses richesses et sources d’inspiration.

De quoi s’agit-il ?

Nous le savons tous : l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger et signé à Bamako le 15 Mai et le 20 Juin 2015 est un Accord politique dont la mise en œuvre repose sur  une recherche constante du consensus entre toutes les parties concernées. Il (cet Accord) prévoit l’organisation d’une Conférence d’Entente Nationale (CEN) en vue de « permettre un débat approfondi entre les composantes de la Nation malienne sur les causes profondes des conflits ». La Conférence devra, notamment, produire une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation. Cette Charte « sera     élaborée, sur une base consensuelle, en vue de prendre en charge les dimensions mémorielle, identitaire et historique de la crise malienne et de sceller son unité nationale et son intégrité territoriale ».

A ce stade, permettez-moi d’apporter la précision suivante : après concertation entre les parties signataires, il a été convenu que la Conférence n’adoptera pas une Charte définitive. Aussi, et contrairement à ce que prévoient les TDR, la Conférence préparera et adoptera des observations, des recommandations et des résolutions qui fourniront les éléments constitutifs d’une charte qui sera élaborée dans un cadre que les autorités fixeront.

Je voudrais ici, Monsieur le Président de la République, vous redire combien je vous suis et resterai reconnaissant de m’avoir confié la mission de préparer et de présider cette Conférence d’entente nationale. Cette mission est une lourde mission spéciale, mais le sentiment d’utilité nationale  qu’elle m’inspire et l’honneur qu’elle m’apporte m’en rendent imperceptibles les effets physiques de la charge. Merci pour cette confiance et cette estime. Je voudrais aussi remercier tous ceux qui, à quelque titre que ce soit, ont bien voulu m’accorder leur attention pendant la préparation de cette Conférence et ont contribué, chacun dans leur domaine et selon leur sensibilité, à ce que nous pouvons observer aujourd’hui et dont nous pouvons nous féliciter : l’adhésion d’une opinion nationale très majoritaire à la tenue de la Conférence d’Entente Nationale.

A ces remerciements, j’aimerais associer les PTF, et particulièrement la Coopération Suisse pour le soutien financier et logistique.

Et il faut le rappeler ici, la Conférence d’entente nationale n’est le monopole de personne ni l’exclusivité d’une composante nationale particulière. Elle concerne toute notre Nation, toutes nos sensibilités réunies et toutes nos attentes rassemblées. Elle n’est dirigée contre aucune personne, contre aucun groupe ; encore moins contre une légitimité constitutionnelle.

Dans ce rendez-vous national, chaque participant est censé intervenir en tant que citoyen avec le sens de responsabilité inhérent à ce statut mais aussi avec les droits, notamment la libre expression, que lui confère la Constitution, pour débattre des questions dont dépendent les destinées de notre pays commun. Ces débats ne devraient donc pas être source de conflit mais plutôt recherche de solutions aux différents conflits auxquels, tous ensembles,  nous faisons face.

Cette Conférence se veut donc  celle de tous les Maliens, sans rejet,  qui sont à la recherche d’une paix véritable et juste, d’une nouvelle unité nationale confortée dans ses assises et d’une réconciliation nationale qui, respectant les fondamentaux de la justice, pose les bases d’un « vivre ensemble » dynamique, tourné vers l’avenir.

Et pour y arriver j’invite chacun et chacune à transcender nos peurs, nos méfiances et nos ressentiments, si légitimes soient-ils, pour adopter un esprit d’ouverture à l’autre, d’écoute de l’autre, car c’est la seule attitude qui nous permette de nous entendre et de nous comprendre.

Je vous exhorte donc à oser aller de l’avant dans le cadre de cette Conférence qui vous en donne une bonne occasion ; aller de l’avant vers un avenir autre que celui dessiné par les conflits que nous avons connus et qui n’ont épargné aucun d’entre nous.

Honorables Invités,

Mesdames et Messieurs,

La méthodologie adoptée pour préparer cette Conférence comporte deux éléments opérationnels :

  • une action d’information, de sensibilisation et d’explicitation en vue de susciter, dans l’opinion publique, une adhésion aussi large que possible à la tenue de la Conférence ;
  • une préparation des éléments du débat reposant sur deux sources principales : une compilation et une analyse documentaire d’une part et d’autre part  des consultations régionales et catégorielles ;

La documentation analysée, provient principalement d’une part, des travaux des  fora tels que le Forum du COREN de 2013, les Etats généraux de la décentralisation, les Assises nationales sur le Nord (Nov. 2013), le Forum de Gao, la semaine de la paix de Tombouctou et, d’autres part, des travaux réalisés et publiés par divers organismes publics et non gouvernementaux tels que ARGA, Interpeace-IMRAP, Forum multi-acteurs, Recherches indépendantes etc…

Les consultations visaient à informer, sensibiliser, écouter et recueillir, en ce qui concerne les questions à débattre par la Conférence, les avis et les réflexions des personnes et groupes concernés sur les faits et situations tels qu’ils ont vécus ou les vivent encore en relation avec la crise que connaît le pays.

Sur le plan régional, les consultations régionales que la Commission préparatoire a conduites, ont largement mobilisé les Maliennes et les Maliens qui ont fait preuve tout au long du processus de mise en œuvre d’assiduité et d’une réelle adhésion lors des travaux. Les participants ont réaffirmé leur conviction à aller à la paix, à l’unité nationale et à la réconciliation à travers la mise en œuvre de l’Accord signé en 2015.

Ces consultations régionales ont été organisées de février à mars 2017 et se sont tenues dans les régions de Gao (13 et 14 février 2017), Tombouctou – Taoudéni (13 et 14 février 2017), Mopti (14 et 15 février 2017), Ségou (20 et 21 février 2017), Koulikoro (20 et 21 février 2017), Sikasso (20 et 21 février 2017), Kayes (20 et 21 février 2017), Ménaka (18 et 20 février 2017), Bamako (14 et 15 mars),  Ouagadougou (16 et 22 mars), Niamey (20 et 25 mars) et Nouakchott (18 et 25 mars). Celle de Kidal n’a malheureusement pas pu se tenir dans les délais.

Dans le strict respect des instructions reçues, les consultations régionales ont été inclusives et conçues dans une démarche d’information, de sensibilisation, d’écoute et de recueil des attentes des populations sur les trois thématiques majeures qui sont au cœur de l’objet même de la Conférence d’Entente Nationale, à savoir la Paix, l’Unité nationale et la Réconciliation nationale. En moyenne, ce sont deux cent cinquante participants qui ont pris part aux rencontres au niveau de chacune des neuf régions visitées.

Le document de travail mis à la disposition des participants recense les éléments qui ont été recueillis comme causes de la crise ainsi que leurs conséquences sur les divers aspects du respect de la diversité, de la cohésion sociale, de la paix, de l’unité et de la gouvernance en général.

L’impression générale que nous inspirent les résultats de ces consultations régionales, par-delà les avis et réflexions recueillis, c’est une grande lassitude que les populations, notamment celles du Nord, ressentent par rapport à leur vécu quotidien et par rapport à la stagnation de la situation actuelle du pays. Elles sont lasses des guerres, des affrontements, des violences ; elles sont lasses des attentes et promesses toujours contrariées ; elles souhaitent en finir, le plus rapidement possible, avec toutes ces nuisances. Ce constat oblige les participants à cette Conférence à trouver l’audace nécessaire pour réussir cette plage consensuelle que nécessite l’élaboration d’une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation.

Quant aux consultations catégorielles, elles ont concerné différents acteurs collectifs ou individuels : signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation ; structures étatiques ; anciens Premiers ministres ; organisations de la société civile dont notamment les femmes et les jeunes ; institutions confessionnelles ; groupements de partis politiques ; centrales syndicales. Il n’est pas  jusqu’aux représentants de la Diaspora, des notabilités traditionnelles ou religieuses, du secteur privé, et du monde de la presse qui n’aient été consultés.

L’analyse croisée de ces consultations ont fait ressortir des préoccupations qui sont exposées aussi objectivement que possible, dans le document de travail.

De même différents éléments de  la problématique soulevée par le terme « Azawad » ont été recueillis au cours des consultations aussi bien régionales que catégorielles ; ils ont été exposés tant dans le document des TDR que dans le document de travail.

Honorables Invités,

Mesdames, Messieurs,

Au terme de ses débats la Conférence d’entente nationale produira les éléments qui serviront à l’élaboration d’une charte pour la  Paix, l’Unité et la Réconciliation. Ce n’est pas la première fois que dans son histoire moderne, tout comme d’ailleurs dans son histoire précoloniale, que le Mali élaborera une charte à caractère national. Son peuple, multiple, divers, millénaire, pour avoir vécu mille et une vicissitudes a su acquérir au cours des siècles cette rare longanimité  et cet humanisme particulier  qui le prédisposent aujourd’hui aux consensus que réclame son avenir.

Honorables Invités,

Mesdames, Messieurs,

Que dire pour terminer ? Pour la jeunesse

Parce que la diversité ethnique est une donnée critique dans la vie des communautés ;

Parce que la culture est une ambivalence de valeurs positives et négatives, dont la stagnation favorise la régression des sociétés ;

Parce que la Nation est une construction dont la survie ne peut être garantie que par l’entretien permanent et le renouvellement des raisons offertes pour choisir librement de vivre ensemble.

Alors, à terme il s’agit pour nous d’explorer et d’exploiter les nouveaux chemins de la modernisation et du développement endogène qui éradique totalement la misère et la dépendance ; un réel progrès humain, que nous devons considérer comme un dû, un dû national à notre jeunesse, cette jeunesse  plurielle aujourd’hui si nombreuse, si fragile, si désœuvrée, et sacrifiée dans des crises répétitives souvent meurtrières et inutiles.

Que la Charte pour la paix, l’Unité et la Réconciliation nationale qui sera élaborée soit pour nous et les générations futures un des instruments qui  nous permettra de mettre fin à ces crises infernales et de réussir le renouveau de notre pays.

 

Excellence Monsieur le Président de la République, je vous remercie de votre aimable attention.

 

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